La philosophie au bac
Par Laurence Hansen-Love

Le désir

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Le désir l'amour Klim

 

Le langage courant confond le désir, le besoin et la volonté. Il faut pourtant bien les distinguer.
 Le besoin relève de la nature ; comme nous, les animaux ont des besoins, qu’ils doivent satisfaire pour vivre. La volonté est un pouvoir positif  de décision qui est en général considéré comme une qualité. Au contraire, le désir est une notion foncièrement contradictoire. Le désir est un aspect de notre condition qui peut être jugé fâcheux. Il est aussi pourtant à la source de notre grandeur.  

Démesure du désir

Le désir –du latin desiderare : regretter l’absence de quelqu’un ou de quelque chose – peut être défini comme une tendance, un effort, vers quelque chose, accompagné ( e)  de la conscience de cette inclination. Il se distingue donc du besoin pour le meilleur et pour le pire. Pour le meilleur, car le désir est une motivation puissante pour toutes les actions et entreprises humaines : « Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion » (Hegel). Et pour le pire, car le désir loin de s’éteindre lorsqu’il atteint son objet, s’aiguise et se reporte sur un autre objet. C’est pourquoi Socrate compare dans le Gorgias l’homme  aux Danaïdes, condamnées à remplir un tonneau percé jusqu’à la fin des temps.

 

Désir et  reconnaissance

 Le désir peut être considéré comme l’essence de l’homme en tant que puissance d’affirmation et de création (Spinoza, Ethique, 3).  Le désir est pourtant  «  négatif » en ce sens  qu’il est  volontiers agressif, voire destructeur, lorsqu’il rencontre des obstacles. L’autre, ou le désir de l’autre,  sera le plus souvent cet obstacle. Dans ce que l’on nomme «  la dialectique du maître et de l’esclave », Hegel explique que tout homme recherche la confirmation de sa valeur en tentant d’imposer son point de vue à  l’autre. Et cette « lutte pour la reconnaissance » peut aller jusqu’au conflit violent. « Toute conscience, écrit-il, poursuit la mort de l’autre ». Le vainqueur est le maître, le vaincu, l’esclave.

 

Positivité du désir ?

 Les anciens ont bien souvent condamné le désir au nom du bonheur «  Quant au désir, pour le moment, renonces-y totalement : car si tu désires l’une des choses qui ne dépendent pas de nous, tu ne seras pas heureux, c’est inévitable » Epictète, Manuel . A la suite de  Descartes et de Spinoza , les modernes ont davantage insisté sur la positivité du désir. Désirer, bien sûr, c’est prendre des risques. Mais si nos passions, qui sont les formes exacerbées de nos désirs, peuvent être dangereuses car elles nous exposent aux frustrations et au chagrin, elles ont en même temps notre force et nous honorent. Que vaudrait la vie sans le désir ? Pour Niezsche,  il ne faut pas renoncer à nos désirs. Il faut tenter de les embellir, de les magnifier, ou encore de les « sublimer ».

 

Sujets de dissertation : Sait-on ce qu’on désire ? Suis-je l’esclave de mes désirs ? Faut-il renoncer à ses désirs pour être libres ?

 Liens :  Autrui Hegel la dialectique du maître et de l’esclave  Rousseau : l’illusion cesse.. Epicure : accomplir tous ses désirs ; Platon le désir amoureux.


Publié le 31 octobre 2009 par hansenlove dans Fiches de révision
Tags :: besoin, bonhuer, désir, sagesse, volonté

“Elire un homme bon” (bonne copie)

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looking-for-eric1Voici un exemple d’explication de texte réussie par l’un de mes élèves (Jeremy Ruellan)

 

Explication de texte

 

 

Cet extrait d’une lettre de Sénèque, philosophe stoïcien du 1  siècle  ( -4 – + 65)ap. J-C,  provient d’un recueil qui en contient 124. Elles s’adressent à son ami et poète Lucilius. Cette correspondance entre Sénèque et Lucilius constitue un véritable manuel philosophique.                                                               Sénèque, dans cet extrait, développe l’idée que chacun de nous doit trouver un guide spirituel qui garantit une vie respectable. Ce texte pourrait être une réponse possible à la question suivante : quelles sont les moyens possibles afin que notre  morale soit en harmonie avec nos actes ? Selon Sénèque, une partie de la réponse se trouverait dans le précepte qu’Epicure a exposé.  Nous étudierons tout d’abord la pensée du philosophe Sénèque puis dans un second temps celle d’Epicure à qui le premier doit beaucoup.

