http://image.evene.fr/img/livres/g/9782070349630.jpg L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique (1936)

Brève bibliographie de l’auteur

Naissance le 15 juillet1892 à Berlin. Son père est marchand d’art et antiquaire.

Il fait des études de philosophie à Berlin, visite Paris en 1913, et dès 1914 milite pour les jeunes étudiants libres de Berlin contre les idées nationalistes et militaristes qui se développent.

1917 Mariage avec Dora Sophie Pollack, un fils naîtra l’année suivante ; ils vivent en Suisse.

1919 Thèse de philosophie : le concept de la critique d’art dans le romantisme allemand. Il travaille à l’université de Berne.

1920 retourne à Berne et commence des études d’hébreux.

1923 Il se lie d’amitié avec Théodore Adorno et Erich Fromm

1926 Séjours à Paris et Moscou

1929 Rencontre Brecht à Berlin et publie le surréalisme, dernier instantané de l’ intelligence européenne

1930 Divorce de Dora Pollack

1931 Publie la petite histoire de la photographie

1932 Voyage à Ibiza

1933 Il se réfugie en mars à Paris et publie l’œuvre d’art à l’époque de la reproductibilité technique ; autre voyage à Ibiza

1934 Visite Brecht au Danemark

1936 Vaine tentative pour obtenir la nationalité française ; nouvelle visite à Brecht

1938 Dernier séjour chez Brecht au Danemark

1939 Est interné au « camp des travailleurs volontaires » de Nevers, comme citoyen allemand

1940 Grâce à Max Horkheimer, obtient un visa pour les États- Unis. Il fuit Paris à l’arrivée des nazis et essaye de passer la frontière en Espagne ( à Port-Bou). Il est arrêté par les gardes frontières Espagnols et de peur d’être livré à la Gestapo, il s’empoisonne à la morphine.

Thèmes

art, technique, société, politique

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Plan

Chapitre 1 :

« Il est du principe…amour du gain » :

L’œuvre a toujours été objet de reproduction, pour trois raisons essentielles.

Les maîtres diffusent leurs œuvres

Les élèves apprennent en copiant

Les faussaires copient pour de l’argent.

« Par rapport à ces procédés …allait la supplanter dans ce rôle » :

La reproduction mécanisée est originale.

Gravure, lithographie, imprimerie sont déjà des procédés de reproduction, mais la reproduction mécanisée qui succède à la lithographie marque une rupture.

« Avec elle pour la première fois…formes artistiques traditionnelles » :

La photographie va de pair avec la parole.

La photographie est comme un film sonore par la rapidité qu’elle permet. En 1900 elle atteint un standard en deux sens :

elle atteint une certaine autonomie

elle transforme l’action même des œuvres d’art.

La reproduction et l’art cinématographique vont influer sur l’art traditionnel.

Chapitre 2 :

« A la plus parfaite reproduction…le travail de l’histoire. »

Il existe des différences de deux ordres qui subsisteront entre l’original et ses reproductions :

– Au niveau de la structure physique : il est impossible de retrouver dans les reproductions les composants de l’analyse chimique de l’original :

« Nous entendons par là aussi bien…où se trouve l’original »

– Au niveau des conditions de propriétés qui sont changeantes :

« Le hic et nunc de l’original… et cela pour deux raisons » :

Avant la reproduction mécanisée, quand il s’agissait par exemple de copier à la main, il était facile de discerner l’original de la reproduction . L’original conservait alors toute son originalité, son authenticité, et par la même son autorité. Avec la reproduction mécanisée, les choses changent, de deux manières :

« En premier lieu, la reproduction technique est plus indépendante de l’original que la reproduction manuelle …»

La reproduction peut, par exemple en photographie, révéler des détails qui n’avaient pas été vus jusque là (par des procédés comme l’agrandissement ou autres)

« En second lieu la reproduction technique peut transporter la reproduction dans des situations où l’original lui-même ne saurait jamais se trouver… »

La reproduction permet aux œuvres d’être diffusées dans des lieux inédits, hors des représentations traditionnelles (studio d’amateur, plein air, etc.)

« Les conditions nouvelles dans lesquelles le produit…C’est l’autorité de la chose. »

La dépréciation ne se constate pas seulement pour les œuvres d’art, mais c’est pour elles qu’elle est le plus dommageable. En effet, elle porte atteinte à l’authenticité de l’œuvre à « tout ce qu’elle comporte de transmissible » dont le support est sa matérialité.

« Tous ces caractères se résument dans la notion d’aura …à cette vaste liquidation»

Cette notion d’aura est essentielle pour comprendre ce qui se joue dans la reproduction : une substitution du caractère unique de l’œuvre par son existence en série. La généralisation du rapport à la reproduction plutôt qu’à l’original actualise pour le spectateur cette reproduction. Mais d’autre part, cela bouleverse véritablement la notion de tradition, comme par exemple le film qui amorce « la liquidation de la valeur traditionnelle de l’héritage culturel. »

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