La perception peut-elle s’éduquer?
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Publié le 19 juin 2008 par hansenlove dans Méthode et corrigés
Tags :: bac, Education, perception, sujets
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Les inégalités “naturelles” sont minimes. Mais elles sont amplifiées considérablement par les différences sociales. Un Etat juste doit garantir l’égalité morale des sujets devant une loi qui devrait être aussi peu arbitraire ou capricieuse que les lois naturelles.
« En effet, il est aisé de voir qu’entre les différences qui distinguent les hommes, plusieurs passent pour naturelles qui sont uniquement l’ouvrage de l’habitude et des divers genres de vie que les hommes adoptent dans la société. Ainsi, un tempérament robuste ou délicat, la force ou la faiblesse qui en dépendent, viennent souvent plus de la manière dure ou efféminée dont on a été élevé, que de la constitution primitive des corps. Il en est de même des forces de l’esprit, et non seulement l’éducation met de la différence entre les esprits cultivés et ceux qui ne le sont pas, mais elle augmente celle qui se trouve entre les premiers à proportion de la culture ; car qu’un géant et un nain marchent sur la même route, chaque pas qu’ils feront l’un et l’autre donnera un nouvel avantage au géant. Or, si l’on compare la diversité prodigieuse d’éducations et de genres de vie qui règne dans les différents ordres de l’état civil avec la simplicité et l’uniformité de la vie animale et sauvage, où tous se nourrissent des mêmes aliments, vivent de la même manière, et font exactement les mêmes choses, on comprendra combien la différence d’homme à homme doit être moindre dans l’état de nature que dans celui de société, et combien l’inégalité naturelle doit augmenter dans l’espèce humaine par l’inégalité d’institution. »
Rousseau, Discours sur l’ origine et les fondements de inégalité parmi les hommes, 1° partie
Les superstitions sout des comportements irrationnels et aberrants qui ont pour source l’ignorance et la peur. La religion ne doit pas verser dans la superstition selon Spinoza, car on ne peut croire que Dieu ” a les sages en aversion”.
« Nous voyons que les plus adonnés à tout genre de superstition ne peuvent manquer d’être ceux qui désirent sans mesure des biens incertains ; tous , alors, surtout qu’ils courent des dangers et ne savent trouver aucun secours en mêmes, implorent le secours divin par des voeux et des larmes de femmes, déclarent la Raison aveugle (incapable elle est en effet de leur enseigner aucune voie assurée pour parvenir aux vaines satisfactions qu’ils recherchent) et traitent la sagesse humaine de vanité ; au contraire, les délires de l’imagination, les songes et les puériles inepties leur semblent être des réponses divinse ; bien mieux, Dieu a les sages en aversion ( 1; ce n’est pas dans l’âme, c’est dans entrailles des animaux que sont écrits ses décrets, ou encore ce sont les déments, les oiseaux qui, par un instinct, un souffle divin, les font connaître. Voilà à quel point de déraison la crainte porte les hommes. »
SPINOZA, Traité théologico-politique, préface
1) Comprendre : ils s’imaginent que Dieu a les sages en aversion.
