Un défi pour l’école : refléter le métissage culturel

Publié le 6 décembre 2006 par dans Comprendre

En France, depuis la IIIe république, l’école publique est une institution laïque, c’est-à-dire indépendante de toute organisation religieuse. L’école, les professeurs et leurs enseignements se doivent d’être neutres sur le plan confessionnel. Une exigence d’autant plus capitale que notre pays est riche de diverses cultures et religions : catholique, musulmane, juive, protestante…

En Russie, une polémique a gonflé au sein de l’école publique, suite à la décision de 5 régions du pays (dont celles de Belgorod, Toula et Koursk) de rendre obligatoire l’enseignement de la culture orthodoxe*. Car ces cours sont plus que de simples leçons sur l’histoire de l’Eglise orthodoxe, qui a largement prit part à la fondation de la Russie. Ce sont réellement des cours civiques, désignant la Russie actuelle comme un pays d’Orthodoxes. L’autre problème est que ses cours se font au détriment d’autres enseignements qui pourraient concernés les autres religions du pays, comme l’Islam (il y a 20 millions de musulmans en Russie).

Ces cours appelés « Fondements de la culture orthodoxe » inquiètent beaucoup de personnes, dont le ministre de l’enseignement lui-même. Car rendre obligatoire un cours de culture religieuse, dans une école publique, et passer sous silence la culture de la seconde religion du pays peut-être lourd de conséquence.Dans un pays multiconfessionnel tel que la Russie, cette mesure peut contribuer à l’aggravation de la xénophobie. Une xénophobie, malheureusement d’actualité avec la recrudescence des meurtres racistes par rapport à l’année dernière.

Orthodoxe Certes, l’Orthodoxie a modelé la Russie durant des siècles et l’Eglise orthodoxe a beaucoup d’impact sur la population depuis la chute du communisme. Or, la Russie a beaucoup évolué ces dernières années, via de grandes vagues d’immigration. L’éducation nationale, à l’instar d’autres pays doit prendre en compte ce brassage de culture. C’est quoi l’Eglise orthodoxe ?
Branche du christianisme, l’Eglise orthodoxe rassemble les églises chrétiennes de la zone orientale du bassin méditerranéen. Elles sont indépendantes de l’autorité du Pape depuis 1054. La hiérarchie est honorifique. Restés fidèles à la doctrine de l’Eglise chrétienne, ainsi qu’à la Bible, les orthodoxes se distinguent des chrétiens « romains » par une conception différente de l’Eglise. Pour eux, la notion de hiérarchie au sein de l’Eglise est choquante. De même, ils sont plus attachés à la « tradition », au mysticisme qu’à l’interprétation des textes et à la mission apostolique, chère à l’église catholique.

Un commentaire pour “Un défi pour l’école : refléter le métissage culturel”

  1. Alexis dit :

    Bonjour
    Je voulais d’abord dire que cet article est de bonne qualité, et très synthétique.
    Je voulais toutefois préciser une ou deux choses, somme toute peu importante, mais qui aide à comprendre un peu l’église orthodoxe.
    Je crois qu’une différence importante entre l’église catholique et l’église orthodoxe se trouve au niveau théologique, et est directement issue du pseudo schisme de 1054, qui est plutôt une date à retenir pour le confort : c’est la querelle du Filioque. L’église catholique statue que l’Esprit Saint procède du Père et du Fils, tandis que l’église orthodoxe dit que l’Esprit Saint procède du Père par le Fils. Différence apparemment mineure, mais qui continue à empêcher tout rapprochement.
    De plus, l’église orthodoxe ne rejette pas la hiérarchie, mais manque seulement d’une « tête » unique comparable au pape, même si le métropolite de Moscou dispose d’une prééminence de par l’Histoire.
    De plus, espérer une réforme de l’éducation russe semble un voeu pieu, étant donné la tendance au repli sur l’identité russe que pratique le gouvernement, et la Russie telle que nous la connaissons commence vraiment à Ivan le Terrible, donc orthodoxe.

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