La philosophie au bac
Par Laurence Hansen-Love

L’art

 

 

 

Art : (etym : ars, artis, talent, savoir-faire,   traduction du grec technè,  technique, savoir-faire) 1) Sens  premier : ensemble de techniques ou  de procédés visant un résultat pratique, en particulier dans le cadre d’un métier 2) Sens usuel : Activité ayant en général pour fin de produire de belles apparences, ou bien comportant sa fin en elle-même  comme la danse par exemple 3) Système des beaux-arts comprenant les  arts plastiques ( architecture, sculpture, peinture) et les arts musicaux (musique, danse, poésie) 4) Chez Aristote :  Création de formes et manifestation de liberté de  l’homme qui intervient dans le cours de la nature dans  la mesure où celui-ci laisse une place  à la contingence au hasard 5) Selon Kant :  Activité autonome   visant  la création de formes et d’œuvres  d’autant plus belles (suscitant un plaisir esthétique) qu’elles ne sont subordonnées à aucune fin préétablie.  L’artiste de génie « donne des règles à l’art » contrairement à l’artiste académique qui s’inscrit dans un cadre préexistant. 6) Selon Hegel : Manifestation sensible de l’Idée, l’art désigne un mode d’expression de l’absolu  qui  révèle la vérité mais  à travers les apparences (« l’apparence est un  moment essentiel de l’essence »). En tant que forme éminente de la conscience, l’art est destiné à disparaître pour être remplacée par la religion et la philosophie. 7) Pour la sociologie contemporaine, l’art recouvre toutes les activités reconnues (cf « art vivant ») et approuvées par des institutions qualifiées, et (ou) qui suscitent un large consensus social.
Esthétique :  (etym : aisthétikos, qui peut être perçu par les sens) Terme inventé  vers 1750 pour désigner une « science des sentiments », puis une « science du beau »  Substantif 1) Sens usuel : théorie de l’art et des conditions du beau 2) Chez Kant : qui concerne le beau sensible. Les jugements esthétiques sont soit empiriques soit purs.  Les premiers expriment ce qui , dans une représentation, d’agréable ou de désagréable. Seuls les seconds, qui portent sur la forme, et qui ne s’appuient pas sur des concepts,  sont, à proprement parler des jugements de goût : « le beau est ce qui plaît universellement et sans concept » 3) Chez Hegel :  philosophie des beaux-arts qui prend pour objet le « vaste empire du beau », conçu comme « manifestation de l’esprit sous une forme sensible ».
Adjectif : désigne tout ce qui suscite un sentiment mélangé de plaisir et d’admiration, sentiment généralement rapporté au beau, mais pas toujours.  L’art contemporain se définit par  la recherche d’une écriture,  par l’émergence d’un style et  d’une vision,  ou même  par l’invention d’un geste  ou d’un dispositif  original, et non plus par le souci de  célébrer et de magnifier la nature ou de dévoiler la spiritualité inhérente aux productions des hommes.

Œuvre :  (etym : latin opus, « activité », « œuvre ») 1) Sens ordinaire : activité ou produit du travail humain 2) Esthétique : ensemble organisé de matériaux et de symboles mis en formes par un ou plusieurs artistes, artisans et exécutants (ex : les cathédrales) 3) Chez Hegel : les œuvres sont des manifestations sensibles de l’Idée, c’est-à-dire du « divin » au sens philosophique de ce terme.  Les œuvres  d’art expriment  un contenu spirituel, mais ce contenu n’est jamais dissociable de la forme sensible qui le manifeste 4) Chez Hannah Arendt :  l’œuvre est opposée à la production ordinaire.  Tandis que le travail nous soumet, en règle générale,  à l’empire de la nécessité (nous travaillons pour consommer le produit de notre travail) l’activité artistique nous en  libère en nous arrachant au cycle ininterrompu de la production/consommation.  Les œuvres ne sont pas consommées ; elles existent pour durer, comme en témoigne leur longévité.
Formes symboliques (Etym :  latin : forma, « forme » et  grec   sumbolon,  objet coupé en deux qui servait de signe de reconnaissance). Notion courante dans le domaine  esthétique, qui a été  théorisée plus particulièrement par le  philosophe allemand Ernst  Cassirer  (La philosophie des formes symboliques 1923-1929). Chez Paul Ricoeur et Ernst Cassirer, les formes symboliques sont l’ensemble des productions signifiantes, des institutions et des œuvres ( langage, mythes, récits historiques,cérémonies, dispositifs religieux, œuvres d’art…) qui structurent  le monde et lui donnent une (ou des) significations déterminées. Ces formations « font partie d’un processus vivant » mais la conscience fixe dans ces processus certains points d’arrêt et de repos : « ainsi la conscience préserve en eux le flux perpétuel qui les caractérise ; mais ce flux ne se perd pas dans l’indéterminé, il s’articule autour de certains centres formels et sémantiques » (La philosophie des formes symboliques 1 Le  langage, introduction)

