La philosophie au bac
Par Laurence Hansen-Love

autrui

Chats siamois jumeaux

Différence : (Etym  latin differentia : « différence ») 1) Sens ordinaire : toute relation entre deux ou plusieurs termes impliquant  leur séparation (ils ne se confondent pas) et leur distinction qualitative  (ils ne sont pas identiques en tous points)  2) Sens philosophique : la différence d’un être ou d’une chose est le caractère ou l’ensemble des caractères qui lui sont propres et la distinguent de toute autre.

Altérité : (Etym :  latin alter : « autre ») : 1) Caractère de ce qui est autre, par opposition à l’identité 2) Qualité essentielle de l’autre en tant qu’autre : on peut parler de l’altérité des choses en général par rapport à la conscience  ou  bien de l’altérité plus spécifique des autres hommes, d’un autre homme par rapport au moi.

Racisme : (Etym : formé à partir de 1902 à partir du mot « race »). Sens courant : 1) Comportement caractérisé par le rejet et le mépris des hommes et des cultures qui nous paraissent incompatibles avec notre façon d’être et de penser.  2) Théorie selon laquelle il existe une hiérarchie entre les races, ce qui fonde le droit de la race supérieure de dominer les races de moindre valeur.     Philosophie et  histoire : Pour P. A. Taguieff  (La force du préjugé) il n’y a pas un racisme, mais deux. Le racisme traditionnel, inégalitaire, justifie la domination   des races inférieures par les races supérieures au nom des intérêts de tous  à être bien gouvernés par les hommes les plus éclairés  et les plus savants.  Pour le racisme « différentialiste »- qui insiste sur la différence de l’autre-  au contraire le représentant de l’autre culture n’est ni assimilable ni rééducable ni « infériorisable ».   Ainsi les nazis n’ont pas voulu dominer les juifs, les homosexuels et les handicapés. Logiquement, ils ne pouvaient que les exterminer. Le racisme « différentialiste » est fondé sur la peur du mélange et de l’indifférentiation.

Transcendance :  (etym : latin transcendere, « passer au-delà » « surpasser » .  Sens ordinaire : caractère de ce qui échappe, de ce qui est supérieur et renvoie au «  tout autre »   Philosophie : 1)  Philosophie classique: caractère de ce qui est au-delà de toute expérience possible. La transcendance chez Pascal ou Kant renvoie à sa source supposée, c’est-à-dire un être séparé du monde et infiniment supérieur ( « Quelque chose en l’homme passe l’homme » Pascal) 2) Phénoménologie : capacité  qu’à  la conscience de renvoyer à autre chose qu’elle-même, qu’elle ne contient pas, mais dont elle témoigne. La conscience de la temporalité est l’une des expressions de cette transcendance.  Pour Levinas, c’est le visage qui incarne et prouve la transcendance dont tout homme est le représentant et la preuve concrète.


Publié le 14 novembre 2009 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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Le désir

Le désir l'amour Klim

 

Le langage courant confond le désir, le besoin et la volonté. Il faut pourtant bien les distinguer.
 Le besoin relève de la nature ; comme nous, les animaux ont des besoins, qu’ils doivent satisfaire pour vivre. La volonté est un pouvoir positif  de décision qui est en général considéré comme une qualité. Au contraire, le désir est une notion foncièrement contradictoire. Le désir est un aspect de notre condition qui peut être jugé fâcheux. Il est aussi pourtant à la source de notre grandeur.  

Démesure du désir

Le désir –du latin desiderare : regretter l’absence de quelqu’un ou de quelque chose – peut être défini comme une tendance, un effort, vers quelque chose, accompagné ( e)  de la conscience de cette inclination. Il se distingue donc du besoin pour le meilleur et pour le pire. Pour le meilleur, car le désir est une motivation puissante pour toutes les actions et entreprises humaines : « Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion » (Hegel). Et pour le pire, car le désir loin de s’éteindre lorsqu’il atteint son objet, s’aiguise et se reporte sur un autre objet. C’est pourquoi Socrate compare dans le Gorgias l’homme  aux Danaïdes, condamnées à remplir un tonneau percé jusqu’à la fin des temps.

