Les philosophes.

  • Socrate : n’a rien écrit mais est considéré comme le père fondateur de la philosophie par la méthode qu’il instaure pour rechercher la vérité. Points importants de sa méthode : La maïeutique, L’ironie, et La conscience de son ignorance. La maïeutique est l’art d’accoucher les esprit, l’ironie est l’interrogation, le questionnement (« qu’est ce que » : chercher des définitions) et la conscience de son ignorance est savoir que l’on ne sait rien contre le faux savoir (illusion, croyance, vraisemblance). Socrate fait un discours contre les sophistes, il fait ce l’on appelle un discours, un dialogue (DIA= 2 + LOGOS). ( ex : sophistes PROTAGORAS discours qui consiste à convaincre « l’homme est la mesure de toute chose », CALLICLES l’homme violent pour qui la justice est la domination du plus fort sur le faible ). Socrate n’est jamais satisfait des réponses que l’on peut lui donner. « Connais-toi toi-même » est la devise de Socrate.
  • Platon : Platon et Socrate représentent « le choc des contraires ». Platon se détourne de sa carrière politique à la mort de Socrate car il considère que le monde qui condamne son maître à mort est injuste, laid et faux. Il doit y avoir un monde vrai et juste que Platon recherche non pas dans un au-delà mais dans les Idées. C’est la première coupure entre le monde intelligible ( Idées ) et le monde sensible ( sensation et sentiments). Il y a trois Idées chez Platon : le Bien, le Vrai et le Beau. L’idée du Bien est l’idée suprême. Cette coupure du sensible et de l’intelligible est comme mise en mouvement par le fameux texte de la République « l’allégorie de la caverne » . Ce texte rend compte de l’éducation du philosophe, libéré de force de sa demeure souterraine pour l’apprentissage des sciences et de la philosophie. Le but de Platon est politique, il s’agit de faire en sorte « que les philosophes deviennent rois ou que les rois deviennent philosophes ». La philosophie, dialectique, permet « le dialogue de l’âme avec elle-même » en englobant les différentes sciences : « Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre » avait-il fait inscrire au fronton de l’Académie.
  • Aristote : disciple de Platon mais qui va s’en détacher. Chez Aristote il n’y a pas de différence entre le végétal, l’animal et l’homme. Le végétal a une fonction de l’âme seulement nutritive, l’animal a une fonction nutritive et sensitive et l’homme a une fonction nutritive, sensitive et intellectuelle. Il divise la philosophie en : la physique (est l’étude de la nature de l’inerte et du vivant, environ 24 ouvrages ), la logique ( ORGANON= L’outil), la logique c’est l’ensemble des règles de la pensée), la métaphysique (l’interrogation sur les causes premières de l’univers (= pourquoi y-a t’il un monde et non pas rien ?, l’idée de Dieu comme premier moteur) et L’éthique (ETHOS = l’habitude, le comportement, l’action) la cause finale de l’homme c’est le bonheur, « le bien suprême », mais le bonheur dans la cité (polis) car « l’homme est par nature un animal politique » : la réalisation de l’homme se situe dans le bien commun.
  • Epicure : très peu de textes ( + important = lettre a Ménécée). Il se situe dans une pensée hédoniste c’est-à-dire qu’il fait du plaisir le principe et la fin de la vie ( stoïciens : plaisir = but de la vie. Ex : EPICTETE). Epicure a pour influence l’atomisme ancien qui le conduit à la connaissance précise de la nature comme condition de la morale. Cette doctrine nous empêche de craindre les Dieux, la mort… Tout n’est formé que d’atomes et de vide. On peut classer nos désirs et satisfaire pleinement ceux qui sont naturels et nécessaires et nous procurent du plaisir. Deux siècles après, à Rome LUCRECE entend « corriger l’amertume de la philosophie par le miel de la poésie » et rendra séduisante la sagesse épicurienne, alors que HORACE se déclarera « pourceau d’Epicure » à la cour impériale.
  • Epictète : (+ les stoïciens) Le monde est gouverné par la raison, il faut donc s’accorder à ce destin non pas en se résignant ou en se plaignant mais en comprenant. Pour les stoïciens, le sage est celui qui met en conformité ses actions avec l’ordre de la nature. L’ataraxie est l’absence de trouble du corps et la tranquilité de l’âme. Cela constitue la condition du bonheur lorsque nous savons nous rendre maître de ce qui dépend de nous. « N’attend pas que les événements arrivent comme tu le souhaites. Décides de vouloir ce qui arrive et tu seras heureux. » L’empereur romain MARC-AURELE entend mettre en pratique les recommandations stoïciennes ( Pensées pour moi-même.)