 

 


Publié le 11 novembre 2008 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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Le langage

Communication : (etym : communicatio, action de faire part, de communicare, mettre en commun, communiquer) 1) Sens  ordinaire : tout forme d’échanges de signes  et  tout dispositif permettant de faire circuler des mobiles ou des particules (les autoroutes, les fils électriques constituent des  réseaux de communication) ou tout autre réalité  transférable. En un sens plus restreint : processus par lequel une information est transmise d’un émetteur à un récepteur 2) Linguistique :  la  communication implique un code indépendant de ceux qui l’utilisent et qui leur préexiste.  Dans le cas des animaux, ce code possédé instinctivement est un système de signaux.  Dans le cas de l’homme, la langue est un système conventionnel qui peut prendre une forme  intersubjective (communication directe), médiatisée (transmise par des dispositifs  artificiels) ou institutionnalisée (langues et pratiques symboliques  grammaticalement ou politiquement « correctes »).  Les signaux des animaux sont fixes,  étroitement fonctionnels  et univoques contrairement aux signes linguistiques, qui sont  mobiles et ambigus.  Un système de communication constitué d’un nombre limité de signaux  comme ceux qu’utilisent tous les animaux  n’est donc absolument pas un langage.

Langage : (etym : lingua : organe de la parole, langue comme parole et langage) 1) Sens ordinaire : tout système de signes permettant la communication ; en un sens plus strict : faculté de parler  propre à  l’homme  lui permettant de communiquer et d’exprimer des pensées  2) Linguistique : faculté de constituer une langue c’est-à-dire un système de signes discontinus correspondant à des idées distinctes, dont  le langage parlé est une possibilité parmi d’autres. Le langage humain comporte une double articulation (division en unités à deux degrés) ce qui le distingue de tout autre mode de communication  3) Philosophie  et anthropologie : le langage humain est un des « propres » de l’homme les plus caractéristiques.  En tant que fonction, l’aptitude au langage est universelle. Mais les langues, produits  contingents du langage, témoignent toutes de manière diversifiée  des aptitudes culturelles et des capacités intellectuelles communes à tous les êtres humains. Les langues sont ses systèmes institués   de signes ou de symboles, verbaux ou écrits,  procédant de conventions et utilisés intentionnellement par des sujets souhaitant exprimer  des désirs et des pensées  singulières. Le langage humain est fondamentalement un dialogue –il inclut la relation potentielle avec un interlocuteur- et un métalangage, c’est-à-dire un langage à propos non pas du réel mais  de l’univers symbolique que le langage instaure. Le langage est donc une institution universelle qui témoigne de l’intelligence et de la sociabilité propre au genre humain. Il ne se réduit en aucun cas à un système de communication et il est toujours  fluctuant et créatif, contrairement aux systèmes de signaux des animaux.

Signes :  (etym : latin signum, « marque », « signe », « empreinte » )    1) Sens ordinaire :  tout élément matériel, vocal, graphique etc… permettant d’évoquer ou de deviner une autre chose à laquelle il renvoie ou qu’il représente 2) Linguistique : il convient de distinguer les signes  naturels ( la fumée,  le cri animal) les signes intentionnels manifestant une volonté de communiquer (mimique, geste, langage) et les signes conventionnels propres à la communication humaine.   Parmi ceux-ci le signe linguistique présente la particularité d’être discret (les signes se détachent les uns des autres) et mobiles (ils changent de sens selon les contextes, comme en témoigne l’usage métaphorique des mots et des symboles). Les symboles sont des signes qui présentent une certaine analogie avec ce qu’ils représentent (exemple : les symboles du guide Michelin) .

 


Publié le 10 novembre 2008 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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L’existence

                                                                    Essence/existence :   Essence  (etym, latin esse, être) : par opposition à « accident », ce qui fait qu’une chose est ce qu’elle est, ce qui en constitue le fond permanent, par opposition aux modifications momentanées et superficielles (« accidents »). Essence humaine : ce qui constitue la nature constante et permanente de tous les êtres humains, et ceci dès la naissance, selon les philosophes dits « essentialistes » (Descartes, Spinoza, Leibniz). Existence : (etym : latin ex-sistentia, de ex, dehors, et sistere, se tenir) 1) Sens usuel : le fait d’être , c’est-à-dire de se déployer dans le temps 2) Chez Heidegger : l’ex-sistence est l’essence (le caractère propre) du Dasein, c’est-à-dire de l’être humain. 3) Chez Sartre : l’existence est toute l’essence de l’homme ; l’homme n’a pas de « nature » préalablement à son surgissement dans le monde, « l’homme n’est rien d’autre que son projet, il n’existe que dans la mesure où il se réalise, il n’est donc rien d ‘autre que l’ensemble de ses actes, rien d’autre que sa vie » (L’existentialisme est un humanisme)

Etre :  (etym latin esse, être) 1) Verbe : exprime le fait d’exister, ou bien l’essence (nature, identité de quelque chose) ou encore l’appartenance à une catégorie, à une espèce 2) Substantif : tout ce qui est, ou existe. L’être renvoie donc à la fois aux réalités en devenir, mais aussi aux essences ou aux idées qui « sont »  quoique d’une manière abstraite 3) Chez Aristote : terme indéfinissable du fait de sa généralité même, il peut se dire de tout : « l’Etre lui-même n’est pas un genre » (Aristote).

