La philosophie au bac
Par Laurence Hansen-Love

Le langage (fiche)

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papyrus 

Communication : (etym : communicatio, action de faire part, de communicare, mettre en commun, communiquer) 1) Sens ordinaire : tout forme d’échanges de signes et tout dispositif permettant de faire circuler des mobiles ou des particules (les autoroutes, les fils électriques constituent des réseaux de communication) ou tout autre réalité transférable. En un sens plus restreint : processus par lequel une information est transmise d’un émetteur à un récepteur 2) Linguistique : la communication implique un code indépendant de ceux qui l’utilisent et qui leur préexiste. Dans le cas des animaux, ce code possédé instinctivement est un système de signaux. Dans le cas de l’homme, la langue est un système conventionnel qui peut prendre une forme intersubjective (communication directe), médiatisée (transmise par des dispositifs artificiels) ou institutionnalisée (langues et pratiques symboliques grammaticalement ou politiquement « correctes »). Les signaux des animaux sont fixes, étroitement fonctionnels et univoques contrairement aux signes linguistiques, qui sont mobiles et ambigus. Un système de communication constitué d’un nombre limité de signaux comme ceux qu’utilisent tous les animaux n’est donc absolument pas un langage.

Langage : (etym : lingua : organe de la parole, langue comme parole et langage) 1) Sens ordinaire : tout système de signes permettant la communication ; en un sens plus strict : faculté de parler propre à l’homme lui permettant de communiquer et d’exprimer des pensées 2) Linguistique : faculté de constituer une langue c’est-à-dire un système de signes discontinus correspondant à des idées distinctes, dont le langage parlé est une possibilité parmi d’autres. Le langage humain comporte une double articulation (division en unités à deux degrés) ce qui le distingue de tout autre mode de communication 3) Philosophie  et anthropologie : le langage humain est un des « propres » de l’homme les plus caractéristiques. En tant que fonction, l’aptitude au langage est universelle. Mais les langues, produits contingents du langage, témoignent toutes de manière diversifiée des aptitudes culturelles et des capacités intellectuelles communes à tous les êtres humains. Les langues sont ses systèmes institués de signes ou de symboles, verbaux ou écrits, procédant de conventions et utilisés intentionnellement par des sujets souhaitant exprimer des désirs et des pensées singulières. Le langage humain est fondamentalement un dialogue –il inclut la relation potentielle avec un interlocuteur- et un métalangage, c’est-à-dire un langage à propos non pas du réel mais de l’univers symbolique que le langage instaure. Le langage est donc une institution universelle qui témoigne de l’intelligence et de la sociabilité propre au genre humain. Il ne se réduit en aucun cas à un système de communication et il est toujours fluctuant et créatif, contrairement aux systèmes de signaux des animaux.

Signes : (etym : latin signum, « marque », « signe », « empreinte » ) 1) Sens ordinaire : tout élément matériel, vocal, graphique etc… permettant d’évoquer ou de deviner une autre chose à laquelle il renvoie ou qu’il représente 2) Linguistique : il convient de distinguer les signes naturels ( la fumée, le cri animal) les signes intentionnels manifestant une volonté de communiquer (mimique, geste, langage) et les signes conventionnels propres à la communication humaine. Parmi ceux-ci le signe linguistique présente la particularité d’être discret (les signes se détachent les uns des autres) et mobiles (ils changent de sens selon les contextes, comme en témoigne l’usage métaphorique des mots et des symboles). Les symboles sont des signes qui présentent une certaine analogie avec ce qu’ils représentent (exemple : les symboles du guide Michelin) .

