Le petit palais, acte 1

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Par une belle et fraiche journée d’automne, nous avons visité le petit palais.

Nous avons parcouru les salles de la peinture italienne avant la renaissance. Certaines œuvres étaient connues. Nous retenons l’importance des sujets religieux à cette époque. Nous apprenons qu’au Moyen Âge, la majorité des gens étaient illettrés, et que l’art des Églises était un moyen utilisé pour transmettre aux croyants la religion chrétienne.

Deux aspects sont importants dans la visite :

Le premier relève de toutes les techniques picturales qui nous sont inconnues. Les couleurs, les ors, les supports, les matières, la conservation des œuvres prend un sens nouveau.

Le second relève du sens à attribuer à ces oeuvres. Le contenu religieux, la représentation des passages du texte sacré ne suffit pas à donner du sens. Certains épisodes de ces textes prennent différentes significations selon leur traitement par l’artiste.

Terminale STLB, groupe 1

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Le jugement de goût est-il universel ?

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Jeff Koons au château de Versailles

Le beau est ce qui plaît universellement sans concept” KANT

Vous trouverez des pistes de réflexion pour ce sujet dans les pages art

Nature et culture.

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“La nature, c’est tout ce qui est en nous par hérédité biologique; la culture, c’est au contraire, tout ce que nous tenons de la tradition externe. La culture ou civilisation, c’est l’ensemble des coutumes, des croyances, des institutions telles que l’art, le droit, la religion, les techniques de la vie matérielle, en un mot toutes les habitudes ou aptitudes apprises par l’homme en tant que membre d’une société. Il y a donc là deux grands ordres de faits, l’un grâce auquel nous tenons à l’animalité par tout ce que nous sommes, du fait même de notre naissance et des caractéristiques que nous ont léguées nos parents et nos ancêtres, lesquelles relèvent de la biologie, de la psychologie quelquefois; et d’autre part, tout cet univers artificiel qui est celui dans lequel nous vivons en tant que membres d’une société. “

Claude Levi-Strauss

Comment dans ce texte l’auteur oppose-t-il la nature à la culture ?


Do You remember Douglas Gordon ?

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Douglas Gordon, Happy birthday to me, installation Collection Lambert, Avignon 2008

Les recherches continuent pour saisir l’oeuvre de cet artiste contemporain. Comme nous allons au Petit Palais, une surprise vous attend…

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L’oeuvre ne nous “dit ” rien

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Jeff Koons, exposition au Château de Versailles

“Certains jours il ne faut pas craindre de nommer les choses impossibles à décrire” René Char

Vous trouverez des pistes de réflexion sur le sujet art et langage dans les pages ci-contre (art) http://lewebpedagogique.com/philoflo/lart/art-et-langage/

Sublime

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Force et grandeur

http://www.grandspeintres.com/tableaux/vangogh/grands/nuit.jpg Le ciel étoilé, Vincent Van Gogh, 1889

Pour Kant, le beau est la norme du jugement esthétique qui porte toujours sur un objet particulier. Il peut être révélé par la nature ou l’œuvre d’art mais n’est pas pour autant le propre de cette chose ; c’est nous qui jugeons une chose belle et qui prétendons que tout le monde doit la trouver belle (dans ce jugement réside l’accord des sujets, l’universalité.) Le jugement esthétique est d’abord suscité par une émotion, un sentiment de plaisir ou de peine. C’est la définition du beau “ce qui plaît universellement dans concept”. Le beau est fondé sur l’accord libre et harmonieux de l’imagination et de l’entendement, la raison n’intervient pas.

Il existe un autre sentiment qui suscite de l’admiration, de l’enthousiasme, c’est le sublime, ce qui “du fait même qu”on le conçoit est l’indice d’une faculté de l’âme qui surpasse toute mesure des sens”. C’est une expérience esthétique particulière que l’homme vit lorsqu’il se sent dépassé par la force des volcans, des ouragans de la mer en furie… Autant d’exemples cités par Kant en écho sans doute au déchainement de la nature cher aux romantiques de son temps. L’homme se sent comme écrasé par les forces de la nature, c’est l’incompréhension, et en même temps il sent une élévation morale possible de son âme, un élan vers l’abslou de sa propre raison. Le sentiment du sublime tient en cette ambivalence : face à la nature nous sommes peu de chose, mais nous découvrons notre destination d’êtres autonomes sur le plan moral.