Etre-au-monde : phénoménologie : c’est l’homme en tant que son existence et celle des choses ne peuvent être dissociées. L’homme est plongé dans le monde qui est la « structure de sens » de tous ses actes et de toutes ses pensées.

Etre-pour-la-mort : Chez Heidegger : caractère de l’homme qui sait que son existence est « pour la mort » c’est-à-dire orientée vers cette fin. En un sens plus positif, être pour la mort, c’est assumer notre condition d’être mortel, l’accepter et agir en conséquence.

  Existentialisme : 1) Sens large : se dit de toute philosophie qui place l’existence humaine au centre de ses réflexions (Kierkegaard, Karl Jaspers..). 2) Sens plus restreint: désigne des philosophies  athées (Heidegger, Sartre, Merleau-Ponty..), qui, à l’encontre de la philosophie cartésienne, affirment que l’homme est dépourvu d’ « essence ». Nous sommes, selon ces philosophes, « jetés » dans le monde, à la naissance, sans soutien, sans référence, sans certitudes acquises (c’est la « déréliction ») : l’homme ne peut que poser librement les valeurs, puis assumer des choix qui sont sans garantie. Selon Sartre, « l’existence précède l’essence », l’homme existe d’abord, il se définit après : « c’est en se jetant dans le monde, en y souffrant, en y luttant, qu’il se définit peu à peu, et la définition demeure toujours ouverte » ( L’existentialisme est un humanisme, 1946)

 


Publié le 5 novembre 2008 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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Le désir

                                                 

 

 Lorsque vous devez traiter un sujet ayant trait au « désir », il est capital que vous sachiez distinguer le désir et le besoin, le désir et la volonté, le désir et les passions. Le langage courant les confond souvent. Les philosophes les  distinguent  soigneusement :                                               

Désir :   (etym :  desiderium, de desiderare, « aspirer à », « désirer »)

Prise de conscience  d’une tendance  orientée vers un objet connu ou imaginé.  Cette inclination, ce penchant  qui est propre à l’homme,  enveloppe toujours l’imaginaire. C’est la raison pour laquelle le désir  est en général accompagné d’un sentiment de privation, de manque, de peine. Nous avons du mal à assouvir nos désirs, car nous ne savons pas très bien ce que nous désirons, et les objets convoités, lorsqu’ils sont accessibles, ont  plutôt tendance à nous décevoir.  Pour Spinoza le désir tend à se confondre avec la vie. Il nomme conatus (du latin, effort, tendance, poussée vers) cet « effort pour persévérer dans son être » qui définit l’essence de toute chose, et que s’appelle  le désir, lorsque, comme c’est le cas  chez l’homme, il est accompagné de conscience.

Il ne faut pas confondre le désir avec le besoin. Le besoin  est vital, aisé à combler, tandis que le désir  ne porte pas toujours sur des objets accessibles. La volonté est considérée en général comme une prise en charge par le « moi », réfléchie et délibérée, de nos désirs les plus profonds. La volonté est une puissance d’affirmation tandis que le désir se dissipe et s’épuise souvent dans la rêverie ou le simple fantasme.

Passion :  (etym : patior, pati, « souffrir », « pâtir ») Sens ordinaire a) Vive inclination pour une personne, un objet ou un idéal auquel on va consacrer toute son attention et toute son énergie, aux dépens de toute autre considération b) Etats affectifs d’une puissance telle qu’il envahit toute la vie mentale. Les passions se distribuent en sentiments positifs (affection, amour etc..) et négatifs : haine, ressentiment etc… 2) Philosophie : a) sens ancien : états affectifs qui sont « excités dans l’âme sans le secours de la volonté » (Descartes).  Pour les philosophes rationalistes, les passions sont dangereuses, à la manière d’une maladie de l’âme d’autant plus pernicieuse que le malade ne veut pas être guéri b) Spinoza  distingue les « passions joyeuses » et les « passions tristes ». Ces dernières, telles que la haine, la crainte, la honte, la pitié, qui sont par nature mauvaises, parce qu’elles  qui diminuent notre « puissance d’agir »  et tendent, en outre  à rendre les hommes ombrageux et inconséquents. Les passions joyeuses au contraire rapprochent les hommes. Elles ne sont dangereuses que dans leurs excès. Sens moderne : pour les romantiques, à partir de Rousseau, la passion est une structure durable de la conscience qui peut se sublimer en sentiment, en vertu. c) Chez Hegel, les passions ne sont pas les ennemies de la raison mais plutôt un matériau que l’Esprit utilise à des fins rationnelles : « ainsi nous devons dire, écrit-il, que rien de grand dans le monde ne s’est accompli sans passion » (La raison dans l’histoire)