 


Publié le 26 décembre 2007 par hansenlove dans Fiches de révision
Tags :: communication, langage, langue, signes

La démonstration: intuition et déduction (texte de Descartes)

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descartes“Nous allons énumérer ici tous les actes de notre entendement par lesquels nous pouvons parvenir à la connaissance des choses sans aucune crainte d’erreur; il n’y en a que deux: l’intuition et la déduction.
Par intuition j’entends, non pas le témoignage changeant des sens ou
le jugement trompeur d’une imagination qui compose mal son objet, mais la conception d’un esprit pur et attentif, conception si facile, si distincte qu’aucun doute ne reste sur ce que nous comprenons; ou, ce qui est la même chose, la conception ferme d’un esprit pur et attentif qui naît de la seule lumière de la raison et qui, étant plus simple, est par suite plus pure que la
10 déduction même, qui pourtant elle aussi ne peut être mal faite par l’homme [...]. Ainsi, chacun peut voir par intuition qu’il existe, qu’il pense, que le triangle est défini par trois lignes seulement, la sphère par une seule surface, et des choses de ce genre, qui sont bien plus nombreuses que ne le pourraient croire la plupart des hommes, parce qu’ils dédaignent de tourner leur esprit vers des choses si faciles [...].
On a déjà pu se demander pourquoi, outre l’intuition, nous avons ajouté un autre mode de connaissance qui se fait par déduction, opération par laquelle nous entendons tout ce qui se conclut nécessairement d’autres choses déjà connues avec certitude, bien qu’elles ne soient pas elles-mêmes évidentes, pourvu seulement qu’elles soient déduites à partir de principes vrais et connus par un mouvement continu et ininterrompu de la pensée qui a une intuition claire de chaque chose. C’est ainsi que nous savons que le dernier anneau d’une longue chaîne est relié au premier, même si nous n’embrassons pas d’un seul et même coup d’oeil tous les intermédiaires dont dépend ce lien, pourvu que nous ayons parcouru ceux-ci successivement et que nous nous souvenions que du premier au dernier chacun tient à ceux qui lui sont proches. Nous distinguons donc ici l’intuition de la déduction certaine en ce qu’on conçoit en celle-ci un mouvement ou une certaine succession, tandis que dans celle-là, il n’en est pas de même; et qu’en outre pour la déduction une évidence actuelle n’est pas nécessaire comme pour l’intuition, mais plutôt qu’elle reçoit en un sens sa certitude de la mémoire. D’où il résulte qu’au sujet des propositions, qui sont la conséquence immédiate des premiers principes, on peut dire, suivant la manière différente de les considérer, qu’on les connaît tantôt par intuition, tantôt par déduction; mais les premiers principes eux-mêmes ne peuvent être connus que par intuition; et au contraire les conséquences éloignées ne peuvent l’être que par déduction”.
René Descartes, Règles pour la direction de l’esprit (1628), règle III,

dans Oeuvres et Lettres, Gallimard, colt. «Bibliothèque de la Pléiade», 1953, p. 43-45


Publié le 26 décembre 2007 par hansenlove dans Textes clés
Tags :: argumentation, déduction, démonstration, Intuition, preuve

Texte Descartes : les quatre règles de la méthode

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descartes.jpg
Quatre règles pour une méthode

“Au lieu de ce grand nombre de préceptes dont la logique est composée, je crus que j’aurais assez des quatre suivants, pourvu que je prisse une ferme et constante résolution de ne manquer pas une seule fois à les observer.
Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle; c’est-à-dire d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention` ; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute.
Le second, de diviser chacune des difficultés que j’examinerais, en autant de parcelles qu’il se pourrait et qu’il serait requis pour les mieux résoudre.
Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu, comme par degrés, jusques à la connaissance des plus composés; et supposant même de l’ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres.
Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers, et des revues si générales, que je fusse assuré de ne rien omettre.
René Descartes, Discours de la méthode (1637), 2  partie, Éd. Hatier, coll. Classiques Hatier de la philosophie, 1999, p. 23.


Publié le 26 décembre 2007 par hansenlove dans Textes clés
Tags :: démonstration, logique, preuve, raison

La démonstration (texte de Descartes)

