La liberté

« Puisque l’homme libre est celui à qui tout arrive comme il le désire, me dit un fou, je veux aussi que tout arrive comme il me plaît. Eh, mon ami, la folie et la liberté ne se trouvent jamais ensemble. La liberté est une chose non seulement très belle mais très raisonnable et il n’y a rien de plus absurde ni de plus déraisonnable que de former des désirs téméraires et de vouloir que les choses arrivent comme nous les avons pensées. Quand j’ai le nom de Dieu à écrire, il faut que je l’écrive non pas comme je veux mais comme il est, sans y changer une seule lettre. Il en est de même dans tous les arts et dans toutes les sciences. Et tu veux que sur la plus grande et la plus importante de toutes les choses, je veux dire la liberté, on voie régner le caprice et la fantaisie ? Non, mon ami : la liberté consiste à vouloir que les choses arrivent non comme il te plaît, mais comme elles arrivent.

Epictète, Entretiens. Vrin, Paris, 1971

 

Qu’est ce que la liberté?

Pour répondre à cette question, l’auteur utilise deux arguments contre l’homme «fou».
1) L’homme libre n’est pas celui qui veut les choses selon son bon plaisir. Il sait ce qu’il veut, ce sur quoi il a un pouvoir, c’est à dire, les choses qui dépendent de lui .
A l’inverse, l’homme «fou» dépend des circonstances.
2) L’homme libre admet les choses qui arrivent et les distingue des choses qui sont en son pouvoir.
Être libre signifie donc comprendre que les choses arrivent comme elles arrivent et que nous ne pouvons pas en faire ce que nous voulons.
A l’inverse, l’homme «fou» veut faire ce qu’il lui plaît. Sa position est intenable car il ne sait pas s’adapter aux circonstances et il ne peut pas commander aux choses.

L’auteur utilise un exemple, celui de l’écriture. Il montre l’universalité du langage qui pour être partager par tous doit obéir à un ensemble de règles. Il en est de même pour l’art, pour les sciences et pour la liberté.
Les hommes accordent une grande importance à la liberté parce qu’ils prétendent qu’elle est universelle, c’est à dire valable pour tous à condition d’échapper aux caprices, aux désirs des choses qui ne dépendent pas de nous.
Le texte énonce la thèse stoïcienne qui consiste à affirmer qu’être libre c’est vouloir que les choses arrivent comme elles arrivent et non pas faire ce qu’il nous plaît.

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