  • Averroès (1126-1118) penseur musulman qui essaie de concilier la foi et la raison, la théologie et la philosophie, en particulier celle d’Aristote.
  • Thomas d’Aquin : philosophe chrétien, docteur de l’Eglise (titre officiel dans la théologie). Il cherche à accorder la foi chrétienne avec la raison.
  • Machiavel : Le Prince est son œuvre la plus connue. Il est à la fois stratège politique et conseiller de la république de Florence. Sa phrase la plus célèbre est « la fin justifie les moyens » Sa pensée politique apparaît comme cynique car pour lui l’homme cherche son ambition égoïste à tout prix, c’est la raison d’état qui justifie l’usage de tous les moyens pour gouverner. Le Prince doit être craint par le peuple plutôt qu’aimé, il peut en cela user de la force, de la ruse, et de la virtù. « Si un prince veut conserver son trône il doit apprendre à savoir être méchant et recourir à cet art ou non selon les circonstances. »
  • Hobbes : l’homme est naturellement un être de désir, de crainte et de passion. Dans l’état de nature, il est dans une situation de conflit permanent « de guerre de tous contre tous. » En raison de cette agression permanente l’homme ne peut pas vivre en société sauf si il renonce à ses droits naturels. Il faut créer une instance supérieure où les hommes abandonnent tout : c’est l’état Léviathan. L’état doit alors assurer la sécurité des hommes comme souverain, puissance seule source du droit et garant de l’ordre.
  • Descartes : La méthode est la condition même de toute recherche de la vérité, elle débute par le doute et s’accomplit par des règles précises pour bien penser. La première certitude est énoncée par le célèbre « Cogito ergo sum » qui signifie que je ne peux pas penser sans savoir en même temps que je pense. Cette pensée procède d’une cause parfaite : Dieu. Le 17° siècle doit à Descartes le projet de la science et des techniques qui nous rendra « comme maître et possesseur de la nature. » Enfin, Descartes dans Le traité des passions affirmera l’irréductible opposition entre la raison et les passions et le moyen de maîtriser ces dernières grâce à notre volonté.
  • – Pascal : il s’agit d’un cartésien « toute notre dignité réside dans notre pensée. » L’homme est capable de prendre conscience de sa misère et de se détourner du divertissement qui l’illusionne et le piège dans la vanité. Pour accéder à la connaissance, l’homme dispose du chemin de « l’esprit géométrique » et de celui de « l’esprit de finesse. » Pascal place l’existence humaine au centre de sa réflexion en montrant que la condition humaine, « l’homme, ni ange ni Dieu » peut progresser vers la connaissance.
  • Spinoza : Il définit la nature comme un grand tout dont l’homme n’est pas la créature privilégiée, il n’est pas un « empire dans un empire ». En ce sens l’homme est soumis au déterminisme, il n’échappe pas aux lois de la nature en particulier au principe de causalité. Cependant, l’homme ignore les causes qui le déterminent à agir, il est dans l’illusion du libre arbitre. Les hommes se croient libres car ils ignorent les causes qui les déterminent dans leurs actions. Spinoza critique le finalisme, c’est-à-dire l’idée selon laquelle le monde a été crée pour satisfaire la volonté divine. Pour se libérer de ce préjugé finaliste, il convient de critiquer toute forme de croyance ou de superstition ainsi que les dogmes de la religion. Si l’homme n’est pas libre face à la nature, il peut toutefois, par la connaissance, devenir libre. Le savoir est un renoncement aux illusions.
  • John LOCKE : Empiriste anglais, il affirme l’idée selon laquelle toutes nos idées viennent des sensations. En politique Locke affirme qu’à l’état de nature tous les hommes sont libres ou du moins disposent d’un droit à la liberté et à la vie. Ce droit naturel exige cependant une organisation sociale, un pacte. On considère que Locke fonde le libéralisme qui met la volonté individuelle à l’origine des sociétés et l’état garant de l’ordre public. L’Etat garantit les droits naturels.
  • Leibniz : La métaphysique de Leibniz est caricaturée pas Voltaire « tout est pour le mieux dans le meilleure des mondes possibles » . Pour lui, le monde est en effet ordonné par Dieu selon une harmonie préétablie, le monde est le résultat d’un calcul divin. Il y a une théodicée ( justification du mal sur la terre) qui découle d’une argumentation démonstrative et formelle. L’optimisme de Leibniz, loin d’être candide, est mathématique.
