Un document… des documents !

25 11 2006

Vous avez prévu d'aller visiter un pays exotique pendant les prochaines vacances d'été ? Petits veinards ! Pour préparer cette expédition, vous allez peut-être lire des récits de voyage, consulter des guides touristiques, chercher une liste de documents à consulter… Sans vous en rendre compte, vous allez recourir à différentes sortes de documents : on distingue effectivement ce qu'on appelle les documents primaires des documents secondaires.  

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  • Les documents primaires, qu'est-ce que c'est ?

L'information primaire est une information originale, de « première main », telle qu'elle a été créée par son auteur. Elle se rencontre sous la forme d'un livre, d'un article, d'une thèse, d'un film, d'un brevet… qui constituent des documents primaires. Ces derniers permettent d'accéder à l'intégralité et à la mise en forme initiale de l'information. Ils répondent à un besoin de précision, d'approfondissement.

  • Et les documents secondaires ?

L'information secondaire est le recensement ou l'analyse d'une information primaire qui n'apparaît plus dès lors sous sa forme originale. Elle peut être une notice bibliographique, un résumé, un catalogue… qui sont donc des documents secondaires. Ceux-ci sont utiles lorsque l'on recherche des références bibliographiques, lorsque l'on veut simplement accéder à une synthèse d'un ouvrage (résumé…) parce que le temps manque pour prendre connaissance du document primaire, que ce dernier n'est pas accessible ou que le besoin ne nécessite pas une lecture intégrale.

Oui, bon, d'accord, me direz-vous… et alors ? Pourquoi apprendre à distinguer les documents primaires et secondaires ? Eh bien parce qu'il est important d'identifier le type de document qu'on utilise : si l'on consulte un document secondaire, il peut être intéressant de se reporter dans un second temps au document primaire pour approfondir, préciser, appréhender la démarche de l'auteur. Par ailleurs, il convient de bien comprendre la différence essentielle entre les deux sortes de documents : si l'un correspond à l'analyse ou au signalement d'une œuvre, l'autre est quant à lui l'œuvre originale d'un créateur. Autrement dit, le document secondaire n'est qu'un reflet du document primaire et ne peut en aucun cas se substituer à lui puisqu'il est issu d'une réflexion humaine qui modifie nécessairement l'information originale. Néanmoins, l'intérêt majeur des documents secondaires réside dans le gain de temps qu'ils offrent au chercheur, tant en termes de lecture que de synthèse et de recensement bibliographique. 

Mer.jpgDonc si vous lisez un récit de voyage avant de partir sous les cocotiers, vous aurez entre les mains un document… primaire ! Mais si vous consultez une série de résumés de récits de voyage, vous serez en train de lire un document… secondaire ! Lequel n'en demeure pas moins primordial pour vous permettre de choisir quels livres vous mettrez dans votre valise !

 

MHP



Un nouveau site rigolo… mais pas forcément efficace

19 11 2006

Connaissez-vous miss Dewey ? Elle est jolie, rigolote, impertinente, pleine de manières et s'invite volontiers chez vous. Elle fait des commentaires un peu insolents, tape sur votre écran si vous avez le malheur de vous assoupir en surfant sur le Net… Bref, elle a sa petite personnalité, cette demoiselle ! Bon, ça suffit, me direz-vous, maintenant il faut savoir où rencontrer cette charmante demoiselle !

Désolée de vous décevoir mais miss Dewey n'est que virtuelle. Elle correspond à un nouvel outil de recherche sur le web qui utilise les résultats du moteur Live Search (édité par Microsoft). Pour bénéficier de la compagnie agréable de miss Dewey, votre ordinateur doit disposer d'une carte son et de hauts-parleurs (comme je l'ai précisé précédemment, la demoiselle est une pipelette).