 

Dans le premier paragraphe, Sénèque introduit le thème qu’il développera par la suite en s’appuyant sur le précepte d’Epicure. Selon lui, nous devons choisir un « homme bon »(l.1), cette sélection est faite selon « notre affection »(l.1). En effet, cet élu sera notre référence, à l’image d’une caméra de surveillance comme nous le font penser les verbes « regardait »(l.2) et «voyait»(l.3). Cet personne désignée est comme un témoin oculaire qui serait « toujours sous nos yeux »(l.1) dans le seul but de préserver notre bonheur et d’écarter les points négatifs. Cet homme élu sera notre mentor, une sorte d’ange gardien à l’image de «Jiminy Cricket». Cependant, nous pouvons également parler d’une sorte de lien d’amitié tissé entre les deux hommes, en effet, selon Aristote l’amitié est sélective, relève d’un choix libre et d’une décision partagée de bienveillance réciproque. Dans le 1er paragraphe, la personne a été choisie avec précaution «élire »(l.1) « un homme bon »(l.1) et cette personne nommée est comme un rappel moral. Cet élu peut prendre plusieurs formes mais  sera toujours là afin de veiller au mieux sur notre conduite.

En cette fin de lettre, le philosophe revient sur une vision plus personnelle de ce modèle.Le philosophe insiste par deux fois sur la notion de sélection en employant l’impératif « choisis» aux lignes 12 puis 13. Selon Sénèque, chacun de nous doit trouver une autorité  extérieure  qui a fonction de « gardien » (l.15) ou d’« exemple » (l.15), «quelqu’un »(l.4) qui exerce de l’ascendant sur notre personne et qui nous aide à  réguler convenablement  notre vie. Cependant les critères de ce modèle choisi sont précis : cette personne pourrait être un « personnage »(l.12) considéré comme sage et modéré comme le sont, selon le philosophe, Caton ou encore Lélius; ou bien encore quelqu’un qui inspire  une haute estime, en qui on a confiance… Afin que nos habitudes « s’ajustent »(l.15), nous devons trouver un modèle, une personne qui pourrait être considérée comme notre conscience morale et en laquelle on peut trouver un confident duquel l’on tirera des précieux conseils sages et avisés. Ne devons-nous pas pour adopter une conduite irréprochable trouver un modèle proche de la perfection comme autrefois les ordres réguliers suivaient les enseignements des saints, leurs maîtres spirituels ? Le choix très personnel de cette autorité, selon Sénèque, se fera en fonction de notre plaisir, de notre attirance ou par admiration du parcours de sa « vie»(l.13). Ce choix pourrait même être influencé par la manière dont il manipule le « langage »(l.13), par l’aspect même du personnage, par sa « physionomie ». En effet c’est tout l’ensemble de l’aspect physique qui peut être considéré comme important dans le choix personnel d’un exemple. Celui-ci doit pouvoir correspondre à nos critères d’une autorité à laquelle nous allons nous identifier. Cette dernière peut être vue comme un double subjectif qui « semble »(l.12) être nous même et qui, en même temps, « reflète » nos états d’« âme »(l.13,14).                                                                      Ce double spirituel va nous aider à prendre conscience et à distinguer le bien du mal. Cette autorité extérieure, selon le choix de l’individu, peut prendre des formes diverses : la famille, la société, Dieu…Cette conscience extérieure va permettre à l’individu d’exercer une volonté de contrôle et donc de devenir maître de soi-même tout en ayant cette autorité extérieure.        

   Selon le philosophe, insistant sur ce point précis « je le répète»(l.15), nous sommes dans le « besoin »(l.15) de trouver quelqu’un qui puisse nous aider dans l’harmonisation de notre personne afin que nos « mœurs »(l.16) s’accommodent : sans aide extérieure, sommes-nous dans la capacité de veiller avec intelligence sur notre propre personne avec entente et sérénité ?    

   Sénèque finit sa lettre en employant une métaphore : la faiblesse de notre nature humaine  nous oblige à rechercher un «gardien»(l.5,15), un modèle qui en s’appuyant sur la « règle »(l.17), viendra remettre droit nos éventuels travers ainsi comme le forgeron bat le fer inconsistant sur son enclume afin de lui offrir une forme, nous sommes parfois dans la nécessité de remettre droit nos dispositions naturelles afin de donner à notre vie la meilleure forme possible. Ainsi ce qui est « tordu »(l.16) se doit d’être corrigé. Dans cette première partie, nous avons vu comment  Sénèque, philosophe stoïcien , à travers les conseils qu’il distille à son ami Lucilius, imagine une possibilité  d’amélioration de l’être en choisissant un modèle spirituel. Cependant sa proposition est-elle la seule possible ?