  • Montesquieu : De l’esprit des lois est son œuvre majeure. Montesquieu étudie les différentes formes de gouvernement et fait correspondre certaines vertus à des régimes politiques. La seule loi qui peut assurer la liberté des citoyens est celle qui limite le pouvoir. Montesquieu s’inspire de la constitution anglaise pour établir une théorie de la séparation des pouvoirs (législatif, executif et judiciaire). C’est la condition de la liberté politique.
  • Hume : Ecossais empiriste. Il s’oppose au rationalisme, en particulier en ce qui concerne le rapport de la raison aux passions. En morale, le sentiment à un rôle plus important que la raison, il dépend de nos désirs et de nos préférences de déterminer les motifs de nos actions. « Il n’est pas contraire à la raison, écrit Hume, de préférer la destruction du monde entier à une égratignure de mon doigt. »
  • Rousseau : L’état de nature est un état d’indifférence pour l’homme. Il n’est ni bon ni mauvais, il est surtout perfectible. La société génère les inégalités et la violence. Rousseau propose un contrat social pour établir la liberté en tenant compte des difficultés de vivre ensemble. Ce contrat a pour condition l’obéissance à la loi que l’on s’est donné soi-même .C’est l’autonomie. En effet, aucun droit ne peut naître de la force et aucun devoir ne peut être justifié par une contrainte : le droit du plus fort n’est « qu’un galimatias inexplicable ». Cf : le langage + éducation.
  • Kant : Les trois questions kantiennes sont traitées dans les trois critiques : Critique de la raison pure : que puis-je connaître ? Pour répondre, Kant fait une véritable révolution comparable à celle de Copernic. L’esprit humain est limité, il ne peut pas tout connaître. Il ne peut appréhender que des phénomènes. Critique de la raison pratique : Que dois-faire ? il s’agit de trouver des fondements universels à notre morale. En même temps, il souligne l’importance de l’autonomie qui consiste à « penser par soi-même » et à être le propre auteur de ses maximes. Critique de la faculté de juger esthétique : Kant nous apprend que la création artistique est l’œuvre d’un génie, c’est-à-dire d’un favori de la nature qui donne ses règles à l’art. D’autre part, il existe un jugement de goût universel fondé sur l’accord des subjectivités. Le spectateur se fait lui-même artiste en laissant jouer librement ses facultés de l’esprit, l’entendement et l’imagination.

LES PHILOSOPHES ( suite )

  • –  Hegel : est considéré comme le penseur de l’idéalisme absolu ; comme pour Platon la seule réalité réside dans les idées. La pensée rationnelle  permet de comprendre la totalité du réel . Hegel propose un système qui englobe tous les savoirs c’est l’encyclopédie des sciences philosophiques. Pour Hegel les événements de l’histoire semblent une juxtaposition insensée et chaotique ; cependant il existe une raison universelle qui ruse c’est à dire qui utilise les passions, les guerres, les conflits, pour parvenir à son terme .Cette progression dialectique permet de comprendre la rationalité de l’histoire et l’unité du monde . La philosophie de l’art est également englobée comme représentation de la marche de l’esprit dans l’histoire. Le philosophe comprend l’esthétique comme incarnation de l’idée et non comme imitation de la nature. Par un même mouvement dialectique l’art et la philosophie visent la vérité, à la fin du processus se trouve l’esprit absolu celui qui achève l’histoire du monde et nous fait comprendre sa raison d’être. «  tout ce qui est réel est rationnel tout ce qui est rationnel est réel »
  • Schopenhauer : philosophe pessimiste pour qui le monde est absurde c’est à dire contraire au logos. Les homme sont égoïstes l’existence est une souffrance. La philosophie semble être réduite à la représentation subjective «  le monde dans lequel chacun vie dépend de la façon de le concevoir », d’autre part «  le monde visible n’est que le reflet de la volonté » il ne s’agit pas d’une volonté proprement humaine mais d’une force puissante et inconsciente qui nous pousse malgré nos souffrances à vivre. Pour s’en sortir l’homme doit se détacher de cette volonté il peut se tourner vers l’art moyen de se désintéresser comme vers la philosophie, moyen de s’affranchir complètement de cette volonté aliénante.