Si cet outil est rigolo et sympathique, il n'est cependant pas très performant pour un usage intensif et quotidien : la vitesse de chargement et d'obtention des résultats est le point noir principal, ainsi que la présentation de la liste de résultats (une liste défile plus ou moins rapidement à droite de l'écran… pas forcément très lisible, surtout que miss Dewey continue à se trémousser sur la gauche pendant que vous tentez de trouver la perle rare !).

Il n'empêche que ce moteur de recherche permet de sortir des sentiers battus et d'introduire une note originale et humaine dans la navigation sur Internet !

Vos commentaires (critiques, remarques, louanges…) sur cet outil sont les bienvenus !

 

MHP

     



Savez-vous bien lire ? (épisode 5)

19 11 2006

Dernier épisode de la saga consacrée à la lecture ! Dans cette ultime étape, je vous invite à découvrir le dénouement : voici les conseils essentiels pour devenir un lecteur de haut vol !

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Pour améliorer votre vitesse de lecture :

1. Diminuez les retours en arrière.

Vous lisez. Vous n'êtes pas sûr d'avoir bien intégré les informations données sur une technique, un événement… Au lieu de revenir en arrière immédiatement pour relire une deuxième fois avec attention et précision, patientez et continuez quelques lignes ou quelques pages : souvent, d'autres informations viennent préciser ce qui précède et confirmer ce que vous saviez mais dont vous doutiez.

2. Lisez en diagonale.

Essayez de parcourir le texte en dessinant des diagonales et en sautant 10 à 12 lignes à la fois. Votre oeil se fixe au début de la première phrase puis descend en diagonale 10 à 12 lignes plus bas jusqu'au dernier mot de la ligne avant de repartir en balayage en sens inverse, 10 à 12 lignes plus bas.

3. Votre oeil étant votre premier outil de lecteur, ménagez-le ! 

- relaxez-vous en bâillant, en vous étirant ;
- massez-vous la nuque ;
- pincez entre le pouce et l'index le point haut du nez à la base des sourcils ;
- massez-vous doucement les tempes en effectuant de petits cercles ;
- clignez des paupières plusieurs fois et relâchez ensuite les paupières en les fermant.

Dressons un petit bilan final pour bien souligner les points essentiels que nous avons abordé tout au long des épisodes précédents :

POUR DEVENIR UN BON LECTEUR…
→ Développer l'habileté perceptive pour diminuer le nombre de points de fixation.
→ Perdre quelques mauvaises habitudes :
- ne plus prononcer tous les mots
- éviter les retours en arrière inutiles
- ne plus confondre les mots qui se ressemblent
→ Essayer de courir de plus en plus vite dans le texte en anticipant sur le texte.
→ Pratiquer une lecture active qui fait travailler l'esprit.
→ Faire des pauses, se détendre dans un endroit calme.
 

A présent, à vous de mettre en pratique tous ces conseils ! Et si vous développez des stratégies personnelles efficaces, postez donc un commentaire sur ce blog : il serait dommage de garder pour vous des "petits trucs" qui pourraient être utiles à d'autres lecteurs !

 

MHP




Savez-vous bien lire ? (épisode 4)

15 11 2006

Et si l'on passait à la vitesse supérieure ? Maintenant que vous savez lire de façon approfondie et en survolant un document, venons-en à une lecture qui s'apparente à un trajet en Formule 1 ou en TGV : tout va vite mais cela n'empêche pas, au contraire, de grappiller des informations au passage !

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La lecture rapide permet de prendre connaissance d'un document dans son ensemble, sans toutefois éluder les développements ni exiger la lecture linéaire et intégrale du texte. Réussir à pratiquer la lecture rapide nécessite un entraînement régulier et les premiers pas sont souvent difficiles. L’apprenti lecteur éprouve fréquemment la crainte de rater des informations, de sabrer les paragraphes, de mal comprendre le sujet traité dans le document. Pourtant, cette méthode a fait ses preuves et se révèle fiable, à condition d’être bien appliquée.

