« Les habits neufs du créationnisme », Sciences humaines, O6 février 2006″

Dans un premier temps, cet article nous présente l’Intelligent Design – ou Dessein Intelligent(DI) – c’est à dire la théorie d’apparence scientifique que la plupart des créationnistes soutiennent. Il en effet nécessaire de souligner qu’au sein même de la mouvance créationniste, l’on peut distinguer deux courants qui justifient différemment leur position.

D’une part certains affirment catégoriquement que le monde et l’Homme ont été crées grâce à Dieu (en seulement 7 jours…), comme la Bible l’énoncerait. Et notre chère planète Terre n’aurait que…quelques milliers d’années. Ils interprètent ainsi de manière littérale cet écrit saint. D’autre part, un créationnisme dit « progressif » tend à faire son apparition, et c’est ce dernier qui a crée le « concept » du DI. Ses adeptes acceptent la théorie darwinienne, à savoir que l’état actuel des êtres vivants résulte d’une lente évolution, et que toutes ces espèces là proviennent d’un ancêtre commun. Cependant, les mécanismes expliquant cette évolution par selection naturelle sont si complexes que ces « progressistes » pensent que nécessairement, il y a eu l’intervention d’une « main » intelligente dans ce processus, et cette cause intelligente serait Dieu.

Ensuite, l’interview d’un philosophe intégrée à l’article nous permet de saisir plusieurs enjeux du débat créationnisme vs évolutionnisme. Mais surtout, il nous fait prendre conscience du danger de fonder des croyances sur la science, d’y voir une justification. Certains évolutionnistes s’avèrent en effet être les pires ennemis des défenseurs de la théorie de l’évolution. Ce sont ceux que l’on peut qualifier d’extrémistes, au même titre que les créationnistes. Par exemple, un sociobiologiste américain dit que « l’Homme est au sommet de l’évolution », au nom de la théorie de l’évolution, et que c’est un « devoir moral de préserver la biodiversité sur Terre ». La science n’a jamais prétendu comprendre, donner un sens, mais expliquer, créer des rapports entre des phénomènes, trouver le comment et non le pourquoi. L’on voit alors le danger de considérer que la science a pour fin de justifier des conduites.

Enfin, est affirmé que la cause majeure de ce débat et de la propagation du danger créationniste est la difficulté de définir ce qu’est LA science. Il est d’ailleurs également difficile d’utiliser cet article singulier au vu de la diversité des disciplines scientifiques. Cependant, toutes ont une même volonté de forger leur scientificité, possèdent toutes une même exigence de démonstration, formelle ou à l’aide d’une expérimentation permettant de confirmer, vérifier une hypothèse et ainsi de construire une théorie. Si l’on s’en réfère à cette définition, l’on se rend compte qu’il est bien peu aisé d’appeler le créationnisme science. Il est indubitable que l’on peut contester la scientificité du DI, dans la mesure où celui ci admet la véracité de l’intervention de Dieu du seul fait de la complexité des mécanismes biologiques. Un tel raisonnement ne peut être considéré comme sérieusement rigoureux. La biologie ou science du vivant, elle, n’explique la nature que grâce a la nature, et ne s’intéresse à ce qui la dépasse, au risque de tomber dans la contradiction, notre entendement étant limité.

Questions:

  • Les « théories » créationnistes ne vous ont-elles jamais fait douter de la rationalité de la thèse darwinienne de l’évolution?
  • Quel est le meilleur moyen d’éradiquer ce dogme qu’est le créationnisme?

Texte de Richard PORTY;  Avons nous besoin du Darwinisme ?

Selon Richard PORTY, le darwinisme, en tant que théorie, doit être destiné à comprendre la nature humaine.
Darwin a été le premier à faire prendre conscience à l’homme qu’il n’est, au départ, qu’un vulgaire animal, c’est à dire un être vivant et évoluant dans la durée, selon son instinct et son environnement. La supériorité de celui-ci ne vient que de sa capacité à se questionner, à théoriser, à composer intellectuellement, à communiquer grâce à un language élaboré.
En effet, le langage évolue sans cesse et donc se complexifie. Il est le moyen qui permet aux les hommes de vivre ensemble, en communauté et de trouver des compromis qui sont sous forme d’échanges verbaux, de dialogues argumentés, de coopérations volontaires. Ainsi, à la différence de l’animal, l’homme peut convaincre son prochain, sans utilisier la force, ou tout autre contact physique violent. Il est à noter que l’animal peut être dans une attitude de persuasion que grâce à son comportement et qu’il n’argumente pas..
Nous pouvons donc dire que la parole est à l’origne de la spécificité de l’homme, et qu’elle  lui donne un caractère unique. Ceci est une rupture par rapport à la pensée occidentale qui croyait que le corps humain n’était que mécanique. Darwin montre que grâce à la parole qui est toujours innovante, toujours en mouvement, l’homme adapte son imagination et ses perceptions du monde, à une parole raisonnée et organisée.
Paradoxalement, c’est grâce à cette parole que l’homme va au delà de la description de son environnement, et peut transcrire des concepts, écrire des poèmes ou inventer des religions ( au sens des récits des origines ).
Darwin démontre d’autre part, que l’homme se différencie par son comportement social, sa relation avec les autres, et son désir de vivre en commmunauté.

Dans un deuxième temps, nous pouvons dire que la pensée Darwinnienne oppose deux camps.
L’un d’eux, estime que tout découle de la nature, et que ce n’est que la science de la biologie qui peut rendre compte de la réalité. Ainsi, par exemple, le langage proviendrait seulement de l’évolution biologique et ne serait donc pas seulement une spécificité humaine. Le langage serait comme  une évolution, et c’est ainsi que les sciences cognitives permettraient l’étude de l’évolution humaine. Les philosophes, les linguistes, les neuroloques, les psychologues étudient ce vaste champs de l’évolution humaine.
Le deuxième camps est celui des « pragmatistes », qui considèrent que, au delà d’une évolution strictement biologique , se situe une évolution de la culture qui échapperait à l’esprit même humain, et qui lui donnerait cette essence proprement et spécifiquement humaine. Les théories de Darwin ne seraient donc plus à considérer comme s’inscrivant dans une explication d’évolution sociale.

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