  • Auguste Comte : inaugure une nouvelle science humaine la sociologie. Loin des idées métaphysiques il affirme la réalité des idées scientifique qui peuvent nous conduire à la vérité ( le positivisme ) dans la loi des trois états Auguste Comte fait correspondre trois âges de l’humanité et de l’individu à trois étapes de la pensée. l’état théologique prétend expliquer tous les phénomènes par l’arbitraire des volontés divines. L’état métaphysique est toujours une explication absolue et signifiante, seul l’état positif par l’abandon des idoles et le renoncement au savoir absolu est condition de vérité et de science «  par l’usage bien combiné du raisonnement et de l’observation »
  • -Karl Marx : il s’appuie sur la conception hégélienne de l’histoire : l’histoire est dialectique ; elle progresse en surmontant les contradictions. Pour Marx les conflits se situent entre les classes sociales, les classes luttent en effet pour s’emparer des moyens de production de la société. Ce sont les conditions matérielles d’une société qui pour Marx déterminent son mode de penser. La rénovation de la société passe par l’abolition des classes ; les moyens de production doivent appartenir a la société elle même  (fin de l’exploitation ) et le travail ne doit plus être un rapport entre exploiteur et exploité ( fin de l’aliénation). La société sans classe sociale a un objectif humaniste.
  • -Nietzsche : les hommes pour Nietzsche. sont malades car ils ont inventé toutes sortes de choses pour échapper à la réalité, une morale, une métaphysique, des dogmes qui ne sont que des refuges pour des hommes qui ne supportent pas leur existence. Toutes les idées ne sont que des caches-misère «  il n’y a qu’un seul monde, et il est faux, cruel, contradictoire, séduisant et dépourvu de sens. » Les hommes ne font qu’accroîtrent leur ressentiment envers la vie. Ils inventent une morale ascétique qui les détourne des choses du monde. Cependant l’homme peut se surpasser par sa volonté, par son instinct, par le dépassement des mensonges idéalisés dans les valeurs morales.
  • Freud :  médecin de formation, Freud pose des questions aux philosophes en ce qui concerne le psychisme humain : « Le « moi » n’est même pas maître dans sa propre maison », en effet Freud établit une scission dans l’esprit lui-même entre le « moi » conscient et le « surmoi » qui prend en charge la censure morale de la société et de la famille dès l’enfance. Certains désirs sont satisfaits ,d’autre refoulés ou sublimés. Les principales pulsions se regroupent en pulsions de vie (ou Eros) et en pulsions de mort (ou Thanatos). Quand l’homme n’est plus capable de maîtriser ses désirs, on peut parler de pathologie. Les rêves les lapsus et les actes manqués comme les symptômes psychiques trouvent un sens qui peuvent être décryptés par la psychanalyse. Cette méthode du dévoilement de l’inconscient aura un succès considérable dans les pratiques thérapeutiques du 20ème siècle et un retentissement dans de nombreux domaines de pensée. « Le bonheur est un rêve d’enfant réalisé dans l’âge adulte« .
  • -Husserl : La particularité de la conscience est d’être intentionnelle, elle vise un objet, elle donne du sens au monde « Toute conscience est conscience de quelque chose » En s’interrogeant sur le rapport de la conscience aux choses, Husserl propose de décrire les phénomènes, or selon lui, les phénomènes révèlent leur essence de manière immédiate. Lorsqu’on saisit les propriétés sensibles, les spécificités des choses, on les réduit à leurs essences pures : c’est la réduction eidétique.
  • -Bergson : Bergson renoue avec une pensée dualiste (matière et esprit, science et conscience) Il ajoute une définition à la conscience comme action et comme intuition par laquelle l’intelligence humaine nous permet « d’agir en Homme de pensée et penser en Homme d’action ». Quand à la vie matérielle, elle s’inscrit dans le cadre temporel des horloges et des physiciens. Elle s’oppose à la durée de la vie spirituelle, continue, indivisible et dont l’essence même est de passer. Enfin si notre conscience s’inscrit dans une temporalité, c’est qu’elle est essentiellement mémoire : un trait d’union entre ce qui à été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l’avenir.
  • -Sartre : Le mouvement existentialiste est un courant inspiré par Kierkegaard, qui met l’existence de l’homme au centre de la recherche philosophique « l’existence précède lesl’essence ». L’homme se définit par ses actes et par ses choix.  La conscience est absolument libre, ce qui génère chez l’homme une terrible angoisse. L’homme est engagé et responsable de soi et des autres. S’il refuse cette obligation de choisir et d’assumer ses choix, il fait preuve de mauvaise foi. L’homme doit inventer sa conduite et juger lui-même de la valeur de ses actes sans considérer quelque Dieu que ce soit ni quelque jugement extérieur des autres dont le regard destructeur est une menace pour sa liberté ; « L »enfer, c’est les autres« .

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