 

Désir et  reconnaissance

 Le désir peut être considéré comme l’essence de l’homme en tant que puissance d’affirmation et de création (Spinoza, Ethique, 3).  Le désir est pourtant  «  négatif » en ce sens  qu’il est  volontiers agressif, voire destructeur, lorsqu’il rencontre des obstacles. L’autre, ou le désir de l’autre,  sera le plus souvent cet obstacle. Dans ce que l’on nomme «  la dialectique du maître et de l’esclave », Hegel explique que tout homme recherche la confirmation de sa valeur en tentant d’imposer son point de vue à  l’autre. Et cette « lutte pour la reconnaissance » peut aller jusqu’au conflit violent. « Toute conscience, écrit-il, poursuit la mort de l’autre ». Le vainqueur est le maître, le vaincu, l’esclave.

 

Positivité du désir ?

 Les anciens ont bien souvent condamné le désir au nom du bonheur «  Quant au désir, pour le moment, renonces-y totalement : car si tu désires l’une des choses qui ne dépendent pas de nous, tu ne seras pas heureux, c’est inévitable » Epictète, Manuel . A la suite de  Descartes et de Spinoza , les modernes ont davantage insisté sur la positivité du désir. Désirer, bien sûr, c’est prendre des risques. Mais si nos passions, qui sont les formes exacerbées de nos désirs, peuvent être dangereuses car elles nous exposent aux frustrations et au chagrin, elles ont en même temps notre force et nous honorent. Que vaudrait la vie sans le désir ? Pour Niezsche,  il ne faut pas renoncer à nos désirs. Il faut tenter de les embellir, de les magnifier, ou encore de les « sublimer ».

 

Sujets de dissertation : Sait-on ce qu’on désire ? Suis-je l’esclave de mes désirs ? Faut-il renoncer à ses désirs pour être libres ?

 Liens :  Autrui Hegel la dialectique du maître et de l’esclave  Rousseau : l’illusion cesse.. Epicure : accomplir tous ses désirs ; Platon le désir amoureux.


Publié le 31 octobre 2009 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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L’inconscient

 

 L'inconscient the evil dead

Lorsque Freud (1856-1939), à la fin du 19 ième siècle,  présente à ses pairs  sa théorie de l’inconscient, il  rencontre une très vive résistance. La notion d’inconscient est apparue   scandaleuse pour deux raisons ; d’une part, parce qu’elle semblait remettre en cause la liberté de l’homme et la maîtrise qu’il était supposé avoir sur lui-même. D’autre part, parce que la région dite «  inconsciente » de notre vie psychique  semble faire la part belle à la sexualité.

 Prémisses de la notion d’inconscient 

Ni le sens commun ni les philosophes n’ont attendu Freud pour découvrir qu’une partie de notre propre psychisme nous échappe parfois. Un homme qui tombe dans le coma est inconscient, un dangereux chauffard l’est aussi,  en ce sens qu’il ne sait plus ce qu’il fait. Chez Platon, on trouve l’idée  de souvenirs inconscients de la vérité contemplée dans une autre vie (théorie de la réminiscence). Leibniz ( 1646-1716) a formulé la thèse des « petites perceptions » inconscientes : « Il y a mille marques qui font juger qu’il y a à tout moment une infinité de perceptions en nous… c’est-à-dire des changements  en l’âme même dont nous ne nous apercevons pas » (Essai sur l’entendement humain). La notion d’inconscient est ici en place, mais elle n’est pas encore conceptualisée ni bien définie.

