La troisième vie du jeu du Conseil Municipal

22 04 2014

Après une naissance dans ma première sixième en 1989 (eh oui, déjà :-( ), le jeu du Conseil municipal a connu une seconde jeunesse grâce aux éditions Hatier qui l’ont publié en marge d’un manuel de 6ème.  Aujourd’hui le jeu nous revient aménagé par Damien Gillot-Rouillard qui l’a mis à sa main.  C’est toute la philosophie du réseau Ludus qui s’exprime ici : inventer, mutualiser, s’approprier puis remutualiser. A qui le tour ?

Voici ce que nous en dit Damien :

« Je suis parti du « jeu du budget » proposé par Hatier en 2005. J’ai créé toute la partie jeu de rôle pour le conseil municipal.

Dsc_0427La moitié de la classe représentait des citoyens qui avaient des projets à défendre pour le voir réaliser grâce au conseil municipal.
L’autre moitié représentait les conseils municipaux.

Le jeu a duré deux heures.

La première heure, par binôme, les élèves préparaient les arguments pour défendre leur projet. Pendant ce temps, les conseillers recevaient leur rôle comme maire, adjoint, conseiller de l’opposition. Le conseil se gère seul puisque chacun suit son rôle.

La deuxième heure, les deux groupes se rencontrent. On dispose la salle de classe comme un conseil municipal. Chaque binôme donne ses arguments pour défendre son projet. Les conseillers débattent.

A la fin, le conseil vote pour les projets retenus, sans dépasser le budget. Le conseil gagne si le budget proposé n’est pas dépassé et si les projets sont dans l’intérêt général. Les autres élèves gagnant sont ceux des projets retenus par le conseil.

L’intérêt de ce jeu de rôle est le travail sur l’argumentation de tous les élèves. Les notions de budget et d’intérêt général sont abordées, mais les élèves découvrent aussi le fonctionnement d’un conseil, le fait que le public puisse y assister en silence, le fait que les partis politiques du conseil ne partagent pas les mêmes points de vue… »

Pour voir les différentes versions du jeu :

Le jeu original sur le site du réseau Ludus

Le jeu sur le site des éditions Hatier

La version de Damien sur son site




Du jeu de rôles en primaire

12 04 2014

Mathieu Darmana, collègue de primaire, a publié sur son blog des jeux de rôles (mâtinés de livres dont vous êtes le héros) pour explorer certaines périodes de l’histoire : Révolution française, 1e et 2e Guerre mondiale… La démarche est originale, rigoureusement conçue et pourrait même être réutilisée en collège telle quelle… ou dans l’idéal susciter des envies de création équivalentes.

A découvrir sur son blog : http://www.louiseetarthur.fr/




Un jeu de cartes pour réviser les repères en 3ème

7 04 2014

Ca fait plaisir de voir qu’il y a encore des enseignants qui s’intéressent au jeu pédagogique traditionnel !  Facile à créer et à réaliser, parfaitement adapté aux besoin de l’enseignant (et pour cause, c’est lui qui crée ou adapte son propre jeu en fonction de ses objectifs), simple à mettre en place et beaucoup moins onéreux que le serious game numérique (dont je ne sous estime pas l’ intérêt néanmoins), le jeu traditionnel, j’en suis convaincu, a un avenir dans les classes. Il est un outil de choix pour motiver les élèves et pour les aider à apprendre et à comprendre. Pas convaincu ? essayez …

En attendant voici le témoignage de notre collègue Damien Gillot-Rouillard de l’académie de Dijon.

repères_F_Gillot-rouillard  « J’ai créé trois jeux de cartes sur les repères, idéal pour réviser en 3e :
- Le premier sur les dates de 6e, 5e, 4e et 3e,

  – Le deuxième sur les régions et capitales de région,

  – le troisième sur les pays de l’Union européenne et leur capitale.

  Chaque carte est recto-verso. Sur le recto d’histoire il y a un événement, au verso il y a la date correspondante. Pour la géographie, sur la   carte région, au verso il y a le nom de la région, au dos sa capitale. Sur la carte de l’Union européenne, au verso il y a le nom du pays, au dos, sa capitale correspondante.