Justice commutative : Chez Aristote : justice qui attribue qui chacun ce qui lui est dû suivant un strict principe d’équivalence. C’est la justice qui prévaut dans les échanges commerciaux et dans les litiges (justice pénale)Justice distributive : Chez Aristote, justice qui obéit à un principe inégalitaire, puisqu’elle distribue à chacun des avantages et des responsabilités variables suivant les talents, les compétences etc.. On ne doit pas, dit Aristote, attribuer la meilleure flûte à l’étudiant le plus appliqué, mais au meilleur musicien.Equité : (etym : aequitas , « égalité d’âme », « honnêteté », « esprit de justice ») 1) Chez Aristote : esprit de justice, souci de respecter l’esprit de la loi plutôt que sa lettre, au point d epouvoir parfois prendre une décision contre la loi : « corriger la loi, dans la mesure où celle-ci se montre insuffisante en vertu de son caractère général » 2) Selon John Rawls : principe de justice souple qui vise le bien commun, mais qui ne peut être figé ; on admettra que les meilleurs dispositifs ne peuvent être fixés une fois pour toutes. Au contraire une distribution équitable des bénéfices du marché, des charges et des avantages sociaux, doit admettre des redéfinitions et des remaniements constants en fonction de l’évolution des inégalités et des moyens appropriés de rendre celles-ci profitables à tous, autant que faire se peut.Egalité : (etym : latin aequalitas, de aequare, « aplanir », « rendre égal à »). 1) mathématiques : qualité de grandeurs équivalentes c’est-à-dire substituables les unes aux autres. 2) Egalité civile et juridique : principe selon lequel les individus sont égaux devant la loi, c’est-à-dire ont les mêmes obligations et les mêmes droits 3) Egalité politique : principe selon lequel tous les citoyens , dans une société donnée , peuvent participer aux décisions d’ordre général ainsi qu’au débat public.Egalité formelle : égalité des hommes en tant qu’elle est établie et garantie par la loi. L’égalité formelle est une égalité théorique, une égalité sur le papiers. « Formelle » peut être compris de façon péjorative : abstraite ou même fictiveEtat de droit : Conception moderne et juridique de l’Etat qui le définit par la capacité de s’autolimiter, afin d’empêcher toute dérive tyrannique ou despotique. Un Etat de droit est un Etat à la fois républicain (voir la définition de la république p 00) et démocratique, c’est-à-dire dont peuple est tenu pour souverain. Les fondements théoriques de l’Etat de droit se trouvent chez les théoriciens du Contrat social (en particulier Locke et Rousseau). Dans un Etat de droit, les droits fondamentaux des hommes sont garantis par la loi (la Constitution), à tel point que l’homme a des droits qu’il peut revendiquer contre l’Etat, et faire valoir auprès de l’Etat (voir le chapitre : Pour limiter le pouvoir de l’Etat, peut-on s’en remettre à l’Etat)

La bonne volonté
Y a-t-il quelque chose que l’on puisse tenir indéniablement pour bon dans le comportement ou l’attitude d’un homme ?
”De tout ce qu’il est possible de concevoir dans le monde, et même en général hors du monde, il n’est rien qui puisse sans restriction être tenu pour bon, si ce n’est seulement une BONNE VOLONTE. L’intelligence, le don de saisir les ressemblances des choses, la faculté de discerner le particulier pour en juger, et les autres talents de l’esprit, de quelque nom qu’on les désigne, ou bien le courage, la décision, la persévérance dans les desseins, comme qualités du tempérament, sont sans doute à bien des égards choses bonnes et désirables ; mais ces dons de la nature peuvent devenir aussi extrêmement mauvais et funestes si la volonté qui doit en faire usage, et dont les dispositions propres s’appellent pour cela caractère, n’est point bonne. Il en est de même des dons de la fortune. Le pouvoir, la richesse, la considération, même la santé ainsi que, le bien-être complet et le contentement de son état, ce qu’on nomme le bonheur, engendrent une confiance en soi qui souvent aussi se convertit en présomption, dès qu’il n’y a pas une bonne volonté pour redresser et tourner vers des fins universelles l’influence que ces avantages ont sur l’âme, et du même coup tout le principe de l’action ; sans compter qu’un spectateur raisonnable et impartial ne saurait jamais éprouver de satisfaction à voir que tout réussisse perpétuellement à un être qui ne relève aucun trait de pure et bonne volonté [...]” Fondements de la métaphysique des mœurs (1785)
Première section,Traduction Victor Delbos ,Librairie Delagrave 1977
Impératifs hypothétiques et impératif catégorique
Les impératifs sont lds règles, ou commandements, en fonction desquels nous agissons. Certains sont ” hypothétiques “(” si tu veux obtenir ceci, alors fait cela “). Mais l’impératif moral ne saurait être ordonné à aucun objectif, quelqu’il puisse être – pas même le bonheur ou le Bien.
