Faire “oeuvre d’homme”

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Marc Aurèle n’était pas dans la marine mais empereur romain ! Il nous donne de bonnes raisons de se lever le matin : quand tu as de la peine à te lever est sans doute un conseil qu’il s’adresse à lui-même mais aussi à tous ses lecteurs. Profitons des solides raisons qu’il invoque pour ne pas aller au-delà des bornes, c’est-à-dire des devoirs de l’homme en ce monde, dans la nature et dans la société.

En effet, pour les stoïciens, dont Marc-Aurèle fait partie, la cité (polis en grec) doit imiter le tout, le “cosmos” ou monde. Les devoirs que l’homme y remplit sont donc les mêmes que ceux que la nature impose à cet être doué de raison (la connaissance)  et capable de sagesse (la morale).

I. Le matin, quand tu as de la peine à te lever, voici la réflexion que tu dois avoir présente à l’esprit : «Je me lève pour faire mon oeuvre d’homme ; je vais remplir les devoirs pour lesquels je suis né et j’ai été envoyé en ce monde. Pourquoi donc faire tant de difficultés ? Ai-je été créé pour rester ainsi chaudement sous des couvertures ?

- Mais cela me fait plus de plaisir !

- Es-tu donc né pour le plaisir uniquement ? N’est-ce pas au contraire pour toujours travailler et toujours agir ? Ne vois-tu pas que les plantes, les oiseaux, les fourmis, les araignées, les abeilles concourent, chacune dans leur ordre, à l’ordre universel ? Et toi, tu refuserais d’accomplir tes fonctions d’homme ! Tu ne t’élancerais pas avec ardeur à ce qui est si conforme à ta nature !

- Mais, diras-tu, il faut bien que je me repose.

- D’accord ; le repos est nécessaire ; mais la nature a mis aussi des bornes à ce besoin, comme elle en a mis au besoin de manger et de boire. En cela pourtant, tu vas au-delà des bornes, et tu dépasses ce qu’il te faut. Au contraire, quand tu agis, tu n’en fais pas autant ; et tu restes en deçà de ce que tu pourrais faire. Cette négligence tient à ce que tu ne t’aimes pas sérieusement toi-même ; car autrement tu aimerais ta nature. Ceux qui aiment réellement l’art spécial qu’ils cultivent se dessèchent sur les oeuvres que cet art leur inspire, oublieux du boire, oublieux du manger. Et toi, tu apprécies ta propre nature moins que le tourneur n’apprécie l’art du tour, moins que le danseur n’apprécie l’art de la danse, moins que l’avare n’apprécie son argent, ou le glorieux, sa vaine gloire ! Quand tous ces gens-là sont à leur ardent labeur, ils songent moins à manger ou à dormir qu’à avancer l’oeuvre dont ils s’occupent si passionnément. Et toi, tu trouves les devoirs que la société impose à ses membres moins importants et moins dignes de tes soins !»

Livre V, Pensées pour moi-même

Marc-Aurèle (121-180 ap.J.-C.)

Avant rentrée, en images

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Extraits d’un cahier de collection,
Christian Lacroix

Un projet de sortie pour mes classes terminale : les rencontres photographiques d’Arles. Chacun peut cependant s’y rendre, (c’est près de chez nous). Vous trouvez tous les renseignements sur le site officiel :

http://www.rencontres-arles.com/ARL/C.aspx?VP3=Renderer_VPage

Fin de vacances

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http://www.pignon-ernest.com/i/epecouv.jpgNe manquez pas cette exposition près de chez nous dans la fameuse maison René Char à l’Isle sur la Sorgue.

http://www.maison-renechar.fr/expo-epe.html

Ernest Pignon Ernest est un artiste dont le travail consiste à illustrer la rue par des photographies in situ. Une photographie sera retravaillée, complétée, puis sérigraphiée ou re-photographiée. A l’inverse du procédé connu par le ready-made, on ne prélève pas un fragment de la rue pour le faire entrer au musée mais c’est l’oeuvre que l’on insère dans la rue. En particulier, l’artiste va nous faire découvrir des figures littéraires : Nerval, Arthur Rimbaud, Jean Genet, Antonin Artaud. Le choix n’est pas anodin Cette création mêle tout aussi bien des formes d’art académique (dessin, architecture, photographie) que celles de l’art des rues (affiches, graffitis, sérigraphie…)

Une approche intéressante sur le site de l’artiste :

http://www.pignon-ernest.com/

Août 2008

Humeur hebdomadaire, Non classé 0 commentaire

http://matthieu.chevrier.free.fr/couvertures/couv099.jpg

Fin de l’initiation estivale.

A bientôt pour une rentrée philo ! !

Devoir de vacances

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La philosophie des lumières (en allemand Auklärung) se développe au XVIII° siècle et influence grandement la révolution française, la pensée politique. C’est aussi un mouvement de pensée qui nous fait comprendre le voeu des philosophes d’éclairer le public, c’est-à-dire de donner accès aux savoirs et aux techniques de leur époque (voir par exemple le projet de l’Encyclopédie). Le philosophe allemand Kant fut l’instigateur et le spectateur enthousiaste de cette révolution. Dans un célèbre texte, il répond à la question : “qu’est-ce que les lumières” :

Accéder aux Lumières consiste pour l’homme à sortir de la minorité où il se trouve par sa propre faute. Être mineur, c’est être incapable de se servir de son propre entendement sans la direction d’un autre. L’homme est par sa propre faute dans cet état de minorité quand ce n’est pas le manque d’entendement qui en est la cause mais le manque de décision et de courage à se servir de son entendement sans la direction d’un autre. Sapere aude ! [Ose savoir !] Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Telle est la devise des Lumières.

