http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/5e/Odysseus_from_Schwab_book_1.jpg/400px-Odysseus_from_Schwab_book_1.jpgLe retour d’Ulysse

EPICTETE, (vers 50-vers 125)

  • « Comment se fait-il donc que j’aie écouté les discours des philosophes et leur aie donné un plein acquiescement, et que, dans la pratique, je ne me sois en rien libéré plus entièrement ? Serais-je par hasard d’une nature si ingrate ? Pourtant, dans les autres matières, dans toutes celles dont j’ai voulu m’occuper, on ne m’a pas trouvé trop mal doué, mais j’ai appris rapidement les lettres, la lutte, la géométrie, l’analyse des syllogismes. Serait-ce alors que le système philosophique ne m’a pas convaincu ? En vérité, il n’est rien qui m’ait plu davantage et que j’aie mieux aimé depuis le début et à présent je fais des lectures sur ces doctrines, je les entends exposer, j’écris sur elles. Nous n’avons pas jusqu’ici trouvé de système plus fort. Qu’est-ce donc qui me manque ? Ne serait-ce pas que les jugements contraires n’ont pas été extirpés ? Que les pensées elles-mêmes n’ont pas été mises à l’épreuve, qu’on ne les a pas habituées à faire face aux réalités, mais que, comme de vieilles armures mises de côté, elles se sont tachées de rouille et ne peuvent même plus s’adapter à moi ? »

Manuel

  • Tu veux devenir philosophe. Prépare-toi sur-le-champ à être raillé, et persuade-toi bien que le peuple va te siffler et dire : « Ce philosophe nous est venu en une nuit. D’où lui vient ce sourcil arrogant ? » Pour toi, n’aie point ce sourcil superbe ; mais attache-toi fortement aux maximes qui t’ont paru les meilleures et les plus belles. Et souviens-toi que, si tu y demeures ferme, ceux même qui se sont d’abord moqués de toi t’admireront ensuite ; au lieu que, si tu cèdes à leurs insultes, tu en seras doublement moqué.

Entretiens XXXI.

  •  » Voici le point de départ de la philosophie : la conscience du conflit qui met aux prises les hommes entre eux, la recherche de l’origine de ce conflit, la condamnation de la simple opinion et la défiance à son égard, une sorte de critique de l’opinion pour déterminer si on a raison de la tenir, l’invention d’une norme , de même que nous avons inventé la balance pour la détermination du poids, ou le cordeau pour distinguer ce qui est droit et ce qui est tordu ? Est-ce là le point de départ de la philosophie : est juste tout ce qui paraît tel à chacun ? Et comment est-il possible que les opinions qui se contredisent soient justes ? Par conséquent, non pas toutes. Mais celles qui nous paraissent à nous justes ? Pourquoi à nous plutôt qu’aux Syriens, plutôt qu’aux Égyptiens ? Plutôt que celles qui paraissent telles à moi ou à un tel ? Pas plus les unes que les autres. Donc l’opinion de chacun n’est pas suffisante pour déterminer la vérité. Nous ne nous contentons pas non plus quand il s’agit de poids ou de mesure de la simple apparence, mais nous avons inventé une norme pour ces différents cas. Et dans le cas présent, n’y a-t-il donc aucune norme supérieure à l’opinion ? Et comment est-il possible qu’il n’y ait aucun moyen de déterminer et de découvrir ce qu’il y a pour les hommes de plus nécessaire ? Il y a donc une norme. Alors, pourquoi ne pas la chercher et ne pas la trouver, et après l’avoir trouvée, pourquoi ne pas nous en servir par la suite rigoureusement, sans nous en écarter d’un pouce ? Car voilà, à mon avis, ce qui, une fois trouvé, délivrera de leur folie les gens qui se servent en tout d’une seule mesure, l’opinion, et nous permettra, désormais, partant de principes connus et clairement définis, de nous servir, pour juger des cas particuliers, d’un système de pré notions « .

Entretiens, II, XI, tr. fr. G. Budé, Les Belles Lettres

http://etienneduval.neuf.fr/images/Platon,%20acad%E9mie.jpgAcadémie de Platon, mosaïque

PLATON, (vers 420-340 av.J.-C.)

  • Aucun des dieux ne philosophe et ne désire devenir savant, car il l’est ; et, en général, si l’on est savant, on ne philosophe pas; les ignorants non plus ne philosophent pas et ne désirent pas devenir savants ; car l’ignorance a précisément ceci de fâcheux que, n’ayant ni beauté, ni bonté, ni science, on s’en croit suffisamment pourvu. Or, quand on ne croit pas manquer d’une chose, on ne la désire pas. Je demandai : Quels sont donc, Diotime, ceux qui philosophent, si ce ne sont ni les savants ni les ignorants ? —Un enfant même, répondit-elle, comprendrait tout de suite que ce sont ceux qui sont entre les deux, et l’Amour est de ceux là. En effet, la science compte parmi les plus belles choses ; or l’Amour est l’amour des belles choses ; il est donc nécessaire que l’Amour soit philosophe, et, s’il est philosophe, qu’il tienne le milieu entre le savant et l’ignorant ; et la cause en est dans son origine, car il est fils d’un père savant et plein de ressources, mais d’une mère sans science ni ressources. Voilà, mon cher Socrate, quelle est la nature du démon.

Le banquet

  • IL est tout à fait d’un philosophe, ce sentiment : s’étonner. La philosophie n’a point d’autre origine.

Théétète, 155d

  • L’exemple de Thalès te le fera comprendre, Théodore. Il observait les astres et, comme il avait les yeux au ciel, il tomba dans un puits. Une servante de Thrace, fine et spirituelle, le railla, dit-on, en disant qu’il s’évertuait à savoir ce qui se passait dans le ciel, et qu’il ne prenait pas garde à ce qui était devant lui et à ses pieds.

Théétète, 174a

Un commentaire pour “Apprendre la philosophie ?”

  1.  Pas beau dit :

    l’oiseau

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