” La vue d’une montagne dont le sommet couvert de neige s’élève au-dessus des nuages, la description d’un orage furieux ou le tableau du royaume infernal chez Milton plaisent, mais en éveillant aussi de l’horreur; au contraire, la vue des pelouses pleines de fleurs des vallées, où serpentent des ruisseaux couverts de troupeaux qui paissent, la description de l’Elysée ou la ceinture de Vénus que peint Homère nous causent un sentiment d’agrément, mais qui est gai aussi, et souriant. Si donc c’est cette impression de grande force qui nous survient, et, pour bien goûter l’autre expérience, un sentiment éprouvé devant la beauté. Des chênes qui s’élèvent et des ombres solitaires dans un bois sacré sont sublimes : des tapis de fleurs, des haies basses et des arbres taillés en formes régulières sont beaux. La nuit est sublime, le jour est beau. Les âmes qui ont le sens du sublime sont progressivement amenées aux plus hautes sensations d’amitié, de mépris du monde, d’éternité, par le silence immobile d’un soir d’été, quand la lumière tremblante des étoiles perce l’ombre brune de la nuit et que la lune solitaire se tient à l’horizon. Le jour éclatant insuffle une ferveur active et un sentiment de gaieté. Le sublime touche, le beau charme. Le visage de l’homme qui éprouve la plénitude du sublime est sérieux, et parfois figé et surpris. Au contraire, le sentiment vivace de la beauté s’annonce par la chaleur brillante du regard, par l’accent du sourire, et souvent par une gaieté bruyante. Le sublime est à son tour de forme variée. Son expérience s’accompagne parfois d’horreur ou de gravité sombre, dans quelques cas d’admiration silencieuse, dans d’autres encore d’une beauté qui se déploie dans un champ sublime. J’appellerai le premier sublime de la terreur, le second de la noblesse, le troisième de la magnificence. La solitude profonde est sublime, mais sur un mode terrifiant. C’est pourquoi les vastes étendues désertiques comme le désert monstrueux de Chamo en Tartarie, ont offert l’occasion d’y transporter des ombres terrifiantes, des kobolds ou des fantômes.

Observations sur le sentiment du beau et du sublime,  Kant

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L’Art et la culture

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Le terme grec TECHNE désigne aussi bien l’art oratoire ( la rhétorique), l’art médical, l’art culinaire, l’artisanat et toutes les pratiques qui exigent un savoir faire. Il faut attendre le XVIII° siècle pour distinguer les arts mécaniques des beaux-arts. C’est à la Renaissance que l’artiste acquiert un véritable statut. C’est au XVIII° siècle que l’on parle de génie. Depuis que l’art n’est plus seulement figuratif, on se pose la question de l’imitation de la nature. On s’interroge aujourd’hui sur la dénomination même des oeuvres d’art.

(notes de cours)

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Novembre : l’art automnal

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http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/7d/Paul_Signac_Palais_des_Papes_Avignon.jpg/300px-Paul_Signac_Palais_des_Papes_Avignon.jpgPaul Signac : Le Palais des Papes, Avignon, 1900

Projet de visite au Petit Palais : http://www.petit-palais.org/

Deux classes, deux parcours :

1/ Vous êtes invités à venir découvrir au Petit Palais la fabuleuse collection de Gian Pietro Campana. Aux côtés de Botticelli, Carpaccio, Giovanni di Paolo, plus de trois cents oeuvres peintes ou sculptées vous permettront un parcours exceptionnel au coeur de la création artistique du Moyen Age et de la Renaissance.

