DSC05788Pour tous ceux qui n’ont pas trouvé les méthodes !

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Pour les exemples de corrigés :

sujets 1 et 2 du bac :

http://lewebpedagogique.com/philoflo/category/cours/dissertation/

sujets 3 :

http://lewebpedagogique.com/philoflo/category/cours/explication-de-textes/

Rappel :

Les sujets de dissertation comme les textes des auteurs du programme sont les mêmes pour TOUTES LES SERIES et toutes les sections de classe terminale. Seules les séries techniques ont des questions en plus sur les textes (3° sujet).

Les méthodes et les corrigés intéressent tous les élèves de bonne volonté. En aucun cas elles ne doivent se substituer à l’effort de réflexion necessaire au travail philosophique…



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II- La question de l’origine.

Le mot nature vient du verbe nascor qui veut dire naître.

En ce sens, la nature est définie comme origine, comme la mère nourricière, ce qui donne la vie, ce qui permet la croissance des vivants. La nature est considérée dans de nombreux mythes, légendes, histoires sacrées comme la mère qui favorise les hommes, il est alors mauvais de s’en détacher. Elle peut aussi représenter une puissance défavorable (tremblements de terre, ouragans, tempête, incendie, inondation) en ce sens l’homme doit s’en éloigner ou la maîtriser.

Qu’elle soit bonne ou mauvaise pour l’homme, la nature est toujours problématique :

- Pour la connaissance (le savoir)

-  Pour sa maîtrise (le pouvoir)

C’est l’enjeu des sciences et des techniques, de leur progrès dans l’histoire qui apparaît au sein du débat nature et culture. La question se pose de savoir s’il existe un passage entre les 2 notions et si l’homme trouve un sens à sa vie en se détachant de sa mère nourricière.

(cf texte de Platon Protagoras: http://lewebpedagogique.com/philoflo/lart/%C2%AB-l-homme-nu-et-autres-recits-%C2%BB/)

Ce qui nous paraît être une habitude a une origine dans ce mythe, il s’agit de montrer que les 2 valeurs, la honte et la justice, n’ont pas toujours été ce qu’elles sont aujourd’hui. Le texte explique la fabrication des différentes espèces par les dieux et la distribution des qualités qui leur permettent de survivre. A la fin de cette distribution il ne reste plus rien pour l’homme il est nu, il ne peut ni se défendre ni se protéger ni subvenir à ses besoins. Prométhée va voler au Dieu Héphaïstos et à Athéna, le feu, l’origine de la technique comme de tous les savoirs que l’homme pourra développer. L’enjeu philosophique est de comprendre le passage de la nature à la culture comme par exemple du cru au cuit, de l’injustice à la justice, de la barbarie à la pudeur, de l’inactivité au travail, de la guerre à la civilisation etc.



Nambikwara

Georges CHARBONNIER — Quelle distinction y a-t-il lieu d’établir entre nature et culture ?

Claude LEVI-STRAUSS — C’est la distinction fondamentale pour l’ethnologie et souvent un peu embarrassante chez nous, parce que le terme de culture, qui est d’importation anglaise, n’a pas exactement le même sens traditionnel, en français, que celui que les fondateurs des sciences anthropologiques lui ont donné. La nature, c’est tout ce qui est en nous par hérédité biologique ; la culture, c’est au contraire, tout ce que nous tenons de la tradition externe et, pour reprendre la définition classique de Tylor — je cite de mémoire et inexactement sans doute — enfin, la culture ou civilisation, c’est l’ensemble des coutumes, des croyances, des institutions telles que l’art, le droit, la religion, les techniques de la vie matérielle, en un mot, toutes les habitudes ou aptitudes apprises par l’homme en tant que membre d’une société. Il y a donc là deux grands ordres de faits, l’un grâce auquel nous tenons à l’animalité par tout ce que nous sommes, du fait même de notre naissance et des caractéristiques que nous ont léguées nos parents et nos ancêtres, lesquelles relèvent de la biologie, de la psychologie quelquefois ; et d’autre part, tout cet univers artificiel qui est celui dans lequel nous vivons en tant que membres d’une société. L’ethnologie ou, au sens large, l’anthropologie, essaie de faire, dans l’ordre de la culture, la même oeuvre de description, d’observation, de classification et d’interprétation, que le zoologiste ou le botaniste le fait dans l’ordre de la nature. C’est dans ce sens, d’ailleurs qu’on peut dire que l’ethnologie est une science naturelle ou qu’elle aspire se constituer à l’exemple des sciences naturelles.