 La théorie de Freud

 L’inconscient chez Freud devient un substantif. Il désigne une partie de nous-même, ou plus exactement  une zone de notre esprit où sont stockés une foule de souvenirs, de fantasmes, de désirs inavouables, que nous ne pouvons pas atteindre car une résistance en nous s’y oppose. L’inconscient est donc une sorte de sous-sol de notre vie psychique  où nous plaçons tout ce qui heurte notre conscience. Le refoulement est la notion clef de la théorie freudienne. Le psychisme comporte trois « instances » : le « ça » qui englobe l’ensemble de nos pulsions, le « sur-moi », qui est en nous le représentant de l’exigence morale, et le « moi »  qui est le médiateur, autrement dit cette mini-personne en nous-même qui s’efforce de réconcilier les différents points de vue.

Les objections

 Les contemporains de Freud ont estimé que sa théorie était fantaisiste et non scientifique car elle ne reposait sur aucune donnée observable : par définition, l’inconscient est hors d’atteinte. Freud a répondu que son hypothèse était pourtant justifiée car l’inconscient se manifeste de façon indirecte, comme dans les rêves,  les actes manqués mais aussi bien sûr la maladie mentale. De plus la théorie psychanalytique a porté ses fruits en apportant un soulagement aux patients. Aujourd’hui, le critiques se sont déplacées. Elles tournent surtout autour de la question de la responsabilité. Si un autre moi me gouverne que je ne connais pas, comment puis-je encore me croire libre ? Telle est la principale objection adressée à Freud par  le philosophe Alain.

 Sujets de dissertation : Puis-je invoquer l’inconscient sans ruiner la morale ? Sur quelles raisons pouvons-nous nous appuyer pour admettre l’existence de l’inconscient ? Peut-on à la fois admettre la liberté de l’homme et supposer l’existence de  l’inconscient.
 Liens : textes de  Freud, Légitimité de l’hypothèse de l’inconscient et première topique et schéma de Freud,  de Leibniz : l’inconscient et de Bergson , Une immense danse macabre, Texte de Alain


Publié le 31 octobre 2009 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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La conscience

Schiele auto-portraitLa conscience :

On admet généralement que la conscience est   le  propre de  l’être humain  au même titre que la raison. Pourtant, la conscience est une forme de présence au monde qui semble commune à certains  animaux et aux être humains. On distinguera donc, en toute rigueur,

la conscience spontanée, commune aux animaux supérieurs et à  l’homme, et la conscience réfléchie, propres aux êtres humains. Celle-ci serait plus précisément la capacité de se mettre à distance de soi-même pour s’observer, ou encore de faire retour sur nos propres pensées ou nos propres actions non seulement pour les analyser mais aussi pour les juger. On dira d’un homme dénué de scrupule indifférent aux autres, cynique ou cruel qu’il parait dénué de conscience, autrement dit dépourvu de sens moral.

 

 La conscience est le propre de l’homme

 L’étymologie du mot, littéralement « savoir (scientia)  avec (cum)  » suggère l’idée d’un accompagnement. Par la conscience, le monde m’accompagne, ou plus exactement  la représentation du monde m’accompagne. Mais en même temps, la conscience est ce qui me place en position de sujet, seul, parmi tous les êtres vivants, à posséder  le sentiment de mon existence mais aussi  la crainte de la mort. De Socrate ( « Connais-toi toi-même ») à  Kant, les philosophes classiques accordent donc à la conscience une place centrale  dans leur tentative de définition de l’homme. « Qu’est-ce donc que je suis ? Une chose qui pense. Qu’est ce que cela ? C’est bien une chose qui doute, qui connaît,qui affirme,qui nie, qui veut, qui ne veut pas,qui imagine aussi et qui sent » (Méditations Métaphysiques 2) Le philosophe Pascal récuse pour sa part l’idée de conscience-substance («  une chose » pensante) et lui préfère la métaphore du roseau qui évoque non seulement la grandeur de l’homme mais aussi sa fragilité : « La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable. C’est donc être misérable que se connaître misérable ; mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable.
Pensée fait la grandeur de l’homme[…]