Sénèque cite un précepte énoncé par Epicure, nous essayerons ensemble de décrypter cet argument d’autorité. Le philosophe s’adresse à son ami, peut-être  répond-il dans cette lettre à une question de ce « cher Luccilius »(l.4) ?       

      Selon Epicure, qui a fortement influencé Sénèque, chacun de nous aurait besoin d’un « témoin»(l.6) qui se présenterait sous la forme d’ « un gardien »(l.5) ou d’ « un pédagogue »(l.5). Le mot pédagogue vient du grec paidagôgos : « qui conduit les enfants », nous sommes donc en position d’apprentissage, ce pédagogue va nous enseigner sa science, il va nous éduquer comme on le ferait avec des enfants. Quand au mot gardien, le sens retenu est certainement celui d’une personne vigilante qui défend et protège quelqu’un de faire un faux pas, de provoquer des « fautes »(l.6). L’association des deux est logique, elle trouve sa « raison »(l.5) dans le sens ou, sans un « témoin »(l.6), une « autorité »(l.7) nous pourrions « commettre »(l.6) l’irréparable. Effectivement, en choisissant un maître, en faisant preuve de respect et en suivant scrupuleusement son enseignement, on « supprime »(l.5) une grande partie de nos erreurs passées et on adopte une bonne conduite. Le gardien nous empêche de tomber du mauvais côté de la vie tandis que le pédagogue fait progresser notre pensée et nous guide. Cette conscience morale agit comme un frein, contrôlant nos pulsions. L’« âme »(l.7), principe spirituel de l’homme jugé par Dieu, doit être en mesure de trouver un modèle d’« autorité »(l.7) qui impose l’obéissance afin d’avoir une référence et afin de pouvoir mieux contrôler nos agissements. On justifie ce choix d’élire « un homme bon »(l.1),  par un sentiment qui porte à accorder une considération admirative à cette personne, en raison de la valeur qu’on lui reconnaît et à se conduire envers lui avec réserve et retenue, par une contrainte acceptée.  La notion de respect revient à plusieurs reprises,  Epicure insiste sur cette notion car il veut bien montrer que ce modèle choisi n’est pas une contrainte hiérarchique  mais un choix tout à fait logique d’une personne que nous devons « respecter »(l.9,11). Cette autorité sur notre «  âme »(l.7) atteint même notre « vie secrète »(l.8), notre for intérieur va être guidé par ce modèle, il va nous aider à élever notre vie intérieure, notre  « vie secrète ». L’ascendant de ce modèle, sa seule « présence »(l.8) même spirituelle, par la « pensée »  suffit à nous rendre « heureux »(l.8,9) et à expier nos fautes : « nous amende »(l.9).                                                                                                                                                             

 En choisissant un maître, en se mettant conforme à son enseignement, nous décidons de notre destinée raccrochée à cette autorité morale. Ce modèle choisi est influent jusque dans l’organisation de notre personne : on se met en « ordre et s’arrange »(l.10). Un « souvenir »(l.10) du modèle suffit à engendrer chez la personne  une remise en question et une amélioration de sa conduite. Sénèque termine son précepte en insistant sur le respect mutuel car en apprenant à « respecter »(l.11) et à suivre ce modèle idéologique, on s’élève de nous même et on devient « respectable »(l.11). 

Sénèque livre  au poète Lucilius à travers cet extrait sa théorie d’une bonne conduite morale :     si tu veux vivre une vie de sagesse et d’honnêteté, alors choisis-toi un gardien physique ou spirituel qui fasse autorité sur ta conduite et te garde  dans le droit chemin. Associé à la qualité de contrôle d’un gardien, un pédagogue va accompagner ta pensée et la faire progresser en t’enseignant les rudiments d’organisation de la vie. Cependant, aduler une personne et en copier sa conduite tant sur le plan moral que  physique n’est-ce pas un comportement à risque ? L’adoration aveugle d’une personne ou la croyance obstinée en ses principes ne frôle-t-elle pas la folie ? Il faut préserver la liberté de son jugement personnel, l’affranchir des principes désuets  tout en  tirant du passé une précieuse expérience.  Ainsi sa manière de vivre nécessite un juste équilibre : la connaissance acquise par la pratique et la sélection d’un « gardien » doit pouvoir aider à une bonne régulation de sa conduite. Quant au modèle idéologique, toute notre science ne saurait provenir que d’un seul. Il convient plutôt de s’inspirer de tout ce qui constitue la richesse de notre monde afin d’essayer de composer, en accord avec soi-même, une harmonie naturelle.

