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Victor Brauner « Recto : sans titre » 1945

« Dans le cours des siècles, la science a infligé à l’égoïsme naïf de l’humanité deux graves démentis. La première fois, ce fut lorsqu’elle a montré que la terre, loin d’être au centre de l’univers, ne forme qu’une parcelle insignifiante du système solaire dont nous pouvons à peine nous représenter la grandeur… Le second démenti fut infligé à l’humanité par la recherche biologique, lorsqu’elle a réduit à rien les prétentions de l’homme à une place privilégiée dans l’ordre de la création, en établissant sa descendance du règne animal et en montrant l’indestructibilité de sa nature animale.
Cette dernière révolution s’est accomplie de nos jours, à la suite des travaux de Ch. Darwin, et Wallace et de leur prédécesseurs, travaux qui ont provoqué la résistance la plus acharnée des contemporains. Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours, qui se propose de montrer au moi qu’il n’est pas seulement maître dans sa propre maison, qu’il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe en dehors de sa conscience dans sa vie psychique. »
S. Freud

Le plan du texte apparaît en fonction des couleurs.

La première phrase tient lieu d’idée générale du texte et en même temps annonce le plan de l’auteur. Cependant, il est annoncé deux démentis par Freud et nous relevons que, subrepticement, il en cite trois. Cela est important pour cerner l’enjeu du texte :

– Freud, affirme, sous le signe de la science , un important progrès (dans le cours des siècles), une histoire qui oppose vérité et croyance, science et opinion, connaissance et illusion (il faudra définir ces mots).  Il adopte donc un point de vue positiviste, courant de pensée qui au XIX° siècle affirme la primauté de la science sur toute autre forme de pensée (la religion, la pensée commune, et même la philosophie). Freud parle de LA science comme une connaissance absolue (mais il cite des sciences)

– De plus, Freud fait comme si sa propre discipline (la psychanalyse qu’il entend fonder) était une science. Il cite deux exemples de sciences exactes (astronomie et biologie) et fait comme si la psychanalyse était un exemple de science, dans la continuité de son histoire. On s’interrogera sur l’importance, pour Freud, de se prendre pour un chercheur et d’élever ses recherches au rang de découverte scientifiques.

1° partie : L’humiliation cosmique (Copernic, Galilée)

2° partie : L’humiliation biologique (Darwin)

3° partie : L’humiliation psychologique (Freud)

A suivre… Exercez-vous d’ici l’explication détaillée et linéaire

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« II y a une vérité dont la connaissance me semble fort utile : qui est que, bien que chacun de nous soit une personne séparée des autres, et dont, par conséquent, les intérêts sont en quelque façon distincts de ceux du reste du monde, on doit toutefois penser qu’on ne saurait subsister seul, et qu’on est, en effet, l’une des parties de l’univers, et plus particulièrement encore l’une des parties de cette terre, l’une des parties de cet Etat, de cette société, de cette famille, à laquelle on est joint par sa demeure, par son serment, par sa naissance. Et il faut toujours préférer les intérêts du tout, dont on est partie, à ceux de sa personne en particulier ; toutefois avec mesure et discrétion, car on aurait tort de s’exposer à un grand mal, pour procurer seulement un petit bien à ses parents ou à son pays ; et si un homme vaut plus, lui seul, que tout le reste de sa ville, il n’aurait pas raison de se vouloir perdre pour la sauver. Mais si on rapportait tout à soi-même, on ne craindrait pas de nuire beaucoup aux autres hommes, lorsqu’on croirait en retirer quelque petite commodité, et on n’aurait aucune vraie amitié, ni aucune fidélité, ni généralement aucune vertu ; au lieu qu’en se considérant comme une partie du public, on prend plaisir à faire du bien à tout le monde, et même on ne craint pas d’exposer sa vie pour le service d’autrui, lorsque l’occasion s’en présente ; voire on voudrait perdre son âme, s’il se pouvait, pour sauver les autres. DESCARTES

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Idée générale : Qu’est-ce que la vertu ? Jusqu’où peut-on aller pour autrui ?

Problématique : Peut-on fonder la morale sur la connaissance ? Descartes recherche un principe universel (« une vérité ») qui puisse fonder la pratique (« utile ») c’est à dire qu’il cherche une connaissance valable pour tous à partir de laquelle déduire la morale.

