Elaborer un dossier (épisode 3)

6 05 2007

Une fois le plan élaboré (cf. épisode 2 de cette saga dédiée à la réalisation d’un dossier), il faut le développer. En quoi cette étape consiste-t-elle ?

• Le corps du dossier
Il faut désormais rédiger le corps du dossier qui doit répondre au plan : la rédaction doit être personnelle (ni paraphrase, ni recopiage). Il vaut mieux une bonne photocopie qu’une mauvaise paraphrase !
Il faut établir des liaisons entre les différents ensembles et sous-ensembles, utiliser les documents sélectionnés pour expliquer, justifier, démontrer la ou les situations exposées, le ou les problèmes posés. Les documents doivent TOUS être intégrés au texte et placés judicieusement dans le corps du dossier. Il convient aussi d’établir des liaisons entre les documents (idées complémentaires, opposées…).
Exercer une REFLEXION CRITIQUE dans la rédaction en tenant compte des points de vue différents ou contraires est un point essentiel.
Bien entendu, la présentation correcte du dossier (mise en valeur de l’essentiel) est capitale si vous voulez captiver le lecteur. Vous devez prendre garde à :
- l’orthographe
- la calligraphie
- la qualité du vocabulaire

Après avoir rédigé le corps du dossier, vous devez finaliser l’introduction et la conclusion.

• Introduction du dossier
Elle délimite le sujet, précise ce que l’on veut montrer ou démontrer, pose le ou les problèmes.

• Conclusion du dossier
Elle sert à mettre en relief un aspect majeur de la question étudiée, ou à proposer une solution au problème, ou à proposer un élargissement du sujet, ou à ouvrir sur des perspectives nouvelles.

Enfin, voici venu le temps de mettre en forme le sommaire et la bibliographie.

• Le sommaire du dossier (ou table des matières)
Il sert à guider le lecteur. Il est constitué du plan détaillé agrémenté d’une référence aux documents et de la pagination.
Pour bien comprendre la structure d’un sommaire, consultez quelques ouvrages : observez le lien entre le sommaire et le contenu du livre, notez les informations données par le sommaire, réfléchissez à son rôle pour le lecteur.

• La bibliographie du dossier
Elle sert à donner au lecteur des indications quant aux sources que vous avez consultées et à lui donner des pistes de recherche s’il désire approfondir le sujet.

Je vous propose une fiche pratique pour rédiger une bibliographie : Rédiger une bibliographie

Pour vous aider à évaluer votre travail, voici quelques questions à vous poser…

Fiche qualité d’un dossier documentaireCritères d’évaluation d’un dossier :
- Le sujet est-il bien cerné ?
- La production correspond-elle au titre ?
- Qualité du plan : clarté, logique, richesse, équilibre.
- Qualité de l’introduction et de la conclusion : idées, rapport avec l’ensemble, style, orthographe.
- Mise en page, lisibilité, clarté, soin, originalité.
- Documentation : variée dans ses sources et dans ses genres, pertinente.
- Les idées que veut transmettre l’auteur du dossier sont : claires, originales, intéressantes, cohérentes.
- La méthode du dossier documentaire est respectée : sommaire, origine de chaque document, bibliographie, etc.
MHP



Banques de données, mode d’emploi

7 04 2007

 Si vous êtes habitué au jargon informatique, vous avez sûrement déjà entendu parler des banques de données. A priori, on peut deviner ce que désigne cette expression : comme la banque gère notre argent, la banque de données semble naturellement récolter et gèrer des données, des informations. Certes, on peut se contenter de cette définition intuitive. Mais si on connaît précisément ce qu’est une banque de données, alors on peut encore mieux exploiter ces gisements d’informations ! Penchons-nous donc brièvement sur la question… 

  1. Définition 
    Une banque de données peut être définie comme « un ensemble de données relatif à un domaine défini de connaissances et organisé pour être offert aux utilisateurs » (Journal Officiel du 17 janvier 1982). On distingue généralement les bases de données des banques de données : les bases de données sont constituées par des références bibliographiques (on a seulement accès à des listes structurées de documents) tandis que les banques de données procurent une information directement utilisable (textes de loi, articles de presse, statistiques…).
  2. La diversité des banques de données
    Les banques de données donnent directement accès au texte ou à l’information recherchée. Aujourd’hui incontournables pour les entreprises en quête d’information, elles se développent beaucoup et tendent à se spécialiser. Ainsi, une grande diversité de banques de données existe actuellement.
    Exemples :
    Informations générales : Kompass (annuaire professionnel), Agora (AFP)
    Informations juridiques : Infogreffe, Dttravail, Legis, Infocial
    Informations économiques : INSEE
    Informations industrielles : AFNOR, CAFCI (Chambre franco-allemande de commerce et d’industrie)
    La plupart de ces banques de données sont payantes. Cependant, les bibliothèques universitaires s’acquittent fréquemment des droits d’accès, ce qui permet aux usagers de consulter ces immenses réservoirs d’information.  
  3. Les moyens d’accès
    La recherche peut s’effectuer de différentes façons :

    la recherche par menu :
    la structure de la banque de données s’apparente à un réseau routier. Le voyageur emprunte d’abord l’autoroute, puis choisit une route nationale correspondant à un menu, avant de s’engager sur des routes départementales, communales… chacune offrant de nouveau des rubriques et sous-rubriques. Cet accès est généralement utilisé dans les banques de données restreintes car le temps de cheminement est relativement long.