L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature. Mais c’est un roseau pensant »

 

Toute conscience est une conscience morale

 La conscience serait donc  la capacité de se séparer de soi-même pour se  « représenter », et pour s’interroger sur le sens de notre existence. Elle  constitue  notre dignité mais aussi notre douleur. Tout d’abord la conscience  implique la responsabilité de nos actes. Je suis l’auteur de mes actes ; je le sais, aussi   je ne peux m’en désolidariser,  car j’ai conscience de mon unité malgré la diversité  de mes pensées ou de mes sentiments :  le fait de dire « Je » en témoigne, et ceci dans toutes les langues ou cultures, même si ce mot n’existe pas séparément : « Posséder le « Je » dans sa représentation : ce pouvoir, écrit Kant, élève infiniment l’homme au-dessus de tous les êtres vivants sur la terre. Par là il est une personne, et grâce à l’unité de la conscience dans tous les changements qui peuvent survenir, il est une seule et même personne… » (Anthropologie du point de vue pragmatique). Mais cette aptitude à nous reconnaître dans nos propres actes, qui n’est pas dissociable de la liberté, est aussi source de souffrance. Puisque je suis conscient de ce que je fais – dès lors que je ne suis pas jugé aliéné – je dois en répondre devant  les tribunaux humains mais aussi devant ma propre conscience,  à laquelle je ne peux échapper et qui ne prononce jamais de « relaxe » définitive. Un homme sans conscience ne serait plus un homme. Or il arrive que notre conscience nous tourmente malgré nous, en nous reprochant des actes ou des pensées que nous n’avons pas voulus. Tel est le ressort des grandes tragédies antiques.

 

La communication des consciences

 La philosophie classique a eu tendance à considérer la conscience comme auto-suffisante, voire seule au monde, à la suite de  Descartes a imaginé que la certitude de soi était antérieure à  la connaissance du monde  et plus ferme qu’elle : «  Or maintenant je sais avec certitude que je suis, et en même temps, qu’il se peut que toutes ces images et généralement que tout ce qui est rapporté à la nature du corps ne soient rien que des rêves ».  Aujourd’hui on ne considère plus la conscience comme une sorte de bulle ou de ballon, susceptible de se gonfler au point d’accueillir le monde entier pour le représenter ou l’exprimer .A la suite notamment de Hegel, puis de Husserl, la philosophie moderne insiste sur le caractère ouvert de la conscience : « toute conscience est conscience de quelque chose ». Les phénoménologues (Husserl, Merleau-Ponty) nomment  intentionnalité cette structure d’ouverture de la conscience : nous avons besoin de l’autre pour accéder à nous-mêmes , paradoxalement. « L’autre est le médiateur entre moi et moi-même » (Sartre). La psychanalyse, enfin, confirme ce point de vue. La conscience n’est pas entièrement transparente à elle-même, ni maîtresse d’elle-même. Pour nous comprendre nous même, pour nous représenter et nous construire, nous avons besoin des autres, du point de vue da l’autre. La conscience n’est donc pas le miroir de tout l’univers, mais plutôt un miroir de miroirs qui répercute sans fin des images entrelacées de nous-même, des nos proches et  de l’univers dans son ensemble. On appelle « intersubjectivité » la communication immédiate et intuitive des consciences entre elles.

 

 

 

Le sujets de dissertation les plus courants : Que peut-on savoir de soi ? La conscience de soi suppose-t-elle autrui ? Toute prise de conscience est-elle libératrice ? La conscience de ce que nous sommes fait-elle obstacle au bonheur ?