Dans les termes de Kant la question de la connaissance est « Que puis-je savoir ? « . La question morale : « Que dois-je faire ? »

Or Descartes prétend résoudre cette dernière question en répondant à la première.

« Peut-on fonder la morale sur la connaissance ? »

Parties du texte :

* Du début jusqu’à « sa naissance » : La recherche d’un principe indubitable sur lequel déduire une action.

  • Le devoir de chacun est de tenir compte d’autrui.
  • Chacun est une partie qui compose le tout (Univers, Terre, État, société, famille) .
  • Le serment est un engagement solennel par lequel on est « joint » aux autres.

à suivre…



L'image “http://www.iconovox.com/blog/wp-content/uploads/2009/03/petit-nicolas.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.La démarche mise en œuvre dans la familiarisation avec une philosophie riche en contenu n’est bien aucune autre que l’apprentissage. La philosophie doit nécessairement être enseignée et apprise, aussi bien que toute autre science. Le malheureux prurit qui incite à éduquer en vue de l’acte de penser par soi-même et de produire en propre, a rejeté dans l’ombre cette vérité – comme si, quand j’apprends ce que c’est que la substance, la cause, ou quoi que ce soit, je ne pensais pas moi-même, comme si je ne produisais pas moi-même ces déterminations dans ma pensée, et si elles étaient jetées en celle-ci comme des pierres ! – comme si, encore, lorsque je discerne leur vérité, je n’acquérais pas moi-même ce discernement, je ne me persuadais pas moi-même de ces vérités ! – comme si, une fois que je connais bien le théorème de Pythagore et sa preuve, je ne savais pas moi-même cette proposition et ne prouvais pas moi-même sa vérité ! Autant l’étude philosophique est en et pour soi une activité personnelle, tout autant est-elle un apprentissage – l’apprentissage d’une science déjà existante, formée. […] La représentation originelle, propre, que la jeunesse a des objets essentiels, est, pour une part, encore tout à fait indigente et vide, et, pour une autre part, en son infiniment plus grande partie, elle n’est qu’opinion, illusion, demi-pensée, pensée boiteuse et indéterminée. Grâce à l’apprentissage, la vérité vient prendre la place de cette pensée qui s’illusionne. HEGEL

Correction du texte de Hegel

-Introduction

-Plan

I. L’affirmation de la nécessité d’un travail d’apprentissage en philosophie (l. 1-3).

La nécessité de l’apprentissage suppose un réel effort intellectuel c’est à dire l’usage de la raison par lequel le philosophe forme des concepts, des propositions, un système cohérent et logique.

Cet effort de connaissances porte sur un contenu déterminé, on se demande s’il s’agit de doctrines, de pensées tirées de l’histoire de la philosophie ou bien de notions préalablement définies.

II. Critique de l’opinion commune qui consiste à affirmer que tout apprentissage est inutile en philosophie (l. 3-11).

Pour l’opinion tout homme peut philosopher car tout homme pense, mais philosopher c’est penser par soi-même sur certains contenu. La philosophie est bien une activité personnelle, cela ne signifie pas une activité que l’on fait seul sans apprentissage. On doit soumettre sa pensée à celle des autres.

Pour expliquer ce paradoxe qui consiste à apprendre à penser par soi-même Hegel utilise deux exemples :

a. L’exemple des mots « substance » ou « cause ». Je dois apprendre les définitions en comprenant le sens de ces concepts qui ont été définies par Aristote. Je dois être capable de l’enseigner aux autres. Ainsi ces concepts deviennent une détermination de ma propre pensé.

b. La compréhension d’une démonstration géométrique précise la notion d’apprentissage : il ne s’agit pas de connaître par cœur de manière mécanique une succession de propositions. Il faut saisir par sa propre raison la démarche même de Pythagore. La démonstration mathématique n’est pas imposée à l’esprit mais reconnue comme preuve à celui qui l’a comprise. Là encore comprendre et apprendre, c’est penser par soi-même un contenu déterminé.

III. Une pensée non-encore informée est a) soit sans contenu, b) soit sans valeur philosophique.

Une pensé qui n’a pas encore été informée est formée par l’apprentissage des philosophies passées. Hegel juge de manière sévère cette pensée de la jeunesse qui préfère penser seule plutôt que de faire un effort d’instruction. Cette pensée est pauvre, vide, en attente d’apprentissage.