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descartes

«  Par là on voit clairement pourquoi l’arithmétique et le géométrie sont beaucoup plus certaines que les autres sciences : c’est que seules elles traitent d’un objet pur et simple pour n’admettre absolument rien que l’expérience ait rendu incertain, et qu’elles consistent tout entières en une suite de conséquences déduites par raisonnement. Elles sont donc les plus faciles et les plus claires de toutes, et leur objet est tel que nous le désirons, puisque, sauf par inattention, il semble impossible à l’homme d’y commettre des erreurs. Et cependant il ne faut pas s’étonner si spontanément beaucoup d’esprits s’appliquent plutôt à d’autres études ou à la philosophie : cela vient en effet, de ce que chacun se donne plus hardiment la liberté d’affirmer des choses par divination dans une question obscure que dans une question évidente, et qu’il est bien plus facile de faire des conjectures sur une question quelconque que de parvenir à la vérité même sur une question, si facile qu’elle soit.De tout cela on doit conclure, non pas, en vérité, qu’il ne faut apprendre que l’arithmétique et la géométrie, mais seulement que ceux qui cherchent le droit chemin de la vérité ne doivent s’occuper d’aucun objet, dont ils ne puissent avoir une certitude égale à celle des démonstrations de l’arithmétique et de la géométrie » Descartes, Règles pour la direction de l’esprit, II


Publié le 26 décembre 2007 par hansenlove dans Textes clés
Tags :: démonstration, logique, Mathématiques, philosophie, vérité

La logique: vérité et validité

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B L A N C H E
Considérons le syllogisme traditionnel
Tout homme est mortel Socrate est homme (1) Donc Socrate est mortel
Il est clair d’abord que la validité d’un tel raisonnement n’est nullement liée au personnage sur qui il porte: si ce raisonnement est valable pour Socrate, il le serait aussi bien pour Platon, pour Alcibiade, ou pour n’importe qui. Nous pouvons donc y remplacer le nom de Socrate par une lettre x jouant le rôle d’une variable indéterminée, et marquant seulement la place pour le nom d’un homme quelconque. Et même, il n’est pas nécessaire que ce soit un nom d’homme: car si j’écris « Bucéphale ou «l’Himalaya» , ma mineure assurément sera une proposition fausse et ma conclusion risquera donc de le devenir aussi, mais mon raisonnement n’en demeurera pas moins valable, en ce sens que si les deux prémisses étaient vraies, nécessairement la conclusion le serait aussi. Cette variable x, qui représente un individu quelconque, nous l’appellerons une variable individuelle. Nous pouvons donc écrire notre raisonnement sous cette forme plus schématique:
Tout homme est mortel
x est homme (2) Donc x est mortel
Faisons un second pas. La validité de ce raisonnement ne dépend pas non plus des concepts qui y figurent: homme, mortel. Il est donc permis de les remplacer par d’autres sans faire perdre de sa force au raisonnement. Pour marquer cette possibilité, je substituerai, là aussi, aux mots qui les désignent, des lettres symboliques, f, g, aptes à représenter des concepts quelconques : ce sont des variables conceptuelles. D’où cette nouvelle présentation
Tout f est g
x est f (3) Donc x est g
[...] Nous n’avons plus affaire qu’à un schéma de raisonnement ou, si l’on veut, à un moule à raisonnements, qui donnera un raisonnement lorsqu’on y coulera une matière. Seulement, quelle que soit cette matière,
le raisonnement sera bon, parce que sa validité ne dépend que de la forme du moule, qui demeure invariante.
On voit en quel sens on peut parler de la forme d’un raisonnement. Mais on voit aussi qu’avec cette forme, la notion de vérité semble avoir disparu. D’une part, notre schéma de raisonnement n’est pas plus susceptible de vérité que ne l’était le raisonnement initial, il est seulement, comme lui, susceptible de validité : la vérité et la fausseté ne peuvent convenir qu’aux propositions elles-mêmes, non à la manière de les organiser. [...]
Pour retrouver la notion de vérité, il faut passer de la forme inférenteille du raisonnement à l’implication qui lui correspond [...] Si tout fest g et si x est f, alors x est g
Cette formule peut-elle être encore qualifiée de vraie? [...]
Oui [...] en ce sens que, contrairement aux trois schémas propositionnels précédents, celui-ci donnera une proposition vraie quelles que soient les valeurs qu’on assigne à ses variables. Cela ne fait qu’exprimer, en langage d’implication, ce que nous exprimions tantôt en langage d’inférence quand nous disions que la validité d’une inférence est indépendante de son contenu. On dira, par abréviation, qu’une telle formule est toujours vraie. C’est ce genre de vérité, qu’on appelle tautologique, qui constitue la vérité formelle ou, comme on peut aussi la qualifier, la
vérité logique.
Robert Blanché, Introduction à la logique contemporaine, Éd. Armand Colin, 1968, pp. 10-13.