TSTLB Découverte des oeuvres le 27.11

2 / La Nativité. Le cycle de l’Enfance du Christ, qui correspond au cycle liturgique de Noël, comprend la Nativité suivie de l’Annonce aux Bergers et de l’Adoration des Mages, la Circoncision et la Présentation au Temple, le Massacre des Innocents et la Fuite en Égypte et enfin l’épisode de Jésus dans le Temple au milieu des Docteurs.
Ce cycle est, avec La Passion du Christ, celui qui a le plus inspiré l’art religieux. Quatorze tableaux et sculptures du musée du Petit Palais, œuvres italiennes et provençales du XIVe au début du XVIe siècles, permettent d’évoquer ces divers épisodes.

TS La nativité le 12.12

Thèmes abordés en philosophie

1. Les enjeux de la représentation religieuse.

  • De la magie à la représentation.

Entre le VIII° et VII° siècle avant Jésus-Christ, à l’aube de la pensée philosophique, une sorte de réforme religieuse intervient : les sacerdoces, privilèges des grandes familles vont être annexés par la cité. Un culte officiel et public se met en place au sens où les divinités particulières de chaque famille vont devenir celles de toute une communauté.  L’historien Jean Pierre Vernant écrit Il y a confiscation des cultes privés au bénéfice d’une religion publique” (les origines de la pensée grecque). En même temps, les objets de culte (statuettes, tableaux) perdent leur caractère efficace, leur statut de symbole sacré. Les figures des dieux prennent des dimensions colossales pour être vues de tous. La statue ne présentifie plus le dieu, elle le représente, elle l’évoque à la manière d’une image sans le rendre véritablement présent. C’est la fin de la prégnance magique, l’au-delà est comme mis en scène et tout le prestige matériel pour le mettre en œuvre ne cesse de se multiplier quelque soit les signes (ornements, calligraphie, motifs) de ce cérémonial. La “représentation” devient un rituel.

  • La querelle des images.

Ce besoin de figuration de la pensée religieuse va être cependant interdite par les iconoclastes. Pour eux, le divin est indescriptible et non représentable. Cet interdit est fondé sur la condamnation de toute copie, de toute représentation, fût elle ressemblante. A peine peut-on prononcer le nom du Véritable et seul Dieu du monothéisme par cette suite de consonnes “YHWH” mais dans on ne doit pas voir, ni regarder cet imprononçable sans figure de l’ancien testament : Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Exode, 20.4.  Pendant plus d’un siècle, c’est une véritable querelle entre les iconoclastes (ceux qui condamnent les images) et les iconodules (des moines, des évêques iconophiles qui défendent les images). En 787 la question est tranchée au second Concile de Nicée par les pères de l’Église : “l’hommage rendu à l’icône va au prototype”. Cela signifie d’une part que la vénération des images n’est pas une hérésie, et d’autre part que l’hérétique est celui qui nie le mystère de l’Incarnation.

  • Édification du croyant.

La querelle byzantine s’achève. La primauté du Verbe, de la parole divine s’efface au concile de Nicée au profit de la libre représentation dont va pouvoir bénéficier l’Eglise romaine. Les églises et les cathédrales se parent de statues, tableaux, vitraux. Les artistes donnent à Dieu des formes diverses, bien qu’il soit invisible. Les trois personnes de la trinité divine (le Père, le Fils et le Saint-Esprit) sont représentés soit ensemble, soit isolément, même si cet anthropomorphisme répugne au premiers chrétiens : “Tout ce qui peut, quand il s’agit de Dieu, réveiller l’idée d’une similitude corporelle, tu dois le chasser de ta pensée, le renier, le répudier, le fuir.” Ainsi, des les premiers siècles de la chrétienté, Dieu Le Père ne fut représenté que d’une manière symbolique (le plus souvent la main bénissante ou le bras sortant des nuages) ; ce n’est qu’à partir du XIII° siècle que l’on représente le visage et le buste de Dieu Le Père (semblable à son Fils un visage barbu et la nimbe crucifère). Puis à partir du XIV siècle les trois figures se distinguent notamment par l’âge (le Père plus âgé à la place d’honneur, le Fils et le Saint-Esprit imberbe, qui jusqu’au X° siècle était représenté par une colombe.) Enfin, ce sont les multiples scènes de l’ancien et du nouveau testament qui seront représentées dans les lieux de culte pour aider les chrétiens à précher et à vivre leur foi.