 

 

 

 

 


Publié le 4 novembre 2008 par hansenlove dans Fiches de révision
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La perception

Perception : (etym :  latin perceptio, action de recueillir, récolte, de percipere, se saisir de, recueillir, littéralement, prendre à travers) 1)  Sens ordinaire : Action de percevoir c’est-à-dire de réunir des sensations et de  produire des images mentales correspondantes 2) Philosophie : la perception est le mode le plus immédiat de représentation du monde. Pourtant,  le monde ne nous est pas « donné »  comme une collection de sensations qui s’imprimeraient dans notre esprit à la manière  de l’encre  répandue sur une feuille de papier par exemple. En ce qui concerne la perception humaine, on doit  admettre  qu’elle implique une activité mentale d’ordre synthétique opérée par la conscience.  Pour la philosophie idéaliste (Platon, Descartes)  la perception est une source insurmontable  d’erreurs ou, au minimum, d’approximations car notre corps ne nous fournit que des informations floues et disparates et le jugement qui en procède peut toujours être  défaillant. Les empiristes insistent au contraire sur le fait que toute notre connaissance s’enracine dans nos sens et qu’il n’y a pas de savoir  sans représentation physique et intuitive  du monde.   La question de la perception animale  a opposé par ailleurs   Descartes et Leibniz : pour le premier les animaux sont dépourvus de toute appréhension  mentale de leur environnement tandis que le second estime que l’homme et l’animal ont en partage  la perception   (les « petites perceptions » inconscientes leur sont communes) tandis que la conscience les sépare. Aujourd’hui les neurologues et les philosophes rejettent globalement la position cartésienne, tout en reconnaissant à quelques exceptions près que l’intentionnalité est la condition de possibilité d’une forme significative de représentation ; les animaux perçoivent le monde évidemment  mais il est très difficile de savoir s’ils en forment une sorte d’image mentale structurée  ou de vision globale comparable à celle  à laquelle un homme normal peut  prétendre : « Le fait même d’avoir une représentation –donc des états intentionnels- n’est possible que sur un arrière plan conférant aux représentations la propriété d’être représentation de quelque chose » (John Searle  L’intentionnalité) . Voir aussi le chapitre : La force des illusions.

Intentionnalité : terme emprunté par Husserl au psychologue Franz Brentano  qui désigne une caractéristique essentielle de la conscience : « Le mot intentionnalité ne signifie rien d’autre que cette particularité foncière et générale qu’a la conscience d’être conscience de quelque chose » (Husserl) Notre pensée est toujours orientée vers quelque chose : elle témoigne donc de mon insertion dans le monde. Nos  états mentaux ne sont jamais de simples reflets du réel, mais expriment toujours une orientation et une interprétation sans lesquelles  nos représentations seraient dénuées de toute signification.

 


Publié le 28 octobre 2008 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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Fiche justice

Justice commutative : Chez Aristote : justice qui attribue qui chacun ce qui lui est dû suivant un strict principe d’équivalence.  C’est la justice qui prévaut dans les échanges commerciaux et dans les litiges  (justice pénale)Justice distributive :  Chez Aristote, justice qui  obéit à un principe inégalitaire, puisqu’elle distribue à chacun des avantages et des responsabilités variables suivant les talents, les compétences etc.. On ne doit pas, dit Aristote, attribuer la meilleure flûte  à l’étudiant le plus appliqué, mais au meilleur musicien.Equité :  (etym :  aequitas , « égalité d’âme », « honnêteté », « esprit de justice ») 1) Chez Aristote : esprit de justice, souci de respecter l’esprit de la loi plutôt que sa lettre, au point d epouvoir parfois prendre une décision contre la loi : « corriger la loi, dans la mesure où celle-ci se montre insuffisante en vertu de son caractère général » 2) Selon John Rawls : principe  de justice souple  qui vise le bien commun, mais qui ne peut être figé ;  on admettra que les meilleurs dispositifs  ne peuvent être fixés  une fois pour toutes. Au contraire une distribution  équitable des bénéfices du marché, des charges et des avantages sociaux, doit  admettre  des  redéfinitions et des remaniements constants en fonction de l’évolution des inégalités et des moyens  appropriés  de  rendre  celles-ci profitables à tous, autant que faire se peut.Egalité : (etym : latin aequalitas, de aequare, « aplanir », « rendre égal à »). 1) mathématiques : qualité de grandeurs équivalentes c’est-à-dire substituables les unes aux autres.  2) Egalité civile et juridique : principe selon lequel les individus sont égaux devant la loi, c’est-à-dire ont les mêmes obligations et les mêmes droits 3) Egalité politique : principe selon lequel  tous les citoyens , dans une société donnée , peuvent participer  aux décisions d’ordre général ainsi qu’au débat public.Egalité formelle : égalité des hommes en tant qu’elle est établie et garantie par la loi. L’égalité formelle est une égalité théorique, une égalité sur le papiers. « Formelle » peut être compris de façon péjorative : abstraite ou même fictiveEtat de droit : Conception moderne et juridique de l’Etat qui le définit par la capacité de s’autolimiter, afin d’empêcher toute dérive tyrannique ou despotique. Un  Etat de droit est un Etat à la fois républicain (voir la définition  de la république p 00) et démocratique, c’est-à-dire dont peuple est  tenu pour souverain. Les fondements théoriques de l’Etat de droit se trouvent chez les théoriciens du Contrat social (en particulier  Locke et Rousseau). Dans un Etat de droit, les droits fondamentaux des hommes sont garantis par la loi (la Constitution), à tel point  que l’homme a des droits qu’il peut revendiquer contre l’Etat, et faire valoir auprès de l’Etat  (voir le chapitre : Pour limiter le pouvoir de l’Etat, peut-on s’en remettre à l’Etat)