La pensée de la jeunesse n’a pas de contenu réel ou bien son contenu, s’il existe, est sans valeur philosophique. Cela signifie que ces idées n’ont pas de fondements, sont des opinions, des idées reçues et non des idées justes.

END (la suite au prochain épisode)

By Cyril héhé

INTRODUCTION : L’opinion commune affirme que philosopher est à la portée de tous puisqu’il suffit de penser pour élaborer des idées, mais celles-ci ont-elles une authentique valeur philosophique, suffit-il de penser ou bien faut-il apprendre à philosopher ? C’est à ces questions que répond Hegel en critiquant la pensée de la jeunesse qui n’est pas fondée, il oppose à ces opinions la nécessité d’un apprentissage c’est à dire d’un effort, d’un travail véritable dont le sens commun ne voit ni l’utilité ni le but. L’enjeu du texte est la définition de la philosophie qui est une connaissance réelle et non un ensemble d’opinion.

REMARQUE : La difficulté du texte n’est pas tant dans la notion d’apprentissage que dans l’unité même de la philosophie. En effet il existe des philosophies, une histoire qui semble être autant d’opinions divergentes. Kant affirmait que l’on peut apprendre à philosopher mais que l’on ne peut pas apprendre la philosophie si ce n’est comme une histoire subjective des pensées. « Chaque penseur construit son système sur les ruines d’un autre. » Descartes affirmait également « Nous paraîtrons avoir appris non des sciences mais de l’histoire » lorsque nous aurons lu « Tous les raisonnements de Platon et d’Aristote », y-a-t-il une contradiction de ces pensées ?

By Thibaut Tournaire alias foetus



posterindianajones410032008Deux exemples de corrigé

TEXTE

http://lewebpedagogique.com/philoflo/2009/09/08/nouvelle-aventure/

1- Qu’est ce que penser ? telle est l’idée générale de ce texte.

L’auteur répond par une métaphore , celle de l’aventure, ce qui suppose un dépaysement des risques voire un danger. Pour le sens commun penser au contraire est une activité naturelle innée et sans effort ! On doit donc s’interroger sur le sens de ce mot qui a s’en doute une connotation philosophique.

Structure ou argumentation :

a) Penser […] penser : définition du verbe penser.

b) la condition […] refaire : le doute est la condition nécessaire pour penser, le point de départ de l’aventure.

c) si vous voulez […] jusqu’à la fin : le savoir contre la croyance.

2- Expliquer

a) « même le vrai la pensée le doit défaire et refaire »

Généralement, le vrai n’est pas remis en question il est tenu pour une certitude. Cependant l’auteur le met au même titre que toutes autres pensées qui doivent être interrogées, mise en doute, soumises à notre critique. C’est le sens de défaire qui consiste en une véritable déconstruction de nos idées. Il faut que la pensée soit vierge de tout préjugé pour l’aspect positif de notre savoir :  » refaire ».

b)  » la coutume ne sera jamais preuve »

la coutume c’est tout ce que nous avons acquis par habitude ( par exemple: des idées, des gestes, des comportements et surtout des opinions). La coutume est partagé de manière majoritaire ou générale. Elle n’est cependant jamais universelle chaque coutume est relative à un groupe, à une culture. C’est en ce sens qu’elle ne sera jamais preuve elle n’est qu’un exemple, un cas particulier. Une preuve c’est ce qui peut-être démontré qui est valable pour tous sans conteste.

Emma et les autres.

Deuxième essai sur le texte Alain , page 181 .

Réponse de la question 1 :

Qu’est ce que penser ? A cette question l’auteur répond par une métaphore, celle de l’aventure . Cela suppose une véritable activité avec des risques , des efforts , des dangers alors que pour le sens commun , penser est quelque chose de naturel , d’inné qui n’est pas difficile .

L’auteur argumente en trois parties :

– Penser […] penser : la définition métaphorique du verbe penser

– La condition […] et refaire : la condition pour penser c’est le doute

– Si vous voulez savoir […] : il faut ne plus croire ( condition du savoir ) .

