Modèles pédagogiques

Mathématiques 0 commentaire »

Une connaissance des modèles pédagogiques permet de mieux se situer dans ses pratiques d’enseignant. Sans entrer dans les détails, voici les trois modèles les plus répandus :1) le modèle transmissif, 2) le modèle béhavioriste et 3) le modèle constructiviste (socio-constructiviste).

Dans le premier modèle, l’élève est placé en récepteur, il est passif et écoute l’enseignant transmettre le savoir. Ce qui lui est demandé c’est d’être attentif, puis de reproduire.

Dans le second, les objectifs d’apprentissage sont décomposés en sous-objectifs. Toutes les capacités sont décomposées en éléments simples. Il s’agit de proposer des exercices à difficultés progressives pour que l’élève assimile les sous-objectifs définis par l’enseignant. A lui ensuite de rassembler ces sous-objectifs pour résoudre des taches complexes.

Le dernier modèle repose sur trois présupposés :

- c’est en agissant que l’on apprend

- Les représentations initiales font souvent obstacle aux nouvelles connaissances

- La connaissance ne s’acquiert pas, elle se construit dans l’action et dans la confrontation aux autres

“Tu me dis, j’oublie.
Tu m’enseignes, je me souviens.
Tu m’impliques, j’apprends.”
Benjamin Franklin
(1706 – 1790) écrivain et physicien américain.

Tags : , , ,

Construire ses séquences – un exemple : les décimaux

Généralités, Mathématiques 0 commentaire »

Pour franchir complètement le pas et entrer pleinement dans la formation par compétences il est indispensable de modifier les conceptions pédagogiques de nos séquences. Le problème principal est le formatage auquel nous avons été soumis en tant qu’enseignant. Le modèle universitaire est souvent le seul que nous ayons connu. Il nous a vraisemblablement convenu en tant qu’étudiant. Ce fut le cas pour moi, et … j’ai fini prof de maths ! Le savoir était au (le) centre de nos préoccupations, et c’est ce qui a été principalement évalué lors des épreuves du Capes qui reste une validation de savoir et non de compétences didactiques. Baigné dans cette culture du cours magistral, l’abandon de la connaissance au profit des compétences n’est donc pas facile. C’est ce que Philippe Perrenoud appelle le “deuil du pouvoir magistral”, “le deuil du plaisir de se faire plaisir” (1). Pourtant, si l’on réussit à modifier ces conceptions, notre enseignement en prend d’autant plus de sens, même si c’est long et difficile.

Comment procéder ? Une lecture attentive du socle commun de compétences nous permet de bâtir une démarche. Le livret de connaissances et de compétences (principaux éléments de mathématiques et de culture scientifique et technologique) est décliné en compétences générales, connaissances et capacités attendues, capacités à évaluer et indication pour l’évaluation. Une partie qui me semble fondamentale est la page 7 où sont déclinées les compétences générales :

  • Rechercher, extraire et organiser l’information utile.
  • Réaliser, manipuler, mesurer, calculer, appliquer des consignes.
  • Raisonner, argumenter, pratiquer une démarche expérimentale ou technologique.
  • Présenter la démarche suivie, les résultats obtenus. Communiquer à l’aide de langages ou d’outils scientifiques et technologiques.

Les objectifs de mes séquences vont donc se baser sur ces compétences générales pour déterminer les capacités et attitudes attendues. De là, je déduis les connaissances nécessaires à la mise en œuvre de ces capacités pour le niveau concerné.

Par exemple en 6e, à partir des prix (voir billet journée APMEP 2008, et encore merci à l’équipe de L’IREM de Poitiers), je détermine des capacités et attitudes.

Les élèves doivent être capables :

  • de comparer des prix.
  • d’additionner et soustraire des prix.
  • Multiplier un prix par un entier ou un décimal.
  • Utiliser la proportionnalité.
  • Arrondir ou donner un ordre de grandeur de prix.

Ces capacités vont s’appuyer sur des connaissances :

  • les nombres décimaux: structure, comparaison, somme, différence, produit, arrondi et ordre de grandeur.
  • les pourcentages.

Au final, la connaissance est présente mais elle sert d’appui aux situations que l’on va rencontrer. Évaluer par compétences ne serait-ce pas alors donner une autre place au savoir ?

(1) La pédagogie à l’école des différences, Philippe Perrenoud, esf éditeur.

Tags : , ,