 


Publié le 10 juin 2008 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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Le bonheur

Boubat
 
 Bonheur : (etym latin bonum augurium, « bonne chance », « bonne fortune »)       1) Sens ordinaire : Etat de satisfaction stable et complète, par opposition un plaisir, irrégulier et inconstant. 2) Philosophie : a) Chez les anciens en général : état de bien être et de plénitude qui constitue la fin, ou l’une des fins,  de l’action morale. La doctrine « eudémoniste » associe la vertu et le « Souverain Bien », c’est-à-dire le bonheur obtenu par la voie de la sagesse b) Chez Aristote : le bonheur est lié à la réussite de l’activité, et l’activité la plus humaine étant l’intelligence, c’est elle qui est à même de nous procurer le bonheur suprême c) Chez Epicure : le bonheur du sage, qui est à réaliser en ce monde, consiste en un savant dosage des plaisirs, parmi lesquels ceux de l’esprit sont toujours à privilégier d) Chez les stoïciens et Descartes : le bonheur est l’accord entre nos désirs et l’ordre du monde. Etant donné que l’ordre du monde ne dépend pas de notre volonté, il faut essayer,  autant que possible, d’y adapter  conformer nos désirs e) Chez Kant : l’existence des hommes n’est pas orientée vers le bonheur comme vers un but suprême, même si tous les hommes aspirent naturellement au bonheur. En tant que satisfaction complète et permanente de toutes nos inclinations, le bonheur reste un « idéal de l’imagination » c’est-à-dire un objectif non seulement irréalisable mais même insensé (il est  inconcevable de satisfaire toutes nos inclinations à la fois et en même temps !).  Tout homme peut donc saisir  le bonheur comme une chance, un hasard inattendu, mais c’est une erreur de croire que le bonheur pourrait  constituer  un objectif moral : mon bonheur propre ne peut devenir une loi que si j’y inclus celui des autres, or  il ne peut y avoir à cet égard que des règles générales, mais aucune loi universelle.  Tout ceci ne signifie pas, que pour Kant, chacun doive renoncer aux exigences du bonheur, mais seulement que « la morale est la doctrine qui nous enseigne non comment nous devons nous rendre heureux, mais comment nous devons nous rendre digne du bonheur » f) A la suite de Kant, les modernes sont souvent très réservés à l’égard du bonheur (en tant qu’idéal moral), qui leur paraît soit suspect soit hors de portée. Vladimir Jankélévitch lui oppose la « joie » qui est sentiment pur et intense mais, pour cette raison même, éphémère.   Freud pour sa part, aime citer ces vers de Goethe : « Tout dans le monde se laisse supporter/ Sauf une série de beaux jours ». 


Publié le 28 mai 2008 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision,Notions
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Le devoir et le droit (fiche)

ghilnadarjo
Devoir
 : (etym :  latin debere, de de et habere, « tenir quelque chose de quelqu’un, lui en être redevable ») 1) Sens général : obligation sociale ou morale, propre à une fonction déterminée (le devoir de réserve) ou bien d’ordre plus général (le devoir de solidarité) 2) Chez Kant : commandement qui s’impose à la volonté soit de façon conditionnelle (obligation relative à un objectif particulier) soit de façon inconditionnelle. Le devoir proprement dit est le devoir moral inconditionnel  qui s’impose à tout homme et qui vaut pour tout homme. Le devoir  (au sens moral) implique une idée de l’homme tel qu’il soit capable de concevoir une loi qui  puisse  être reconnue et adoptée pour toutes les volontés raisonnables, c’est-à-dire par tous les êtres doués de raison.
 Droit :  (etym latin directus, « droit », ni courbe ni  tordu ; ce qui est conforme à la règle) 1) Sens courant : pouvoir moral d’exiger quelque chose en vertu d’une règle ou d’un principe reconnu. Les droits  procèdent toujours de contrats tacites qui fixent  des obligations correspondant à ces  droits : il n’y a pas de droits sans devoirs réciproques. 2) Sens juridique : ensemble des règles et des normes qui encadrent la vie sociale et qui s’expriment par des lois. Le droit « positif » est le droit en vigueur dans telle ou telle société.  Le « droit public » est celui qui concerne les rapports des citoyens avec le pouvoir. Le « droit international » régit les rapports des nations les unes avec les autres ainsi que les relations entre les sujets de ces nations. 3) Philosophie : le droit « naturel » ou encore « rationnel »  est celui qui est censé résulter de la nature de l’homme  en tant qu’elle préexiste à toute disposition conventionnelle.  Le droit naturel est posé comme supérieur à toute législation positive ; il constitue la référence indispensable pour tout homme qui refuse de se soumettre au droit positif pour des raisons morales (droit de désobéir, incarné par exemple par Antigone ou Socrate).      


