Où en sont les philosophes ?

Couverture ouvrage
Où en sont les philosophes ?
Revue Esprit (Mars-Avril 2012)
Éditeur : Esprit
240 pages
Résumé : La présence des philosophes dans la société, dans les médias, dans les actualités est tellement élargie et amplifiée qu’il est temps de l’interroger.
Christian RUBY

Pourquoi ce titre donné à un compte rendu d’ampleur certainement insuffisante pour un numéro de revue presque entier consacré aux philosophes ? Parce que la revue Esprit lance ce numéro en sachant fort bien que, comme chaque revue, elle a ses partis pris. Autrement dit, ce numéro ne se cache pas de répondre à la question posée en fonction de son esprit !

Certes, le préambule de ce numéro (signé Michaël Foessel) souligne que quelques éléments patents incitent à se poser la question de savoir : A quoi bon des philosophes ? A noter : le glissement entre le titre de la revue et la question qui ouvre l’Editorial ! Parmi ces éléments patents : la présence de la philosophie dans des lieux différents (universités, médias, institutions publiques, associations de la société civile), la multiplication des revues philosophiques à destination du grand public, … Mais ce constat, banal au demeurant, se double d’un autre plus fondamental : cette présence est presque aussi éclatée que les lieux desservis, les régions intellectuelles qui s’en réclament, et les manières d’en faire. Caractéristique générale du paysage philosophique actuel : l’absence de centre, l’absence d’école philosophique dominante, l’absence de maître à penser. Le constat est clair et percutant. Encore peut-on le vivre négativement ou positivement.

Simultanément, ce numéro ne se départit pas de réaffirmer les options propres de la revue. La liste citée est longue, et sans aucun doute connue de tous, de ces philosophes qui « ont fait » Esprit (depuis Emmanuel Mounier jusqu’à Paul Ricoeur). Et dont la revue s’attache à suivre les traces, au gré de variations subtiles.

Quoi qu’il en soit, le premier article (Frédéric Worms) trace avec subtilité l’essentiel d’une problématique de la dissémination de la philosophie française contemporaine en étudiant autant la diversité de la philosophie que la diversité des publics de cette philosophie. Il organise sa réflexion autour des 4 éléments constitutifs d’une certaine tradition (on pourrait la rattacher à Socrate aisément) de la philosophie : institutions d’enseignement, de recherche, de diffusion et de discussion publique. A partir de ces éléments, il peut dresser une cartographie de la philosophie et de sa distribution dans le champ socio-intellectuel français. En faisant jouer les critères de distinction de la philosophie, les publics, les institutions de référence, et les médiations ou les genres de philosophie, il obtient un panorama qui évoque avec justesse l’essentiel de ce que le public peut rencontrer.

Il ne cesse, au passage, de souligner que la diversité ainsi affrontée est une source de richesse, disons « une chance et une nécessité ». Encourageant par conséquent à amplifier une politique de l’enseignement des notions et des principes de base de la philosophie dans les établissements scolaires. Sur ce plan, Jean-François Kervégan vient à son secours. Dans un article complémentaire du précédent, il trace le portrait de l’institution philosophique française. Il rappelle que, dans le cas français, l’accès au savoir philosophique a normalement lieu en classe Terminale, où son enseignement a l’ambition expresse d’être le couronnement du cycle des études secondaires. Il examine ensuite la formation des enseignants de philosophie et montre comment l’idéologie des concours ne cesse cependant de provoquer quelques scléroses dans l’enseignement. Avantages et inconvénients donc, les deux articles nuancent le propos, et évitent de tomber dans l’hagiographie.

Tout ceci étant rappelé – et c’est l’originalité de ce numéro d’Esprit de le faire alors que la plupart des discussions sur la philosophie négligent le poids des institutions -, le numéro peut s’atteler à d’autres tâches et dépasser un peu ce cadrage, pertinent mais étouffant, de la philosophie française. Si une telle philosophie existe, néanmoins, c’est bien en lien avec ces propriétés institutionnelles, inédites dans d’autres configurations nationales. Propriétés qui déterminent incontestablement un style et un contenu de philosophie dispensée, contenu que l’on retrouve dans des modes d’écriture (Bergson, Sartre, Merleau-Ponty), dans des vocations à la philosophie et dans des fascinations pour elle.

Cela étant, ce capital de base de la population scolarisée ne coïncide cependant pas toujours avec la réalité d’autres batailles philosophiques qui prennent sens à l’intérieur des universités ou dans des publications plus discrètes. Plusieurs articles viennent alors bouleverser ce bel édifice. Qu’en est-il de la réception de la philosophie analytique en France ? Mais aussi de la question du genre et du sexe ? On sait qu’existent sur ces plans des sortes de consensus qui sont autant de pièges. Si de nombreux discours s’accordent à affirmer que ces questions sont importantes, les mêmes écrits s’attachent parfois à en amoindrir la portée.