    la recherche par mots-clés :
    l’analyse du besoin d’information a initialement permis de déterminer les termes les plus représentatifs du sujet de recherche ; dès lors, l’utilisateur interroge la banque de données grâce aux mots-clés qu’il a choisi ou pioche dans une liste proposée à l’écran. 

    la recherche par hyperlien :
    cliquer sur un mot ou une zone du document à l’écran pour faire apparaître un autre document constitue un hyperlien. Les avantages de ce procédé sont incontestables : le passage d’un document à l’autre permet non seulement d’affiner la recherche mais aussi d’ouvrir de nouvelles perspectives auxquelles l’utilisateur n’avait pas pensé au départ. Le risque est cependant de se laisser porter par les liens en perdant de vue le besoin d’information initial.


MHP
 



Analyser un tableau de statistiques

18 03 2007

Que diriez-vous d’une petite escale au pays des statistiques ? Partons à la rencontre des tableaux de données statistiques, objet pour le moins d’actualité en cette période de bac blanc et de chiffres électoraux…

L’exploitation d’un tableau consiste à tirer parti des chiffres proposés. Il facilite leur confrontation. Un tableau répond à différents usages :

  • Un tableau sert à classer des informations selon des critères qui peuvent être des ressemblances, des différences, des oppositions, une causalité, une temporalité.
  •  Il peut également inclure et répartir des informations dans des ensembles et sous-ensembles, que ce soit en colonnes ou en lignes.

  • Il permet par ailleurs de visualiser différentes sortes de corrélations, c’est-à-dire qu’il s’agit de mettre en relation des phénomènes.

  •  Enfin, un tableau permet de distinguer facilement un ensemble et ses détails.

L’analyse d’un tableau statistique doit suivre trois étapes :

  1. Le repérage des titres du tableau :
    - unités utilisées
    - source
    - dates retenues
    - forme du tableau (nombre d’entrées, structure…)
  2. La construction du tableau : il est nécessaire de pratiquer une lecture horizontale afin de confronter sur une même ligne les différentes colonnes pour mettre en évidence une évolution ; il est également indispensable de procéder à une lecture verticale, à l’intérieur de la même colonne, pour étudier la succession des chiffres qui permet une comparaison.
  3. L’analyse ligne par ligne puis colonne par colonne pour repérer les détails à relever en vue de l’étude synthétique du document. Il convient alors de repérer :
    -          les chiffres les plus importants,
    -          les écarts remarquables,
    -          les évolutions spectaculaires,
    -          les dates clés,
    -          les répartitions
    -          et les contrastes.

Et maintenant, à vous de travailler !  

Une étude a été menée au sein d’une entreprise. Parmi les données collectées, celles concernant le trajet domicile / travail des salariés ont été rassemblées dans le tableau suivant :

Trajet domicile / travail (en km)      Fréquence          Valeur relative
de 0 à 2                                                         4                         16,67 %
de 2 à 6                                                         9                         37,50 %
de 6 à 10                                                       6                         25,00 %
de 10 à 20                                                     3                         12,50 %
de 20 à 30                                                     2                           8,33 %

Données relatives au trajet domicile-travail des salariés de l’entreprise Duchemin 

Observez ce tableau. Que constatez-vous ? Que pouvez-vous en déduire ?

Proposition de correction

Thème : le trajet domicile - travail des salariés d’une entreprise.
Unités : nombre de salariés et pourcentages.
Lecture colonne à colonne :
Colonne de gauche : la distance en kilomètres du domicile des salariés au lieu de travail.
Colonne centrale : nombre de salariés répartis selon la distance domicile - travail.
Colonne de droite : traduction de la fréquence absolue en pourcentages.
Lecture ligne à ligne : Plus d’un salarié sur trois réside à une distance comprise en deux et six kilomètres de son lieu de travail tandis qu’un salarié sur quatre effectue un trajet compris entre six et dix kilomètres. On observe une fréquence moindre des employés effectuant un trajet supérieur à dix kilomètres entre son domicile et son travail, 20,88% des salariés affirmant cependant parcourir entre dix et trente kilomètres. Seulement 16,67% des employés parcourent moins de deux kilomètres entre leur lieu de résidence et de travail.
Interprétation :
On constate que les salariés de cette entreprise effectuent en majorité un trajet compris entre zéro et dix kilomètres entre leur résidence et leur lieu de travail, à hauteur de 73,17%. Ceux qui parcourent davantage de distance sont environ trois fois moins nombreux. Cette répartition peut s’expliquer par des facteurs psychologiques (une distance inférieure à dix kilomètres permet de limiter les temps de transport), financiers (plus la distance est grande, plus le coût d’acheminement est élevé) et socio-économique (l’emploi détermine  plus souvent le lieu de résidence que l’inverse, surtout si le contexte économique est peu favorable – chômage, etc.).  

MHP