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La lecture rapide met en œuvre la majorité des techniques de lecture survol : lecture des titres et intertitres, repérage des phrases clés, prise de connaissance de l’introduction et de la conclusion… Un élément supplémentaire vient s’ajouter : le mouvement du regard. Tout l’art de la lecture rapide réside dans le balayage du document. L’œil ne saute plus d’un mot à l’autre linéairement mais d’une ligne à l’autre. Il photographie une suite de mots en une seule fois.

j0283551.gif Exercice

Exercez-vous d’abord avec un journal dont les colonnes sont étroites. Suivez la démarche suivante :

  1. Tracez (réellement si le journal vous appartient, virtuellement dans le cas contraire) une ligne verticale au milieu d’une colonne.
  2. Puis lisez en suivant cette ligne, sans faire de mouvements oculaires latéraux.  

L’œil enregistre la totalité de la ligne alors que votre regard ne s’arrête ni au début ni à la fin de celle-ci ! Résultat : la vitesse de lecture est considérablement accrue sans pour autant entraîner une perte de contenu.

Si le document est structuré non pas en colonnes étroites mais en paragraphes larges, alors il convient de procéder de la même façon mais en posant deux fois les yeux sur la même ligne de texte, comme si deux traits verticaux traversaient le paragraphe. Par ailleurs, si certains développements se révèlent redondants ou superflus, ils peuvent être sautés ; la compréhension globale du texte n’en sera pas altérée.

La lecture rapide requiert une grande concentration car les idées sont très vite portées à la connaissance du lecteur. Dans un objectif de rétention d’information, il est donc conseillé de noter les idées à retenir sur une fiche au fur et à mesure de la lecture.

 

Voilà ! Vous connaissez désormais les trois types de lecture ! A vous de les pratiquer en fonction des circonstances et de vos besoins. Plus vous vous exercerez, plus vous deviendrez un lecteur efficace. Au bout d'un moment, vous ne penserez même plus à la méthode que vous appliquez : tout deviendra automatique. Pour les dernières précisions, rendez-vous au dernier épisode de cette saga consacrée à la lecture… Suspense : quels seront les ultimes conseils ?…

 

MHP



Savez-vous bien lire ? (épisode 3)

11 11 2006

Après avoir fait escale auprès de la lecture approfondie, arrêtons-nous désormais sur les rives de la lecture survol. La lecture survol est comme unej0336911.gif sorte de "contraire" de la lecture approfondie, non seulement en ce qui concerne ses objectifs mais aussi en ce qui concerne sa technique. Si la lecture intégrale a pour but de retenir un maximum d'informations, la lecture survol a quant à elle pour objectif le simple repérage des thèmes clés et de la structure d'un document. Les détails deviennent secondaires et ne sont donc pas lus.

Le survol d'un document peut répondre à différents besoins :

tartalacreme[1].gif La recherche d'une information précise dans un document. Il s'agit de la lecture "écrémage". On ne prend rien d'autre que la "crème", autrement dit que les informations qui sont les plus précieuses pour soi.
Exemple : le prix des appartements dans une page de petites annonces.

tartalacreme[1].gif Le repérage de la structure et des sujets traités dans un document avant de faire une lecture approfondie : le survol sert alors à faciliter la lecture intégrale, à la préparer, à rendre plus aisés la compréhension, voire l'apprentissage.
Exemple : la relecture d'un cours en ne lisant que les titres, sous-titres et conclusions.

tartalacreme[1].gif Le repérage de la structure et des sujets traités dans un document en vue de le classer, de l'insérer dans une synthèse…
Exemple : un bibliothécaire pratique une lecture survol lorsqu'il prend connaissance d'un nouvel ouvrage à ranger dans la bibliothèque ; pour cela, il lit le sommaire, le résumé, parcourt rapidement l'introduction, la conclusion, le glossaire. Cette lecture donne une vue d'ensemble du document et permet de le classer.

