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Au VI ° siècle avant Jésus- Christ, ALCMEON DE CROTONE fut le premier à affirmer que « ce qui gouverne siège dans le cerveau. Son oeuvre fut perdue mais son influence demeure en particulier chez HIPPOCRATE (V° siècle), voire, avec quelques nuances chez PLATON. Il revient à ARISTOTE de contester cette hypothèse. Pour le philosophe, le principe des sensations est localisé dans le coeur. Quelques siècles plus tard, c’est GALIEN qui mit en évidence l’influence de l’influx nerveux sur le mouvement des muscles. Le problème des philosophes et des scientifiques est d’expliquer la pensée et les émotions humaines, la raison et les passions (sentiments émotions, désirs. L’enjeu n’est pas seulement dans le domaine de la connaissance mais aussi dans le domaine moral. Au XVI° siècle, l’idée de l’homme dans la nature commence à faire problème et on s’interroge sur la place de ce dernier. Les représentations anatomiques se multiplient, les illustrations comme les dissections permettent d’ouvrir de nouveaux champs à la connaissance. citons par exemple les recherches illustrées de VESALE

 

 

 

OP DE BEECK (Bart), André Vésale, De humani corporis fabrica in DELSAERDT (Pierre), DUVOSQUEL ( Jean-Marie), SIMONS (Ludo), SORGELOOS (Claude) (dir.), Cent trésors de la Bibliothèque royale de Belgique , Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique, Fonds Mercator, 2005, p. 37)

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Ou bien plus connues les planches de LEONARD DE VINCI

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Au XVII° siècle DESCARTES par son dualisme âme (substance pensante) et corps (substance étendue) ouvre la recherche en anatomie du coté de la mécanique. Le cerveau est comparé à de la matière faite d’une multitude de petits filets (plomb et cire) qui retiennent comme des empreintes (« pliures et marques ») et forment comme des traces de ce que lui envoie la glande pinéale (l’union de l’âme et du corps)…

La METTRIE (philosophe matérialiste du XVIII° siècle) supprime la nécessité d’un pont entre l’esprit et la matière en substituant le cerveau à l’âme et en faisant du corps une machine indépendante. Enfin CONDILLAC disciple de LOCKE, empiriste) fait du cerveau le lieu où aboutissent toutes les sensations.Les facultés de notre esprit « ne sont que la sensation même qui se transforme différemment » Ainsi les dispositions morales, les connaissances, les émotions dérivent des états physiques du corps.

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CONDILLAC fait l’hypothèse d’une statue réduite au seul odorat et dont le marbre empêche toute autre sensation.  » les sens ne sont que cause occasionnelle. Ils ne sentent pas, c’est l’âme seule qui sent à l’occasion des organes ; et c’est des sensations qui la modifient, qu’elle tire toutes ses connaissances et toutes ses facultés ». La statue devient elle-même odeur de rose (Traité des sensations). La mémoire naît de l’impression persistante et répétée de cette sensation « la mémoire n’est donc qu’une manière de sentir » et le jugement de la comparaison par exemple du souvenir de l’odeur d’un oeillet : « car comparer n’est autre chose que donner en même-temps son attention à deux idées » et « dès qu’il y a comparaison, il y a jugement« . Il y a aussi plaisir et douleur à voir se répéter ou manquer ces sensations, c’est-à-dire des passions qui sont aussi des sensations transformées.

Toujours au XVIII° siècle, le philosophe Diderot représente le cerveau comme une araignée au centre de sa toile, métaphore du réseau de nerfs. Des descriptions de plus en plus précises seront réalisées par les savants VIEUSSENS (planche ci-dessous), Willis et Vicq d’Azyr.

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Les troncs de la veine cave avec leurs branches disséquées dans un corps adulte, &c. d’après les Transactions Philosophiques.

Au XIX° siècle, nous devons souligner le remarquable succès de la phrénologie qui amène à considérer le cerveau comme centre de toutes les émotions et de toutes les connaissance. Le débat qui s’instaure oppose les partisans de la phrénologie (GALL, BROUSSAIS) aux ennemis de la localisation (Flourens).

Le projet de recherche de la phrénologie consiste à localiser certaines fonctions au niveau du cortex. Par exemple, les travaux de BROCA permettent de comprendre certaines aires cérébrales du langage.Mais les thèses, souvent fantaisistes ne laissent guère de résultats à défaut de quelques préjugés familiers tels que « avoir la bosse des mathématiques » !

L'image “http://www.singulier.com/boutique/images_produits/tetePhrenologue_1.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Tête de phrénologie en porcelaine présente dans les cabinets médicaux de l’époque victorienne !