Articulant diverses parties du numéro un article paraît secondaire, et ne trouve pas assez de place dans cet ensemble. Il est consacré à la question des masters européens de philosophie. Malheureusement, sous le titre de « la fabrique internationale de la philosophie », il se contente de célébrer une université, pour son travail de participation à un travail d’équipe international. Dommage.

Pour le reste, il fallait sans doute opérer des choix. Le nombre de thèmes explorables possible est bien trop élevé pour donner lieu à un article par option. Le lecteur se contentera de diverses questions : crise et philosophie, le retour à Dieu, la philosophie sociale, le fantôme de Descartes, le fou, la philosophie politique et la question de l’expertise. Nul ne saurait blâmer ces choix. Aucun projet éditorial ne peut prétendre parler de tout. C’est moins sur ce plan que le lecteur sera surpris, que sur les références engagées dans chaque thème. Il percevra rapidement que de nombreux aspects de la recherche philosophique actuelle sont négligés par les rédacteurs. S’il est bon de réfléchir sur la fonction de la notion de « crise » dans le vocabulaire contemporain, et non moins important de se demander ce qu’il en est de la question religieuse, ne pouvait-on à l’occasion de l’interrogation sur la démocratie soumettre à des questions les travaux portant sur la démocratie par Internet, ou ceux portant sur la « haine de la démocratie » (Rancière) ?

La défense de la philosophie de Descartes constitue-t-elle vraiment un enjeu de nos jours ? On peut se poser la question. Est-ce pour paraître plus « français » ? Mais alors vient au jour un déséquilibre flagrant dans l’ensemble constitué par ces articles : s’ils font droit à la philosophie analytique anglo-saxonne, est-ce à dire que l’absence de toute autre référence « étrangère » indique soit que rien ne se fait ailleurs, soit que « français » signifie surdité ?

En somme, ce numéro est bienvenu parce qu’il oblige à faire le point sur de nombreuses questions. Y compris l’une d’elles que nous n’avons pas citée : la question du public de la philosophie, des lecteurs des ouvrages publiés. Des éditeurs ont accepté de répondre à quelques questions. On y apprend quelles stratégies structurent l’esprit des éditeurs, de nos jours

Titre du livre : Où en sont les philosophes ?
Auteur : Revue Esprit (Mars-Avril 2012)
Éditeur : Esprit
Date de publication : 01/03/12
N° ISBN : 979-1090270053

« Ce n’est pas un corps que l’on forme, c’est un homme »

Dans un corps mal en point on sent l’âme inquiète,
Mais on peut aussi y deviner ses joies,
Car le visage exprime l’un et l’autre état.

[Juvénal , Satires, IX, 18-20.]

 

Montaigne dans les Essais, livre I chapitre XXV affirme que le sport et l’étude sont complémentaires :

74. Ainsi, sans doute, chômera-t-il moins que les autres. Mais de même qu’en nous promenant dans une galerie nous faisons trois fois plus de pas qu’il n’en faudrait et que nous ne nous en lassons pas, à la différence de ceux que nous devons faire pour suivre un chemin prévu d’avance, de même notre leçon, qui se fait comme par hasard, sans contrainte de temps ni de lieu, et se mêlant à toutes nos actions, se déroulera sans même se faire sentir. Les jeux eux-mêmes et les exercices constitueront une bonne partie de l’étude : la course, la lutte, la musique, la danse, la chasse, le maniement des chevaux et des armes. Je veux que la bonne tenue extérieure, la façon de se comporter en société, et la souplesse du caractère, se façonnent en même temps l’esprit.

75. Ce n’est pas une âme, ce n’est pas un corps que l’on forme, c’est un homme; il ne faut donc pas les traiter séparément. Et comme le dit Platon, il ne faut pas former l’un sans l’autre, mais les conduire ensemble au même pas, comme un couple de chevaux attelés à un même timon. Et si on le comprend bien : ne semble-t-il pas accorder plus de temps et de sollicitude aux exercices physiques, parce que l’esprit en tire profit en même temps – alors que le contraire n’est pas vrai?