Publié le 26 décembre 2007 par hansenlove dans Notions
Tags :: argumentation, démonstration, logique, preuve, validité, vérité

La démonstration (fiche)

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Axiomes : (etym : grec axioma, « prix », « valeur », « principe », « axiome ») 1) Chez les grecs : proposition et principe évident et démontrable 2) Actuellement : notions de bases ou hypothèses abstraites posées librement comme telles, et qui servent de point de départ pour fonder une science cohérente

Axiomatisation : opération par laquelle on formalise un système logique ou mathématique, en explicitant les termes non définis et les propositions non démontrées, ces dernières étant présentées comme de simples hypothèses (axiomes).

Démonstration : (etym : latin demonstratio, action de montrer, de faire voir, déduction) 1) Sens ordinaire : opération permettant d’établir la vérité d’une thèse soit par des expériences soit par un raisonnement solide c’est-à-dire et logiquement incontestable. 2) Logique : raisonnement qui consiste à passer de propositions préalablement admises à une autre qui en résulte nécessairement. Le modèle est fourni, dans la logique d’Aristote, par le syllogisme 3) Mathématiques : raisonnement constructif qui procède par substitution de grandeurs égales ou équivalentes 3) Epistémologie et philosophie : (par extension) établissement d’un fait, d’une loi, ou d’une théorie aux moyens de procédés suffisamment rigoureux pour la rendre indubitables. Lé démonstration apparaît en principe et par définition comme le fondement de la certitude, aussi bien en sciences qu’en philosophie. Pourtant toute démonstration, en logique, en maths ou en philosophie, est toujours suspendue à des vérités premières indémontrables.

Syllogisme  :( etym : grec sullogismos «  calcul », « compte », « raisonnement ») Type de déduction formelle telle que deux propositions appelées prémisses étant posées, on en tire une troisième appelée conclusion qui en découle nécessairement. Exemple : « Tous les hommes sont mortels, Socrate est un homme. Donc (conclusion) Socrate est mortel ».

Notions communes : Chez Spinoza : principe rationnel appartenant à tous les hommes, et qui peut avoir le statut d’axiome.

Idée adéquate : (etym latin idea, « forme visible », « aspect », et adaeqare, « rendre égal ») : chez Spinoza :« J’entends par idée adéquate une idée qui, pour autant qu’on la considère en elle-même et sans relation à un objet, a toutes les propriétés ou dénominations intrinsèques de l’idée vraie ». Pour Spinoza l’idée adéquate contient en elle-même sa propre cause, celui qui la possède, la possède donc intégralement : la connaissance adéquate est une connaissance complète, intégrale.

Induction : (etym latin inductio : action d’amener, de conduire vers) Opération intellectuelle relevant de la conjecture qui conclut de la régularité observée de certains faits à leur constance (exemples : les chiens connus aboient. Donc tous les chiens aboient).

Loi de Durkheim concernant le suicide : selon cette loi, la probabilité de se suicider pour un individu, est inversement proportionnelle au degré d’intégration de l’individu dans sa communauté.

Expérience cruciale : toute expérience décisive permettant de décider en faveur, ou à l’encontre, d’une hypothèse scientifique. Exemple : la découverte des phénomènes d’interférence ont permis d’écarter un temps l’hypothèse de la nature corpusculaire de la lumière et de retenir l’hypothèse de son caractère ondulatoire.

Evidence : (etym : de videre « voir », et ex : « après ») : caractère de ce qui s’impose comme manifestement vrai et qui emporte, de ce fait, nécessairement l’adhésion de l’esprit.

Métalangage : (etym, grec de méta, « par delà » ) : langage portant sur le langage, se référant au langage et non à l’expérience.