Ce qui est intéressant au XIX° siècle, c’est que l’étude du cerveau déborde largement les recherches des anatomo-physiologistes. Le rapport de l’homme à la nature change, en particulier au sens où l’homme n’est plus le seigneur des vivants, et va être étudié non seulement comme créature privilégiée mais aussi en tant qu’ espéce. Le débat de Lamarck et Drawin fait référence à la sensibilité physique et aux sensations, (Lamarck) ou, au contraire aux habitudes et à la volonté de l’homme (Darwin).

Mais le plus novateur est sans doute la voie ouverte par l’investigation psychologique sur les comportements de l’homme. En tant qu’être soumis à leurs émotions, les patients de CHARCOT, de JANET ou de FREUD offrent tout un champ de connaissance jusqu’alors inquiétante et étrange. La frontière entre le normal et le pathologique commence à être bousculée par les troubles de fonctionnement du cerveau qui ne peuvent pas s’explique par la matière seule.

 

http://ourworld.compuserve.com/homepages/fineltain_ludwig/charcot-brouillet.jpgLa leçon de Charcot, par André Brouillet en 1887. Musée d’histoire de la médecine. Au premier rang, l’entourage immédiat du Maître, internes, chef de clinique et de laboratoires : C’est toute l’École de la Salpétrière qui est là, on reconnait notamment Babinski qui soutient la malade. – ©AP-HP

 

 

Les recherches sur le cerveau prirent enfin une nouvelle tournure en cette fin du XIX° siècle car elles ne se limitèrent plus à la seule anatomie descriptive. Le progrès de la science et des techniques permirent de nouvelles approches : électronique, mécanique quantique, microbiologie moléculaire trouvent une application dans l’étude du système nerveux central. Les instruments venus des recherches sur l’électricité, la chimie organique ou la microscopie accompagnent ces nouvelles approches.

 

 

 

 

L'image “http://www.inrp.fr/bdd_image/neurones.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Cellules nerveuses (microscope optique x 600 ; coloration de Golgi)
Les neurones sont des cellules munies de prolongements

 

 

Grâce à une nouvelle technique de coloration, Golgi et Cajal découvrent des cellules du système nerveux (on les appelera neurones) ce qui permet d’étudier les fonctions, les propriétés et aussi les connexions (les réflexes par exemple). Grâce à l’étude de patients ayant des lésions du corps calleux, Sperry détermine la différence de fonction entre cerveau droit et cerveau gauche et Penfield établit une carte des localisations de la sensibilité somatique dans le cortex cérébral.

Le vingtième siècle voit l’apparition des neurosciences : peut-on parler de la fin de la philosophie de l’esprit ? Sont-elles capables en effet de donner une explication définitive des affects, de la perception, du langage et même de l’intellect ? Certes les sciences cognitives prétendent être unifiées. L’approche neurophysiologique est aussi bien appliquée aux émotions qu’au désir ou au rêve. Mais d’autres théories du fonctionnement mental se veulent explicatives. C’est le cas par exemple de l’analogie de l’esprit avec l’ordinateur selon le modèle de TURING et les cybernéticiens ou bien ceux qui prétendent enraciner l’esprit dans la matière (James) ou encore plus récemment ceux qui affirment le rôle essentiel des émotions dans le fonctionnement cognitif (DAMASIO) ou l’interaction entre le cerveau et son milieu (la sélection neuronale de CHANGEUX)
Entre matérialisme et spiritualisme, entre biologie et philosophie, le débat est loin d’être clos. Et pour comprendre ce que l’on sait sur le cerveau, l’interaction des deux disciplines est aujourd’hui incontournable.

Lire : http://lewebpedagogique.com/philoflo/science-et-philosophie-ce-qui-nous-tient-lieu-

de-conscience-en-terminale/le-cerveau-deinstein/ 

 

Un commentaire pour “* Matière et esprit”

  1.  fineltain dit :

    Dans votre site ifsi vous avez la gentillesse de mentionner mon site psychiatrique:
    « ourworld.compuserve.com/homepages/fineltain_ludwig/homepage.htm »
    compuserve a disparu
    le nouvel URL est:
    http://www.bulletindepsychiatrie.com
    tous les suffixes demeurent les mêmes, par exemple
    http://www.bulletindepsychiatrie.com/homepage.htm
    Merci

    Dr Ludwig Fineltain
    Neuropsychiatre
    Psychanalyste
    « Bulletin de Psychiatrie »
    http://www.bulletindepsychiatrie.com

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