Publié le 17 mai 2008 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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La morale (fiche)

Kant
Mœurs/ Morale
: (etym : du latin mores,  » mœurs « , et de moralis, chez Cicéron, qui traduit le grec ethikos, relatif aux mœurs, moral) 1) Sens ordinaire : les mœurs sont les habitudes, les coutumes et les règles d’une société relatives à la bonne conduite et au devoir. La morale est la théorie de l’action humaine en tant qu’elle se préoccupe de ce qui doit être et vise le bien. 2) Chez Kant : les mœurs recouvrent le domaine des conduites inspirées par les désirs et les inclinations, tandis que la morale renvoie à l’action qui relève de la libre volonté. La morale  (dite de Kant) se contente d’expliciter les principes qui sont à l’œuvre dans toute expérience d’ordre moral, autrement dit   liée  à  l’observation d’  impératifs catégoriques.

Sentiment : (etym : sentire,   » percevoir par les sens « ,  » sentir « ,  » ressentir « ). 1) Sens ordinaire : tous les états affectifs de l’homme qui, par opposition aux émotions fugitives, comportent une certaine stabilité, tels que l’amour, la joie, le chagrin, mais aussi les sensations et les plaisirs esthétiques ou moraux 2) Philosophie : en tant que forme supérieure de l’activité affective, le sentiment est  le propre de l’homme. Certains sentiments peuvent même comporter une dimension spirituelle ou morale, comme la bienveillance, la générosité,  le sentiment religieux  etc…3) Chez certains moralistes (Hume, Rousseau), le sentiment  est le véritable fondement de toutes les inclinations morales qui ne sont des formes de sympathie ou d’amour sublimées. Ils s’opposent en cela aux philosophes rationalistes   (Platon, Descartes, Kant) qui considèrent que le devoir procède de la connaissance de la Loi, elle-même instaurée  par la raison.
Vertu :  (etym latin virtus,  » mérite essentiel « ,  » vertu  » ) 1) Sens ordinaire (vieilli) : volonté de bien faire, souci de l’intérêt de l’autre, force morale. 2) Sens ancien : puissance, aptitude ou capacité propre à un être (exemple : la vertu de l’œil est de bien voir). 3) Sens moderne : a) Chez Montesquieu : préférence accordée par le citoyen à l’intérêt du tout (l’Etat) par rapport à la partie ( individu), probité  et amour des lois. La vertu (synonyme de civisme) est le principe  de la République, c’est-à-dire à la fois son esprit et son fondement. b) Chez Rousseau :  préférence accordée à l’intérêt de  l’autre par rapport au sien propre, bienveillance à l’égard du genre humain ; la vertu,  conçue  ici comme un sentiment altruiste,  est  naturellement dérivée de l’amour de soi et de la compassion c) Chez Kant : disposition constante de la volonté qui observe la loi morale dans un esprit totalement désintéressé.
 CHEZ KANT :

Impératif hypothétiques/catégoriques :  L’impératif (etym : imperare,  » commander « ) est un commandement de la raison qui s’adresse à la volonté.  L’impératif hypothétique ordonne ce qui est indispensable pour réaliser n’importe quel objectif. L’impératif catégorique commande de faire son devoir inconditionnellement, c’est-à-dire quels que puissent être les obstacles ou les objections.
Fondement (s)  : (etym : fundare,  » fonder « ) 1) Sens général : ensemble des éléments qui constituent  les principes de base   d’une doctrine ou d’une  théorie philosophique. 2) Chez Kant : c’est la raison qui détermine une chose et précède donc logiquement cette chose. Le fondement de la morale est à chercher dans un examen de la raison par la raison, c’est-à-dire dans ce que Kant appelle la critique de la raison pure pratique.
Autonomie/ hétéronomie (voir p 00 chapitre la liberté )
Nature (sens général :  voir p 00, chapitre Peut-on définir l’homme) : Chez Kant : la nature est  » l’existence des choses en tant que déterminées par des lois universelles « . La science de la nature, chez Kant, ne porte que sur ce qui est objet d’expérience possible, jamais sur les choses en soi.
Loi / loi morale : (etym : latin lex,   » loi « ) 1) Sens scientifique : la loi est une relation constante entre les faits,  ou entre les phénomènes ; elle  ne comporte jamais d’exception 2) Sens juridique : règle obligatoire établie par une autorité souveraine afin d’encadrer et de stabiliser les relations entre les hommes 3)   La loi morale, chez Kant :  elle est le principe de détermination de la volonté qui est valable pour tous les êtres raisonnables. Elle revêt par définition un caractère d’universalité.
Matière/ forme :  (etym :  latin mater,   » mère « ,  » source  » et  latin forma, ensemble des caractéristiques extérieures d’une chose) . Chez Kant : la matière est le contenu, le but ou encore la fin de l’action, c’est-à-dire ce en vue de quoi nous l’accomplissons, comme la réussite ou le plaisir par exemple. La forme consiste exclusivement dans son universalité, c’est-à-dire dans un caractère qui lui est inhérent. De façon générale, les formes sont chez Kant des principes qui ordonnent des matériaux empiriques, qui mettent en ordre les données de l’expérience.