Publié le 31 octobre 2009 par LeWebPédagogique dans Cours,Fiches de révision
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La culture

musee-branlyLa culture

Le mot « culture » vient du latin « colere » qui veut dire « mettre en valeur ». On peut mettre en valeur un jardin mais aussi l’esprit. Depuis Platon et le mythe de Prométhée, on admet que l’homme est un être de culture. Prométhée,  constatant que l’homme était moins bien pourvu que les autres animaux,  a dérobé aux Dieux le feu et l’art politique, symboles de la culture.Ce forfait va permettre aux hommes de survivre malgré leur  faiblesse constitutionnelle.

 

Nature et culture

 Une très longue tradition philosophique oppose la nature et la culture, d’abord dans l’ensemble de l’univers, puis en l’homme. Le ciel étoilé, la terre,  les règnes minéraux et végétaux, appartiennent à la nature. Tout ce qui est produit par l’homme depuis la roue jusqu’à la centrale nucléaire et aux toiles de Picasso, appartiennent à la culture ; les institutions et les lois relèvent aussi de la culture, au sens  de « civilisation »,  c’est-à-dire de l’ensemble des coutumes, savoir-faire, traditions et croyances que les générations successives se transmettent. En l’homme, la « nature » désigne ce qui est donné à la naissance, tandis que la  « culture » désigne ce qu’il acquiert tout au long de son éducation. Rousseau nomme « perfectibilité » la capacité de l’homme, non pas (seulement) de progresser, mais d’évoluer sans cesse, en bien comme en mal.

 

La culture et les cultures

 Employé au singulier, le mot « culture » est synonyme de civilisation. Or cette idée de civilisation suggère un mouvement continu de l’humanité vers plus de connaissance et de lumières. On serait donc ainsi plus ou moins civilisé selon les continents et les époques. Les sociétés dites « primitives » seraient moins civilisées, donc moins  cultivées, que la société industrielle la plus performante. Or cette idée est largement remise en cause aujourd’hui. Le mouvement de l’humanité n’est pas un progrès uniforme et continu. Aucune société n’est en avance ni en retard. Lévi-Strauss et la plupart des philosophes et ethnologues préfèrent désormais parler de « cultures » au pluriel. « Culture » désigne  alors l’ensemble cohérent des  constructions imaginaires, structures mentales et modes de productions propres à chaque  communauté.

 

Culture générale, culture universelle

 Le mot « culture » désigne aussi le produit de l’éducation morale et intellectuelle de chaque individu. Tout être humain reçoit une telle « culture » par définition. Mais,  en ce sens, la culture  comporte également des degrés ; toutefois, l’approfondissement de la culture  dite « générale » n’est  pas  d’ordre quantitatif : « Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine »  (Rabelais). Un homme « cultivé » (une tête bien faite !) est   capable de juger par lui-même,  par exemple de ce qui est beau. Cela signifie que grâce à son éducation il est en mesure  de dépasser les préjugés de sa « culture »,  c’est-à-dire d’une vision du monde close, autrement dit inaccessible à un étranger. Plus un homme est vraiment cultivé,  plus il est tolérant, c’est-à-dire ouvert à  toute autre culture : «  Rien de ce qui est humain ne m’est étranger » (Térence)

 

Sujets de dissertation : La culture rend-elle libre ? Une culture peut-elle être porteuse de valeurs universelles ? Puis-je juger la culture à laquelle j’appartiens ?

 Liens : texte de Rousseau : la perfectibilité, la culture, et le goût doit-il être éduqué ? et de Lévi-Strauss : nature et culture

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Publié le 20 septembre 2009 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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Fiches de révision philosophie bac 2010 par Laurence Hansen-Love

 

 

 Voici quelques-uns des fiches de révision que j’ai rédigées cette année pour le site l’Etudiant (notions qui tombent le plus souvent au bac)

L’Etat

La conscience

L’inconscient

Le désir

La culture

L’art

La démonstration 

La liberté

L’histoire

La vérité

La religion


Publié le 14 juin 2009 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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Bac 2009 : réviser la philo

Pour les candidats pressés : voyez mes fiches sur le site de l’Etudiant (fiches révisions, boite à docs). Il ne s’agit que d’aide-mémoire!

