Tout est-il joué ?

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Le Tricheur à l’as de Carreau, Georges De La TourLorsqu’on commence à s’inquiéter de l’épreuve du bac, tout-est il joué ? Ou peut-on apprendre en quelques jours ce qu’un élève « moyen  » de terminale à assimilé péniblement en huit mois ?

Beaucoup d’élèves ne savent pas en ces dernières semaines, dites de révision, rassurer leurs parents et se mettre à travailler in extremis pour l’épreuve tant redoutée d’une majorité de français, celle qui fera la une des journaux télévisée et de la presse écrite, cette année le lundi 16 juin 2008. Car, il est beaucoup plus vexant pour un jeune de 17 / 18 ans de rater son épreuve de philosophie (enfin tout le monde a compris qu’il s’agit de penser par soi-même !) que celle de science, d’histoire et géographie ou de langues vivantes (où l’aléatoire et la contingence des sujets, des professeurs, des manuels, et des opinions de l’élève ne devraient pas entrer en jeu !)

Tout se passe comme si la note de philosophie allait vous poursuivre toute votre vie (remarque librement inspirée d’une élève de Terminale L. à propos des pénibles heures de cours…) Tout se passe comme si cette note était révélatrice d’une pensée juste ou non, d’une culture certaine, d’un verni illusoire ou d’un abîme de sagesse , seule note témoin d’une brillante fin d’étude secondaire et d’un avenir prometteur. Bref, l’épreuve de philosophie reste une épreuve, pour tous !

Qu’est-ce réviser ? C’est mobiliser tout ce que l’on sait et tout ce que l’on sait faire. Il n’est pas question de faire de nouvelles acquisitions ni de s’exercer sur de nouveaux thèmes que l’on n’a pas abordé (pour des raisons ou d’autres, souvent celles du professeur et occasionnellement par « paresse et lacheté » de l’élève pour parodier Kant.)

Récapituler ce que l’on sait faire

c’est faire le point sur les méthodes de la dissertation et de l’explication de texte. L’aspect formel de cette méthode a été largement et difficilement dictée en cour. Comment faire une intro ? qu’est-ce qu’une problématique ? qu’est ce qu’un domaine de pensée ou un intérêt philosophique? Relire la méthode du cours, de philochar http://lewebpedagogique.com/philoflo/methodologie/ et mettez vous à jour dans les exigences minimales :

– De la dissertation

Lire le sujet :

Se demander quel type de question est posée (en quoi consiste, y a-t-il qu’est-ce que). Déterminez les mots importants et repérer à quelles notions du programme ils renvoient, ou, plus largement, à quel domaine de pensée (connaissance, morale, anthropologie, métaphysique, souvent une confrontation des valeurs est en jeu). Enfin, se donner une première définition des mots du sujet afin de bien le comprendre.

Eviter le hors sujet

Rédiger une problématique :

Les sujets font souvent appel à deux réponses très faciles à trouver. Demandez-vous qu’est-ce qui ne va pas de soi, qu’est-ce qui est précipité dans l’une ou l’autre réponse, ou pourquoi on ne peut pas répondre de manière immédiate et évidente. Demandez vous pourquoi la réponse du sens commun (celle que l’on est tenté de donner au premier abord) n’est pas satisfaisante et demande réflexion. N’oubliez pas que le problème énoncé ici sera le fil conducteur du devoir, et que vous devrez essayer de le résoudre…

Transformer la question en problème

Rassembler ses connaissances :

Noter d’abord au brouillon sans développer, tout ce qui vient à l’esprit : textes philosophiques, idées de philosophes, idées personnelles, textes littéraires, oeuvres d’art, mythes, films, exemples du cours, lectures, exemples personnels (ordre décroissant d’importance, la règle étant de ne citer que ce que l’on connait et jamais ce dont on a entendu parler…) Creuser les exemple, références ou idées sans jamais réciter. Attention à la fausse érudition, aux fausses étymologies comme aux citations non expliquées ou qui viennent « comme un cheveu sur la soupe ! » Elles doivent être nécessaires aux propos ou être abandonnées (vous ne pouvez pas tout citer). Enfin, attention à la récitation (de doctrines, de citation ou de cours)

Seules les connaissances sont des références pertinentes

Construire le plan :

Il s’agit de classer les idées du brouillon, d’ordonner votre discours. Il n’y a pas de plan type exigé (2 ou 3 parties conviennent) Il faut cependant regrouper sa réflexion en deux ou trois idées argumentées. Pièges à éviter : le plan qui sépare les notions du sujet ; le plan thèse (oui), antithèse (non) synthèse (bof) ; le plan hors sujet ou qui s’en éloigne en prétendant une « ouverture » ou un contresens sur la question ou enfin l’absence de problème à résoudre. La dissertation doit procéder par étapes, par progression de la pensée, en surmontant des difficultés ? N’oubliez pas l’intérêt de résoudre ce problème, y compris pour vous.