Publié le 26 décembre 2007 par hansenlove dans Fiches de révision
Tags :: démonstration, logique, preuve, raison, rationalité

Histoire : le travail nécessaire de l’historien (Cassirer)

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lecteur rembrandt

L’historien ne peut appréhender le passé sans un travail herméneutique (recherche du sens) préalable:

“On a souvent fait remarquer que le terme d’« histoire » est utilisé dans un double sens. Il signifie d’une part la res geste (1, les faits, les événements, les actes du passé. Mais d’autre part il signifie quelque chose de fort différent; il signifie notre récollection, notre connaissance de ces événements. D’un simple point de vue logique, cela semble impliquer une curieuse et fort choquante équivocité que nous ne trouvons dans nulle autre branche de la connaissance. C’est comme si un scientifique n’était pas capable de faire une distinction entre l’objet et la forme de sa connaissance, comme s’il confondait « physique » et « nature ». Mais peut-être pouvons-nous rendre compte de cette incongruité qui au premier abord semble être fort sujette à objection. La connexion entre le contenu et la forme de la connaissance est bien plus proche dans l’histoire qu’elle ne l’est dans n’importe quelle branche de la science de la nature. Dans notre expérience commune nous sommes tous entourés d’objets physiques. La science doit décrire et expliquer ces objets, mais nous ne les perdrions pas de vue si nous ne possédions pas l’aide de la science; il semble que nous puissions les percevoir et que nous puissions les voir, les toucher immédiatement. Mais nous ne pouvons saisir notre vie passée, la vie de l’humanité, de cette façon. Sans le labeur constant et infatigable de l’histoire, cette vie demeurerait un livre clos. Ce que nous appelons notre conscience historique moderne dut être construite pas à pas par le travail de grands historiens. L’histoire inverse pour ainsi dire le processus créateur qui caractérise notre civilisation humaine. La civilisation humaine crée nécessairement de nouvelles formes, de nouveaux symboles, de nouvelles formes matérielles en lesquelles la vie de l’homme trouve son expression externe. L’historien poursuit toutes ces expressions jusqu’en leur origine. Il essaie de reconstruire la vie réelle qui est à la base de toutes ces formes singulières. [...] Sans une herméneutique’ historique, sans l’art de l’interprétation contenu dans l’histoire, la vie humaine serait une chose très pauvre. Elle serait réduite à un moment singulier du temps, elle n’aurait pas de passé et pour cela pas de futur; car la pensée du futur et la pensée du passé dépendent l’une de l’autre”.
Ernst Cassirer, «Séminaire sur la philosophie de l’histoire» (1942), dans L’idée de l’histoire, trac. E Capeillères, Éd. du Cerf, 1988, pp. 84-85.
1. <Les actions».
2. Travail d’interprétation, de recherche du sens.


Publié le 15 décembre 2007 par hansenlove dans Notions
Tags :: histoire, objectivité, science, subjectivité

L’histoire peut-elle justifier le mal?

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histoire-goya-tres-de-mayo.jpgPréparation à la dissertation

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Les termes du sujet
1. En quel sens faut-il prendre le mot «histoire»? Au sens du devenir (la réalité historique) ou bien du discours (l’histoire composée par l’historien)?
2. Quelles sont les sens usuels du verbe «justifier»? Quel est le plus pertinent dans le contexte de ce sujet? Distinguez bien «expliquer» et «justifier».
3. Cherchez quels sont les trois acceptions possibles du concept de mal en philosophie (mal métaphysique, physique et moral). Quel est le sens de ce terme dans la vie courante (appuyez-vous sur plusieurs exemples, éventuellement contradictoires)? Quels sont les événements ou les circonstances qui éveillent le plus souvent la réprobation ou l’indignation?
Les présupposés du sujet
4. La possibilité, pour l’histoire, de justifier le mal, peut être envisagée dans un sens religieux: l’histoire est alors connue comme une Providence. Cherchez le sens de ce mot dans un dictionnaire. En quel sens une histoire providentielle justifie-t-elle le mal?
5. De façon générale, le mal doit-il être «justifié»? Doit-on lui trouver une signification, un intérêt, un but? Quelles objections un tel souci de justification du mal peut-il appeler?
6. Dans la vie courante, peut-il nous arriver de justifier le mal? Appuyez-vous sur des exemples empruntés à la vie quotidienne, et distinguez bien «expliquer» et «justifier»
7. Supposer que l’histoire puisse justifier le mal, n’est-ce pas supposer que l’histoire est un sujet qui pense et qui juge? Est-ce le cas?
Éléments pour une problématique
8. Le mal, dans l’histoire (la souffrance inutile, la violence gratuite des hommes…) est un fait difficilement contestable. Le sujet pourrait être en parti reformulé ainsi: «Le mal est-il absolu ou bien
tif?» S’il est relatif, cela signifie-t-il que ce qui est mal d’un certain point de vue est bien (juste ou profitable) d’un autre point de vue?
9. L’histoire est-elle comparable à une personne ou à une instance (telle qu’un tribunal) susceptible de rendre un verdict, voire d’acquitter les responsables du mal? Si ce n’est pas le cas, à quoi ou à qui le terme «histoire» renvoie-t-il ici: aux historiens qui construisent le récit de l’histoire en tentant d’en dégager le sens? aux philosophes qui se demandent, notamment, si l’histoire est un progrès (justifiant le mal)? à d’autres personnes ou instances?
10. Supposons que l’histoire puisse justifier le mal: doit-elle le faire? Y a-t-il quelqu’un qui soit habilité pour décider que la violence et la mort ont été (ou seront) utiles et profitables du point de vue du progrès? Le souci de justifier le mat (et donc d’en nier le caractère intolérable) ne peut-il être contesté, aussi bien en général que dans le cas particulier examiné ici?


