J’aurais ensuite fait considérer l’utilité de cette philosophie, et montré que, puisqu’elle s’étend à tout ce que l’esprit humain peut savoir, on doit croire que c’est elle seule qui nous distingue des plus sauvages et barbares, et que chaque nation est d’autant plus civilisée et polie que les hommes y philosophent mieux ; et ainsi que c’est le plus grand bien qui puisse être dans un Etat que d’avoir de vrais philosophes. Et outre cela que, pour chaque homme en particulier, il n’est pas seulement utile de vivre avec ceux qui s’appliquent à cette étude, mais qu’il est incomparablement meilleur de s’y appliquer soi-même ; comme sans doute il vaut beaucoup mieux se servir de ses propres yeux pour se conduire, et jouir par même moyen de la beauté des couleurs et de la lumière, que non pas de les avoir fermés et suivre la conduite d’un autre ; mais ce dernier est encore meilleur que de les tenir fermés et n’avoir que soi pour se conduire. Or, c’est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher ; et le plaisir de voir toutes les choses que notre vue découvre n’est point comparable à la satisfaction que donne la connaissance de celles qu’on trouve par la philosophie ; et, enfin, cette étude est plus nécessaire pour régler nos moeurs et nous conduire en cette vie, que n’est l’usage de nos yeux pour guider nos pas. et nous conduire en cette vie, que n’est l’usage de nos yeux pour guider nos pas. DESCARTES
Correction DS 1
Dans ce texte Descartes défend la philosophie en montrant qu’il s’agit d’une discipline utile à la vie. Cependant la philosophie est souvent critiquée comme n’ayant aucune utilité, ni pour la connaissance, ni pour la morale. Il convient donc de comprendre la définition quand donne Descartes. Et se demander d’une part en quoi la connaissance philosophique peut être certaine et d’autre part en quoi cette connaissance est nécessaire au bien vivre.
Plan :
Ligne 1 à 5 : La philosophie est indispensable à la recherche de la vérité au sens ou elle nous éloigne des passions, des instincts, des conduites égoïste et violente que l’on attribue aux barbares et sauvage. La rationalité philosophique permet d’échapper aux débordements passionnels et permet de faire respecter l’ordre public. Si l’Etat a souvent suspecté les philosophes, il est cependant important pour Descartes de montrer que la philosophie est un rempart contre la violence.
Titre (1) : La recherche résonnée contre la violence des passions
Ligne 5 à 10 : La philosophie est une activité qui consiste à penser et agir par soi-même contre toute les influences extérieures (opinion, préjugés) le philosophe est libre de penser selon sa raison lorsqu’il s’applique à chercher par lui même la vérité. Cette connaissance lui permet d’être maitre des ses choix et de ses décisions. La liberté a donc 2 sens : liberté de penser et liberté d’action. Cependant Descartes explique que l’on ne philosophe jamais seul et que nous ne sommes libres quand étant guidé par la raison universelle. C’est cette raison valable pour tous, qui nous permet l’assurance d’une croissance vraie et d’une conduite exemplaire.
Titre (2) : La raison nous permet de trouver par nous même la vérité et de conduire notre vie
Ligne 11 à 16 : Par la métaphore de la vision Descartes explique enfin le plaisir que procure la philosophie. Elle est la condition essentielle de la liberté en acte et du bonheur de vivre selon sa raison. Le bonheur ne doit pas se confondre avec le bien être c’est-à-dire avec des expériences sensibles, immédiates et passagères. Le bonheur est la véritable liberté de l’homme qui fait plein usage de sa raison. Il s’agit de rechercher une sagesse utile dans le quotidien de nos actes.
Titre (3) : Le plaisir de philosopher conduit au bonheur