” Tous les impératifs commandent ou hypothétiquement ou catégoriquement. Les impératifs hypothétiques représentent la nécessité pratique d’une action possible, considérée comme moyen d’arriver à quelque autre chose que l’on veut (ou du moins qu’il est possible qu’on veuille). L’impératif catégorique serait celui qui représenterait une action comme nécessaire pour elle-même, et sans rapport à un autre but, comme nécessaire objectivement.
Puisque toute loi pratique représente une action possible comme bonne, et par conséquent comme nécessaire pour un sujet capable d’être déterminé pratiquement par la raison, tous les impératifs sont des formules par lesquelles est déterminée l’action qui, selon le principe d’une volonté bonne en quelque façon, est nécessaire. Or, si l’action n’est bonne que comme moyen pour quelque autre chose, l’impératif est hypothétique ; si elle est représentée comme bonne en soi, par suite comme étant nécessairement dans une volonté qui est en soi conforme à la raison [en tant qu'il est ] le principe qui la détermine , alors l’impératif est catégorique “. Fondements de la métaphysique des mœurs (1785) Première sectionTraduction Victor Delbos
Librairie Delagrave 1977 pp124-125
La loi morale
Tous les êtres raisonnables, et seuls les êtres raisonnables, peuvent se déterminer a priori. Ils se décident suivant des principe. Dans le registre de la pratique, ce principe serala loi morale. Il nous contraint, mais seulement dans l’exacte mesure où nous acceptons cette contrainte.
“La raison pure est pratique par elle seule et donne à l’homme une loi universelle, que nous nommons la loi morale [...]
S’appliquant aux hommes, la loi a la forme d’un impératif, parce qu’on peut, à la vérité, supposer en eux, en tant qu’êtres raisonnables, une volonté pure, mais non leur attribuer, en tant qu’êtres soumis à des besoins et à des causes sensibles de mouvement, une volonté sainte, c’est-à-dire une volonté qui ne soit capable d’aucune maxime contradictoire avec la loi morale. Pour eux la loi morale est donc un impératif, qui commande catégoriquement, puisque la loi est inconditionnée ; le rapport d’une volonté telle que la leur à cette loi est la dépendance qui sous le nom d’obligation désigne une contrainte, imposée toutefois par la simple raison et sa loi objective, pour l’accomplissement d’une action qui s’appelle devoir[...] “Critique de la raison pratique (1788),Traduction François Picavet ,Presses universitaires de France 1965 pp30-32
Le respect
L’homme n’est pas exclusivement de rationnel. Il lui faut aussi des mobiles pour agir, des mobiles qui concernent et engagent sa sensibilité. Le respect est, si l’on en croit Kant, le seul sentiment qui puisse être tenu pour moral.
“ Cette idée de la personnalité qui éveille le respect, qui nous met devant les yeux la sublimité de notre nature (d’après sa détermination), en nous faisant remarquer en même temps le défaut d’accord de notre conduite avec elle, et en abaissant par là même la présomption, est naturelle, même à la raison humaine la plus commune, et aisément remarquée. Tout homme, même médiocrement honorable, n’a-t-il pas trouvé quelquefois qu’il s’est abstenu d’un mensonge, d’ailleurs inoffensif, par lequel il pouvait ou se tirer lui-même d’une affaire désagréable ou procurer quelque avantage à un ami cher et plein de mérite, pour avoir le droit de ne pas se mépriser en secret à ses propres yeux ? Est-ce qu’un honnête homme n’est pas soutenu, dans les plus grands malheurs de la vie, qu’il pouvait éviter si seulement il avait pu se mettre au dessus du devoir, par la conscience d’avoir en sa personne maintenu l’humanité dans sa dignité, de l’avoir honorée, de n’avoir pas de raison de rougir de lui-même à ses propres yeux et pour craindre le spectacle intérieur de l’examen de conscience ? Cette consolation n’est pas le bonheur, elle n’en est pas même la plus petite partie. Car aucun homme ne souhaitera d’avoir l’occasion de l’éprouver, ne souhaitera peut-être pas même une vie dans de telles circonstances. Mais il vit et ne peut supporter d’être à ses propres yeux indigne de vivre. Cette tranquillité intérieure est donc simplement négative par rapport à tout ce qui peut rendre la vie agréable, c’est-à-dire qu’elle écarte le danger de décroître en valeur personnelle, quand on a complètement déjà renoncé à la valeur de sa situation. Elle est l’effet d’un respect pour quelque chose qui est tout à fait autre que la vie et auprès duquel au contraire, en comparaison et en opposition, la vie avec tout son charme n’a aucune valeur. Il ne vit plus que par devoir, non parce qu’il trouve le moindre agrément à vivre.” KANT Critique de la raison pratique (1788)