Ce n’est pas par manque d’intelligence ni de raison que les hommes ne font pas usage de leur entendement. En effet, la raison ou le bon sens est comme l’affirme Descartes “la chose du monde la mieux partagée. Mais ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, le principal est de l’appliquer bien ”(Discours de la Méthode, I). C’est par manque d’effort, de travail et de méthode que les hommes restent sous tutelle, par “paresse et lacheté ” dit Kant, quand par ailleurs certains se plaisent au rôle de tuteurs… Penser par soi-même c’est renoncer à penser par l’intermédiaire d’autrui.

Règle 3 : “Sapere aude! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! “

Devoir de vacances

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http://matthieu.chevrier.free.fr/couvertures/couv046.jpg

“La science, dans son besoin d’achèvement comme dans son principe, s’oppose absolument à l’opinion. S’il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l’opinion, c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l’opinion, de sorte que l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal, elle ne pense pas , elle traduit des besoins, en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas ,par exemple, de la rectifier sur des points particuliers, en la maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire. L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu’on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique toute connaissance est une réponse a une question. S’il n’y a pas eu de questions il ne peut pas avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit.”

Bachelard, Formation de l’esprit scientifique

Ce que dit Gaston Bachelard, epistémologue français du XX° siècle, à propos de la connaissance scientifique s’applique au désir de vérité de la philosophie. Cette démarche qui consiste à se débarrasser de toute opinion est le point de départ nécessaire de toute recherche de savoir et de toute objectivité.

La difficulté vient du fait que “nous avons tous été enfants avant que d’être hommes, et qu’il nous a fallu longtemps être gouvernés par nos appétits et nos précepteurs”, comme l’affirme Descartes. La philosophie n’est donc pas une attitude innée et spontanée, elle demande un effort, en particulier celui de détruire toute opinion de faire usage de sa propre raison

Règle 2 : Se débarrasser de toute opinion.

Humeur du off

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“La terre a une peau et cette peau a des maladies ; une de ces maladies s’appelle homme” Nietzche

 

Cette histoire fait peut-être l’objet d’une représentation du festival off mais je n’ai pas le programme.

 Ma curiosité légendaire, ou comme dans les histoires comme ça de Kipling au sujet de l’enfant d’éléphant qui vivait sur les rives du fleuve Limpopo,gris-vert et tout bordé d’arbres à fièvre, mon insatiable curiosité, m’a amené à m’intéresser à votre ami dermatologue qui a tout compris nitch (il est un tantinet snob et ajoute des lettres supplémentaires à son nom). A n’en pas douter c’est au moins un original.

  C’était un petit brun et il faisait croire à ses copains de classe qu’il était persan ou perse et pour se moquer de lui ils l’avaient affublé d’un surnom imprononçable, celui d’un réformateur religieux perse: Zarathoustra. Or ce nitch était un bavard invétéré et racontait sans cesse en classe des histoires courtes, ou il mettait en scène l’univers entier, qu’il déclamait devant sa classe comme du haut d’une chaire. Et, encore pour se moquer de lui, le maître et ses camarades ponctuaient le discours d’un sonore: Ainsi parlait Zarathoustra!! Cette moquerie, loin de abattre, l’encourageait et il se lançait immédiatement dans une nouvelle histoire. Le hasard fit que l’instituteur avait une mémoire d’éléphant qui lui permettait le soir de transcrire les déclamations de son curieux élève (de nos jours ce sont les élèves,qui n’ont pas toujours une mémoire d’éléphant, qui doivent transcrire les déclamations ex cathedra de leur maître).

   Ces textes ont été publiés en un impressionnant volume de plusieurs centaines de pages. Les histoires sont regroupées en quatre parties.

   On dit que la vocation de dermatologue de nitch est née le jour ou,particulièrement inspiré, il a déclamé :” La terre a une peau, et cette peau a une maladie. Cette maladie c’est l’homme”. Et, une fois adulte, il attachât à soigner cette peau. Son succès mitigé l’a plongé dans un profond pessimisme.

   Je crois savoir que le pestacle tiré de cette histoire est simplement la lecture déclamatoire du texte transcrit par l’instituteur du petit nitch. C’est tout les soirs de vingt heures à vingt-quatre heures, l’entrée est gratuite, on peut s’inscrire pour déclamer bénévolement pendant quinze minutes (le meilleur déclamateur sera récompensé). La lecture durera jusqu’à épuisement….

   Bon spectacle,

Jean Mauchamp

Juillet 2008

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Faites votre festival ! Ecoutez, parlez, rencontrez, bougez, référencez, enrichissez-vous dans votre ville !

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Ils ont réussi en 2008 !

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 Bravo à tous les apprentis philosophes ! pour tous les reçus au bac continuez à penser par vous-même…

 

 

 

La copie virtuelle

Non classé, révisions bac 3 commentaires

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Manuscrit de la Rhétorique de Cicéron, traduite en français par Jean d’Antioche, 13e siècle, Chantilly, Musée Condé ((C) Photo RMN - ©René-Gabriel Ojéda) L’illustration représente un élève copiant la rhétorique de Cicéron sous la dictée de son maître.

 

 En même temps qu’un bon lot de copies bien lourd et bien “garni” en perles de la philosophie, j’ai pu corriger une copie virtuelle. Vous trouverez quelques commentaires : http://lewebpedagogique.com/philoflo/2008/06/19/qui-veut-un-corrige/

L’auteur de cette copie, qui a souhaité rester anonyme peut mettre en commentaire ses résultats et premières impressions qui seront sans doute utiles pour les futurs candidats.

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