A suivre…

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Prestidigitations de la Beauté

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Prestidigitations de la Beauté

La sensibilité à la beauté est d’autant plus vive qu’on approche du bonheur. Toute chose trouve dans le beau sa propre raison d’être, son équilibre interne et sa justification. Un bel objet ne se conçoit que tel quel. Un tableau ou un paysage nous enchanteront au point que nous ne pourrons pas, en les contemplant, nous les représenter autrement que dans l’état où ils nous apparaissent. Placer le monde sous le signe de la beauté revient à affirmer qu’il est tel qu’il devrait être. Dans une telle vision, tout n’est que splendeur et harmonie, et les aspects négatifs de l’existence ne font qu’en accentuer le charme et l’éclat. La beauté ne sauvera pas le monde, mais elle peut nous rapprocher du bonheur. Dans un monde d’antinomies, peut-elle être épargnée ? Le beau - et c’est là son attrait et sa nature particulière - ne constitue un paradoxe que d’un point de vue objectif. Le phénomène esthétique exprime ce prodige : représenter l’absolu par la forme, objectiver l’infini sous des figures finies. L’absolu-dans-la-forme - incarnée dans une expression finie - ne peut apparaître qu’à celui qu’envahit l’émotion esthétique ; mais dans toute autre perspective que celle du beau, il devient une contradictio in adjecto. Tout idéal de beauté comporte ainsi une quantité d’illusion impossible à évaluer. Plus grave encore : le postulat fondamental de cet idéal, suivant lequel ce monde est tel qu’il devrait être, ne résiste pas à la plus élémentaire des analyses. Le monde aurait dû être n’importe quoi sauf ce qu’il est.

[Emil Cioran - Sur les Cimes du Désespoir]

Kendell Geers (I.N.R.I.)

[Kendell Geers - I.N.R.I.]

“C’est à vous que je parle, hommes des antipodes.”

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Dans la préface de ses Contemplations Victor Hugo souligne ainsi l’universalité de son oeuvre : “Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne. Prenez-donc ce miroir et regardez-vous y.” C’est ce miroir que nous a tendu Alain Cesco Resia, donnant vie au texte de Benjamin Fondane qu’il s’est majestueusement approprié.
Dès les premiers mots, dont nous ne saisissons certes pas instantanément l’entière signification, nous sommes littéralement emportés. Ils coulent, ces mots coulent et s’assemblent en un fleuve où flottent nos souvenirs et notre entendement.
Nous devenons alors voyageurs aux sens aiguisés, bercés de musiques, saveurs et paysage à la fois lointains, et si proches de nous par les similitudes qu’ils possèdent avec notre environnement quotidien. Nous sommes au sein d’une observation analytique de la nature humaine. Car en dressant un éventail quasi-complet des principales caractéristiques de l’Homme, Benjamin Fondane nous met face à notre incroyable complexité. Impuissance, avidité, égoisme, méchanceté, barbarie, Bêtise, idéalisme…
Ce dévoilement des travers de notre propre condition ne oeut nous laisser insensibles.
Sont également évoqués, avec justesse, le mal-être inexorable des émigrés contraints de quitter leur terre d’origine, ainsi que cette quête prétentieuse de savoir absolu, ou du moins de savoir salutaire, susceptible de soulager la plaie de tout homme: questionnement sans issue, doute, douleur, désillusion.
Les lumières s’éteignent. Le coeur palpite. Un sentiment d’inachevé, de manque profond s’empare de nous. Peut-être nous trouvions-nous dans l’attente -ô oisifs humains!- de la réponse miraculeuse, balayant les craintes préexistantes ou nées de la rencontre avec ce texte; ou désirions-nous tout simplement continuer à nous balader dans les rues errantes de multiples fantômes. Mais c’est à chacun d’oeuvrer, de déterminer le sens de son existence et d’accepter ou non sa condition d’Homme.
Une chose est certaine. La plume de Fondane a (r)éveillé nos esprits.

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