On peut jouer seul : l’élèves se distribue les cartes, et il doit deviner ce qu’il y a derrière, en somme s’il a une région, il doit trouver la capitale, s’il a un événement, il doit trouver la date, s’il a une capitale de l’Union européenne, il doit trouver le pays.

On peut y jouer à trois. Il y a un élève arbitre qui tire une carte. Chaque élève ne voit qu’une face. Le premier qui devine ce qu’il y a derrière a gagné. J’ai fait dans ma classe des parties de cinq cartes, dans un tournoi compétitif (premier tour, quart de final, demi-finale, finale). Mais il peut y avoir de multiples façons d’y jouer… »

Le jeu est téléchargeable directement sur le site de Damien




Jouer pour apprendre : le Pearltrees du réseau Ludus

11 03 2014

 

Depuis plus de 15 ans nous accumulons les jeux pédagogiques et les articles de réflexion.

Au travers de ce Pearltrees, fortement enrichi ces derniers jours, nous poursuivons notre travail de mutualisation en

partageant une partie de ces ressources.

 

 

pearltrees

 

Le pearltrees du réseau Ludus




Vivre avec le salaire minimum ? pas si facile …

10 03 2014

embobiné

Proposé sur le site achACT (actions, consommateurs, travailleurs) ce petit web Game vous met dans la peau d’un jeune obligé de quitter le domicile familial et de gagner sa vie. Pas si facile de gérer un budget quand on ne trouve que des travaux précaires et mal payés.

Une bonne idée d’activité en éducation civique ou en vie de classe

 

http://www.vetementspropres.be/news-info-155.htm




Jeux sérieux et gestion des énergies : quelques pistes

5 01 2014

 

DDPour une transition douce entre les joies un peu émollientes des fêtes de fin d’année et des nouveaux jeux qu’on a reçu à Noël et la reprise qui s’approche dangereusement, un petit article de Pascal Meriaux sur le site histoire-géo de l’Académie de Lyon nous propose une short list de jeux sérieux consacrés à la question des énergies et plus largement du développement durable. On y retrouve sans surprise des classiques comme Ecoville ou Climway mais aussi des jeux récents comme Energy 2020 proposé par l’Union européenne..

C’est à lire ici : http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/histoire/spip.php?article948#948

 

Pour mémoire, l’équipe Educ-Tice de l’IFE avait, il y a trois ans, proposé une analyse des SG sur le développement durable : http://eductice.ens-lyon.fr/EducTice/recherche/jeux/jeux-et-apprentissage/jeu-edd/fiches/recension

On se reportera utilement également au Pearltrees de l’équipe Serious Game et développement durable.

 

Voir aussi sur le site de l’académie de Caen : une fiche didactique sur l’utilisation du SG Halte aux catastrophes et une autres sur l’utilisation du jeu Protégeons l’eau (UNICEF)

coton pickDu coup cette petit recherche m’a permis de découvrir, grâce au site HG de l’académie de Nantes, un petit jeu un peu en marge de la problématique du développement durable mais qui peut se révéler un bon petit déclencheur de discussion sur la question du travail des enfants : Il s’agit de My coton picking life, jouable sur PC, tablette android.

Ca reste néanmoins à tester.




Type : rider : le futur du jeu sérieux ?

24 10 2013

type rider 1

 

Formidable découverte (1) ces derniers jours, avec la dernière production ludique d’Arte : Type:rider.

 

Type:rider n’est pas un jeu sérieux comme les autres, ni dans son fonctionnement, ni dans son esthétique ni dans son modèle économique. Et en cela il franchit une étape vers ce qui sera peut être un nouveau modèle de développement des jeux sérieux, se détournant des utilisations strictement pédagogiques au profit d’une utilisation personnelle ou familiale.

 

Mais commençons plutôt par le commencement. Type:rider est d’abord et avant tout un bon jeu vidéo au travers duquel le joueur découvre le monde des écritures et de la typographie. Ca, c’est pour le côté “serious”. et ce côté là est tout à fait passionnant puisque le joueur navigue en s’instruisant de la préhistoire à l’imprimerie et bien au delà. Le contenu (en tous cas pour ce que j’ai pu en voir, n’ayant pas encore débloqué tous les chapitres !) est particulièrement riche (peut être même un peu ardu parfois pour des élèves de niveau collège) et bien illustré. Il apparait dans de gros grimoires qui se complètent au fur et à mesure de la progression du jeu et qui restent consultables à tout moment ce qui est assez pratique pour une utilisation éducative.