 
 Mais pour obtenir une bonne note , il faut faire un petit effort supplémentaire: lisez mes dix leçons de philo…ici http://lewebpedagogique.com/boutique/2009/05/11/dix-lecons-de-philo/


Publié le 24 mai 2009 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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Fiche matière et esprit

Matière ( etym : latin materia « matière » de « mater », « la mère »,  « la source ») 1) Sens courant : substance ou réalité constituant le fondement de l’ensemble du monde sensible.    2) Logique : par opposition à la forme (d’un raisonnement) signification ou contenu des propositions et des termes de l’énoncé 3) Sciences  physiques et cognitives : ensemble des éléments constitutifs de toute réalité observable ( atomes, molécules, neurones, circuits électriques etc…) 4) Philosophie :  a) pour la philosophie matérialiste dont les premiers représentants furent  (Démocrite 360-480 av JC) et Epicure (341-270)        réalité constituée d’atomes insécables, homogènes, en mouvement dans le vide, et qui forment par agrégation les corps d’une nature éternelle et infinie  b) Chez Aristote, la matière toujours moulée dans une forme dont elle n’est séparable que par abstraction, est l’un des principes constitutifs de toute substance singulière sensible.   Elle est  une sorte de virtualité, une puissance qui ne s’actualise qu’en empruntant un aspect  déterminé c) A partir de Galilée et Descartes : la matière est homogène et mathématisable.  Pour Descartes elle est une substance dont l’essence est l’étendue géométrique. Le monde matériel doit s’exprimer en termes de configurations spatiales et de mouvements pouvant trouver leur traduction algébrique d) Physique contemporaine :  la réalité matérielle perd son caractère concret car ses constituants  (particules élémentaires, ondes électriques, champs électro-magnétiques  etc..) sont de moins en moins palpables   hors de tout dispositif expérimental e) Sciences cognitives : ensemble des phénomènes ou  des processus accessibles à l’observation ou inférés à partir de l’observation. La science, par définition, nomme matière ce qui est observable et dont la réalité peut être établie de façon objective et certaine.  La question de la nature métaphysique ou ontologique  d’une telle  réalité, en revanche,  n’est pas de son ressort. (voir matière et forme, p 00, chapitre Réflexion sur les fondements  de la morale)

Esprit :  (Etym : latin spiritus , « souffle » , « vent » « esprit »)  1) Sens ordinaire :  principe de la vie psychique  propre aux êtres humains; synonyme de âme,  et fondement de la pensée  2) Théologie : force spirituelle  et vivifiante, éventuellement d’origine divine,  qui s’oppose à la chair et qui témoigne de la vocation surnaturelle, ou transcendante,  de l’homme 3) Philosophie :  a) Sens large : réalité opposée à la matière qui permet de rendre compte de phénomènes inexplicables par celle-ci b) Chez l’homme : principe de la pensée et de la raison par opposition aux sentiments, aux émotions et  aux affects qui sont enracinés dans l’organique    c) Dans la philosophie de  Hegel : principe impersonnel qui gouverne l’histoire (voir p 00)    d) Pour la philosophie matérialiste en général : entité imaginaire que  l’approche scientifique peut laisser de côté. L’esprit n’est qu’un mot  désignant  un ensemble de fonctions et d’aptitudes dérivées de systèmes matériels particulièrement  complexes  e) Philosophie analytique et positivisme logique : entité ou réalité problématique dont il est préférable, dans la mesure du possible, de faire l’économie ;  les « états mentaux » ne renvoient pas nécessairement  à  l’existence d’un « esprit » conçu comme une réalité indépendante se suffisant à elle-même (une « substance »).   Cette approche matérialiste, behavioriste (qui se fonde sur la seule observation des comportements) et « positiviste »   constitue le contre-pied  de  la position dualiste cartésienne.

