La méthode de la dissertation de philosophie en terminale
Je prendrai quatre exemples de sujets :
1) Les hommes existent-ils comme existent les choses ?
2) Quel rôle joue l’expérience dans la connaissance humaine ?
3) L’homme est-il le seul être à avoir une histoire ?
4) L’art peut-il être immoral ?
Principe de base :
Il faut élaborer une problématique, puis faire un plan en trois parties. Chaque partie constitue une thèse (et non un thème comme “ l’existence “, par exemple, ni une question comme ” qu’est-ce que l’art ? “, par exemple). Une thèse comporte en général un sujet, un verbe et un complément. Elle constitue une réponse à la question posée, ou à l’une des questions posées en introduction. Par exemple : “ L’expérience est la base de toute connaissance “.
L’introduction, les trois parties et la conclusion sont nettement séparées (trois lignes). Chaque partie énonce explicitement, en conclusion, la réponse donnée dans cette partie à la question posée.
La problématique
Ce n’est pas une question, ni une suite décousue de questions, mais deux ou trois questions articulées entre elles, et déduites de la tension inhérente au sujet. Par exemple, l’antagonisme entre hommes et choses (sujet 2). Ou l’indépendance entre art et moralité (sujet 4). Pour trouver sa problématique, il faut chercher une opposition ou une contradiction inhérente au sujet, puis énoncer cette apparente opposition (d’un côté l’art n’a que faire de la morale, d’un autre côté, il existe des Å“uvres scandaleuses) puis suggérer un éventuel dépassement de cette contradiction (” il faut (ou il ne faut pas) établir des limites, ou des interdits, en art. Mais qui peut faire cela ? ” ). Ou bien (sujet 3) : seul l’homme a une conscience donc une histoire, mais les animaux ont une histoire au sens d’évolution. Comment distinguer histoire et évolution ?
Ce que font les élèves et qu’il ne faut pas faire:
C’est ce que j’appelle les ” stratégies d’évitement ” du sujet. Eviter la question dans son originalité, afin de réciter son cours, par exemple le cours sur l’empirisme et le rationalisme pour le sujet 2. Il ne faut jamais commencer une partie par ” selon tel philosophe ” , ni le devoir par : ” De tous temps, les philosophes ont pensé ” . Pas de citations sans référence, sans explication. Pas de citations hors contexte. Ne aps énoncer une thèse stupide et indéfendable en première partie pour le réfuter ensuite. Toute affirmation doit être pesée, nuancée, réfléchie et justifiée.
L’introduction
 Entrez immédiatement dans le vif du sujet. Pas de baratin, pas d’amorce. Eventuellement énoncer des définitions provisoires des termes du sujet, sans négliger aucun terme (par exemple ” chose ” pour le sujet 1, ou ” moral/immoral ” pour le sujet 4). Puis finir par la problématique. Pas d’introduction segmentée. Toujours un seul paragraphe.
Les différents types de plan
Quand il s’agit d’une question à laquelle on peut répondre par oui ou non, on peut faire thèse, antithèse, synthèse, mais en nuançant d’emblée ( ” certaines Å“uvres d’art peuvent paraître immorales, ont pu paraître telles”) et sans énoncer des opinions tranchées et évidemment absurdes parce que trop générales : ” l’art n’est jamais immoral ” . Pensez qu’une question sur l’art (sujet 4) amène à s’interroger sur les différents types d’Å“uvres, les différentes formes d’art. Les réponses varieront selon les cas (Å“uvres figuratives ou non) ; de même, en ce qui concerne les ” choses ” (sujet 1), il y a toutes sortes de choses (inanimées, animées, culturelles) : les réponses varieront selon les cas.
Si vous ne pouvez pas répondre par oui ou par non (sujets 2 et 3) il faut trouver une contradiction qui vous permette d’énoncer un point de vue en première partie, un point de vue opposé en seconde partie, puis un point de vue différent et plus juste - plus synthétique, plus englobant ou plus radical- en troisième partie. C’est souvent en jouant sur le sens des mots, plus large ou plus restreint (sens du mot ” histoire “, sens du mot ” art “, ou du mot ” expérience “) que vous parviendrez à trouver vos trois thèses et un moteur, une progression pour votre argumantation.
Conclusion
Elle répond à la question posée de façon à la fois claire, nette et pourtant nuancée, en récapitulant les trois parties et en indiquant le chemin parcouru (voilà ce qu’on a découvert et qui ne va pas de soi tant qu’on y a pas réfléchi)
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5 réponses à ce jour ↓
1 Unamuno // 27 avr 2008 le
Bonjour,
nous étudions en ce moment les caractéristiques du roman et, dans le cadre de notre chapitre, le professeur
nous a fourni un sujet de dissertation à rendre dans la semaine.
Le sujet est : “En quoi les faits divers offrent-ils un intérêt pour créer une Å“uvre de fiction comme le roman ?”
J’ai beau chercher, j’ai la nette impression que tout mes arguments se ressemblent ou sont les mêmes…
Pouvez-vous m’aider ?
2 hansenlove // 27 avr 2008 le
C’est une dissert de littérature , pas de philo. Toutefois , comme problématique notez la contradiction entre le fait divers, qui a bien eu lieu, et la fiction, par définition ce qui n’existe pas.
Toutefois , cherchez ce que dit Aristote dans Poétique : la fiction est en même temps ce qui nous permet d’accéder à la réalité (cf oeuvres tragiques). Sinon vous trouverez chez Oscar Wilde (Le déclin du mensonge) et chez Vargas Llosa (La vérité par le mensonge) ou encore “L’art du roman” de Milan Kundera , l’idée que la vérité s’atteint par le mensonge de la fiction..
Si vous n’avez pas le courage ou le temps de lire ces livres, vous devez pouvoir trouver sur Internet des fiches qui les résument
3 sarah // 8 mai 2008 le
bonjour, nous sommes entrain d’étudier l’existence et le temps en ce moment. notre prof nous a donné une dissert : “le présent n’est-il qu’un futur passé?”
j’ai beau essayer d’établir un bon plan pour une fois, mais ca ne marche pas. Tout ce que j’ai réussi à trouver jusqu’à présent c’est 1- l’opposition des concepts (la contradiction) et 2- le temps artificiel, une invention humaine. Mais même avec ca je reste loin de la question. pouvez vous me suggerez des pistes ou des arguments ?
4 benaissa // 15 nov 2008 le
bonjour
mmon professeur de philosophie nous a donné une disserte a faire et c’est “faut-il etre insouciant ” et je doi vous avoué ke je sui toujours a la case depart et g besoin d’aide svp
5 hansenlove // 15 nov 2008 le
Avez-vous un dictionnaire de philo? Le souci est une notion heidegerienne. Si vous pouviez trouver ce que dit Heidegger, ou alors Pascal , pour qui l’homme est un être soucieux par nature.
Sinon demandez vous si le philosophe est plutôt quelqu’un de soucieux ou bien plutôt quelqu’un d’insouciant.. Etre insouciant, est-ce que cela veut dire qu’on n’est pas philosophe?
Demandez vous surtout s’il y a de bons e tde mauvais soucis; pour des philosophes comme les stoïciens, il faut essayer d’éviter les soucis superflus…
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