Deuxième question :

a) « même le vrai, la pensée le doit défaire et refaire » au sens large le vrai est ce que l’on tient pour certain parce que prouvé, démontré. Cependant l’auteur affirme une certaine méfiance envers toute forme d’idée certaine. Il faut mettre en question, interroger nos idées pour savoir si il ne s’agit pas de simples préjugés ; c’est le sens de défaire. L’aspect positif du savoir consistera à refaire c’est à dire de reconstruire nos connaissances sur de nouvelle bases.

b) « La coutume ne sera jamais preuve » Par coutume on entend tout ce que l’on acquiert par habitude au sein d’un groupe: des idées , des gestes, des comportements, et surtout des opinions. Une coutume est toujours relative a la civilisation qui la transmet, elle peut être générale ou particulière, c’est dans ce sens qu’elle s’oppose à la preuve. Elle n’est pas valable pour tous, elle n’est pas universelle. Une preuve c’est ce qui est démontré, ce qui est incontestable.


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girodet-combat-comp1Voici le point de départ de la philosophie : la conscience du conflit qui met aux prises les hommes entre eux, la recherche de l’origine de ce conflit, la condamnation de la simple opinion et la défiance à son égard, une sorte de critique de l’opinion pour déterminer si on a raison de la tenir, l’invention d’une norme , de même que nous avons inventé la balance pour la détermination du poids, ou le cordeau pour distinguer ce qui est droit et ce qui est tordu ? Est-ce là le point de départ de la philosophie : est juste tout ce qui paraît tel à chacun ? Et comment est-il possible que les opinions qui se contredisent soient justes ? Par conséquent, non pas toutes. Mais celles qui nous paraissent à nous justes ? Pourquoi à nous plutôt qu’aux Syriens, plutôt qu’aux Égyptiens ? Plutôt que celles qui paraissent telles à moi ou à un tel ? Pas plus les unes que les autres. Donc l’opinion de chacun n’est pas suffisante pour déterminer la vérité. Nous ne nous contentons pas non plus quand il s’agit de poids ou de mesure de la simple apparence, mais nous avons inventé une norme pour ces différents cas. Et dans le cas présent, n’y a-t-il donc aucune norme supérieure à l’opinion ? Et comment est-il possible qu’il n’y ait aucun moyen de déterminer et de découvrir ce qu’il y a pour les hommes de plus nécessaire ? Il y a donc une norme. Alors, pourquoi ne pas la chercher et ne pas la trouver, et après l’avoir trouvée, pourquoi ne pas nous en servir par la suite rigoureusement, sans nous en écarter d’un pouce ?     EPICTETE

Correction du texte :

> Question à laquelle l’auteur répond dans le texte : Y a-t-il une instance supérieure aux diverses opinions, c’est à dire une norme qui nous permette de juger toute parole et par la même d’accéder à la vérité.

Il répond : cette norme est nécessaire car elle garantit l’universalité du savoir. En effet, les hommes peuvent se référer à cette norme pour s’assurer de la valeur de leur pensée, de leurs idées, et échapper ainsi aux conflits d’opinions. Il affirme la nécessité de cette norme qui constitue la tâche du philosophe. Le problème est de définir ce principe supérieur à la simple opinion et de montrer son intérêt relativement à la vérité.

> Plan du texte :

I- « De voici le point de départ de la philosophie… ce qui est tordu » ======> la critique de l’opinion : elle est source de conflit, elle est insuffisante

1/ La notion de norme pour remplacer l’opinion

2/ Le jugement juste par des images physiques (la balance, le cordeau)

II- L’échec de l’opinion :  » est cela le point de départ… déterminer la vérité « 

1/ La contradiction culturelle des opinions

2/La multiplicité rend la vérité impossible

III- « Nous ne nous contentons pas… jusqu’à la fin »======> existence et nécessité de la norme

1/ Un degré de jugement supérieur et fiable : la norme est immuable et universelle

2/ La norme est la raison propre à chacun

Conclusion :

Ce qui s’oppose à la diversité des opinions, c’est une pensée rationnelle, c’est a dire un discours (LOGOS) bien pesé, c’est à dire évalué et rigoureusement vérifié. « Quelle est la rectitude de la pensée », suppose de définir la règle qui nous permet de mesurer la justesse de nos idées.

L’intérêt est également le rejet de toute opinion. Chacune revendique sa propre vérité. Cependant, l’opinion est incapable de déterminer le vrai.

Remarques :

– (I/) Le point de départ de la philosophie consiste en un conflit, c’est à dire se battre contre toute forme d’opinion. Il s’agit de rejeter le simple avis, la croyance, le préjugé, ou toute forme d’idée qui illusionne et nous laisse seul, prisonnier de nos certitudes, de nos convictions.