Georges CHARBONNIER
Entretien avec LEVI-STRAUSS
éd. UGE, coll. 10/18, pp. 180-182

QUESTIONS sur le texte en bleu (type bac):

1- Idée générale :

La distinction entre nature et culture, relativement à l’hérédité (biologie) et l’héritage ( acquis ).

2 et 3. Qu’est-ce qui caractérise dans le texte, nature et culture ?

2- Nature

Hérédité biologique

Animalité qui provient de notre naissance (biologie), et caractéristiques léguées (psychologie)

3- Culture

Tradition externe

Civilisation

Coutumes / croyances / institutions ( art, droit, religion, techniques = habitudes ou aptitudes apprises)

Société

Univers artificiel

4. Comment envisager le passage de la nature à la culture ?

La difficulté c’est que nous avons « deux grands ordres de faits » et que la frontière entre nature et culture n ‘est pas nette chez l’homme. L’homme à l’état de nature n’existe pas si cela signifie qu’il est réduit à son animalité. Comme le dit Levi-Strauss il est déjà membre d’un groupe familial ou social par l‘éducation qu’il reçoit dès sa naissance, il appartient à l’ordre culturel.

5. Expliquez : « nous tenons à l’animalité », « cet univers artificiel ».

- « Nous tenons a l’animalité » , il s’agit de la nature humaine au sens biologique : l’homme appartient a l’espèce animale , il a des ancêtres communs avec certains animaux connus aujourd’hui comme l’enseigne Charles Darwin. L’animalité signifie également certains traits de caractères, certaines passions qui n’ont pas été corrigés par la discipline et l’éducation.

- « Cet univers artificiel », il s’agit de ce qui relève de la culture et forme pour ainsi dire un monde, un univers proprement humain. L’artificiel c’est ce qui est fabriqué, ce qui est secondaire, ce qui apparait. Il ne vient pas s’ajouter à la nature au sens d’essence de l’homme, mais constitue paradoxalement la véritable nature humaine.



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« II y a une vérité dont la connaissance me semble fort utile : qui est que, bien que chacun de nous soit une personne séparée des autres, et dont, par conséquent, les intérêts sont en quelque façon distincts de ceux du reste du monde, on doit toutefois penser qu’on ne saurait subsister seul, et qu’on est, en effet, l’une des parties de l’univers, et plus particulièrement encore l’une des parties de cette terre, l’une des parties de cet Etat, de cette société, de cette famille, à laquelle on est joint par sa demeure, par son serment, par sa naissance. Et il faut toujours préférer les intérêts du tout, dont on est partie, à ceux de sa personne en particulier ; toutefois avec mesure et discrétion, car on aurait tort de s’exposer à un grand mal, pour procurer seulement un petit bien à ses parents ou à son pays ; et si un homme vaut plus, lui seul, que tout le reste de sa ville, il n’aurait pas raison de se vouloir perdre pour la sauver. Mais si on rapportait tout à soi-même, on ne craindrait pas de nuire beaucoup aux autres hommes, lorsqu’on croirait en retirer quelque petite commodité, et on n’aurait aucune vraie amitié, ni aucune fidélité, ni généralement aucune vertu ; au lieu qu’en se considérant comme une partie du public, on prend plaisir à faire du bien à tout le monde, et même on ne craint pas d’exposer sa vie pour le service d’autrui, lorsque l’occasion s’en présente ; voire on voudrait perdre son âme, s’il se pouvait, pour sauver les autres. DESCARTES

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Idée générale : Qu’est-ce que la vertu ? Jusqu’où peut-on aller pour autrui ?

Problématique : Peut-on fonder la morale sur la connaissance ? Descartes recherche un principe universel (« une vérité ») qui puisse fonder la pratique (« utile ») c’est à dire qu’il cherche une connaissance valable pour tous à partir de laquelle déduire la morale.

Dans les termes de Kant la question de la connaissance est « Que puis-je savoir ? « . La question morale : « Que dois-je faire ? »

Or Descartes prétend résoudre cette dernière question en répondant à la première.

« Peut-on fonder la morale sur la connaissance ? »

Parties du texte :

* Du début jusqu’à « sa naissance » : La recherche d’un principe indubitable sur lequel déduire une action.