La technique de la lecture survol consiste en un repérage des éléments de la structure du document, à savoir :

bd15171_.gif L'introduction

Lire attentivement l'introduction permet de situer le contexte, le sujet et la problématique qui sont traités dans le document. De plus, elle annonce le plan (par conséquent, la démarche de l'auteur et les principales thématiques abordées).

bd15171_.gif La conclusion

Elle consiste généralement en une synthèse de ce qui a été énoncé, démontré et résolu dans le corps du document. Condensé du texte, elle est souvent structurée autour des mots clés.

bd15171_.gif Le sommaire

S'il existe, il constitue une sorte de résumé car le plan qu'il présente, plus détaillé que dans l'introduction, est l'armature du document : il est le squelette autour duquel les développements vont venir se greffer dans le corps de l'ouvrage. Il existe plusieurs types de plans facilement repérables :

- le plan classique :   introduction qui pose le problème
                           + développement qui donne des informationsj0336577.gif
                           + conclusion qui donne des solutions
- le plan linéaire : énumérations, descriptions, chronologies…
- le plan par opposition : en deux parties : 
                                    avantages / inconvénients
                                    faits / lois que l'on déduit
                                    avant / après
                                    diagnostic / remèdes
- le plan dialectique : thèse
                            + antithèse
                            + synthèse

bd15171_.gif Les titres

Les titres, présentés dans le sommaire, sont comme le squelette de l'homme : ils permettent à l'oeuvre de tenir debout, de garder une cohérence et de grossir harmonieusement. Ainsi, un titre est généralement informatif, représentatif des développements qu'il précède et mis en valeur (gros caractères, soulignement, décalage du texte…). Il est par conséquent essentiel de bien repérer et lire tous les titres et sous-titres.

bd15171_.gif Les paragraphes

Il est également important de repérer la structure d'un document, c'est-à-dire les différents paragraphes, parfois surmontés d'un intertitre. Ces derniers contiennent souvent les mots clés qui permettent de repérer une information précise. Un paragraphe est un ensemble de phrases qui développent une seule idée (d'où l'adage souvent répété dans les salles de classe : "un paragraphe, une idée"). Elle est fréquemment énoncée en début ou en fin de paragraphe par une ou deux phrases claires et identifiables.  

bd15171_.gif Les mots de liaison

Ces termes aident le lecteur à se repérer dans le texte et à saisir la logique du raisonnement de l'auteur.

Pour développer une idée :
aussi
d'autre part
de même
de plus
également
encore       
en outre
ensuite
par ailleurs
puis
quant à

Pour préciser ou illustrer les conséquences :
ainsi
c'est-à-dire                         
notamment
par exemple

Pour indiquer les conséquences :
ainsi
aussi
c'est pourquoi
dès lors                                              
donc
d'où
en conséquence
 

Pour indiquer les causes ou apporter des preuves :
car                                       
parce que                            
puisque

Pour changer d'idée (opposition) :
cependant
mais
néanmoins
en revanche
pourtant
toutefois

Pour introduire la conclusion :
ainsi
donc
bref
en bref
en définitive
en résumé
finalement
pour conclure

Peeezzr1006.gifTout ceci permet de mettre en oeuvre une méthode simple de lecture : 

1) Lire le titre, l'introduction et la conclusion du document.
2) Repérer les titres, sous-titres et intertitres.
3) Repérer la phrase clé de chaque paragraphe et, s'il manque des précisions, repérer quelques mots importants en s'aidant de la typographie (les termes essentiels sont généralement mis en relief grâce aux caractères gras, italiques, soulignés…).

 

pe03327a.gif Exercice

Objectifs :
Savoir repérer les mots clés d'un texte.
Savoir classer l'information.
Savoir survoler un texte sans le lire intégralement.

Imaginez que vous êtes journaliste. Des informations de toutes sortes (1, 2, 3, etc.) arrivent dans la salle de rédaction. Sous quelle rubrique du journal (A, B, C, etc.) les classez-vous ? Essayez d'être très rapide et de ne pas lire entièrement les phrases. Notez les mots qui vous ont permis de savoir dans quelle rubrique classer les informations.

