TS 2 Spinoza, Appendice au livre I de l’Ethique

« Alors un petit Juif, au long nez, au teint blême,
Pauvre, mais satisfait, pensif et retiré,
Esprit subtil et creux, moins lu que célébré,
Caché sous le manteau de Descartes, son maître,
Marchant à pas comptés, s’approcha du grand Être:
« Pardonnez-moi, dit-il en lui parlant tout bas,
Mais je pense, entre nous, que vous n’existez pas.
Je crois l’avoir prouvé par mes mathématiques.
J’ai de plats écoliers et de mauvais critiques:
Jugez-nous… » A ces mots, tout le globe trembla,
Et d’horreur et d’effroi saint Thomas recula.
Mais Dieu, clément et bon, plaignant cet infidèle,
Ordonna seulement qu’on purgeât sa cervelle.
Ne pouvant désormais composer pour le prix,
Il partit, escorté de quelques beaux esprits. « 

Voltaire

Spinoza est un penseur naît à Amsterdam en 1632 dans la communauté de Juifs Marranes.

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Rembrandt, La disgrâce d’Aman (ou David et Urie), Vers 1665
©Musée de l’Ermitage, St. Petersbourg, 2007

Pour une initiation amusante et critique à la pensée du judaïsme, Le chat du Rabbin de Joann Sfar en 5 volumes (éd. Dargaud/ poisson pilote)

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Joann Sfar

« Le chat du Rabbin », c’est une histoire qui se passe dans le quartier juif d’Alger. Celui qui regarde ce monde et qui raconte, c’est « le chat du Rabbin ». Tout de suite, il explique pourquoi le Rabbin n’a pas plutôt un chien : « …Ça fait tellement longtemps que les Juifs se font mordre, courir après ou aboyer dessus que, finalement, ils préfèrent les chats ».
Le chat mange le perroquet de Zlabya, la fille du Rabbin, et du coup, le voilà doté de la parole et exigeant de faire sa bar-mitsva.

Ce chat ne cesse de questionner le rabbin sur les textes du judaïsme. Il ne trouve le repos que dans les bras de sa maîtresse, la fille du rabbin mais on lui interdit de lui parler. Il avoue : « C’est la condition, si je veux rester avec elle. Ça vaut le coup de fermer sa gueule pour être heureux ».
Il fréquente l’école des étudiants où enseigne le rabbin car il a compris qu’un des élèves est amoureux de sa fille, la jolie Zlabya…

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Le Malka des lions est un vieux cousin du Rabbin, aventurier, dresseur de fauves qui va séduire la jeune Zlabya au grand désespoir du chat ! Quant au rabbin, il va être convoqué pour faire une dictée en français afin de satisfaire les autorités qui colonisent les juifs d’Algérie. Le chat va l’aider mais il échoue cependant, laissant les honneurs de la réussite à un jeune et beau français…

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Le chat est dans tous ses états et le Rabbin aussi : sa fille se marie ! Pour se venger de cette infidélité, ils décident d’accompagner les jeunes mariés durant leur voyage de noce à Paris!

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Le chat perd l’usage de la parole

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Zlabya s’ennuie au côté de son époux. Pendant ce temps le rabbin reçoit une caisse contenant un peintre russe voulant parcourir l’Afrique pour retrouver la douzième tribu d’Israël…Les voilà partis, ouf, le chat retrouve la parole !

Autre lecture intéressante pour aborder la notion de cause finale :

Bouvard et Pécuchet de Flaubert se piquent de philosophie. Ils écrivent un résumé de la pensée de Spinoza, ou du moins de ce qu’ils tentent « bêtement » de comprendre… Ne faites pas comme ces deux nigauds, lisez et relisez le texte de l’appendice au livre 1 !