Le fil conducteur (problème) progresse à chaque partie

Rédiger l’introduction :

Il est conseillé de la rédiger au brouillon. L’amorce doit attirer l’attention vers le sujet et lui seul (pas de généralité). Il faut en faire l’analyse pour montrer qu’on a lu et compris l’intitulé. On justifie le sens que l’on va donner aux mots importants dans le contexte du sujet. On énonce clairement la problématique, ses enjeux et la démarche que l’on va suivre pour essayer de la résoudre (annonce du plan)

Donner un désir de lecture et du suspens à votre correcteur

Rédiger le développement :

Le plan étant rigoureusement construit on ne se permet plus d’ajouter ce que l’on aurait oublié (surtout à 11 heures 50 ), on ne délaye pas pour allonger la sauce, on ne se répète pas et on ne glisse pas vers le hors sujet. La rédaction se fait directement sur la copie d’examen mais en ayant son plan du brouillon sous les yeux ainsi que sa problématique. Il y a un ordre rigoureux à suivre aussi au niveau formel (§, sauts de ligne, etc.)

Suivre rigoureusement l’argumentation annoncée

Rédiger la conclusion :

La réflexion du devoir doit vous apporter quelque chose : soit une solution claire et explicitée du problème posé en introduction, soit le relevé des difficultés qui subsistent pour résoudre ce problème. Dans tous les cas il faut conclure, et non faire une ouverture vers un autre sujet, d’autres notions en jeu ou d’autres manières de traiter le sujet. On n’est pas dans une interprétation de plus d’un thème philosophique. il faut être sorti, avoir critiqué l’opinion par ses questions, son étonnement face au sujet

Attention au jugement de valeur dogmatique et au relativisme.

Relire le devoir :

En entier, et corriger ses fautes.

– De l’explication de texte

Lire le texte

Plusieurs fois, crayon en main

Dégager l’idée générale et ses enjeux :

Pas toujours dans la première phrase cette idée est cependant explicite et doit s’énoncer de manière précise, peut-être par une question à laquelle l’auteur répond (thèse) Présupposés, problématique et conséquences de la thèse doivent être formulés.

Comprendre ce que dit l’auteur

Construire le plan :

Deux méthodes sont admises: soit on suit le plan du texte ; soit on fait une première partie l’étude ordonnée du texte et en deuxième partie son intérêt philosophique (critique) Dans les 2 cas, les étapes du raisonnement de l’auteur doivent être respectées.

Plan du texte ou discours ordonné du texte et sa critique

Rédiger l’introduction :

Si l’on connait l’auteur du texte, on ne doit pas « réciter » sa doctrine et encore moins sa vie son oeuvre, même si cela nous aide dans la compréhension du texte. Il faut énoncer sa thèse et l’expliquer comme un intitulé de dissertation (analyse du sujet) puis la problématiser.

Rien sur l’histoire de l’auteur ou de ses idées

Rédiger le développement :

Il faut élucider et discuter le texte. Elucider une phrase consiste à en expliquer les mots et en préciser le sens dans le contexte. Si l’on possède des connaissances sur l’auteur, on peut s’en servir. Sinon, il faut faire référence à d’autres auteurs pour montrer que ce qui est dit est problématique ou qu’il y a d’autres thèses possibles… Le texte ne peut pas être critiqué par votre seule opinion.

Il faut des références, un texte ne s’explique pas seul

Rédiger la conclusion :

On ne prend pas position sur une simple opinion ni en donnant tord ou raison à l’auteur. On relie la thèse du texte à son problème et on montre que le fil de l’argumentation a permis de résoudre ou non ce problème. On énonce clairement le ou les intérêts philosophiques dégagés tout au long du devoir.

Conclure sans ouverture à un autre sujet

Relire son devoir :

Vérifier le contenu, et la matérialité de son écrit. On doit soigner la présentation pour être lu de manière satisfaisante.

Récapituler ce que l’on sait

La connaissance du programme de philosophie ne dépend en rien du sprint final de votre professeur pour « boucler » toutes les notions et boucher les trous en une ou deux dernière semaine du printemps.

Le programme n’est pas à apprendre par coeur, il sert seulement de repère pour vous aider à voir si vos connaissances, votre culture d’élève de terminale, vous permet de couvrir l’ensemble des questions que l’on peut vous poser. C’est à vous de combler ce qui vous semble lacunaire en ce qui concerne par exemple certaines notions de la rubrique culture (religion, travail, art, technique, sciences, histoire) et de vous demander quelles références vous pourriez utiliser : tirées du cours, de la lecture suivie de textes (Epicure, Spinoza, Kant) de la littérature, de vos références personnelles (films, actualité, problèmes de sociétés, traditions communes, sport, etc;), de votre manuel (textes importants en référence du cours à lire et retenir une citation, une idée.) Ayez confiance dans le fait que les meilleures références seront tirées de votre propre travail, de votre effort de réflexion. Vous pouvez, en révisant mobiliser des connaissances sur chaque notion pour vous rassurer, elles seront présentes le jour de l’examen, et tant pis si vous n’avez pas pensé à utiliser tel ou tel auteur, tel ou tel exemple qui le 16 au soir vous semblera crucial !

Si un sujet vous surprend dans sa formulation, que vous connaissiez ou non le thème du programme, il est probablement pour vous.

Inversez la formule spinoziste du désir : je ne choisis pas un sujet parce qu’il est bon, il est bon parce que je le choisis !

BONNE CHANCE !

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