– L’image de la balance permet de comprendre l’action de penser. La balance sert à peser, c’est l’étymologie du verbe latin « pensare ». Toute pensée  rationnelle est issue d’une pesée, d’une évaluation, d’une vérification.

– Le cordeau permet de juger la droiture d’un objet, comme la norme permet de juger la droiture de nos idées. Là encore, c’est l’absence d’illusion, de croyance, qui nous permet de déterminer la vérité.

– (II/) La remise en question de l’opinion se fait par deux critiques : elle n’est pas universelle comme le montre une suite de questions. Elle n’est pas valide, comme le montre l’image de la variation. Cela ne résout pas le problème qui consiste à se débarrasser de l’opinion. Il ne faut pas seulement les dénoncer, il faut les dépasser pour déterminer la vérité. Il faut se placer systématiquement sur le chemin méthodique de la vérité et tourner le dos à toute opinion.

– (III/) Epictète renvoie à nouveau à l’expérience de poids et de mesure : on ne juge pas à l’œil nu, on a besoin d’un instrument. De même pour l’opinion, il faut trouver un instrument d’évaluation. Il ne faut donc pas se contenter des apparences sensibles, mais s’élever au niveau d’une représentation rationnelle et universelle. Le recours à la norme est à la fois une nécessité philosophique et la garantie de la vérité. D’où la nécessité lorsque l’on a dépassé l’opinion, de rechercher par l’usage de sa propre raison la vérité.









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1. Dans ce texte, l’auteur répond à la question « Qu’est ce que penser ? » par une image, celle de l’aventure. Il met donc en question la définition commune de cette activité en faisant du penseur un aventurier.

Différents arguments :

1. Pour définir penser comme une aventure l’auteur utilise deux arguments. Le premier est le doute est la condition pour rechercher la vérité.

2. Le second argument est  Le savoir doit combattre toute forme de croyance .

3 parties :

1ere partie : définition de penser par la métaphore de l’aventure

2ème partie : jusqu’à « refaire » c’est le doute libérateur

3ème partie : contre la croyance

2.Explications

a. « Même le vrai, la pensée le doit défaire et refaire. » Dans le texte la pensée ne concerne que les idées qui sont mises en doute, il y a un véritable travail qui consiste à défaire et refaire. Déconstruire pour se débarrasser des choses dans notre esprit. Cela correspond à la critique philosophique. Après avoir mis en doute tout ce qui ce trouve dans notre esprit, on doit assurer les fondements du savoir. La pensée ne travaille pas seulement sur le douteux, sur le vraisemblable mais est une est une mise à l’épreuve de toutes nos certitudes. Le vrai ne s’oppose pas seulement au faux mais à l’illusion du savoir. Par cette image, on montre qu’elle est un véritable travail.

b. Dans le texte, il faut insister sur la force de l’habitude et sur le fait qu’une coutume est toujours particulière. On a du mal à s’en débarrasser et on croit à tord qu’elle a une valeur. Or l’auteur affirme qu’elle ne sera jamais preuve, c’est à dire qu’elle n’a aucune valeur démonstrative. Dans le texte, la preuve est une idée démontrée qui a une valeur universelle et garante de la vérité.

Alphonse & Ginette



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Etude de texte : le texte d’Alain

Questions :

1. dégagez l’idée principale du texte en précisant la structure de son argumentation.

2. expliquez :

a. « même le vrai, la pensée le doit défaire et refaire »

b.  « la coutume ne sera jamais preuve »

3. dans une discussion progressive et argumentée, vous vous demanderez si la croyance s’oppose toujours a la pensée.

Réponses :

1.      L’auteur répond à  » qu’est-ce-que penser » par une image, celle de l’aventure. Il met donc en question la définition commune de cette activité en faisant du penseur un aventurier. Penser ce n’est pas croire. Pour définir penser comme une aventure, l’auteur utilise deux arguments :

  • Le doute et la condition contribuent a la recherche de la vérité.
  • Le savoir doit combattre, se substituer (à) , remplacer  la croyance. Le doute permet de ne plus croire et donc de penser.

Il y a donc deux activités qui constituent le risque de penser : douter et ne pas croire.