 

Dualisme : doctrine philosophique  et thèse  métaphysique, dont Descartes est le représentant le plus notoire, selon laquelle tout ce qui existe se répartit suivant  deux catégories : la matière et   l’esprit. La matière est une substance dont l’attribut principal est l’étendue, l’esprit est une substance dont l’attribut principal est la conscience. L’homme réunit les deux substances (le corps et         l’ âme) tandis que les animaux ne sont constitués que d’éléments matériels car ils sont dépourvus d’intelligence (ou d’âme).

Cosmologie finaliste : cosmologie (du grec cosmos, monde, univers et logos, discours, raison) : discours global et rationnel concernant l’origine et la structure de l’univers. Une cosmologie finaliste comme celle d’Aristote est une doctrine qui pose que l’univers est un gigantesque organisme vivant dont l’organisation générale est commandée par la fin (le bon fonctionnement, stable et harmonieux) du tout. Tout ce qui existe dans l’univers a une place et une fonction définie, subordonnée à l’intérêt (fin, finalité) de l’ensemble.

 

 


Publié le 19 janvier 2009 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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Théorie et expérience

FICHE Théorie et expérience

 

Théorie : (etym : grec theôria, observation, contemplation) 1) Sens ordinaire : ensemble de représentations et de propositions  organisées méthodiquement ; construction intellectuelle portant sur un domaine particulier 2) Philosophie a) Epistémologie : ensemble de connaissances formant système sur un sujet ou dans un domaine donné. Dans les sciences de la nature : synthèse englobant et coiffant un ensemble de lois particulières de la nature (exemple : la théorie de  la relativité).  Dans le domaine scientifique, les théories, qui ne concernent jamais qu’un secteur limité de l’être, restent provisoires et toujours susceptibles d’être falsifiées (voir chapitre N’y a-t-il de vrai que le vérifiable ?) b) Philosophie générale : Ensemble de propositions et de thèses formant un système dans un domaine donné (exemple : la théorie des Idées de Platon). Une théorie, dans le sens strict de ce terme,  s’oppose à une doctrine ou à un catalogue d’opinions, car elle se forme et se transforme au contact du réel. Cependant certains systèmes d’idées qui sont « théoriques »  dans un sens large semblent peu concernés par les démentis de l’expérience. Ce sont les idéologies.

Expérience : (etym : latin experiantia, essai, épreuve de experiri, faire l’essai de, éprouver   1) Sens ordinaire : exercice de nos facultés au contact du réel ; pratique que l’on a eu de quelque chose en tant qu’elle constitue un enseignement 2) Philosophie : approche immédiate du réel soit par l’intuition sensible (expérience externe) soit par l’intuition psychologique. La question de l’expérience oppose les empiristes (Hume, Locke, Russell) qui estiment qui estiment que toutes nos connaissances proviennent de l’expérience et les rationalistes ( Descartes, Berkeley, Malebranche, Kant) qui estiment que toutes  nos connaissances ne dérivent pas de l’expérience. Pour Kant,  l’expérience fournit la matière de la connaissance, mais les formes en sont a priori (espace et temps, et catégories de l’entendement). 3) Epistémologie : l’expérience doit être préparée et élaborée conformément à une hypothèse ou une théorie préalable.   L’expérience scientifique  implique  un ensemble de  procédures et de dispositifs qui permettent soir de valider soit d’infirmer de manière  décisive et non équivoque une hypothèse (voir expérience cruciale p 00)

 

Jugement : Etym : latin judicare, « dire le droit », « porter un jugement ». 1) Sens ordinaire : a) Sens juridique : action de juger à l’occasion d’un action de justice, résultat de cet acte : sentence, verdict, arrêt etc.. b) Affirmation, prise de position, acte de décision intellectuel 2) Philosophie : faculté de percevoir des rapports entre les choses et les idées qui est au  fondement de la pensée. 3) Chez Kant : capacité d’identifier et de cataloguer les choses qui permet de « subsumer » (soumettre) le particulier sous le général. Il faut distinguer le jugement déterminant qui se détermine à partir d’une règle déjà connue (un concept, une loi) et le jugement réfléchissant qui ignore la loi au moment où il se prononce mais la découvre à l’occasion du cas particulier. Le jugement scientifique est déterminant, le jugement esthétique est réfléchissant.