RUBRIQUES

A. Faits divers
B. Politique étrangère
C. Vie culturelle
D. Vie sociale
E. Vie économique
F. Politique intérieure
G. Nouvelles sportives
H. Météorologie
I. Télévision

INFORMATIONS

1. Le respect du temps de parole télévisé des différents candidats à l'élection présidentielle est mis en question par le CSA.
2. La régie Renault décide, pour des raisons économiques, de renoncer à sponsoriser le cyclisme professionnel.
3. Le ministre des finances annonce la nécessité de réformer les services de l'Etat pour diminuer la dette publique.
4. Le ministère de la culture a nommé les responsables de huit centres dramatiques nationaux qui prendront leur poste, pour la plupart, le 1er janvier prochain.
5. De violentes manifestations ont secoué le Moyen Orient.
6. Une perturbation à caractère pluvio-orageux traversera la France et sera précédée d'un temps chaud et lourd.
7. Le lauréat du prix Goncourt vient d'être révélé.
8. Les résultats financiers de la Sécurité Sociale font apparaître un déficit considérable auquel les responsables politiques tenteront de remédier par une série de réformes. Le débat s'annonce animé à l'Assemblée Nationale.
9. Pour faire face à l'immigration clandestine, les Etats-Unis annoncent la construction d'un mur de protection le long de la frontière avec le Mexique.
10. La CGT d'Air France appelle à la grève le 29 juillet.
11. L'Italie s'est qualifiée pour la finale de la coupe du monde de football.
12. D'après le bilan dressé par l'agence France Presse, sept mille emplois vont être supprimés en juillet.
13. Un immeuble a été évacué en raison d'émanations toxiques provoquées par une fuite de gaz.
14. L'euro est toujours en hausse face au dollar.
15. Le film de Brian de Palma rencontre un franc succès sur les écrans.

 

Autocorrection

1. I (télévisé)
2. G (cyclisme)
3. E (ministre des finances)
4. C (culture)
5. B (Moyen Orient)
6. H (pluvio-orageux)
7. C (Goncourt)
8. E (résultats financiers)
9. B (Etats-Unis)
10. D (CGT, grève)
11. G (coupe du monde, football)
12. D (emplois)
13. A
14. E (euro, dollar)
15. C (film)

Rendez-vous au prochain épisode pour découvrir le dernier type de lecture…

MHP



Jonathan Littell décroche le “Goncourt 2006″

8 11 2006

Lundi, le prestigieux prix Goncourt 2006 était décerné à Jonathan Littell pour sa fresque romanesque intitulée Les bienveillantes. Jonathan Littell n'est autre que le fils de l'auteur américain Robert Littell mais Jonathan, qui a grandi en France, écrit en français, contrairement à son père. L'oeuvre couronnée par l'Académie Goncourt aborde la seconde guerre mondiale à travers l'itinéraire du SS Maximilien Aue.

bienveillantes.gif Pour commander avec la Fnac, cliquez ici !

Pour Nathalie Crom, journaliste à Télérama, "c’est en prêtant voix à un officier supérieur nazi qui, sur quelque neuf cents pages, relate les années 1941-1944 telles qu’il les a vécues, à Berlin et sur le front de l’Est, que Jonathan Littell signe une entrée stupéfiante sur la scène littéraire française". J'avoue ne pas avoir encore eu le temps de lire l'ouvrage ; la critique semble cependant assez unanime quant à la qualité du roman, ce qui ne saurait qu'inciter le lecteur à se ruer dans une librairie pour découvrir (et dévorer !) l'histoire que nous propose Jonathan Littell. J'attends les commentaires de ceux qui connaissent déjà l'ouvrage ou ont commencé à le parcourir !  