  • Le devoir de chacun est de tenir compte d’autrui.
  • Chacun est une partie qui compose le tout (Univers, Terre, État, société, famille) .
  • Le serment est un engagement solennel par lequel on est « joint » aux autres.

à suivre…



DSC05653Photo personnelle, British Muséum, galerie de la mode

Au 20ème siècle, les ethnologues affirment la diversité des cultures comme un fait, en étudiant les multiples coutumes, modes de vie, règles sociales et habitudes de sociétés différentes de la notre. Cette diversité pose problème lorsque l’on tente de définir une nature humaine.

En effet, supposer une identité pour définir l’homme n’est ce pas nier les différences qui constituent l’histoire des civilisations ?

Nous devons étudier la différence entre nature et culture relativement à l’être humain puis se demander si un passage est possible de l’une à l’autre de ces deux notions.

I/ Nature et culture :

  • La nature au sens large, c’est ce qui nous entoure et comprend aussi bien le vivant (objet de la biologie) que l’inerte (minéral, la terre, l’air, le feu, l’eau).

C’est ce qui s’oppose à l’artificiel, c’est à dire ce qui est fabriqué par l’homme.

  • Parler d’une nature humaine, c’est supposer quelque chose qui définit tout homme sans exception, son essence, sa caractéristique propre.

Les classiques ont vu dans la raison, le propre de l’homme (« le bons sens est la chose du monde la mieux partagée » Descartes)

Les sciences humaines (XX°) proposeront tour à tour le travail ou le langage ou même le rire pour définir l’homme, le distinguer de l’animal.

Tout se passe comme si la complexité humaine se jouait entre une nature universelle qu’il refuse de partager simplement avec les animaux, et la revendication d’une culture originale, et particulière.

  • Depuis Darwin (XIX°) l’homme partage la même lignée que certains animaux, l’enjeu de l’affirmation d’une culture propre est donc de taille.

La culture c’est ce que l’on acquiert par l’éducation (discipline et apprentissages) en partageant les valeurs d’un même groupe : habitudes, coutumes, idées, religions, art, règles du droit etc.

Cette culture s’inscrit dès l’enfance dans notre esprit mais aussi dans nos gestes et attitudes. Elle constitue l’histoire particulière de chacun comme l’histoire commune d’un groupe d’individus.


Nature Culture
-Faune , flore et l’homme

-Cosmos-L’eau , le feu , l’air , la terre

-Le minéral

-Le naturel (l’inné)

-Biologie (génétique) : le déterminisme

-L’évolution des espéces (Darwin)

-Evolution aveugle sans intention ni but (à moins de supposer un créateur …)

-La nature humaine = l’essence de l’homme (propre à tous les hommes, universel)

-Langage humain: articulations de sens et articulations de sons

-Industrie , artisanat , l’art , les techniques-L’acquis , l’éducation (discipline et apprentissages)

-Transmission des savoirs , des gestes ; des attitudes , toutes les habitudes de pensées ou d’actions

- L’acquis

-La liberté

-Histoire personnelle (individu) et commune (peuple)

-Progrès: projet et déroulement intentionel.

-Diversités, différences, multitudes des civilisations (modes de vie, coutumes, idées, mode, cuisine etc.)

-Langues, accentuations, dialectes, patois, langage des signes, écriture, dessin, graphisme, tags etc.



picasso

Picasso, La ligne de chance, 1952

Nous irons voir l’exposition DOISNEAU, PORTRAITS D’ARTISTES au musée Angladon lundi 16 novembre à 8 heures 15

Qui était Robert Doisneau (1912‐1994) ?

Né à Gentilly (14 avril 1912) et mort à Montrouge, Robert Doisneau est un homme de la banlieue parisienne qu’il célébrera dans toute son oeuvre. Il a une formation de graveur lithographe à l’école Estenne de Parismais réalise ses premières photos dès 1929 et choisit très vite ce métier. Il travaille pendant quatre ans comme assistant au service de publicité des usines Renault. De ce modeste travail, il se détache après la guerre pour participer à l’agence Rapho mais aussi faire ses preuves omme photographe indépendant. Son oeuvre reçoit le prix Kodak (1947) et le prix Nicéphore Niepce (1956). Il davient alors célèbre mais conservera toute sa vie la même modestie et la même simplicité. Il édite plusieurs livres, dont « à l’imparfait du subjonctif » (1989) et se prête à des films dont l’un  réalisé par Sabine Azéma « Bonjour, M. Doisneau » . Il meurt en avril 1994, laissant une oeuvre riche de plus de 400000 négatifs.


