L’étonnement de la classe Tbio

C’est, en effet, l’étonnement qui poussa, comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. Au début, leur étonnement porta sur les difficultés qui se présentaient les premières à l’esprit ; puis, s’avançant ainsi peu à peu, ils étendirent leur exploration à des problèmes plus importants, tels que les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et des Étoiles, enfin la genèse de l’Univers. Or apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance (c’est pourquoi même l’amour des mythes est, en quelque manière, amour de la Sagesse, car le mythe est un assemblage de merveilleux). Ainsi donc, si ce fut bien pour échapper à l’ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, c’est qu’évidemment ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire. Et ce qui s’est passé en réalité en fournit la preuve : presque toutes les nécessités de la vie, et les choses qui intéressent son bien-être et son agrément avaient reçu satisfaction, quand on commença à rechercher une discipline de ce genre. Je conclus que, manifestement, nous n’avons en vue, dans notre recherche, aucun intérêt étranger. Mais, de même que nous appelons libre celui qui est à lui-même sa fin et n’existe pas pour un autre, ainsi cette science est aussi la seule de toutes les sciences qui soit une discipline libérale, puisque seule elle est à elle-même sa propre fin.

Aristote, Métaphysique

Aristote définit la démarche de la philosophie en expliquant son origine et sa finalité.

I) Sur quoi s’interroge le philosophe ?

1) Les besoins, les nécessités de la vie
2) La Lune, le Soleil, les étoiles = ce qui nous entoure, la nature (phusis)
3) La question de l’origine de l’univers : c’est une question métaphysique

Méta= a coté

Métaphysique : à coté de la physique au sens propre des ouvrages d’Aristote retrouvés a coté des livres de physique et au sens figuré les question qu’il pose ne concernent plus la physique/la nature.

La métaphysique pose la question de l’origine de l’univers c’est à dire « POURQUOI le monde, POUR QUOI l’univers » ?

POUR QUOI : question de la finalité de l’univers.

La science ne répond pas aux questions métaphysiques qui sont cependant légitimes dans l’esprit humain.

II) Qu’est ce que s ‘étonner ?

Au sens courant s’étonner c’est être surpris, rester bouche bée, mais Aristote définit la démarche d’interrogation , de questionnement proprement philosophique. S’étonner, c’est déjà faire usage de sa raison.

1)   Apercevoir une difficulté : le philosophe est celui qui ne comprend pas le monde, pour qui le monde ne va pas de soi, pose problème.

2)   Reconnaître sa propre ignorance : Admettre que l’on ne ne sait rien, on ne possède pas le savoir mais on doit se mettre en quête du savoir. A l’inverse, celui qui sait est dans la satisfaction, dans le confort de ses certitudes. CF. Socrate dans le texte de Platon, Apologie de Socrate.

3)   Aimer la sagesse / Aimer les mythes. Comment comprendre que le mythe prenne part à l’interrogation philosophique ? Le mythe c’est l’irrationnel, l’imaginaire. Mais Aristote dit que c’est « en quelque manière » que son amour peut être comparé à l’étonnement. Aimer signifie rechercher, désirer. Aimer le mythe c’est rechercher la vérité du merveilleux, de ce qui étonne, de ce qui frappe de stupeur parce qu’on ne le comprend pas.

III) Une science libérale

 1) « aucun intérêt étranger »c’est-à-dire que la science ne vise pas autre chose qu’elle même comme par exemple l’art, la technique, la réussite,etc. Il s’agit de connaître la vérité pour la vérité.

2) La définition de la liberté : être à soi même sa propre fin et n’exister pas pour un autre

3) Une discipline libérale, définition de la philosophie

 

 

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