Dans un article du Magazine Littéraire (n°374, mars 1999), Yvon Quiniou, professeur de philosophie au lycée Pierre Mendès-France, évoque Darwin et la morale.

I. L’origine naturelle de la morale

Pour lui, il y a « deux Darwin, [mais] qui n’en font qu’un ».

Tout d’abord, celui qui définit l’appariation des espèces par l’évolution de la nature, et plus particulièrement par la sélection naturelle sans aucune intervention extérieure. Pour ce premier Darwin, « Les différents organismes vivants ne sont que des formes diverses, de complexité croissante, d’une matière initiale en mouvement et se transformant avec le temps. », un principe qu’il énonce dans l’Odyssée des espèces.

Le second Darwin, lui, serait celui de La Descendance de l’Homme, en réalité il adapte tout simplement le principe de l’évolution à l’être humain. Pour lui, il «n’est que le résultat ultime de ces modifications, esprit compris. » Ainsi la pensée et la morale, définies ici, par le terme esprits (au pluriel) ne seraient que des produits de l’évolution de la matière.

La morale repose sur des instincts sociaux, eux-mêmes hérités de l’instinct animal, et sur la sympathie qui nous amène à dépasser notre ego. C’est le développement des facultés telles l’opinion, l’habitude, l’éducation et la culture qui permet et creuse la différence entre l’homme et l’animal. Darwin est conscient qu’il est difficile de démontrer cette théorie, lorsqu’il dit : « il y a sans doute une difficulté à vaincre ». En effet, la difficulté, viendrait selon lui du niveau intellectuel et moral auquel l’homme s’est élevé.

De plus, il montre grâce à trois caractères que la morale s’inscrit dans le matérialisme (doctrine selon laquelle la matière constitue le principe de toute chose et même de la pensée) : elle est à la fois immanente, naturaliste continuiste (l’homme est un animal supérieur). (c’est un phénomène qui n’implique aucune origine divine ou métaphysique)

Cette continuité nous pousse à nous demander s’il n’y a pas d’autres espèces, qui possèdent des principes moraux. Et, en effet, Yves Quiniou montre que certains animaux sont capables de manifester de la solidarité entre eux, au point même de mettre leur vie, ou celle de leurs descendants en danger. C’est par exemple le cas de certains insectes, comme les fourmis ouvrières qui protègent la progéniture de leur reine.

Ainsi, le principe d’évolution rattache l’homme aux animaux, dans un domaine qui pourtant les sépare : les animaux ne sont pas considérés comme des êtres moraux. Il évoque également le sens du devoir comme la conscience d’un instinct social, dérivé de celui des animaux, la loi morale ne serrait alors qu’une règle instinctive. Dès lors, on peut dire que l’homme est un être moral car il l’est devenu.

II. La morale comme « anti-nature »

Cette seconde partie nous montre qu’il y a un effet réversif de l’évolution. En effet, la sélection naturelle ne s’effectuerait pas de la même manière chez les hommes et chez les animaux.

La sélection naturelle permet aux plus forts des animaux de se reproduire, et de fonder une descendance, il n’existe pas de principe identique chez les hommes. C’est la morale, appuyée par d’autres facultés qui apporte un avantage à l’homme, c’est donc ce caractère qui « sélectionne » les êtres humains.

Pourtant, ce principe va à l’encontre de la nature puisqu’il demande à chacun de réprimer « la sauvagerie animale dont il est issu. » En effet, aider les personnes dans le besoin (« secourir le faible, aider l’handicapé, soigner le malade »), va à l’encontre de ce que la compétition naturelle tend à faire pour les animaux. Chez de nombreuses espèces, c’est la loi du plus fort qui dicte la conduite de chaque être. Ainsi, dans les meutes de loups ou de lion, le male le plus fort, serra le male dominant. Chez les autres humains, la morale tendrait à favoriser les personnes ayant une large ouverture d’esprit, capable d’aider et de protéger leur prochain. C’est en ce sens que l’on peut dire que la morale est contre nature, puisqu’elle empêche la loi du plus fort de s’appliquer, sélectionnant les êtres moraux au détriment des individus les plus forts.

Cette vision qui fait partie d’un matérialisme original est également partagée par des matérialistes connus tels Epicure, La Mettrie ou encore Spinoza. L’auteur compare également la théorie de Darwin à celle de Nietzsche et à celle de l’Eglise qui pense qu’aucun matérialisme ne peut fonder la dignité d’une personne.

Enfin, Yves Quiniou, termine son article en écrivant que Darwin peut « se réclamer d’une morale universaliste de type kantien » car il vise une unité du genre humain. Il insiste également sur le fait qu’il y a une hiérarchisation des lois morales et qu’il y a un progrès vers la morale (due à l’évolution biologique des êtres) et dans la morale (avec le prolongement de l’Histoire à travers le temps).