La place de Robert Doisneau dans l’histoire de la photographie.

Dans les années 1930 on parle du courant humaniste de la photographie : il s’agit d’exhalter l’homme dans sa réalité quotidienne, en particulier dans l’immédiat après guerre qui connait un renouveau de cette idée de reconstruction aussi bien économique que proprement humaine (salaires, conditions de travail, congés payés,etc). Robert doisneau va cpter petits bonheurs et injustices, drames et détails de la rue, personnages types et passants anoymes. Certaines attitudes, certains gestes banals deviennent des moments de grâce.

La photographie s’impose aussi à partir des années 1930 dans la presse illustrée. Elle représente une vritable avant garde dans le domaine des arts tout en devenant plus aisée grâce aux appareils maniables, légers (Leica 24/36). Les ateliers d’artistes deviennent à la mode et les collaboration entre photographes et artistes plus fréquentes (en particulier avec les écrivains).  C’est ainsi qu’en 1937, Doisneau, nouvellement installé dans un atelier de peintre à Montrouge en banlieue parisienne, réalise son premier reportage sur un artiste dans l’atelier de Fernand Léger.

Doisneau va photographier ainsi d’autres « voisins d’atelier », Picasso, Braque, Foujita, Marcel Duchamp ; il exécute des commandes pour des revues comme Le Point ou Vogue. Des 1950, ces photographies connaissent un succès grandissant et une demande importantes des agences comme Rapho où Doisneau fait son entrée aux côtés d’Edouard Boubat, Willy Ronis et Jean Dieuzaide.

Robert Doisneau et les artistes

Quelques recherches sur les peintres suivants :

BRAQUE

FERNAND LEGER

PABLO PICASSO

DIEGO GIACOMETTI

Intérêt philosophique

La création :

  • L’artiste à l’œuvre, travail et inspiration
  • L’œil de l’esprit
  • Le génie

Le jugement de goût

  • Le beau et l’agréable
  • Règles, canons et mode
  • L’universalité du jugement

Le statut de « l’objet photographie » :

  • statut juridique (à qui appartient une photograhie)
  • problème de la reproductibilité
  • statut d’une oeuvre d’art


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Brésil | © Claude Lévi-Strauss/Musée du Quai Branly

Levi Strauss

  • De formation philosophique, Levi Strauss se tourne rapidement vers les civilisations méconnues, malgré l’avertissement qui ouvre Tristes Tropiques : « Je hais les voyages et les explorateurs.»

    L’ethnographie fut l’un de ses plus importants domaines d’étude.

    —> Travail de terrain qui consiste à collecter des objets, des coutumes [orales], des textes, des récits, des faits, propres à une ethnie.

    L’ethnologie est la théorie, le discours sur les différentes ethnies. Elle suppose une interprétation de la part du chercheur. « Il y a toujours un aspect philosophique dans n’importe quelle recherche.»

  • C’est au Brésil qu’il rencontra des tribus indiennes qui semblent tout à fait sauvages et primitives. Il travaillera alors sur ces notions en essayant de montrer que ces ethnies ont une histoire, une spécificité qui ne se résument pas à la barbarie, ou au caractère arriéré que l’on pourrait supposer. « Même les peuples qui n’ont pas tenu leur journal intime ont une histoire.»

  • Il dénonce l’ethnocentrisme, forme de racisme insidieux qui consiste à affirmer la supériorité d’une culture sur une autre. Il montre la diversité des cultures sans établir de hiérarchie, ni de préférence pour l’une d’entre elles.

  • Levi Strauss va être grandement influencé par la linguistique structurale, qui apparaît au début du XX° siècle comme le modèle de toutes les sciences humaines. On pense en effet qu’il existe une structure fixe définissant le langage humain et permettant d’expliquer la multiplicité des langues. Dans le langage, on ne voit que des différences et des relations entre les phonèmes et les morphèmes. Il existe donc une structure que l’on peut étudier indépendamment des langues.

