FRANCE:AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

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L’aménagement du Languedoc


Entre nature et société, la lecture des espaces géographiques, des territoires* et des paysages**.
Le Languedoc illustre la succession des espaces délaissés, convoités.

* :  le territoire : « Portion d’espace terrestre envisagée dans ses rapports avec des groupes humains qui l’occupent et l’aménagent en vue d’assurer la satisfaction de leurs besoins ».
la suite ici

** le paysage : « Défini par le dictionnaire Robert comme une “partie de pays que la vue présente à un observateur”, le paysage constitue une notion fondamentale dans l’approche géographique, comme le sont aussi l’espace, le milieu, le territoire, ou la région ».
 la suite ici

La station de la Grande-Motte.

Il s’agit ici d’un aménagement intégré décidé en 1963 par la Mission interministérielle pour l’aménagement du littoral du Languedoc Roussillon.

Les architectes urbanistes ont été réunis autour de Georges Candilis. Le plan d’aménagement reprend une logique simple dans laquelle alternent les espaces urbanisés et les espaces préservés, les zones anthropisées et les zones naturelles.

La plage à l’Ouest de Sète aménagée en 2005.

25 % des terrains furent réservés au tourisme social. L’unité touristique englobe des anciennes structures (Le Grau-du-Roi) et des nouvelles crées ex-nihilo (Port-Camargue).

Le littoral depuis le Mont Saint-Clair à Sète.

Entre Sète et le delta du Rhône se complètent les activités industrielles, portuaires, piscicoles et touristiques. Autour de Montpellier la pression urbaine se sent sous la frome d’un étalement urbain qui menace ces fragiles espaces.

Le site du Grand Travers fait l’objet d’un améangement global :

Objectif de l’opération
Gestion durable de l‘érosion marine, des sites et des milieux.
Etude des conditions de maintien ou de suppression de la route actuelle entre les deux échangeurs.
Réorganisation de l’accès à la plage et du stationnement le long de la voie rapide et aux extrémités afin de restaurer les espaces dunaires qui serviront ainsi de défense naturelle.
Maîtrise des conditions de fréquentation, création de circulations douces.
Valorisation paysagère du site.

 Les politiques d’aménagement sont parfois divergentes et les conflits d’intéret apparaissent (l’aménagement du Grand Travers, les conflits territoriaux de l’agglomération de Montpellier dirigée par le bouillonnant et controversé Georges Frèche).

par François Arnal publié dans : geofac

LES LITTORAUX ,ZONES LES PLUS ATTRACTIVES…

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L’attrait des rivages

L’attrait des rivages.

L’attrait que présentent depuis un siècle les rivages de la mer, succédant à la crainte qu’inspiraient ses dangers, ne fait qu’augmenter.
Comme en témoignent les projections de l’INSEE, les études de la DATAR et de l’Institut français de
l’environnement, la pression humaine sur le littoral va s’accroître dans les prochaines décennies sous l’effet combiné de plusieurs facteurs.
 Le plus important tient au vieillissement de la population et à l’évolution de ses modes de vie : abaissement de l’âge de la retraite, réduction du temps de travail et, corrélativement, recherche de
loisirs et de fin de vie sous des climats agréables. Cette recherche est facilitée par les progrès des modes de transports qui placent toutes les façades maritimes de la France à trois heures de nombreuses métropoles nationales et européennes.

 Le recensement de population de 1999 a fait apparaître une croissance de la population dans les onze régions littorales métropolitaines supérieure de 45% à la croissance nationale moyenne, le surcroît d’augmentation étant de 10% pour les seules communes littorales. Avant même l’achèvement des travaux du TGV Méditerranée, l’activité immobilière dans la région Marseillaise avait connu un accroissement considérable. A la croissance démographique nationale sur les côtes, s’ajoutent des flux touristiques également en hausse.

Louis LE PENSEC
rapport parlementaire sur le Conservatoire du Littoral p 8
25/07/01

par François Arnal publié dans : geofac

2è GUERRE MONDIALE:des faits,des videos,des sites…

2è GM, HISTOIRE, XXès Aucun commentaire

2è G.M.

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2nde Guerre Mondiale: 8mai 1945:la guerre se termine en Europe.