Pratique :  (etym :  grec :  prattein,  » agir « ) . Chez Kant :  la pratique est le domaine de ce qui relève  de la liberté. Ce terme désigne plus précisément le champ des actions humaines en tant qu’elles se soumettent, ou sont susceptibles de se soumettre,  à la loi morale.
 Phénomènes/ choses en soi : Chez Kant : les phénomènes désignent le réel en tant qu’il est connu, c’est-à-dire tel qu’il se manifeste au sujet qui appréhende le réel suivant sa sensibilité et son entendement, tandis que la
chose en soi désigne ce même réel tel qu’il est en lui même.  La chose en soi est inconnaissable, par définition, mais nous pouvons nous efforcer de la penser.
Piétisme : (etym :  latin : pietas,  » piété « )   Doctrine austère  d’ une secte protestante luthérienne (17 ième siècle)  qui prône la métamorphose morale de l’homme en insistant sur la piété personnelle et le sentiment religieux plutôt que sur une stricte orthodoxie.
A priori/ a posteriori : Expressions latines qui signifient respectivement :  » en partant de ce qui vient avant  » et  » en partant de ce qui vient après « , c’est-à-dire  ce qui précède et ce qui suit. Chez Kant,  » avant  » et  » après  » prennent un sens logique. Est a priori ce qui précède logiquement l’expérience, et qui en constitue donc la condition de possiblilité.  Est a posteriori ce qui en découle et ne peut donc être établi autrement qu’à partir d’elle. L’universel et le nécessaire sont les marques de l’ a priori.
 


Publié le 17 mai 2008 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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La liberté (fiche)

esclaves
     
     
     On confond généralement la liberté  avec la capacité de faire tout ce qui nous tient à cœur, sans en être empêché par qui que ce soit ni par quoi que ce soit. Un animal, par exemple, est dit  » libre  » quant il n’est pas entravé dans ses mouvements. Le cas de la liberté humaine, a priori comparable, est cependant bien différent.
     Lorsqu’un animal agit sans rencontrer d’obstacles, il suit son instinct. Il obéit à une loi qui trouve sa source en lui-même, dans sa nature propre. De ce point de vue, on peut estimer qu’il n’est pas vraiment libre, puisqu’il est gouverné par une loi (la loi de la nature) qu’il n’a aucunement choisie.
     La vraie liberté ne concernerait  donc que les êtres humains : il faut disposer d’une volonté, en effet, pour être libre. Mais la réciproque n’est pas vraie : tous les êtres doués de volonté ne sont pas libres, tous les hommes ne sont pas toujours maîtres d’eux-mêmes. Bien souvent, en effet, ils ne font que subir leurs propres désirs. En toute rigueur, un homme n’est libre, sur le plan psychologique, que lorsqu’il prend des décisions un tant soit peu réfléchies. Car c’est la possibilité d’effectuer des choix, voire de renoncer à réaliser nos propres désirs, ou d’en différer la réalisation, qui est le fondement de notre liberté ; en ce sens, la liberté est une possibilité que nous pouvons choisir de ne pas saisir.
    
     Le choix  de la liberté
  
  
     La liberté implique la conscience de soi : n’étant pas conscient de sa  » liberté  » ; l’animal n’est pas vraiment libre. Seul l’homme peut accéder à la liberté ; pour cela, il est amené à la conquérir dans l’ordre qui lui est propre, dans l’ordre de l’humain. Pour reprendre la célèbre analyse de Hegel, la conscience est conduite à s’opposer à une autre conscience qu’elle affronte afin de s’assurer d’elle-même en s’affirmant : car la liberté n’existe pas véritablement (objectivement) tant qu’elle n’est pas reconnue ; cette exigence de reconnaissance prend la forme d’une lutte à mort à l’occasion de laquelle chacun des adversaires démontre que sa liberté a plus de prix, à ses yeux, que sa vie. C’est pourquoi chacun est prêt à mourir plutôt que de céder devant le désir symétrique de son adversaire.
     