  • En étudiant les sociétés différentes, ce qui intéresse Levi Strauss c’est de rechercher une structure permettant d’expliquer la multiplicité des cultures. Son premier ouvrage, Les structures élémentaires de la parenté, mettent à jour une règle universelle, c’est à dire valable pour toutes les sociétés : c’est la prohibition de l’inceste. Quelle que soit la forme que prend cet interdit, on le retrouve aux fondements des relations humaines. C’est l’échange primordial de partenaire qui permet des unions fondatrices des sociétés. La règle est toujours présente quelque soit la punition que l’on encourt lorsqu’on l’enfreint : de la simple réprobation à la mise à mort. L’intérêt est de montrer un point commun à toutes les sociétés, et de mettre fin aux oppositions injustifiées des cultures. Le gain en anthropologie est de définir l’homme à la fois par la diversité culturelle et par l’universalité de sa nature.

  • Le travail de Levi Strauss dépasse le cadre des missions au Mato Grosso, de retour à Paris, il continue à s’interroger sur les rites, les coutumes, les langues différentes, et les confronte aux mythes des sociétés anciennes. Il n’y a pas de différence en effet entre l’homme d’aujourd’hui et celui du passé lorsqu’on considère que les structures de la pensée préfigurent les connaissances, les œuvres d’art, les mythes, et les religions. « Les hommes ne diffèrent et n’existent que par leurs œuvres. Comme la statue de bois qui accoucha d’un arbre, elles seules apportent l’évidence qu’au cours des temps, parmi les hommes, quelque chose s’est réellement passé. »

  • L’ethnologue, dans ses dernières œuvres, se réclame de la poésie et de la musique. Il continue son travail jusqu’à la fin de sa vie, même s’il quitte la scène des musées, des conférences, des mondanités. Peu confiant dans les années futures, malgré sont grand amour de l’humanité : « Le monde a commencé sans l’homme, et il s’achèvera sans lui. Les institutions, les mœurs, et les coutumes, que j’aurai passé ma vie à inventorier et à comprendre, sont une efflorescence passagère d’une création par rapport à laquelle elles ne possèdent aucun sens, sinon peut-être de permettre à l’humanité de jouer son rôle. » .

http://lewebpedagogique.com/philoflo/2008/05/07/centenaire/



Nous apprenons le décès de Claude Lévi-Strauss dont l’œuvre aura marqué les sciences humaines du XX° siècle. C’est un auteur important pour plusieurs raisons. Agrégé de philosophie, Claude Lévi-Strauss décide de quitter le monde de l’enseignement pour parcourir la région du Mato Grosso et étudier les ethnies différentes de cette région du Brésil. Le choix de l’ethnologie est particulier, « je hais les voyages et les explorateurs » écrit-il de manière paradoxale en ouverture de Tristes tropiques. Exilé à New-York pendant la guerre, il continue à étudier les mythes, les langages, les objets, les mœurs et coutumes de différentes civilisations et adopte la méthode structurale pour expliquer en particulier les liens de la parenté. De notoriété internationale, il entrera au collège de France et à l’Académie française pour continuer ses recherches en anthropologie jusqu’à un âge honorable.

Heureux apprentis philosophes qui ont encore à découvrir cet esprit universel dans la cacophonie des cultures et civilisations  !

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Essai de corrigé

Définir les termes du sujet

- Maitre du latin « magister » : celui qui commande, celui qui enseigne. C’est la personne qui exerce une domination mais aussi qui est qualifiée pour exercer une fonction.

Le maitre de soi est celui qui possède une chose, soi :

- ce que chacun est pour lui même

- La conscience de soi

Dans le sujet, on a donc un double sens : Qu’est ce qu’exercer une domination sur soi et qu’est ce que le pouvoir sur la conscience de soi.

Etre maitre de soi, c’est se connaitre soi-même, et c’est aussi le pouvoir de la volonté pour une maîtrise stratégique, le déploiement d’une force qui peut concerner le sujet lui même. L’enjeu est pratique, notre vie est engagée au sens d’une liberté possible et son effectuation.

Plan possible :

I- Etre maître de soi, c’est se connaitre…

1) La maitrise est un processus sur les choses qui consiste a soumettre a une force un pouvoir sur quelque chose d »extérieur. Or, c’est le sujet lui même qui exige cette maitrise, cet exercice d’une force face aux pulsions, passions et désirs.

2) Se connaitre, c’est comprendre ce qui échappe a la rationalité ; pour Spinoza, une passion on chasse une autre quand nous en formons une idée claire et distincte

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Cependant la connaissance n’est pas obligatoirement un pouvoir et un exercice actif. La raison n’est peut être pas seule concernée.