type rider 3

Côté “game”, c’est également une très bonne surprise : le joueur est symbolisé par deux petites boules noires qui circulent au travers d’un univers très poétique constitué de lettres et dans lequel il doit récupérer indices, et autres éléments pour progresser dans le jeu. Outre le déblocage de niveaux supplémentaires, le joueur peut collectionner des trophées grâce à son habileté, son sens de l’observation ou sa “soif de savoir” (en lisant tous les livres). Et là, il s’agit vraiment d’un jeu, ce qui n’est pas toujours le cas dans cette catégorie d’applications numériques. Pour ma part j’ai déjà collecté les trophées collector et 360° et j’entends bien continuer jusqu’à tous les avoir en magasin !

 

Cerise sur le gâteau, les graphismes et même la musique (ce qui est particulièrement rare) sont très très soignés, conférant à Type:rider une atmosphère esthétique et poétique très agréable et qui renforce nettement l’agrément du jeu.

 

type rider 2

 

Mais Type:rider n’est seulement cela : c’est aussi un jeu sur tablette et smartphone évidemment relié à Facebook et Tweeter, un “jeu social” sur Facebook et même une installation interactive destinée à animer des expositions. Une création multisupports qui dit clairement son ambition d’être diffusée très largement.

Du coup, on comprend bien que les coûts de production ont dû dépasser, et sans doute de très loin, les  tarifs habituels de ce type de production. C’est pourquoi, pour disposer du jeu complet sur tablette, il faut s’acquitter de la somme de 2.69 € (en tous cas pour ma tablette Android). Certes ce n’est pas trop cher payé pour un jeu de cette qualité mais on s’était habitués aux serious games gratuits (encore que de l’autre côté de l’Atlantique, cela fait déjà un certain temps que des jeux jadis gratuits s’échangent désormais contre dollars sonnants et trébuchants). Cela risque néanmoins de limiter son utilisation dans un cadre purement scolaire (2). Mais là n’est à l’évidence pas son ambition. Proposer un jeu sérieux, vraiment instructif mais aussi vraiment ludique pour toute la famille est plus probablement l’objectif de ses concepteurs.

 

En tous cas un grand coup de chapeau à l’équipe de Cosmografik dirigée par Théo Le Du Fuentes qui à créé le jeu et aux producteurs Ex-Nihilo et Arte, soutenus par le CNC.

Et une mention spéciale à l’équipe chargée de la musique, qui nous change très agréablement des sons ultra-synthétiques et de la musique de répondeur téléphonique que l’on peut entendre assez souvent dans ce type de production.

 

Type:rider

 

(1) Merci à Christine Galopeau de Almeida de l’Académie de Reims pour me l’avoir signalé !

(2) mais les premiers niveaux sont accessibles gratuitement sur internet.




Serious Game au CDI : récit d’un projet

20 10 2013

Sur le site de Docpourdocs, le récit d’un atelier autour de la conception d’un serious game au collège (sur l’Odyssée en 6e). L’originalité est qu’il s’est fait au CDI, sur l’initiative du profdoc. Bon, objectivement, ça s’est fait dans l’Académie de Créteil (en pointe sur le sujet) et avec le soutien appuyé d’un chef d’établissement, mais ça fait envie…




Retour des e-virtuoses

23 06 2013

Rappel : les e-virtuoses sont une des manifestations majeures concernant le serious game. Alors que le serious game expo de Lyon est davantage orienté business, les e-virtuoses mettent l’accent sur les contenus, la réflexion et la recherche. Ils ont eu lieu les 4-5 juin à Valenciennes où même le soleil était de la partie ! Très soutenus par l’économie locale (la région est devenue est un des pôles majeurs de la création numérique en France), cette manifestation rassemble informaticiens, commanditaires, utilisateurs, chercheurs (dans tous les domaines : sciences de l’éducation, psychologie, médecine…) et toute personne / institution potentiellement intéressée. Sa grande richesse est de pouvoir converser dans la même journée avec un enseignant étatsunien qui utilise World of Warcraft en classe, un informaticien spécialisé dans l’utilisation médicale du SG, un chercheur en psychologie-éthologie, une collègue de la Bibliothèque nationale de France qui mène une campagne d’archivage des SG, un game designer mythique, des étudiants en école d’informatique lançant leur projet… Dense et enrichissant !