« En hommage à John Cage »

Programme du concert du 6 Avril 2012
« en hommage à John Cage »

Dizzylez/Ginoux « Intermède sur rien » Hommage à J.Cage (titre de l’oeuvre créée avec le collège Diderot) (16′)
John Cage « Quatuor n°IV » (4’20)
John Cage 4’33
Philippe Hersant, Patmos, pour cordes (11′)
Prokoviev, 2e mvt de la symphonie classique, Larghetto performance slam de Dizzylez (3′) Fauré, Pavane, performance slam de Dizzylez pour l’interprétation de son texte « mon élément », créé sur Jeaux d’eau de Ravel (7′)

http://www.ina.fr/art-et-culture/arts-du-spectacle/audio/01327254/musiques-a-voir-john-cage-et-merce-cunningham.fr

http://www.radiogrenouille.com/creations/ear-toys/autour-de-john-cage-une-radio-pour-les-oiseaux/

http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-cage/ENS-cage.html#pratique

http://www.franceculture.fr/culture-ac-hommage-a-john-cage-4-33-portrait-chinois.html

http://www.medienkunstnetz.de/works/variations-v/video/1/

 

Cinéma

Le Silence de Lorna
Belgique, 2008
Réalisation, scénario : Jean-Pierre et Luc Dardenne

Cinéma UTOPIA mercredi 4 avril Classe TL à 9 heures

 

 

L’Albanaise Lorna a conclu un mariage blanc avec le drogué Claudy afin d’obtenir la nationalité belge. Le mariage, organisé par le malfrat Fabio, doit se conclure non par le divorce promis à Claudy, mais par un meurtre dissimulé en overdose.
Rapidement veuve, Lorna pourra épouser un Russe cherchant aussi à obtenir la nationalité belge, en échange d’une somme qui lui permettra d’ouvrir un snack avec son amoureux Sokol.
Elle supporte difficilement sa cohabitation avec « le camé ». La
mécanique de la machination s’enraye lorsque Claudy décide
d’arrêter la drogue et lui demande de l’aide…

L’une des premières difficultés du film réside, pour le spectateur, dans l’absence de véritable scène d’exposition, dont le rôle dans le cinéma traditionnel est de mettre en évidence très tôt les motivations et caractéristiques principales des personnages. Dans Le Silence de Lorna, nous ne comprenons tous les enjeux autour de l’héroïne qu’au bout d’une bonne vingtaine de minutes.

Sujets du bac blanc

Terminales Scientifiques

Sujet 1 :
Le vivant peut-il être considéré comme un objet technique ?

Sujet 2 :
La vérité dépend-elle de nous ?

Sujet 3 : Expliquez le texte suivant :

Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. En effet, l’homme avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu’il désire, qui le soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte, et pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige disparaît devant l’objet même; rien n’embellit plus cet objet aux yeux du possesseur ; on ne se figure point ce qu’on voit; l’imagination ne pare plus rien de ce qu’on possède, l’illusion cesse où commence la jouissance. Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d’être habité et tel est le néant des choses humaines, qu’hors l’Être existant par lui-même, il n’y a rien de beau que ce qui n’est pas. Si cet effet n’a pas toujours lieu sur les objets particuliers de nos passions, il est infaillible dans le sentiment commun qui les comprend toutes. Vivre sans peine n’est pas un état d’homme; vivre ainsi c’est être mort. Celui qui pourrait tout sans être Dieu, serait une misérable créature ; il serait privé du plaisir de désirer ; toute autre privation serait plus supportable. ROUSSEAU

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Les sujets du bac blanc

Terminale L

Sujet 1 : Une passion sans illusion est-elle possible ?

Sujet 2 : Raisonne-t-on bien quand on veut avoir raison à tout prix ?

Sujet 3 : Expliquez le texte suivant

C’est une chose bien remarquable qu’il n’y a point d’hommes si hébétés et si stupides, sans excepter même les insensés, qu’ils ne soient capables d’arranger ensemble diverses paroles, et d’en composer un discours par lequel ils fassent entendre leurs pensées ; et qu’au contraire il n’y a point d’autre animal, tant parfait et tant heureusement né qu’il puisse être, qui fasse le semblable. Ce qui n’arrive pas de ce qu’ils ont faute d’organes, car on voit que les pies et les perroquets peuvent proférer des paroles ainsi que nous, et toutefois ne peuvent parler ainsi que nous, c’est-à-dire en témoignant qu’ils pensent ce qu’ils disent ; au lieu que les hommes qui, étant nés sourds et muets, sont privés des organes qui servent aux autres pour parler, autant ou plus que les bêtes, ont coutume d’inventer d’eux-mêmes quelques signes par lesquels ils se font entendre à ceux qui étant ordinairement avec eux ont loisir d’apprendre leur langue. Et ceci ne témoigne pas seulement que les bêtes ont moins de raison que les hommes, mais qu’elles n’en ont point du tout. Car on voit qu’il n’en faut que fort peu pour savoir parler ; et d’autant qu’on remarque de l’inégalité entre les animaux d’une même espèce aussi bien qu’entre les hommes, et que les uns sont plus aisés à dresser que les autres, il n’est pas croyable qu’un perroquet qui serait des plus parfaits de son espèce n’égalât en cela un enfant des plus stupides, ou du moins un enfant qui aurait le cerveau troublé, si leur âme n’était d’une nature du tout différente de la nôtre. Et on ne doit pas confondre les paroles avec les mouvements naturels qui témoignent des passions, et peuvent être imités par des machines aussi bien que par des animaux ; ni penser, comme quelques anciens, que les bêtes parlent, bien que nous n’entendions pas leur langage. Car, s’il était vrai, puisqu’elles ont plusieurs organes qui se rapportent aux nôtres, elles pourraient aussi bien se faire entendre à nous qu’à leurs semblables.