Plan :

I.   Définition de la pensée

II.  Le doute

III.  Contre la croyance

Réponses vocabulaire

  • Au sens large :

«  Même le vrai, la pensée le doit défaire et refaire ».

« la pensée » contenu de l’esprit qui comprend nos opinions, nos croyances, nos idées, nos rêves, nos sensations et nos sentiments.

  • Sens dans le texte :

Dans le texte, la pensée ne concerne que les idées qui sont mises en doute. Il y a un véritable travail qui consiste à faire et refaire. Défaire, c’est séparer, détacher, trier mais c’est aussi déconstruire pour se débarrasser de certaines choses ici qui sont dans notre esprit. Dans le texte, cela correspond à la critique philosophique. La pensée doit refaire, c’est l’aspect positif d’une construction qui doit être répétée, renouvelée, ou pour la pensée, réfléchie après avoir mis en doute tout ce qui se trouve dans notre esprit. On doit assurer les fondements du savoir.

« Même le vrai » : La pensée ne travaille pas seulement sur le doute, sur le vraisemblance mais cette pensée est mise à l’épreuve de toutes nos certitudes. Le vrai ne s’oppose pas seulement au faux mais à l’illusion du savoir (croire, savoir).

  • Au sens large :

la coutume est une habitude partagée, un groupe d’individus qui se transmet de génération en génération d’une manière orale, écrite ou tacite.

Dans le texte, il faut insister sur la force de l’habitude et sur le fait qu’une coutume est toujours particulière. On a du mal à s’en débarrasser et on croit à tort qu’elle a une valeur, or l’auteur affirme qu’elle ne sera jamais preuve, c’est-à-dire qu’elle n’a aucune valeur démonstrative. Une preuve au sens large est ce qui tient de la vérité d’une démonstration. Dans le texte, la preuve est une idée démontrée qui a une valeur universelle, garante de la vérité.

  • Conclusion : Par cette image d’une activité de la pensée, on montre qu’elle est un véritable travail de mise en doute, de combats contre toutes nos idées. Des opinions aux certitudes, tout doit être remis en question pour laisser la place à un véritable savoir.

EL BOUICH Imane

BOUYAKHRICHAN Ibtissame




socrxanthip

Socrate et Xanthippe, gravure de Van Veen, Anvers, 1612.

L’apologie de Socrate c’est la défense du philosophe. Au delà du procès de Socrate nous trouvons une explication philosophique. Une difficulté de ce texte, c’est qu’il est encore littéraire, qu’il fait référence à des mythes, et plus précisément que l’accusé explique qu’il a reçu une mission d’une divinité. Socrate raconte que Khairéphon, un personnage de confiance est allé demander à la Pythie, s’il y avait un homme plus sage que Socrate.

« Y a-t-il un homme plus sage que Socrate ? » est l’idée générale du texte. A cette question, Socrate lui-même répond par la négative, à la suite d’une enquête. En effet, il va examiner dans la cité des hommes connus pour leur sagesse. Les hommes d’Etats, les poètes et les devins, et les artisans. Socrate affirme non seulement qu’il n’y a pas d’homme plus sage que lui mais aussi que la sagesse est inversement proportionnelle à la réputation.

Le problème est la définition de la sagesse (sophia au sens grec). Ce mot a un double sens, il signifie d’une part le savoir, la connaissance et d’autre part, le savoir-faire. Il faut donc que Socrate trouve un homme qui satisfasse à ces deux exigences, qui soit à la fois savant et habile. Qu’est-ce que la sagesse ? On pense généralement opposer, le savoir à l’ignorance, ici Socrate l’oppose à la croyance. Celui qui est sage, est celui qui recherche le savoir (il enquête auprès des autres hommes), et non celui qui croit être sage. Ce dernier est dans l’illusion dont on se doute qu’elle est l’ennemie du philosophe.