 

 

 


Publié le 13 octobre 2009 par hansenlove dans bonne copie
Tags :: bonheur, bonté, conscience, sagesse

“Elire un homme bon”

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looking-for-ericExpliquez le texte suivant :

 «    « Notre affection doit élire  un homme bon et le tenir toujours sous nos yeux  afin que nous vivions comme s’il nous regardait  et que nous agissions en toute chose comme s’il nous voyait »

 Ce précepte, mon cher Lucilius, c’est Epicure qui l’a énoncé ; il nous a donné un gardien et un pédagogue, et ce n’est pas sans raison : on supprime une grande partie des fautes s’il se trouve un témoin auprès de ceux qui vont les commettre. Que l’âme ait quelqu’un qu’elle respecte, dont l’autorité lui serve à rendre plus sacré jusqu’à sa vie secrète. Heureux celui dont non seulement la présence mais encore la pensée nous amende ! Heureux celui qui peut respecter quelqu’un de telle sorte qu’il se mette en ordre et s’arrange à son seul souvenir ! Qui peut respecter quelqu’un de la sorte se rendra vite respectable.

 Choisis donc Caton ; s’il te semble trop rigide, choisis Lélius  (1, personnage à l’âme plus détendue. Choisis celui dont te plaît la vie comme le langage, et jusqu’à la physionomie qui reflète son âme ; montre-le-toi toujours soit comme gardien soit comme exemple. Nous avons besoin, je le répète, de quelqu’un auquel nos moeurs s’ajustent elles-mêmes : tu ne corrigeras ce qui est tordu qu’à la règle. ».  Sénèque

  Note 1 Caton et Lélius sont de célèbres sages romains  loués pour leur sagesse pleine de modération


Publié le 13 octobre 2009 par hansenlove dans Textes clés
Tags :: bonheur, bonté, conscience morale, sagesse

citation commentée Apologie de Socrate

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Apologie de Socrate

« Parmi vous, ô humains, celui-ci est le plus savant qui, à l’instar de Socrate, a reconnu qu’en matière de science, il ne vaut rien en vérité » (p 16)

 

Accusé de corrompre la jeunesse, Socrate interprète ici les propos de l’oracle de Delphes, la Pythie. Celle-ci  a déclaré à l’un de ses amis que « personne à Athènes n’était plus savant que lui ». Après une enquête approfondie auprès de tous les athéniens qui passaient pour savants, Socrate découvre qu’aucun d’entre eux ne possède la moindre certitude assurée,   pas non plus   le moindre savoir indubitable. Tous, en revanche, croient détenir cette connaissance qui leur fait pourtant défaut.  Socrate en conclut que la conscience de ne pas savoir (ce qu’on ne sait pas) est une forme de « science ». Il ne s’agit pas exactement de « science », bien sûr,  mais plutôt de modestie et  de lucidité   - Socrate joue ici un peu sur les mots,  selon son habitude.

En réalité, dans ce passage emblématique, Socrate  invente la philosophie.  La philosophie n’est pas la sagesse, ni la possession d’un quelconque savoir. Elle est  un état d’esprit  très particulier  qui allie humilité et amitié pour la vérité. Car, pour rechercher la vérité,  il faut commencer par reconnaître son ignorance. Ni les Dieux ni les sages ne sont philosophes en ce sens, puisque celui qui possède la vérité ou la sagesse n’a plus de raison de la  désirer ni donc de  la rechercher.


Publié le 15 juin 2009 par hansenlove dans Cours
Tags :: sagesse, savoir, vérité

Le plaisir, but de la vie? (texte d’ Epicure)