Traduction François Picavet
Presses universitaires de France 1965 pp92-93
Pour Hume la raison ne peut pas fonder la morale car elle ne nous dicte pas nécessairement des choix altruistes:
« Si une passion ne se fonde pas sur une fausse supposition et si elle ne choisit pas des moyens impropres à atteindre la fin, l’entendement ne peut ni la justifier, ni la condamner. Il n’est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à une égratignure de mon petit doigt ; Il n’est pas contraire à la raison que je choisisse de me ruiner complètement pour prévenir le moindre malaise d’un Indien ou d’une personne complètement inconnue de moi. Il est aussi peu contraire à la raison de préférer à mon plus grand bien propre un bien reconnu moindre et d’aimer plus ardemment celui-ci que celui-là. Un bien banal peut, en raison de certaines circonstances, produire un désir supérieur à celui qui naît du plaisir le plus grand et le plus estimable ; et il n’y a là rien de plus extraordinaire que de voir, en mécanique, un poids d’une livre en soulever un autre de cent livres grâce à l’avantage de sa situation. … Bref, une passion doit s’accompagner de quelque faux jugement pour être déraisonnable ; mais alors ce n’est pas la passion qui est déraisonnable, c’est le jugement » Trait de la nature humaine Tome I, p 526, ( Aubier ).

“Mieux vaut un homme mécontent qu’un porc satisfait” John Stuart Mill
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La philosophie se démarque dès l’origine de l’opinion:
“Voici le point de départ de la philosophie : la conscience du conflit qui met aux
prises les hommes entre eux, la recherche de l’origine de ce conflit, la condam-
nation de la simple opinion et la défiance à son égard, une sorte de critique de
l’opinion pour déterminer si on a raison de la tenir, l’invention d’une norme,
de même que nous avons inventé la balance pour la détermination du poids,
ou le cordeau pour distinguer ce qui est droit et ce qui est tordu.
Est-ce là le point de départ de la philosophie? Est juste tout ce qui paraît tel
à chacun? Et comment est-il possible que les opinions qui se contredisent
soient justes? Par conséquent, non pas toutes. Mais celles qui nous paraissent
à nous justes ? Pourquoi à nous plutôt qu’aux Syriens, plutôt qu’aux Égyp-
tiens ? Plutôt que celles qui paraissent telles à moi ou à un tel ? Pas plus les
unes que les autres. Donc l’opinion de chacun n’est pas suffisante pour déter-
miner la vérité.
Nous ne nous contentons pas non plus quand il s’agit de poids ou de
mesures de la simple apparence, mais nous avons inventé une norme pour ces
différents cas. Et dans le cas présent, n’y a-t-il donc aucune norme supérieure à
l’opinion? Et comment est-il possible qu’il n’y ait aucun moyen de déterminer
et de découvrir ce qu’il y a pour les hommes de plus nécessaire?
- Il y a donc une norme.
Alors, pourquoi ne pas la chercher et ne pas la trouver, et après l’avoir
trouvée, pourquoi ne pas nous en servir par la suite rigoureusement, sans nous
en écarter d’un pouce? Car voilà, à mon avis, ce qui, une fois trouvé, délivrera
de leur folie les gens qui se servent en tout d’une seule mesure, l’opinion, et
nous permettra désormais, partant de principes connus et clairement définis,
de nous servir, pour juger des cas particuliers, d’un système de prénotions (1″.
Épictète (vers 100 ap. J.-C.), Entretiens, II,
traduction de Souilhé, collection Budé, Éd. les Belles Lettres, 1969, pp. 43-44.
1) Notions innées
Vocabulaire de Epictète ici
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