Plan du texte :

I ) Les hommes d’Etats :

a) La réputation :

Socrate va les voir volontairement car on exige d’eux qu’ils soient à la fois savants et habiles pour traiter des affaires de la cité. Ces hommes ce sont eux mêmes proposés pour représenter la cité ( naissance de la Démocratie ). « L’Homme est un animal politique » affirme Aristote, ce qui signifie que l’homme qui a la charge de la cité ( polis ) représente aussi l’humanité.

b) Inimitié et ruine d’une carrière :

Socrate devant l’assemblée du peuple « examine cet homme à fond » c’est à dire qu’il l’interroge sur ses prétendues compétences et sur ses savoirs. Par ses questions Socrate conduit l’homme à se contredire lui même : c’est l’ironie.

c) « Je suis plus sage que lui » :

Ni l’un ni l’autre ne possède la sagesse, la seule supériorité de Socrate c’est qu’il ne prétend pas la posséder. Cette formule est paradoxale car ni l’un ni l’autre ne sait rien de vrai mais l’un ignore ( je sais que je ne sais pas ) alors que l’autre croit savoir. L’ignorance de Socrate est celle qu’il met en route pour chercher le savoir. L’homme politique, obligé d’avouer son ignorance, sa prétention, voit son pouvoir destitué, défait.

II ) Les poètes et les devins :

a) La réputation :

Ce sont les représentants des idées intellectuelles et culturelles. Les poètes sont réputés pour leur talent oratoire et pour leur rhétorique. Les devins prétendent tirer leur savoir des dieux, ils ont un pouvoir spirituel. Les deux ont un rapport étroit avec la parole, ils utilisent un discours convainquant.

b) L’accusation :

Certains poètes présents a l’assemblée du peuple qui condamne Socrate. Il leur reproche essentiellement de ne pas savoir élucider leur propos, de ne pas savoir expliquer leur poèmes, de parler pour ne rien dire. D’une part leurs paroles n’ont aucun sens, d’autre part ils parlent de choses qui n’existent pas. Ils sont tout de même un peu plus sages que les hommes d’Etats dans la mesure où ils ont un savoir faire : savoir construire des poèmes, des discours.

c) Poètes et philosophes :

Le poète se réclame d’un discours inspiré, mais il est incapable de le justifier, le sens de ses paroles lui échappe. Il utilise des images alors que le philosophe privilégie le concept.

Le texte est ici:

http://lewebpedagogique.com/philoflo/2008/09/17/qui-est-le-plus-sage/



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Détail de La mort de Socrate, par Louis David, 1787

Au terme de l’analyse, il reste la conscience de l’ignorance socratique : savoir que l’on ne sait rien, c’est pressentir le vrai savoir, telle est la mise en route philosophique. L’oracle veut signifier que les hommes manquent de sagesse parce qu’ils ne la cherchent pas. C’est en ce sens que Socrate est le plus savant. Il enquête, il continue son interrogation auprès des hommes.

Son ironie est piquante : on l’appelait le « taon » parce qu’il stimulait ses interlocuteurs.

Son ironie paralyse : on l’appelait le poisson-torpille, parce qu’il laissait sans voix les plus prétentieux. Ainsi a t il provoqué la haine et la calomnie. Mais il préfère se défendre plutôt que les expédients qui prolongeraient sa vie. Socrate boit la Ciguë en choisissant la justification philosophique de se soumettre à une injustice. (« Il vaut mieux subir une injustice plutôt que la commettre »).

Quelques citations :

Maurice Merleau-Ponty —> (tiré de Eloge de la Philosophie)

« La vie et la mort de Socrate sont l’histoire des rapports difficiles que le philosophe entretient avec les dieux de la cité, c’est à dire avec les autres hommes et avec l’absolu figé dont ils lui tendent l’image. »

« Si le philosophe était un révolté, il choquerait moins car enfin chacun sait à part soi que le monde comme il va est inacceptable. »

« L’ironie de Socrate, c’est une relation distante mais vraie avec autrui, elle exprime ce fait fondamental que chacun n’est que soi et cependant se reconnaît dans l’autre, elle essaie de délier l’un et l’autre pour la liberté. »

F. Nietzsche, le crépuscule des idoles, le problème de Socrate

De tout temps les sages ont porté le même jugement sur la vie : elle ne vaut rien… Toujours et partout on a entendu sortir de leur bouche la même parole, – une parole pleine de doute, pleine de mélancolie, pleine de fatigue de la vie, pleine de résistance contre la vie. Socrate lui-même a dit en mourant : « Vivre – c’est être longtemps malade : je dois un coq à Esculape libérateur. » Même Socrate en avait assez. – Qu’est-ce que cela démontre ? Qu’est-ce que cela montre ? – Autrefois on aurait dit (- oh! on l’a dit, et assez haut, et nos pessimistes en tête !) : « Il faut bien qu’il y ait là-dedans quelque chose de vrai ! Le consensus sapientium démontre la vérité. » – Parlons-nous ainsi, aujourd’hui encore ? le pouvons-nous ? « Il faut en tous les cas qu’il y ait ici quelque chose de malade », – voilà notre réponse : ces sages parmi les sages de tous les temps, il faudrait d’abord les voir de près ! Peut-être n’étaient-ils plus, tant qu’ils sont, fermes sur leurs jambes, peut-être étaient-ils en retard, chancelants, décadents peut-être ? La sagesse paraissait-elle peut-être sur la terre comme un corbeau, qu’une petite odeur de charogne enthousiaste ?…