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jardin Epicure
É P I C U R E
 ”C’ est un grand bien, croyons-nous, que de savoir se suffire à soi-même non pas qu’il faille toujours vivre de peu en général, mais parce que si nous n’avons pas l’abondance, nous saurons être contents de peu, bien convaincus que ceux-là jouissent le mieux de l’opulence, qui en ont le moins besoin. Tout ce qui est naturel s’acquiert aisément, malaisément ce qui ne l’est pas. Les saveurs ordinaires réjouissent à l’égal de la magnificence dès lors que la douleur venue du manque est supprimée. Le pain et l’eau rendent fort vif le plaisir, quand on en fur privé. Ainsi l’habitude d’une nourriture simple et non somptueuse porte à la plénitude de la santé, elle rend l’homme capable d’accomplir aisément ses occupations, elle nous permet de mieux jouir des nourritures coûteuses quand, par intermittence, nous nous en approchons, elle nous enlève toute crainte des coups de la fortune. Partant, quand nous disons que le plaisir est le but de la vie, il ne s’agit pas des plaisirs déréglés ni des jouissances luxurieuses ainsi que le prétendent ceux qui ne nous connaissent pas, nous comprennent mal ou s’opposent à nous. Par plaisir, c’est bien l’absence de douleur dans le corps et de trouble dans l’âme qu’il faut entendre. Car la vie de plaisir ne se trouve pas dans d’incessants banquets et fêtes, ni dans la fréquentation de jeunes garçons et de femmes, ni dans la saveur des poissons et des autres plats qui ornent les tables magnifiques, elle est dans un raisonnement vigilant qui s’interroge sur les raisons d’un choix ou d’un refus, délaissant l’opinion qui avant tout fait le désordre de l’âme.
Épicure (341-270 va. ).-C.), Lettre à Ménécée, trad. P Pénisson, Éd. Hatier, coll. Classiques hatier de la philosophie, 1999, pp. 12-13.

Explications complémentaires ici


Publié le 31 mai 2008 par hansenlove dans Textes clés
Tags :: ataraxie, bonheur, but, pliaisir, sagesse, vie

Accomplir tous ses désirs, est-ce une bonne règle de vie? (Texte Epicure)

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     Il importe de distinguer entre les désir vains et les désirs naturels, entre ceux qui sont nécessaires et ceux qui ne le sont pas. La hiérarchisation des désirs et des plaisirs constitue ainsi la véritable clé du bonheur
    

     “Il faut en troisième lieu comprendre que parmi les désirs, les uns sont
naturels et les autres vains, et que parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires, et les autres seulement naturels. Enfin, parmi les désirs nécessaires, les uns sont nécessaires au bonheur, les autres à la tranquillité du corps, et les autres à la vie elle-même. Une théorie véridique des désirs sait rapporter les désirs et l’aversion à la santé du corps et à l’ataraxie de l’âme, puisque c’est là la fin d’une vie bienheureuse, et que toutes nos actions ont pour but d’éviter à la fois la souffrance et le trouble.
     Quand une fois nous y sommes parvenus, tous les orages de l’âme se dispersent, l’être vivant n’ayant plus alors à marcher vers quelque chose qu’il n’a pas, ni à rechercher autre chose qui puisse parfaire le bonheur de l’âme et du corps. Car nous recherchons le plaisir, seulement quand son absence nous cause une souffrance. Quand nous ne souffrons pas, nous n’avons plus que faire du plaisir. Et c’est pourquoi nous disons que le plaisir est le commencement et la fin d’une vie bienheureuse. Le plaisir est, en effet, considéré par nous comme le premier des biens naturels, c’est lui qui nous fait accepter ou fuir les choses, c’est à lui que nous aboutissons, en prenant la sensibilité comme critère du bien. Or, puisque le plaisir est le premier des biens naturels, il s’en suit que nous n’acceptons pas le premier plaisir venu, mais qu’en certains cas, nous méprisons de nombreux plaisirs, quand ils ont pour conséquence une peine plus grande. D’un autre côté, il y a de nombreuses souffrances que nous estimons préférables aux plaisirs, quand elles entraînent pour nous un plus grand plaisir. Tout plaisir, dans la mesure où il s’accorde avec notre nature, est donc un bien, mais tout plaisir n’est pas cependant nécessairement souhaitable. De même, toute douleur est un mal, mais pourtant toute douleur n’est pas nécessairement à fuir. Il reste que c’est par une sage considération de l’avantage et du désagrément qu’il procure, que chaque plaisir doit être apprécié. En effet, en certains cas, nous traitons le bien comme un mal, et en d’autres, le mal comme un bien”.
     Épicure, Lettre à Ménécée, in Diogène Laërce, Vie, doctrine et sentences des philosophes illustres,t.2, trad. R. Grenaille, éd. Flammarion, coll. “GF “, 1965, pp. 260-261.
     
     
     
      
     
    

    

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Publié le 7 novembre 2007 par hansenlove dans Textes clés
Tags :: désir, hédonisme, sagesse, vertu

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