L'image “http://pagesperso-orange.fr/memoire78/images/erw09.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

sur Herodote.net

—————)Article illustré par une vidéo

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2nde Guerre Mondiale:aout 1945,2 bombes atomiques américaines sur le Japon

L'image “http://www.herodote.net/Images/Hiroshima.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

-dossier et video sur Herodote.net

                                ici——- - - -) Article illustré par une vidéo

-et encore sur Terra Nova—–)Video d’archives de la bombe d’Hiroshima

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2nde Guerre Mondiale:février 1945:Staline,Roosevelt et Churchill à la conférence de YALTA.

L'image “http://www.herodote.net/Images/Yalta.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

sur Herodote.net

à voir ici————)  Article illustré par une vidéo

et une autre video en anglais!(pas trop dure et pleine de docs!)

ici---------)http://www.youtube.com/watch?v=ybnzMnFEWJY

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***2è GUERRE MONDIALE: Stalingrad ,janvier 1943,la 1ère défaite de l’Allemagne nazie sur le front russe

17 février, 2008 31) 1ère-HISTOIRE, Prem. Aucun commentaire Modifier

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sur Herodote.net

ici——————–)Article illustré par une vidéo

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2nde Guerre Mondiale:le 1er débarquement américain,en Afrique du Nord ,en novembre 1942

16 février, 2008 31) 1ère-HISTOIRE, Prem. Aucun commentaire Modifier

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Sur Herodote.net

cliquer ici————-)Article illustré par une vidéo

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2è Guerre Mondiale:El Alamein (Egypte):une des victoires majeures contre l’Allemagne nazie en octobre 1942

16 février, 2008 31) 1ère-HISTOIRE, Prem. Aucun commentaire Modifier

L'image “http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/df/1stAlameinBritDefense.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

sur Herodote.net

—-)   Article illustré par une vidéo

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2nde Guerre Mondiale:1941,la Charte de l’Atlantique,Roosevelt et Churchill

16 février, 2008 31) 1ère-HISTOIRE, 41) T-HISTOIRE, Prem., Term. Aucun commentaire Modifier 

L'image “http://www.herodote.net/Images/CharteAtlantique.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

sur Herodote.net

-un article sur la charte de l’Atlantique

-des extraits video sur Roosevelt et Churchill

———–)     Article illustré par une vidéo

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2nde Guerre Mondiale: l’entrevue de Montoire et le début de la collaboration de Pétain avec l’Allemagne nazie(octobre1940)

16 février, 2008 31) 1ère-HISTOIRE, Prem. Aucun commentaire Modifier          

poignée de main funeste à Montoire

sur Herodote.net: Montoire

      cliquer ici  ————–) Article illustré par une vidéo

2nde Guerre Mondiale:l’appel du Général de Gaulle le 18 JUIN 1940 et le début de la résistance extérieure .

16 février, 2008 31) 1ère-HISTOIRE, Prem. Aucun commentaire Modifier 

De Gaulle à la radio de Londres

Sur le site Herodote.net:des déclarations du général de Gaulle

 ici ————–)      Article illustré par une vidéo (son seulement)

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2nde Guerre Mondiale:la capitulation de la France du Maréchal Pétain devant l’Allemagne nazie le 22 juin 1940

16 février, 2008 31) 1ère-HISTOIRE, Prem. Aucun commentaire Modifier

JPEG - 9.6 ko 

sur le site Herodote.net

 cliquer ici ———–) Article illustré par une vidéo

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2nde Guerre Mondiale:l’attaque de la Pologne par l’Allemagne nazie en le 1939

16 février, 2008 31) 1ère-HISTOIRE, Prem. Aucun commentaire L'image “http://i18.servimg.com/u/f18/11/45/98/54/ww2-410.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

le site Herodote.net!

cliquer ici ———Article illustré par une vidéo

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2nde Guerre Mondiale:l’attaque de la France le 10 Mai 1940

16 février, 2008 31) 1ère-HISTOIRE, Prem. Aucun commentaire Modifier

Sur le site Herodote.netL'image “http://www.interet-general.info/IMG/france4.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Cliquer ici ————)      Article illustré par une vidéo

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*2èGM-affiche de propagande française de Vichy analysée.