Descartes, Discours de la méthode.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise, il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

L’animalité et la sauvagerie

L’animalité et la sauvagerie : Kant après Lévi-Strauss

Séminaire à écouter ici

02/2012 1h27

Lecture

 

Au moins depuis Lévi-Strauss, le mot sauvage n’est plus synonyme d’inculte ni de barbare : ceux qui ont souvent été appelés sauvages possèdent une culture et un langage en rien inférieurs à ceux des « civilisés ». Vidé de son contenu injurieux, le mot se transforme en un ressort pour la pensée, qui devient elle-même sauvage, quoique dans un autre sens : elle se soustrait désormais à la raison constituée, celle qui prétend ériger ce qui serait « notre » culture et « notre » langage en critères de civilisation. Il arrivait autrefois à la philosophie de faire aussi des partages selon un supposé critère de sauvagerie. Ainsi Kant distingue-t-il, à l’intérieur d’un peuple, d’un côté la nation, constituée par ceux qui se reconnaissent dans un passé et un présent communs, de l’autre côté la populace, qui s’excepte des règles en cours et dont la « réunion contraire aux lois est l’émeute ». Dans le même élan, Kant désigne la populace comme « l’élément sauvage » du peuple, rendant la sauvagerie intérieure au peuple, et non plus extérieure, comme dans l’étrangeté de la rencontre avec des cultures habitant des horizons lointains. La reprise aujourd’hui du motif d’une pensée sauvage répond au besoin renouvelé de contrecarrer ce mouvement d’intériorisation. Si après l’anthropologie structurale les « sauvages » d’ailleurs ne le sont plus, il reste que d’autres « sauvages » font apparition parmi nous (mais on voit bien que ce « nous » se constitue aussi par et dans le geste de considérer certains « autres » comme des « sauvages», notamment des « autres » intérieurs à « nous »). C’est ce qui arrive lorsque des mots plus au moins infamants (la racaille, les bandes, les casseurs) servent à désigner ceux qui ne se plient pas aux lois en vigueur ou aux convenances établies. Hier comme aujourd’hui, ce vocabulaire partage la société en « bons citoyens » et en « hors-la-loi ». Pourtant, que se passerait-il si on affirmait qu’il n’y a pas de « sauvages » parmi « nous » et que le peuple n’est pas scindé comme le prétendait Kant et comme d’autres continuent de nous le faire croire ?

 

Avec Diogo Sardinha, philosophe et directeur de programme au CIPH.

 

Enregistré le 8 février 2012.

Jeunesse du sacré

 Jeunesse du sacré Jeunesse du sacré

Hors série Connaissance, Gallimard, 2012.

Enlever au sacré sa majuscule et ses mystères pour lui remettre les pieds sur terre : c’est le propos de cette enquête où l’œil et l’esprit s’interpellent gaiement.

L’œil, pour scruter tout autour du monde les angles morts des études savantes : ces lieux, naturels ou construits, modestes ou grandioses – montagnes et sépultures, dépôts d’archives et enceintes de justice –, que l’on s’accorde à retirer de la circulation.

L’esprit, pour se défaire de vieux clichés, qui confondent le sacré avec le divin ou l’opposent au profane de façon irrémédiable. Comme si chaque époque ne faisait pas du sacré avec du prosaïque.

Ce qui légitime le sacrifice et interdit le sacrilège procède d’une fabrique purement humaine où l’ouvrage est sans cesse remis sur le métier. Il n’y a pas de sacré pour toujours, mais il y a toujours du sacré dans une société au développement durable. À preuve nos principes intouchables, propos intolérables et monstres sacrés.

Et voilà que notre modernité hypertechnique redonne à cet immémorial une nouvelle jeunesse – quitte à le faire glisser de l’histoire à la nature.

Tant il est vrai que la pulsion de survie n’a pas de date de péremption.

Site de Régis Debray