Sciences Humaines – N°119 Août-Septembre 2001

La découverte de Darwin a révolutionné notre vision du monde. Il a permis une évolution de la science et a créé différentes doctrines et courant de pensées.

Mais avant Darwin, d’autres avaient déjà tenté de découvrir les mystères de l’évolution. On trouve tout d’abord Jean-Baptiste de MONET avec ce qu’on a appelé le transformisme. Vient ensuite Lamarck, qui renforce cette théorie sur la modification des espèces animales et la création de nouvelles espèces. A cette époque, une grande « querelle » existe entre les fixistes et les transformistes, qui fascine les scientifiques du monde entier.

C’est durant son voyage à bord du Beagle, de 1831 à 1836, que Darwin met en place sa théorie. Parti observer les nombreuses espèces des îles Galápagos, il remarque des différences morphologiques entre des espèces d’un même animal. Il explique que ces différences sont dues à ce qu’il a appelé la sélection naturelle. En effet, chaque espèce animale produit des individus qui se distinguent par de légères variations avantageuses ou non et seules les espèces les mieux adaptées à l’environnement survivent. Et cela crée de nouvelles espèces. Darwin s’inspire des idées de Lamarck et de celle de Malthus et sa « lutte pour l’existence », afin de mieux comprendre le moteur de cette évolution. En 1859, il publie L’Origine des espèces. Le « conflit » existant devient moins important et un grand nombre de savants se rallient à cette théorie. Cependant, l’idée principale de Darwin, la sélection naturelle, est la plupart du temps rejetée. Le principe de l’évolution est désormais accepté par le plus grand nombre mais ses causes restent encore un sujet délicat.

Dans son œuvre, Darwin n’a pas explicitement abordé la question de l’évolution humaine craignant les réactions de l’opinion publique et surtout de l’Église. C’est T.H. Huxley qui dans son livre, La place de l’Homme dans l’évolution, affirme l’évolution de l’espèce humaine, ce qui provoque une forte colère de l’Eglise. Sur les pas de ce dernier, Darwin publie en 1871 La Filiation de l’Homme où il expose sa propre théorie. Il veut montrer que l’homme est issu de filiation de forme préexistante, il explique le mode de développement, et cherche les valeurs des différentes races humaines. L’évolutionnisme prend alors une part très importante dans les civilisations de cette époque. Cette théorie s’élargit au développement des sociétés humaines, à l’évolution de l’organisation sociale, dont le mécanisme principal d’évolution est basé sur la compétition entre individus et ce qu’on a appelé « la survie du plus apte », reprit ensuite par Darwin. A la fin du 19ème siècle, la théorie de l’évolutionnisme s’est élargie à de nombreux domaines tel l’histoire des sociétés ou encore le développement psychologique. Mais dans chacun d’eux, l’idée principale reste une évolution positive, qui apporte le progrès et la perfection. L’idée d’évolution s’est donc imposée dans les sciences du vivant comme en anthropologie, et constitue le passage du simple au complexe, du chaos à l’ordre, des animaux à l’homme.

Au 20ème siècle, la découverte des lois de l’hérédité va aboutir à une nouvelle théorie appelée le néodarwinisme, basée sur les mutations génétiques. Les idées darwiniennes et lamarckiennes vont alors être modifiées et complétées. L’évolutionnisme social quant à lui va connaître un important déclin. Les idées préalablement fondées sont à cette époque comme une vision colonialiste et impérialiste. C’est dans les années 1970 que le darwinisme social reprend de l’importance avec le développement de la sociobiologie et de la psychologie évolutionniste visant à ancrer l’humain et le social dans le monde vivant.

La théorie de l’évolution a radicalement changé notre vision du monde. Cette théorie s’est développé et s’est divisée en plusieurs modèles différents, chacun aillant sa propre version du darwinisme.

Mélanie Griolet TS1

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