Lors de mon intervention au cours de philosophie de Mme Begel le 1er février 2008, j’ai parlé du fonctionnement du cerveau et de la dualité entre le cerveau neuronal décrit par Jean-Pierre Changeux (L’homme neuronal Fayard 1983) et le cerveau humoral décrit par Jean-Didier Vincent (Biologie des passions Seuil, Odile Jacob 1986). Je voulais souligner que les neurones, cellules qui sont les principaux responsables de l’activité du tissu nerveux, « baignent » dans un liquide qui contient outre des ions (Na+, K+, Cl-, HCO3- etc), de très nombreuses molécules de la famille fonctionnelle des médiateurs nerveux et des hormones (hormone = qui excite) qui conditionnent leur fonctionnement . On peut opposer un cerveau précis, du tout ou rien, celui du réseau de neurones qui conduit l’influx nerveux, à un cerveau flou, du plus ou moins, du un peu et du beaucoup qui résulte de l’immersion des neurones dans un environnement fluctuant.

L’un de vous m’a interrompu en demandant : « Qu’est ce que tout ça a à voir avec le Désir » dont j’étais censé vous parler en illustration d’un texte de Hume (Traité de la nature humaine..) que je ne commenterai pas. Je lui ai répondu : « le désir est un état ». Je m’explique :

Un objet, une personne, suscite chez certains le désir d’en savoir plus, d’en avoir plus, de posséder, d’échanger avec cet objet, cette personne. Il faut pour cela que le cerveau soit réceptif. Il va être réceptif indépendamment de la rencontre de l’objet ou de la personne qui vont devenir objet du désir.

Le désir peut être esthétique (art, musique…), sexuel platonique ou brutal. Il est la conséquence de la rencontre d’un état réceptif et de l’objet du désir. Cet état peut être conditionné en amont par une éducation qui peut être positive ou répressive.

J’aurai peut être dû dire le désir résulte d’un état, celui du cerveau fluctuant.

On peut discuter du rôle de la volonté et du libre arbitre dans la définition et la révélation de cet état mais c’est un autre débat.

 

Jean Mauchamp

Un commentaire pour “* Biologie et désir”

  1.  florencebegel dit :

    Il n’y a qu’un seul principe moteur : la faculté désirante.
    (Aristote, Traité de l’âme)

Laisser une réponse :

Vous devez être connecté pour poster un commentaire...