 

 

 


Publié le 3 janvier 2009 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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Le travail, la technique

                               

 Travail : (etym : latin tripalium, instrument de torture formé de trois échalas (tripalis) de palus, poteau. Puis dispositif formé de trois pieux servant au maréchal-ferrant pour garrotter un animal, un cheval ou un âne). 1) Dans la Bible : malédiction de l’homme voulue par Dieu comme une sanction de son pêché (« Maudit soit le sol à cause de toi ! A force de travail, tu en tireras ta subsistance tous les jours de ta vie » Genèse, 3, 17)   2) Sens usuel : activité de l’homme,  consciente et volontaire,  orientée vers la production d’un résultat socialement utile. Il ne faut pas confondre travail et emploi, car une activité bénévole ou improductive peut être considérée comme un travail à certaines conditions.

 Le travail comporte toujours une part importante de contraintes, de charges ou obligations indésirables, pénibles ou  même aliénantes. Pour la plupart des hommes, le travail est une nécessité vitale. Il ne faut donc pas confondre travail et activité créatrice, travail  et œuvre. Selon Hannah Arendt, le travail est « consentement à la nature », car il enferme l’homme dans le cycle de la production et de la consommation, tandis que l’œuvre témoigne de notre liberté. Les œuvres sont en effet  des constructions symboliques qui portent toujours la marque de la conscience et de l’humanité : c’est en ce sens qu’elles nous délivrent de l’empire de la nécessité.

 Principe de plaisir/ principe de réalité (selon Freud) : le principe de plaisir est le principe qui gouverne entièrement notre vie psychique dans les premiers jours ou semaines de notre existence. On appelle « plaisir » l’apaisement de nos besoins ou de nos désirs en tant que cet apaisement se manifeste par une chute ou une réduction de toute forme de tension.  Au début de notre vie, nous ignorons tout autre objectif que le plaisir, et nous voulons atteindre celui-ci sans délai.   Dans un second temps, et pour l’ensemble de notre existence ultérieure, nous admettons l’existence d’obstacles, et nous acceptons de différer la satisfaction de nos pulsions. Le « principe de réalité » -qui nous amène à ajourner notre plaisir -lequel reste toutefois  notre objectif- gouverne le système conscient/préconscient, tandis que le « principe de plaisir » continue de régir notre vie  inconsciente.

 

Technique (etym grec technikos, de technè, art, technique) 1 ) Sens usuel : ensemble de procédés inventés et mis en œuvre par l’homme en vue de produire un certain nombre de résultats jugés utiles . Aujourd’hui le mot technique désigne plus spécifiquement l’ensemble des « techno-sciences » c’est-à-dire des techniques complexes qui constituent le prolongement des sciences modernes, telles que les biotechnologies par exemple. 2) Chez Heidegger : la technique est porteuse d’une ontologie, d’une vision du monde   mégalomaniaque et effrayante. L’essence  de la technique est en effet « l’arraisonnement de la nature », c’est-à-dire la  mise à la raison (soumission, encadrement et même destruction) de  l’univers  matériel dans son ensemble  et du sol en  particulier. Les performances actuelles de la  technique sont   l’aboutissement d’un projet de main-mise sur la nature qui définit la métaphysique des temps modernes dans son ensemble (cf  : cartésianisme, fiche le sujet). Or ce projet, brutal  et démesuré, constitue une menace redoutable pour l’humanité à venir cf les îles vouées à disparaître du fait du réchauffement de la planète).

 

 

 


Publié le 16 novembre 2008 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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