Penser, c’est dire non

Texte d’Alain

 

Penser, c’est dire non. Remarquez que le signe du oui est d’un homme qui s’endort ; au contraire le réveil secoue la tête et dit non. Non à quoi ? Au monde, au tyran, au prêcheur ? Ce n’est que l’apparence. En tous ces cas-là, c’est à elle-même que la pensée dit non. Elle rompt l’heureux acquiescement. Elle se sépare d’elle-même. Elle combat contre elle-même. Il n’y a pas au monde d’autre combat. Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c’est que je consens, c’est que je ne cherche pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c’est que je respecte au lieu d’examiner. Même une doctrine vraie, elle tombe au faux par cette somnolence. C’est par croire que les hommes sont esclaves. Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. Qui croit ne sait même plus ce qu’il croit. Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien.

ALAIN



Question 1 :  A quelle question Alain répond-il dans le texte ? Quelle est l’argumentation de sa réponse ? (C’est toujours la même chose, l’idée générale et le plan).

 

Penser, c’est avoir une idée réfléchit et immédiate. Une image mais c’est aussi sentir, vouloir, désirer, bref c’est tout ce qui se passe dans notre esprit. Cependant dans ce texte, Alain donne une définition particulière du verbe penser : « c’est dire non ».

On à l’habitude de définir le verbe penser comme avoir des idées réfléchit mais penser est-ce consentir, donner son adhésion, croire, être d’accord avec les idées qui sont dans notre esprit ?

 

I/ La définition du verbe « penser »

1)             Le réveil de l’homme qui dit « non ».

2)             Non à quoi ?

3)             Contre toutes formes d’acquiescement.

 

II/ L’esclavage c’est la soumission aux idées.

1)             Consentir, c’est accepter d’être trompé.

2)             Accepter des idées sans les examiner.

3)             Croire c’est s’aliéner.

 

Question 2 : Expliquer « Penser ; c’est à elle même que la pensée dit non ; c’est par croire que les hommes sont esclaves »

 

Penser : Au sens courant on le confond souvent avec réfléchir. Avoir la connaissance, avoir des idées. Mais dans son texte, Alain donne un sens particulier à ce mot en l’opposant à opiner (dire oui) à croire ou à voir des certitudes. Penser signifie une action qui relève d’un combat.

C’est à elle même que la pensée dit non. « Ici l’auteur montre que la pensée n’est jamais une acceptation des idées, n’est jamais un contentement de soit, la véritable pensée est une pensée du refus, une vigilance qui nous conduis à toujours nous remettre en question, à ne jamais rien tenir pour acquis.

C’est par croire que les hommes sont esclaves, croire signifie donner son adhésion à une idée, sans prendre de recul sans critiquer nos propres certitudes.

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