Nous y étions invités par Julian Alvarez pour relater l’expérience déjà ancienne de Sim City en géographie 6e, qui relève du « serious gaming » (détournement pédagogique d’un jeu vidéo du commerce). 20 après, c’était l’occasion de prendre un peu de recul et de proposer des pistes de réflexion sur l’évaluation du jeu vidéo; mais finalement, les questions de fond restent les mêmes : est-ce que « ça marche » en classe ?

L’intervention s’insérait dans un « colloque scientifique », avec de très nombreuses interventions variées dont beaucoup dépassaient le seul cadre du jeu vidéo et serious game, en interrogeant les rapports complexes du jeu et de l’éducation. Pour ceux que ça intéresserait et pour qui la météo empêchera cet été d’aller à la plage, l’ensemble des vidéos du colloque sont visibles ici : http://lille1tv.univ-lille1.fr/collections/collection.aspx?id=f4164179-9a58-41e3-b7ee-5506a990e6c5

Dans cet ensemble, je conseille notamment l’introduction de Gilles Brougère : bien que très réservé à l’usage des jeux en éducation, son introduction pose des jalons conceptuels intéressants. L’intervention d’Anne Wix démontre que lorsqu’une académie (Aix Marseille) se mobilise, les initiatives décollent. Celle de Julian Alvarez et de Damien Djaouti proposent une expérience de conception de jeu pour des étudiants : la démarche de projet est transposable avec des élèves. Mei Menassel montre que la ville peut devenir un terrain de jeu. Hélène Michel explore le domaine de la résistance au jeu dans un cursus de management…

Je n’ai pu hélas assister à l’ensemble du colloque, mobilisé par le jury de « serious gaming » qui a distingué l’initiative de Salim Zein : utiliser des jeux de console pour faire de la physique et renouer avec la démarche expérimentale. Sa vidéo de présentation :

Image de prévisualisation YouTube

et une interview complémentaire in situ pour Ludovia : http://www.ludovia.com/2013/06/arcademie/

Je dois avouer que j’ai retrouvé beaucoup de notre enthousiasme initial du réseau Ludus chez ce collègue, adepte des Mains à la Pâte et de la démarche ludique !

Ne manquez pas non plus la conclusion du colloque, occasion d’une rencontre entre un sceptique, un game designer et de jeunes étudiants en informatique pleins de bon sens (leurs propos sont très rassurants sur la réflexion éthique qu’ils semblent avoir complètement intégré).

Un dernier remerciement à l’organisation parfaite et les conditions royales d’accueil.

Pour le réseau Ludus, un événement comme les e-virtuoses pourrait être dans l’avenir l’occasion de tisser des liens avec des chercheurs mesurant réellement ce qui se passe en classe lors de l’utilisation pédagogique d’un jeu, afin de dépasser les seuls discours convenus « pro » ou « anti ».




Un chouette petit jeu de géo déduction

12 05 2013

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J’aime bien quand une idée toute simple devient un chouette petit jeu tout simple lui aussi. C’est incontestablement le cas de Geoguessr – Let’s explore the world.

Il s’agit de localiser sur une planisphère zoomable une série de lieux dont les images sont tirés aléatoirement de google street view. Plus vous êtes proche du lieu, plus vous marquez de points. Pour gagner il faut évidemment tenter de prélever le maximum d’indices en explorant le lieu proposé. Pas toujours facile quand on tombe en plein milieu de l’Australie ou du Saskatchewan.

Au bout de 5 énigmes, le jeu vous donne votre score et c’est reparti pour une nouvelle partie. Difficile de s’en détacher ! Pour l’instant mon record est de 15649. Qui dit mieux ?

Le jeu n’est pas paramétrable et il n’est donc pas possible d’en faire un jeu sérieux adapté à nos leçons dans la mesure où on ne peut pas sélectionner à l’avance des lieux que l’on voudrait faire reconnaitre aux élèves. Mais l’idée est très facile à reprendre, en choisissant, à l’aide de repères choisis à l’avance dans Google Earth, les lieux qui leurs sont proposés en fonction des objectifs poursuivis.

http://geoguessr.com/