« Bouvard doutait des causes.
« De ce qu’un phénomène succède à un phénomène on conclut qu’il en dérive. Prouvez-le !
— Mais le spectacle de l’univers dénote une intention, un plan !
— Pourquoi ? Le mal est organisé aussi parfaitement que le Bien. Le ver qui pousse dans la tête du mouton et le fait mourir équivaut comme anatomie au mouton lui-même. Les monstruosités surpassent les fonctions normales. Le corps humain pouvait être mieux bâti. Les trois quarts du globe sont stériles. La Lune, ce lampadaire, ne se montre pas toujours ! Crois-tu l’Océan destiné aux navires, et le bois des arbres au chauffage de nos maisons ? »
Pécuchet répondit :
« Cependant, l’estomac est fait pour digérer, la jambe pour marcher, l’oeil pour voir, bien qu’on ait des dyspepsies, des fractures et des cataractes. Pas d’arrangement sans but ! Les effets surviennent actuellement, ou plus tard. Tout dépend de lois. Donc, il y a des causes finales. »
Bouvard imagina que Spinoza peut-être, lui fournirait des arguments, et il écrivit à Dumouchel, pour avoir la traduction de Saisset.
Dumouchel lui envoya un exemplaire, appartenant à son ami le professeur Varlot, exilé au Deux décembre.
L’Éthique les effraya avec ses axiomes, ses corollaires. Ils lurent seulement les endroits marqués d’un coup de crayon, et comprirent ceci :
La substance est ce qui est de soi, par soi, sans cause, sans origine. Cette substance est Dieu.
Il est seul l’Étendue – et l’Étendue n’a pas de bornes. Avec quoi la borner ?
Mais bien qu’elle soit infinie, elle n’est pas l’infini absolu ; car elle ne contient qu’un genre de perfection ; et l’Absolu les contient tous.
Souvent ils s’arrêtaient, pour mieux réfléchir. Pécuchet absorbait des prises de tabac et Bouvard était rouge d’attention.
« Est-ce que cela t’amuse ?
— Oui ! sans doute ! va toujours ! »
Dieu se développe en une infinité d’attributs, qui expriment chacun à sa manière, l’infinité de son être. Nous n’en connaissons que deux : l’Etendue et la Pensée.
De la Pensée et de l’Étendue, découlent des modes innombrables, lesquels en contiennent d’autres.
Celui qui embrasserait, à la fois, toute l’Étendue et toute la Pensée n’y verrait aucune contingence, rien d’accidentel — mais une suite géométrique de termes, liés entre eux par des lois nécessaires.
« Ah ! ce serait beau ! » dit Pécuchet.
Donc, il n’y a pas de liberté chez l’homme, ni chez Dieu.
« Tu l’entends ! » s’écria Bouvard.
Si Dieu avait une volonté, un but, s’il agissait pour une cause, c’est qu’il aurait un besoin, c’est qu’il manquerait d’une perfection. Il ne serait pas Dieu.
Ainsi notre monde n’est qu’un point dans l’ensemble des choses – et l’univers impénétrable à notre connaissance, une portion d’une infinité d’univers émettant près du nôtre des modifications infinies. L’Étendue enveloppe notre univers, mais est enveloppée par Dieu, qui contient dans sa pensée tous les univers possibles, et sa pensée elle-même est enveloppée dans sa substance.

Il leur semblait être en ballon, la nuit, par un froid glacial, emportés d’une course sans fin, vers un abîme sans fond, – et sans rien autour d’eux que l’insaisissable, l’immobile, l’Éternel. C’était trop fort. Ils y renoncèrent. »

Un commentaire pour “A propos de Spinoza”

  1.  levanajess dit :

    Bonour!! Oui c’est donc Jessica!!
    Non je n’aime pas que l’on me donne le corrigé puisque cela m’empecherai d’esayer de faire le travail ! C’est pour ca que j’en ai fait 3 pour voir laquelle est la plus juste !
    Merci de m’avoir conseillé!
    J’espere que le travail portera ces fruits
    A bientot, Cordialement Jessica

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