17 janvier, 2008 1 Aucun commentaire Modifier(travail d’un collègue)

 

Une oeuvre de propagande destinée aux enfants


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Le titre“Il était une fois…” : le maréchal sacralisé.
Pétain le sauveur1. Uniforme, képi, médaille, étoiles : le héros de Verdun2. Les cheveux blancs, la moustache, la canne, la main sur l’épaule des enfants : le grand-père protecteur
Le passé douloureuxUn champ de bataille, des restes de tranchées, un ciel rouge : le caractère sanglant et dévastateur de la guerre
L’avenir sereinLe ciel bleu, le champ de blé, la gerbe : la prospérité
L’avenir sereinDeux enfants regardent le Maréchal : la future génération confiante dans l’avenir
L’avenir sereinLe village et son clocher : image d’une France rurale et catholique, soutien du régime
Une deviseTravail : retour à la terre et à l’artisanat, organisation du monde du travail en ordres et corporations.Famille : politique nataliste, protection de la famille, fête des mères.Patrie : exaltation des valeurs nationales et du sens du sacrifice.
Des symbolesLe bâton de maréchal : Valeur militaire.La francisque : héritage historique imaginaire et décoration.Bleu blanc rouge : Les couleurs nationales.
   

 

 
   

Passez la souris sur l’image pour voir les commentaires
Pour aggandir : 493×678 93 Ko

*2èGM-1944-affiche de propagande allemande analysée (l’affiche rouge)

17 janvier, 2008 31) 1ère-HISTOIRE Aucun commentaire Modifier

(travail d’un collègue)

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Claude Robinot

1ère GUERRE MONDIALE (1914 1918)

1èGM, HISTOIRE, XXès Aucun commentaire

1ère G.M.

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*EUROPE AVANT LA 1ère GUERRE MONDIALE

-cartes à consulter

…………………).Europe avant 1914

un ensemble de cartes sur l’avant guerre

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***1ère Guerre Mondiale:témoignage et récits du dernier “poilu”

pour visionner le document: —)  http://pagesperso-orange.fr/memoire78/pages/ponti.html

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***la 1ère Guerre Mondiale à travers les films.

Pour avoir des idées sur:

——————)  La première guerre mondiale au cinéma 

Céline Martin  (une collègue) fait un trés interessant point sur son site! allez le consulter

COLONISATION AUX XIXè et XXè siècles.

HISTOIRE, XIXès, XXès Aucun commentaire

Colonisation.

*XIXè siècle-Expansion coloniale.

(travail d’un collègue)

L'expansion coloniale

L'expansion coloniale
Accueil Remonter

 


L’Afrique en 1895 (carte anglaise)
En blanc, les régions pratiquement inconnues

 

Monseigneur Augouard (évêque)
visitant le Congo vers 1890

La prise de Thiassalé : Combat dans une forêt vierge
Côte d’Ivoire en 1893
Le commandant Marchand dirigeait la mission
Congo-Nil qui traversa l’Afrique de l’Atlantique à la
mer Rouge (1896-1899). Son arrivée à Fachoda en
1898 causa une grave crise avec les britanniques.

La mission Congo-Nil ou mission Marchand
Marchand atteint Fachoda le 10 juillet 1898, après
deux années d’un voyage très difficile à travers la
forêt tropicale, avec 13 officiers blancs, 150 tirailleurs
sénégalais et plusieurs milliers de porteurs.

“La guerre à Madagascar”
Le premier geste du colonisateur : planter son drapeau
En 1895, les Français conquièrent Madagascar.

 

Tracé de la frontière entre le Congo et le Cameroun
par les Français et les Allemands
Le Petit Journal
, novembre 1913

La France au Maroc
Le Petit Journal, novembre 1911

 

L’école en Afrique occidentale française vers 1900

Médecins militaires français luttant contre la maladie
du sommeil au Congo (début XX° s.)

 

La construction du Chemin de fer Congo-Océan
(512 km) de Brazzaville à l’océan Atlantique
début XX° s.

Leçon d’agriculture à Madagascar
Le Petit Journal, vers 1900

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***Colonisation et propagande:1h10 de vidéo trés instructive!(Les 3 couleurs d’un l’Empire)

pour visionner ce document passionnant :

 —————)   http://www.dailymotion.com/video/xc0ia_les-trois-couleurs-de-lempire?from=rss

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***Colonisation:”INDIGENES”,

un film à connaitre (bande annonce).