Le teste est ici :

http://lewebpedagogique.com/philoflo/2008/09/17/qui-est-le-plus-sage/


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the-host » Je vois, par exemple, que deux fois deux font quatre, et qu’il faut préférer son ami à son chien ; et je suis certain qu’il n’y a point d’homme au monde qui ne le puisse voir aussi bien que moi. Or je ne vois point ces vérités dans l’esprit des autres, comme les autres ne les voient point dans le mien. Il est donc nécessaire qu’il y ait une Raison universelle qui m’éclaire, et tout ce qu’il y a d’intelligences. Car si la raison que je consulte n’était pas la même qui répond aux Chinois, il est évident que je ne pourrais pas être aussi assuré que je le suis, que les Chinois voient les mêmes vérités que je vois. Ainsi la raison que nous consultons quand nous rentrons dans nous-mêmes est une raison universelle. Je dis : quand nous rentrons dans nous-mêmes, car je ne parle pas ici de la raison que suit un homme passionné. Lorsqu’un homme préfère la vie de son cheval à celle de son cocher, il a ses raisons, mais ce sont des raisons particulières dont tout homme raisonnable a horreur. Ce sont des raisons qui dans le fond ne sont pas raisonnables, parce qu’elles ne sont pas conformes à la souveraine raison, ou à la raison universelle que tous les hommes consultent. « 

« Je vois….aussi bien que moi » : énoncé d’une évidence

« Or, je ne vois point……dans le mien » => objection possible

« Il est donc nécessaire….intelligences »=> La condition nécessaire pour soutenir la thèse en dépit de l’objection

« car si la raison….que je vois » =>reprise de la réfutation

« ainsi la raison….une raison universelle » => c »est la thèse qui sous-tend l’évidence première.

« je dis quand nous rentrons…..THE END » => c’est la réponse a une objection de faits

Idée générale du texte: il affirme l’existence nécessaire d’une raison universelle, c’est a dire valable pour tous, partagée de manière identique par tous les hommes.

Problématique: cette raison universelle se vérifie par le fait que certaines vérités apparaissent comme des évidences, comme des faits : la raison théorique (2+2=4) et la raison pratique (préférer son ami a son chien) semblent être partagées de manières égale chez tous les hommes. Cependant, les hommes peuvent agir en étant guidés par des motifs irrationnels : les passions.

L’argumentation de l’auteur : (en trois parties)

« du début……vois aussi bien que moi » => c’est une vérité qui se vérifie par deux exemples : les mathématiques et la morale. Ce sont deux certitudes que je vois en moi- même et que tous les hommes voient.

« Or, je ne vois point…..est une raison universelle »=> l’existence d’une raison universelle, c’est a dire d’une faculté de l’esprit qui nous permet de distinguer le vrai du faux. La preuve qu’en donne Malebranche est un sentiment de certitude qui accompagne la vérité. En est-il de même en morale?

« Ainsi la raison…jusqu’à la fin » => En morale, il faut distinguer la raison universelle qui nous permettrait de choisir entre le bien et le mal, des raisons particulières. Ces dernières sont celles d’un homme passionné. Elles ne valent pas pour tous les hommes, elles ne sont pas raisonnables.

Intérêts philosophiques :

L’ universalité de la raison dans les sciences, il s’agit bien d’affirmer une norme pour la connaissance. Cette idée revient a affirmer une nature humaine capable de vérité. De plus, les connaissances viennent de la raison, s’opposent aux opinions toujours relative. Elles peuvent être démontrées, enseignées.

A l’inverse, il existe pour tout homme une domaine subjectif : c’est la morale. Même si la raison de manière universelle nous indique le bien et le mal, nous avons toujours des préférences: c’est le sentiment ou la passion qui vient contredire l’usage de la raison.