     
     Le choix de la liberté peut être périlleux ou même mortel. Ce caractère négatif de la liberté – cet aspect tantôt destructeur, tantôt paralysant – se retrouve dans une situation plus banale dont Descartes a proposé une analyse subtile.
      Descartes souligne en affirme que la «  liberté d’indifférence  » et la «  liberté éclairée «  sont les deux aspects inséparables d’une seule et même liberté.  La liberté est tout d’abord la capacité de choisir, en ce sens elle semble liée à l’indifférence. Mais l’indifférence totale mène à l’inhibition. Il peut alors arriver que l’on fasse ce que l’on ne voudrait pas faire (le mal, ou ce que l’on tient pour tel) pour s’assurer, précisément, de  cette  troublante liberté. La vraie liberté, au contraire,selon Descartes,  ne peut être qu’éclairée. Lorsque je suis certain de savoir ce qui est le bien, je le fais, mais sans hésiter. Je suis alors à la fois libre et raisonnable.
     La liberté morale
    
     Ce balancement de la liberté entre un pôle négatif (le refus de la compromission ou de la résignation impliquées par toute décision) et un pôle positif (le choix volontaire) se retrouve sur le plan moral comme dans le domaine politique. Dans le Gorgias, Socrate oppose la fausse liberté du tyran – qui se croit libre parce qu’il a le pouvoir de soumettre et d’anéantir ses sujets – à la vraie liberté de celui qui est maître de lui-même dans la mesure où il est capable de ne pas succomber à ses propres désirs. De même Kant, à la suite de Rousseau1, montre que la vraie liberté n’est pas l’indépendance (le pouvoir de faire tout ce qui nous plaît) mais autonomie (de autos : le même et nomos, loi) c’est-à-dire la capacité de se donner à soi-même la loi que nous dicte notre propre raison. C’est donc parce qu’il est doué de raison que l’homme est libre. Être libre, ce n’est pas agir indépendamment de toute règle ni contraint ; la liberté sans loi, la liberté capricieuse est une fiction vaine et puérile.
    
     La liberté politique
     Sur le plan politique, la liberté est le produit d’une laborieuse conquête, dont les conditions sociales, économiques et juridiques ont été progressivement mises en place tout au long de notre histoire. Aux sources de notre civilisation, elle fut d’abord un statut – celui du citoyen – opposé à la situation de l’esclave, dépourvu de droits et dépossédé, par là même, de son humanité. Dans la Grèce antique, le citoyen est l’homme libre par excellence qui préside, au même titre que ses égaux, à la destinée de la cité. La liberté est alors à la fois un pouvoir (celui de participer aux décisions politiques et judiciaires) et un ensemble de droits, qui matérialisent et garantissent cette liberté.
     Bien plus tard, la liberté est devenue une qualité inhérente à tous les hommes – au moins théoriquement – et non plus aux seuls citoyens (1. Être homme, c’est être libre, fondamentalement, essentiellement. Un homme – libre donc par définition, par nature – ne peut, ne doit être assujetti à quiconque. Depuis les écrits de La Boétie (Discours de la servitude volontaire , 1548) ou de Rousseau, on sait qu’aucune idéologie ne peut plus justifier ni l’esclavage ni l’oppression économique et politique, quelque forme que l’une ou l’autre puissent prendre. Cependant, parallèlement, le contenu de la liberté a évolué. Le citoyen moderne ne veut plus nécessairement infléchir le destin de la cité d’aujourd’hui : la nation, ou l’État. La sphère de la liberté est désormais plus restreinte. Elle se limite bien souvent au domaine de la vie privée et aux désirs parfois égoïstes qui lui sont associés.
    
     Liberté et responsablité
  
  
     Si la liberté est devenue, dans une certaine mesure, une réalité pour tous ceux qui vivent dans un État de droit , cela ne signifie pas pour autant que les autres dimensions de la liberté passent au second plan, ou peuvent de ce fait demeurer ignorées. Jean-Paul Sartre explique (2 en quel sens la liberté demeure un choix fondamental, qui, en tant que tel ne dérive aucunement d’une situation objective. Bien au contraire, dans la condition la plus désespérante – esclavage, incarcération, soumission à un régime despotique – je peux encore prétendre à la liberté. C’est en ce sens que Sartre a pu dire que  » nous (les Français) n’avions       jamais été aussi libres que sous l’occupation allemande « . Car le choix de la liberté, même s’il comprend le risque de mort, est toujours possible. Toute personne qui est en mesure de répondre de ses actes est libre, y compris dans les situations les plus critiques.

1 Du contrat social, livre 1, chap. 2,
L’existentialisme est un humanisme, Nagel, 1946, p. 36-37.
 


Publié le 17 mai 2008 par LeWebPédagogique dans Fiches de révision
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