Pour voir des extraits————-) http://www.indigenes-lefilm.com/film_fr.html

Camp de concentration du STRUTHOF – PP

2è GM, HISTOIRE, XXès Aucun commentaire

de la documentation organisée sur le seul camp de concentration en France:le STRUTHOF

—————-)     PP-Struhof

Mort du dernier « poilu »: un témoin de choix disparait…

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Lazare Ponticelli, le dernier poilu français, est mort

Lazare Ponticelli, lors des cérémonies de commémoration de l'armistice de la Grande Guerre, le 11 novembre 2007, au Kremlin-Bicêtre. | REUTERS/CHARLES PLATIAU

LE MONDE | 12.03.08 

Il était, en France, le dernier ancien combattant de 14-18, l’ultime rescapé parmi les 8,5 millions d’hommes mobilisés en bleu horizon. Le der des der. Lazare Ponticelli est mort, mercredi 12 mars, au Kremlin-Bicêtre, à l’âge de 110 ans.

Ce survivant nous reliait physiquement à des photos défraîchies de pioupious en capote, les bandes molletières tire-bouchonnées sur les brodequins, à des images tournées à la manivelle d’hommes hirsutes, le regard vide, enterrés vivants dans les tranchées. Avec sa disparition, la première guerre mondiale s’enfonce un peu plus dans les brumes du passé.

Tant qu’il l’a pu, le vieil homme aura témoigné sur le conflit, encore et encore, même quand ne sortait plus de sa bouchqu’un filet de voix à peine intelligible. Alors que beaucoup de vétérans s’étaient claquemurés dans le silence pour ne pas avoir à raconter l’horreur, Lazare Ponticelli avait choisi de dire l’indicible. Il assumait ce devoir pour ceux qui n’avaient pas eu la chance de s’en tirer.

« Tous ces jeunes tués, je ne peux pas les oublier. Quel gâchis ! » Alors, pour eux et pour la gloriole, Lazare ouvrait aux solliciteurs sa petite maison acquise dans les années 1920, au Kremlin-Bicêtre. Au milieu des meubles patinés, les histoires de cet homme qui avait fréquenté trois siècles étaient une remontée dans le temps. C’était aussi une leçon d’humanisme apprise en enfer.

Ses souvenirs de la vie quotidienne d’un simple soldat, d’un poilu, préservaient de l’oubli ou, pire, de la réécriture dogmatique. S’y mêlaient sens du devoir, écœurement, obéissance, héroïsme, révolte, fraternité. Ses bribes remontant au hasard de la mémoire résumaient les contradictions qui traversaient les combattants, emportés sans toujours comprendre, broyés par des événements qui les dépassaient.

Il nous parlait d’eux, ses camarades, et des autres, en face, pas si mauvais bougres, finalement. La narration semblait mécanique. Mais une larme surgissait sur le rebord des yeux et roulait lentement sur la joue. Elle remontait de quatre-vingt-dix ans.

Parfois, le narrateur prenait des licences avec la chronologie. Les scènes s’embrouillaient. De quoi faire tiquer les historiens. Mais fallait-il prendre ces souvenirs au pied de la lettre ? N’était-ce pas plutôt l’esprit qui comptait ? L’accumulation d’anecdotes formaient la geste du poilu, racontée par le dernier d’entre eux.

Chaque 11 novembre, Lazare allait à pied au monument aux morts du Kremlin-Bicêtre, râlait contre les discours ampoulés, emphatiques, « toujours trop longs ». Il se rendait aussi dans les écoles à 100 ans passés et martelait la même supplique. « Aux enfants, je leur dis et je leur répète : ne faites pas la guerre. »

La vie de Lazare Ponticelli était exemplaire pour bien plus que cette parenthèse terrible de quatre ans. C’était aussi l’histoire d’un émigré italien illettré, enfant de rien devenu patron d’une multinationale. Le parcours d’un « Rital » qui voulait absolument se battre pour cette France qui l’avait toléré, puis renié, enfin reconnu sur le tard comme un des siens.

« J’AI VOULU DÉFENDRE LA FRANCE PARCE QU’ELLE M’AVAIT DONNÉ À MANGER »

Lazare fut longtemps Lazzaro, né le 7 décembre 1897, à Bettola, en Emilie Romagne. Il est issu d’une famille pauvre de sept enfants. Un frère puis son père meurent en 1903. La mère abandonne la famille qui se disperse. La sœur aînée emmène une partie de la fratrie « au paradis », là où il y a du travail, en France. Trop jeune, Lazare reste en Italie. Il est confié à une marâtre.