II. Etre maître de soi c’est la tranquillité de l’âme et la santé du corps: l’ataraxie

1)Chez les stoïciens, l’intelligence ne suffit pas, il faut y joindre la volonté. Il s’agit de construire à notre usage une citadelle intérieure pour ne pas se laisser aller à ce qui ne dépend pas de nous (les biens, la santé, la force, etc)

2) La maîtrise de l’âme est possible grâce à la raison gouvernante « issue de la volonté et du jugement ». Elle nous permet de maîtriser tous les mots de l’esprit comme du corps.

III. Etre maître de soi, est-ce maîtriser la mort?

1)L’acceptation de sa propre finitude permet de mettre à distance l’angoisse et de dédaigner la simple existence biologique. Devant les puissances naturelles de cette vie biologique, c’est comprendre et accepter le face à face avec la mort.

2) Etre maître de soi, c’est accepter de renoncer à la vie au sens d’une existence immédiate. Pour Hegel, l’homme n’est pas seulement un simple aspect biologique, il est esprit, il accède au spirituel dans le rapport maître/servitude.

Zababa



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Menard Art Museum, Komaki City, Japan, Artists Rights Society (Ars), New York/Sabam Brussels

Références pour la dissertation :

« La modération dans les affections et les passions, la maîtrise de soi, la puissance de calme réflexion ne sont pas seulement bonnes à beaucoup d’égards, mais elles paraissent constituer une partie même de la valeur intrinsèque de la personne; cependant, il s’en faut de beaucoup qu’on puisse les considérer comme bonnes sans restriction (malgré la valeur inconditionnée que leur ont conférée les Anciens). Car sans les principes d’une bonne volonté, elles peuvent devenir extrêmement mauvaises : le sang-froid d’un scélérat ne le rend pas seulement beaucoup plus dangereux; il le rend aussi immédiatement à nos yeux plus détestable encore que nous ne l’eussions jugé sans cela. Ce qui fait que la bonne volonté est telle, ce ne sont pas ses œuvres ou ses succès, ce n’est pas son aptitude à atteindre tel ou tel but proposé, c’est seulement le vouloir; c’est-à-dire que c’est en soi qu’elle est bonne. » KANT


«Le psychique en toi ne coïncide pas avec ce dont tu es conscient ; ce sont deux choses différentes que quelque chose se passe en ton âme et que tu en sois par ailleurs informé. je veux bien concéder qu’à l’ordinaire, le service de renseignements qui dessert ta conscience suffit à tes besoins. Tu peux te bercer de l’illusion que tu apprends tout ce qui revête une certaine importance. Mais dans bien des cas, par exemple dans celui d’un conflit pulsionnel de ce genre, il est en panne, et alors ta volonté ne va pas plus loin que ton savoir. Mais dans tous les cas, ces renseignements de ta conscience sont incomplets et souvent peu sûrs ; par ailleurs, il arrive assez souvent que tu ne sois informé des évènements que quand ils se sont déjà accomplis et que tu ne peux plus rien y changer. Qui saurait évaluer, même si tu n’es pas malade, tout ce qui s’agite dans ton âme et dont tu n’apprend rien, ou dont tu es très mal informé? Tu te comportes comme un souverain absolu, qui ne descend pas dans la rue pour écouter la voix du peuple. Entre en toi-même, dans tes profondeurs, et apprends d’abord à te connaître, alors tu comprendras pourquoi tu dois devenir malade, et tu éviteras peut-être de le devenir.» FREUD, L’inquiétante étrangeté et autres essais, « une difficulté de la psychanalyse » 1917

« Tout le monde a pu remarquer qu’il est plus malaisé d’avancer dans la connaissance de soi que dans celle du monde extérieur. Hors de soi, l’effort pour apprendre est naturel ; on le donne avec une facilité croissante ; on applique des règles. Au-dedans, l’attention doit rester tendue et le progrès devenir de plus en plus pénible ; on croirait remonter la pente de la nature. N’y a-t-il pas là quelque chose de surprenant ? Nous sommes intérieurs à nous-mêmes, et notre personnalité est ce que nous devrions le mieux connaître. Point du tout ; notre esprit y est comme à l’étranger, tandis que la matière lui est familière et que, chez elle, il se sent chez lui. Mais c’est qu’une certaine ignorance de soi est peut-être utile à un être qui doit s’extérioriser pour agir ; elle répond à une nécessité de la vie. Notre action s’exerce sur la matière, et elle est d’autant plus efficace que la connaissance de la matière a été poussée plus loin ». BERGSON