Publié le 15 décembre 2007 par hansenlove dans Méthode et corrigés
Tags :: histoire, justification, mal, rationalité, violence

“L’histoire n’est pas une collection de faits”

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aron

Quel est le statut de la réalité sur laquelle porte le travail de l’historien? 
“Ce que l’on veut connaître n’est plus. Notre curiosité vise ce qui a été en tant qu’il n’est plus. L’objet de l’histoire est une réalité qui a cessé d’être.Cette réalité est humaine. Les gestes des combattants étaient significatifs et la bataille n’est pas un fait matériel, elle est un ensemble non entièrement incohérent, composé par les conduites des acteurs,- conduites suffisamment coordonnées par la discipline des armées et les intentions des chefs pour que leur unité soit intelligible. La bataille estelle réelle en tant qu’unité? La réalité appartient-elle exclusivement aux éléments ou les ensembles sont-ils également réels?
Qu’il nous suffise de quelques remarques, volontairement simples et incontestables, sur ce thème métaphysiquement équivoque. Dès lors qu’il s’agit d’une réalité humaine, il n’est pas plus aisé de saisir l’atome que le tout. Si seul l’atome est réel, quel est le geste, l’acte, l’événement qui passera pour le plus petit fragment de réalité historique? Dira-t-on que la connaissance historique porte sur le devenir des sociétés, que les sociétés sont composées d’individus et qu’enfin, seuls ces derniers sont réels? Effectivement la conscience est le privilège des individus et les collectivités ne sont ni des êtres vivants ni des êtres pensants. Mais les individus, en tant qu’êtres humains et sociaux, sont ce qu’ils sont parce qu’ils ont été formés dans un groupe, qu’ils y ont puisé l’acquis technique et culturel transmis par les siècles. Aucune conscience, en tant qu’humaine, n’est close sur elle-même. Seules les consciences pensent, mais aucune conscience ne pense seule, enfermée dans la solitude. Les batailles ne sont pas réelles au même sens et selon la même modalité que les individus physiques. Les cultures ne sont pas réelles au même sens que les consciences individuelles, mais les conduites des individus ne sont pas intelligibles isolément, pas plus que les consciences séparées du milieu historico-social. La connaissance historique n’a pas pour objet une collection, arbitrairement composée, des faits seuls réels, mais des ensembles articulés, intelligibles.
Raymond Aron, Dimensions de la conscience historique,
Éd. Plon, 1964, pp. 100-101.


Publié le 15 décembre 2007 par hansenlove dans Textes clés
Tags :: fait, histoire, objectivité, réalité, science, subjectivité

“Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion” (Hegel)

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Voir mon explication de cette formule célèbre de Hegel  sur le blog Hatier


Publié le 15 décembre 2007 par hansenlove dans citation
Tags :: grand homme, histoire, passion

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