A 9 ans, n’ayant aucune nouvelle des siens, Lazare décide de partir à son tour. Il prend le train pour Paris, débarque gare de Lyon sans parler un mot de français, ne sachant ni lire ni écrire. Il erre trois jours dans la salle des pas perdus, est recueilli par une famille italienne qui le prend en pitié et l’héberge quelques mois.

Lazare devient ramoneur et crieur de journaux. Dès la déclaration de guerre, trichant sur son âge, l’Italien s’engage. Il intègre le premier régiment de marche de la légion étrangère de Sidi Bel Abbes, y retrouve par hasard son frère Céleste. « J’ai voulu défendre la France parce qu’elle m’avait donné à manger », explique Lazare. Après un mois d’instruction, il est envoyé au front, sous les ordres d’un descendant de Garibaldi.

Il participe à la confusion des premiers mois. Son premier fait d’arme est d’avoir, alors qu’il était de garde, blessé un général au mollet. Il assiste à l’hécatombe, soigne son frère, blessé au combat. Le régiment perd un quart de ses effectifs en trois semaines. « Au début, nous savions à peine nous battre et nous n’avions presque pas de munitions. Chaque fois que l’un d’entre nous mourait, on se taisait et on attendait son tour. » Il crapahute dans la guerre de mouvement (Soissons, Vitry-le-François, l’Argonne), survit à la pagaille. Puis il creuse les premières tranchées d’un conflit qui s’organise pour durer.

Lazare Ponticelli aimait raconter ce jour où un homme s’était retrouvé blessé dans le no man’s land qui séparait les lignes. Les brancardiers n’osaient s’aventurer sous le feu. « Il hurlait : Venez me chercher, j’ai la jambe coupée. Je n’en pouvais plus. J’y suis allé avec une pince. Je suis d’abord tombé sur un Allemand, le bras en bandoulière. Il m’a fait deux avec ses doigts. J’ai compris qu’il avait deux enfants. Je l’ai pris et je l’ai emmené vers les lignes allemandes. Quand ils se sont mis à tirer, il leur a crié d’arrêter. Je l’ai laissé près de sa tranchée. Il m’a remercié. Je suis reparti en arrière, près du blessé français. Il serrait les dents. Je l’ai tiré jusqu’à nos lignes, avec sa jambe de travers. Il m’a embrassé et m’a dit : Merci pour mes quatre enfants. Je n’ai jamais pu savoir ce qu’il était devenu. »

En 1915, Lazare se bat du côté de Verdun lorsque l’Italie, le 24 mai, se range aux côtés des Alliés. Un officier le fait rechercher dans les tranchées. « Tous les Italiens devaient retourner se battre chez eux. » Le légionnaire proteste, souhaite rester. « Je pensais que m’être battu pour la France avait fait de moi un Français. » Déception. « Ils m’ont dit : Il faut vous en aller . » Il est démobilisé de force, rentre à Paris, se cache six semaines, tente de se réengager dans l’armée française, est finalement transféré entre deux gendarmes à Turin.

Il enfile à regret l’uniforme italien, intègre les chasseurs alpins, se retrouve dans le Tyrol, enterré dans la neige face aux lignes autrichiennes. Ses compagnons parlent couramment l’allemand. Les deux camps s’envoient des messages avec un élastique puis sympathisent. « Ils nous donnaient du tabac et nous des boules de pain. Personne ne tirait plus. » Les hommes organisent même des patrouilles communes. La farce dure trois semaines, manque de se terminer devant un conseil de guerre. « L’état-major nous a déplacés dans une zone plus dure. »