Ainsi, on a pu voir que l’évolution de l’instinct animal apparaît chez l’homme comme un ensemble de facultés qui regroupent entre autres la moral et l’intelligence. Cette différence entre les êtres humains et les animaux permets aux hommes de renier la nature et de faire passer les autres avant eux-mêmes dans certains cas. On peut également s’interroger sur les problèmes suivants :

Ø Jusqu’à quel point la sélection naturelle s’effectue-t-elle dans notre société ? Si oui, est-elle vraiment bénéfique ?

Ø La sélection naturelle est- elle essentielle à toutes les espèces ?

Ø Se manifeste-t-elle toujours de la même façon ?




Amandine C.

Magazine littéraire: Darwin, les nouveaux enjeux de l’évolution

Darwin et la morale,

yvon Quiniou

« Tout materialisme parait condamné à nier la morale. L’extraordinaire interêt de la théorie darwinienne est de nous faire échapper à cette impasse: elles est matérialiste et elle rend compte, pour une large par, de la morale »

L’origine naturelle de la morale

Dans cet article, l’auteur evoque deux Darwin, mais qui n’en font qu’un. Tout d’abord, celui qui explique l’apparition des especes vegetales et animales, seulement à partir de l’évolution de la nature, autrement dit, sans intervention divine, uniquement par le biais de la selection naturelle. Puis celui de la descendance de l’homme, qui explique que l’humain n’est que le resultat de modifications. L’auteur tire ainsi la conséquence immédiate, « la pensé n’est qu’un produit de l’évolution de la matière, et elle n’en est donc qu’une forme, aussi originale que l’on voudra, et le materialisme est vrai. » Selon Darwin, »l’esprit n’est qu’une fonction du corps. »

L’auteur cherche dans cet article à construire une conception materialiste de la morale. Il y’a un fil conducteur dans sa reflexion: l’affirmation de la valeur scientifique du matérialisme, un matérialisme modeste et non métaphysique, celui qui concidére toute réalité connaisable humainemement comme une seule réalité materielle, dont le travail scientifique peut expliquer les lois de transformation, de l’apparition des organismes vivants jusqu’a l’homo sapiens. Cette conception exclut tout recours à une intervention divine. A parir de là,se pose une question que l’auteur développe: comment la morale est-elle possible d’un point de vue matérialiste?

La morale reposerait sur les instincts sociaux, eux mêmes héritage de l’animal, et qui seraient selectionnés par l’évolution. Celle-ci, qui est liée de manière genéral à la » sympathie qui nous fait dépaser notre égo » n’est que trés peu dévelopé au début. « Mais le développement des facultés intellectuels, l’effet de l’opinion, de l’habitude, de l’éducation et plus largement de la culture en accélerent la formation: ils creusent a différence de l’homme et l’animal en l’ouvrant à un homme de plus en plus universel. »

Les études de l’auteur sur Darwin, spécialement sur La descendance de l’homme, montrent que la théorie de l’évolution rend bien compte de l’apparition de la morale comme un instinct social qui est finalement un avantage pour la survie de l’éspèce.

La morale comme « anti-nature »

Yvon Quiniou montre qu’en réalité l’immoralisme de Nietzsche se tourne en un moralisme nouveau qui fait l’apologie de ce qu’il appelle les « valeurs de la vie. »

« La selection naturelle selectionne la morale qui a pour propriété de s’opposer à la selection telle qu’elle opère chez l’animal avec l’élimination des faibles par les forts. »

En effe, la morale est produite par la nature, mais par une « anti-nature » qui nous comande de réprimer la sauvagerie animale dont elle est issue comme par exemple: secourir le faible, aider l’handicapé, soigner le malade, en fait, faire tout le contraire de ce que la competition animale tend à faire.

« Darwin donne tort à ceux qui, comme l’eglise catholique tout récement, continuent à penser qu’aucun matérialisme ne saurait fonder la dignité de la personne humaine et voit dans le passage du coprs à l’esprit, spécialement sous son aspect moral, un ‘saut » ontologique » qu’aucune théorie évolutionniste ne saurait combler. »

Comment la sélection naturelle est-elle un moteur pour l’évolution ? »

La sélection naturelle est elle une cause de l’évolution biologique?

Jessica Velez

Un commentaire pour “Darwin et la morale.”

  1.  freddow dit :

    Je préfère parler d’altruisme que de morale
    La morale s’apprend elle est régis par des règles, et elle est différente selon le dogme de chacun. Elle est inutile et néfaste.
    Au contraire l’altruisme est inné, nous l’avons en nous comme un fondement biologique, car nous sommes des êtres uniquement biologique. L’altruisme c’est le respect, l’entraide, la solidarité, l’essentiel de ce que nous avons besoin pour s’affranchir de tout les dogmes, qu’ils soient philosophiques, politiques, économiques, et religieux

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