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Pour finir, je voulais seulement préciser que Jonathan Littell a refusé de venir en personne chercher son prix, s'affirmant néanmoins très honoré de la récompense obtenue. Ce refus me rappelle la conception de Julien Gracq pour qui un écrivain est par essence un être de l'écrit et non de l'oralité et de la communication médiatique. Un auteur couche sur le papier ce qu'il ne saurait exprimer par la parole. Cela incite à méditer sur certaines pratiques littéraires médiatiques…

 

Voir ailleurs…

Sur le site de Télérama, la critique de Nathalie Crom.  

Sur le site des éditions Gallimard, la présentation de l'ouvrage de Jonathan Littell et la possibilité d'écrire à l'auteur.

 

MHP 

 



Savez-vous bien lire ? (épisode 2)

4 11 2006

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A l'occasion du deuxième volet de cette saga consacrée à la lecture, penchons-nous sur la lecture approfondie.

La lecture approfondie est probablement celle qui vous est la plus familière. Elle consiste à lire intégralement un document. Pour retenir un maximum d'informations, il est nécessaire de les relever, les analyser, les classer. Toute lecture "gratuite", c'est-à-dire non accompagnée de traces écrites, risque d'être perdue. Il vaut mieux prendre le temps de noter et de s'approprier ce que l'on lit plutôt que se hâter de parcourir un document en espérant s'en souvenir.

La lecture approfondie nécessite une série d'opérations :

  1. Recenser les informations contenues dans le texte :
    Isoler les divers renseignements que contient le texte
    Annoter, si cela est possible, le texte dans la marge
    Utiliser, si cela est possible, un surligneur
  2. Sélectionner les informations :
    Eliminer tout ce qui développe un détail, une idée
    Eliminer ce qui répète l'idée sous une autre forme
    Eliminer les exemples qui illustrent l'idée
    Eliminer les moyens mis en oeuvre pour rendre vivant le texte et qui ne nourrissent pas la documentation
  3. Repérer les caractéristiques communes à plusieurs informations
  4. Ordonner l'ensemble des informations :
    En ensembles et
    En sous-ensembles cohérents
  5. Inscrire éventuellement cette organisation dans un tableau ou une fiche adaptés aux besoins de la recherche
  6. Choisir des critères de classement : à cette fin, utiliser les questions suivantes :
    Qui ?
    Quand ?
    Où ?
    Comment ?
    Que s'est-il passé ?
    Quels faits ?
    Quelles causes ?
    Quelles conséquences ?
    Dans quel but ?

j0283551.gifExercice

Objectifs :
bd15171_.gif Savoir repérer les informations importantes dans un document en pratiquant une lecture approfondie.
bd15171_.gif Savoir repérer la structure d'un document.

En pratiquant une lecture intégrale de ce texte, deux lecteurs en ont tiré des informations différentes. Quel lecteur vous semble le plus fidèle au texte ? Pourquoi ?
Le contenu de ce texte peut paraître assez ardu ; l'intérêt est de vous montrer que, même en ne saisissant pas forcément tous les éléments, vous pouvez repérer les points les plus importants, la structure du texte. Ne vous laissez donc pas décourager par le vocabulaire !  

2. La communication : de la transmission de l'information aux processus communicationnels

2.1. Le modèle fondateur de Shannon et Weaver (1945)

La communication a fait l'objet de nombreuses études depuis la célèbre théorie de l'information de Claude Shannon et Warren Weaver et son modèle "émetteur - récepteur" (1945). Centré sur le contenu et la transmission de l'information, ce modèle est vite apparu inadapté à la communication en raison de sa linéarité.

Au cours des années 1950 est ainsi née une deuxième théorie, celle de la "diffusion en deux étapes", issue d'études américaines sur les médias (radio, télévision). Développée dans un contexte de guerre puis de campagnes électorales télévisées et radiodiffusées, cette théorie modélise l'influence que les médias exercent sur le public en distinguant deux étapes de réception. En effet, le média de masse n'agit pas directement sur le public cible mais passe par des "leaders d'opinion", relais auprès des individus de leurs groupes d'appartenance. Ce schéma est couramment utilisé dans le domaine publicitaire dans la mesure où il permet d'accroître l'influence des mass media et des supports de communication sur les opinions individuelles et collectives.

