La philosophie au bac 2008

Par Laurence Hansen-Love

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Fiche le bonheur

29 mai 2007 · 4 commentaires

bonnard-famille.jpgBonheur : (etym latin bonum augurium, « bonne chance », « bonne fortune ») 1) Sens ordinaire : Etat de satisfaction stable et complète, par opposition un plaisir, irrégulier et inconstant. 2) Philosophie : a) Chez les anciens en général : état de bien être et de plénitude qui constitue la fin, ou l’une des fins de l’action morale. La doctrine « eudémoniste » associe la vertu et le « Souverain Bien », c’est-à-dire le bonheur obtenu par la voie de la sagesse b) Chez Aristote : le bonheur est lié à la réussite de l’activité, et l’activité la plus humaine étant l’intelligence, c’est elle qui est à même de nous procurer le bonheur suprême c) Chez Epicure : le bonheur du sage, qui est à réaliser en ce monde, consiste en un savant dosage des plaisirs, parmi lesquels ceux de l’esprit sont toujours à privilégier d) Chez les stoïciens et Descartes : le bonheur est l’accord entre nos désirs et l’ordre du monde. Etant donné que l’ordre du monde ne dépend pas de notre volonté, il faut essayer, autant que possible,d’y adapter conformer nos désirs e) Chez Kant : l’existence des hommes n’est pas orientée vers le bonheur comme vers un but suprême, même si tous les hommes aspirent naturellement au bonheur. En tant que satisfaction complète et permanente de toutes nos inclinations, le bonheur reste un « idéal de l’imagination » c’est-à-dire un objectif non seulement irréalisable mais même insensé (il est inconcevable de satisfaire toutes nos inclinations à la fois et en même temps !). Tout homme peut donc saisir le bonheur comme une chance, un hasard inattendu, mais c’est une erreur de croire que le bonheur pourrait constituer un objectif moral : mon bonheur propre ne peut devenir une loi que si j’y inclus celui des autres, or il ne peut y avoir à cet égard que des règles générales, mais aucune loi universelle. Tout ceci ne signifie pas, que pour Kant, chacun doive renoncer aux exigences du bonheur, mais seulement que « la morale est la doctrine qui nous enseigne non comment nous devons nous rendre heureux, mais comment nous devons nous rendre digne du bonheur » f) A la suite de Kant, les modernes sont souvent très réservés à l’égard du bonheur (en tant qu’idéal moral), qui leur paraît soit suspect soit hors de portée. Vladimir Jankélévitch lui oppose la « joie » qui est sentiment pur et intense mais, pour cette raison même, éphémère. Freud pour sa part, aime citer ces vers de Goethe : « Tout dans le monde se laisse supporter/ Sauf une série de beaux jours ».

Tags: Fiches de révision

4 réponses à ce jour ↓

  • 1 Tifa // 20 jan 2008 le

    “La satisfaction, le bonheur, comme l’appellent les hommes, n’est au propre et dans son essence rien que de négatif , en elle, rien de positif. ” - Schopenhauer

    –> j’ai du mal à comprendre l’idée de positif et de négatif ici. Pourriez-vous svp l’expliquer ?

  • 2 hansenlove // 20 jan 2008 le

    Oui, Kant dit la même chose
    Cela signifie que l’on sait seulement ce qu’on veut éviter, souffance, maladie, pauvreté..
    Mais qu’on est incapable de savoir ce qu’on veut.
    Exemple évident: pour les études et la carrière. Je ne veux pas faire ni ça ni ça ni ça….
    Mais est-ce que je sais ce que je veux faire? Oui me direz vous.. Etre journaliste par exemple .. mais c’est parce que je ne sais pas vraiment en quoi consistera ce métier (encore du négatif..) et non pas parce que je me représente positivement (positif: qui s’appuie sur des faits) en quoi ça consistera

  • 3 Tifa // 21 jan 2008 le

    d’accord. Le fait de ne pas savoir ce que l’on veut, c’est donc ça “l’idéal de l’imagination” ?

  • 4 hansenlove // 22 jan 2008 le

    “Idéal de l’imagination”:
    idéal s’oppose à idée : on n’a pas d’idée (claire!) du bonheur
    Imagination s’oppose à entendement (aptitude à juger, à définir ce dont on parle..)

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