En 1916, il est sur le monte Cucco, qui sera le théâtre d’une terrible bataille l’année suivante. Les hommes multiplient les assauts stériles et dévastateurs, affrontent les gaz sans masque. Lazare reste plus de deux jours derrière sa mitrailleuse. Des éclats d’obus lui grêlent le visage. Aveuglé par son sang, il parvient à bloquer des Autrichiens qui se sont réfugiés dans une caverne. Sa section fait deux cents prisonniers. Le héros blessé est envoyé à l’arrière. Il est opéré sans anesthésie, des hommes le maintiennent cloué sur la table d’opération pendant que le chirurgien creuse la plaie et la badigeonne d’alcool.Ses faits d’armes valent à Lazare une citation, mais également un dégoût absolu de cette guerre. « Je tire sur toi mais je ne te connais même pas. Si seulement tu m’avais fait du mal. » La révoltante absurdité des combats est traversée d’infimes moments de bonté dont la rareté fait la valeur. « Mon meilleur souvenir en Italie, ce sont les lettres que ma marraine de guerre, une porteuse de lait que j’avais rencontrée avant de partir au front, m’envoyait. Comme je ne savais à l’époque ni lire ni écrire, ce sont des copains qui m’aidaient à correspondre avec elle. »

Après quelques semaines de convalescence à Naples, Lazare est renvoyé en 1918 sur le front, vers Montello, où il apprend l’Armistice. Autrichiens et Italiens, « tous les gars levaient les bras en l’air ».

Lazare est contraint de rester sous l’uniforme italien. Il apprend par hasard la mort d’une de ses soeurs, Catherine, victime de la grippe espagnole. En 1920, l’armée italienne souhaite le démobiliser. Il refuse : il veut l’être sous l’uniforme français, avec lequel il a commencé la guerre, ce qui lui permettra de revenir légalement dans ce pays. Il lui faut à nouveau se battre, cette fois contre l’absurde administration. Il obtient finalement gain de cause. Il revient à Paris, avec cinq francs en poche.

Il redevient ouvrier. Avec Céleste et un autre frère, Bonfils, il monte une entreprise de ramonage et de chaudronnerie. Il se marie en 1923 avec une Française, Clara, dont il a trois enfants. Lazare n’obtiendra la nationalité française qu’en 1939, à la veille de la déclaration de guerre. Il veut encore se battre mais est jugé inapte au service parce que trop âgé. Il traverse sans déshonneur l’Occupation.

Après la Libération, sa société Ponticelli Frères continue de prospérer. Elle se diversifie, notamment dans les travaux publics et l’extraction pétrolière, prend une stature internationale. Le groupe a aujourd’hui un chiffre d’affaires de 480 millions d’euros et emploie 3 800 salariés. Lazare Ponticelli en abandonnera progressivement les rênes dans les années 1960.

Il lui restait à honorer la promesse faite à ses camarades des tranchées. « Quand nous montions à l’assaut, nous nous disions : « Si je meurs, tu penseras à moi. »" Ne jamais les oublier : le dernier rescapé aura respecté jusqu’au bout ce serment

Benoît Hopquin

1 ère Guerre Mondiale:les derniers « poilus » de France…

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Cazenave et Ponticelli : les ders des ders

LE MONDE | 09.11.07

Photographie de poilus français dans une tranchée dans la Somme en août 1916. GAMMA/KEYSTONE-FRANCE

Des poilus français dans une tranchée dans la Somme, en août 1916

L’un est issu d’une famille de vieille noblesse provinciale acculée à la ruine. L’autre est un immigré italien, débarqué en région parisienne la faim au ventre, avant de faire fortune. De la vie, Louis de Cazenave et Lazare Ponticelli ont reçu plus que leur part : ils sont nés respectivement le 16 octobre et le 7 décembre 1897. Un bail de 110 ans, à travers trois siècles. Ce sont des rescapés. Ils l’étaient déjà à vingt ans, le 11 novembre 1918. L’Armistice les a trouvés vivants quand 1,5 million de leurs camarades sont morts. Le temps a poursuivi sa besogne parmi les anciens combattants de 14-18. Aujourd’hui, ils sont les deux derniers poilus français officiellement recensés .

Dans sa petite maison de Brioude (Haute-Loire), Louis de Cazenave marche voûté, plié en deux, comme il le faisait déjà en montant à l’assaut sous la mitraille. Quatre-vingt-neuf ans après l’Armistice, le dégoût de la guerre est toujours aussi fort. « Un truc absurde, inutile ! A quoi sert de massacrer des gens ? Rien ne peut le justifier, rien ! », confiait-il au Monde en 2005.