A la même époque, la "théorie marketing", comme la nomme Alex Mucchielli, présente quant à elle une forme très standardisée et normalisée de procédure d'action. La communication se définit dès lors comme une opération à piloter, la résolution d'un problème étant la préoccupation majeure de la communication. En définitive, ces trois modélisations s'avèrent positivistes puisqu'elles s'inscrivent dans une linéarité cause - effet.

2.2. Le glissement des théories de la communication vers une approche sociologique et relationnelle

Cependant, la systémique envahit progressivement le champ des sciences de l'information et de la communication. Ainsi, dès 1954, le modèle sociométrique de Jacob Moreno met en évidence les relations socio-affectives au sein du groupe, introduisant pour la première fois une structure régie par les relations et les places occupées par les éléments qui la composent. La communication devient alors une relation d'affinités (par exemple, sympathie et antipathie) et un canal privilégié du transport de l'information.

Puis les années 1970 voient apparaître l'analyse transactionnelle qui marque une rupture épistémologique : le contenu du message n'est plus le coeur de la réflexion, désormais détrôné par la forme générale du message. Eric Berne montre ainsi les jeux de relations et les types de communication implicite sui s'établissent dans les rapports interpersonnels.  

LECTEUR A

La communication : de la transmission de l'information aux processus communicationnels
               
Le modèle fondateur de Shannon et Weaver (1945)
- Modèle émetteur - récepteur mis au point par Shannon et Weaver
- Mais trop linéaire donc théorie de la diffusion en deux étapes et théorie marketing développées dans les années 1950
>> Trois modélisations positivistes car linéarité cause - effet  
                Le glissement des théories de la communication vers une approche sociologique
et relationnelle
- Modèle sociométrique de Jacob Moreno (1954)
- Analyse transactionnelle d'Eric Berne (années 1970)
>> Jeu des relations et de l'affectivité dans la communication

LECTEUR B

2. La communication : de la transmission de l'information aux processus communicationnels
2.1. Le modèle fondateur de Shannon et Weaver (1945)
De nombreuses études de la communication depuis 1945.
Influence des médias sur le public. 
Linéarité cause - effet.
2.2. Le glissement des théories de la communication vers une approche sociologique et  relationnelle
La systémique envahit les sciences de l'information et de la communication.
La communication comme relation d'affinités et canal du transport de l'information.
L'analyse transactionnelle est une rupture épistémologique.

 

j0283551.gifAutocorrection

Points communs aux deux réponses :
- Utilisation de titres et sous-titres en un classement.
- Elimination de certaines informations.
- Recensement des informations.

Différences :
Le choix des informations fait difficulté puisque le lecteur A a conservé les points clés de sa recherche : il a éliminé développement, exemples, explications. Le lecteur B a glané au hasard des mots et des phrases qui, hors de leur contexte, perdent de leur sens.

Qu'en conclure ?
Il est impossible de donner des méthodes ou des recettes miraculeuses pour tout ! Il arrive quelque fois que seule votre concentration et la mobilisation de votre bon sens vous conduisent au bon résultat. Néanmoins, il apparaît, au terme de cet exercice, que la lecture requiert attention et effort : ce n'est pas en notant des formules qui vous semblent savantes ou jolies que vous parviendrez à sélectionner les informations qui vous intéressent vraiment… et que vous serez capables de comprendre lorsque vous n'aurez plus le document original sous les yeux !

 

Vous savez désormais en quoi consiste la lecture approfondie. Alors, qu'est-ce que la lecture survol ? Est-elle simplement un balayage superficiel d'un document ? Savez-vous déjà pratiquer ce type de lecture ?… Quel suspens… La suite au prochain épisode…

 

MHP