La patrie, le devoir, il y a cru, au point de devancer l’appel, en janvier 1916. Il est affecté dans un bataillon de tirailleurs sénégalais : « Forcément, on ne nous mettait pas dans les coins les plus calmes… » Ses illusions s’évanouissent dans la boucherie du Chemin des Dames, en 1917. « Il faut avoir entendu les blessés entre les lignes, criblés d’éclats d’obus. Ils hurlaient, appelaient leurs mères, suppliaient qu’on les achève. Et on ne pouvait pas bouger pour aller les sortir. Les Allemands, on les retrouvait quand on allait chercher de l’eau au puits. On discutait. Ils étaient comme nous, ils en avaient assez. » Louis est ensuite versé dans l’artillerie puis les transmissions jusqu’à l’Armistice. Devenu cheminot, l’homme milite dans des associations pacifistes, s’enferme dans un dégoût silencieux. Il refusera longtemps de raconter ses souvenirs, même à son fils. Dans les années 1990, il a fallu batailler ferme pour qu’il accepte la Légion d’honneur : « Certains de mes camarades n’ont même pas eu droit à une croix de bois… »

Au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), où il vit depuis 1925, Lazare Ponticelli avait, lui, choisi de raconter, encore et encore, aux journalistes ou aux écoliers. C’était devenu une sorte de longue récitation, un exercice cérébral pour lui, mais aussi un travail de mémoire pour les nouvelles générations. « Tous ces jeunes tués, on ne peut pas les oublier. Je tire sur toi, je ne te connais pas. Si seulement tu m’avais fait du mal… » Tant que ses jambes l’ont porté, Lazare Ponticelli est venu se recueillir, chaque 11 novembre, devant un monument aux morts.

 http://www.genarians.com/images/Ponticelli.jpgAujourd’hui, il porte un regard critique sur le travail de mémoire. « On aurait dû s’en occuper quand il y avait encore des gens. Les autorités auraient dû recueillir nos souvenirs beaucoup plus tôt. » Il n’est pas allé à la cérémonie de l’Arc de triomphe quand il y a été invité.

Pourtant, lui aussi y avait cru. Il avait devancé l’appel, en 1914, trichant sur son âge pour s’engager dans la Légion étrangère. « J’ai voulu défendre la France parce qu’elle m’avait donné à manger. » Arrivé à 9 ans dans ce pays, avec un frère à peine plus âgé, il fut ramoneur puis crieur de journaux. « Je distribuais L’Intransigeant. Le jour où Jaurès a été assassiné, j’ai été en rupture de stock. »  Lazare Ponticelli participe aux combats en Argonne puis creuse les premières tranchées. Il aime raconter cette fois où un homme avait été blessé entre les lignes : « Il criait : Venez me chercher, j’ai la jambe coupée. Les brancardiers n’osaient pas sortir. J’y suis allé avec une pince. Je suis d’abord tombé sur un Allemand, le bras en bandoulière. Il m’a fait deux avec ses doigts. J’ai compris qu’il avait deux enfants. Je l’ai pris et l’ai emmené vers les lignes allemandes. Quand ils se sont mis à tirer, il leur a crié d’arrêter. Je l’ai laissé avant la tranchée. Il m’a dit : Merci . Je suis reparti en arrière, près du blessé français. Il serrait les dents. Je l’ai tiré jusqu’à la tranchée, avec sa jambe de travers. Il m’a embrassé et m’a dit : Merci pour mes quatre enfants. »  Quand l’Italie entre à son tour en guerre aux côtés des Alliés, Lazare est envoyé contre son gré se battre dans son pays d’origine. Blessé au visage, il apprend l’Armistice pendant sa convalescence et revient en France en 1920. L’ancien gamin illettré monte alors une entreprise qu’il fera prospérer, avant de passer la main dans les années 1970. Le 11 novembre, Lazare Ponticelli l’a promis, il assistera, comme les années précédentes, à la cérémonie au monument aux morts du Kremlin-Bicêtre. Mais il le dit, s’il est le dernier à partir, il refuse les obsèques nationales. « Ce n’est pas juste d’attendre le dernier poilu. C’est un affront fait à tous les autres, morts sans avoir eu les honneurs qu’ils méritaient. Ils se sont battus comme moi. Ils avaient droit à un geste de leur vivant, même un petit geste, ça aurait suffi. »

Benoît Hopquin (avec Francis Gouge)

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