ludification : un exemple en primaire

25 05 2015

ludificationOn parle beaucoup de gamification ou ludification ces derniers temps, ce concept qui consiste à organiser une ou des situations d’apprentissage selon les modalités de fonctionnement des jeux et en particulier des jeux de rôles : quêtes, récompenses, déblocages de niveau, situations perturbantes ou personnages non joueur… on peut faire flèche de tout bois pour parvenir au graal de l’enseignant : susciter et maintenir la motivation et l’engagement des joueurs… pardon, des élèves. En effet toutes les études sérieuses montrent que l’engagement dans la tâche est un des piliers de la réussite scolaire. Il faut être de très mauvaise foi ou très mal informé, (ou ne jamais avoir travaillé avec de jeunes élèves de primaire ou de collège) pour considérer que la noblesse de la connaissance et la beauté des textes classiques doit suffire à captiver les jeunes têtes blondes qui nous sont confiées…. Si c’était vrai, ça se saurait depuis longtemps. Il y en a même qui prétendent que l’ennui fait partie intégrante de l’acte d’apprendre…. On a eu droit ces dernières semaines à un florilège consternant en la matière…

Proposé par E. Quatrefages et R. Masse cette activité est un exemple intéressant de ce qui peut se faire en la matière, ici dans le premier degré. Au passage, pour ceux qui croient encore (si, si il y en a) que le jeu pédagogique consiste à organiser des concours de belote en classe, il sera possible de constater l’ampleur du travail en amont pour l’enseignant (autrement plus long et difficile que de préparer un cours classique) et la diversité du travail en aval pour les élèves (autrement plus riche et varié que bien des séances de cours). Bref, voilà une lecture conseillée pour tous et en particulier pour ceux qui confondent encore, et avec quel mépris pour l’éducation dite informelle, le jeu pédagogique avec de « l’animation »…

Voir la présentation de la séquence.




La sexualité est-elle un jeu ?

23 05 2015

« La sexualité est-elle un jeu ? » est un article fort intéressant d’Agnès Giard publié sur le blog sexo de Libération. Elle reprend la thèse d’un ouvrage récent sur la condamnation des jeux par l’Eglise au début de l’histoire du christianisme, à partir du Bas-Empire.

Quel est le point commun avec le réseau Ludus ? Le plaisir, voire l’excès, engendrés par les jeux rend l’Eglise méfiante et prohibitrice. On serait donc là à l’origine de l’attitude culturelle de défiance envers les jeux, donc de leur opposition au sérieux.

Mais on ne va pas davantage commenter un article qui lui-même commente un ouvrage savant : remontez donc à la source !




Jeux video et épistémologie de l’histoire

23 05 2015

Sous ce titre qui pourrait surprendre pas mal de praticiens de la discipline, se cache un blog particulièrement intéressant. Plutôt que de paraphraser les propos de son auteur, voici comment il en définit l’objet : « il est probable que l’appréhension et les représentations du passé historique se réalisent aujourd’hui majoritairement à travers les environnements ludiques de l’univers des jeux vidéos et de l’industrie culturelle de divertissement liée au numérique.« 

En bref, en quoi les jeux video induisent-ils une certaine forme particulière d’appréhension du passé ? Là où les billets dépassent la déjà fatigante question des représentations-des-vilains-yankees-dans-leurs-jeux-impérialistes, c’est dans la dimension positive de l’approche : les jeux video induisent un rapport original de la rencontre d’un individu (ou d’une communauté) avec le passé, par le biais de la ludification. Et on aurait tort de s’en passer…

Le blog est savant et érudit, ce qui est une vraie qualité dans ce champ d’étude : les billets sont denses, très référencés (notamment vers les game studies nord-américaines) et très stimulants à lire. Globalement, c’est typiquement ce qui manque à la réflexion pédago-ludique française.

On notera notamment un point de vue critique envers les serious games (pur produit marketing selon l’auteur) et une réévaluation du serious gaming (le détournement pédagogique de jeux video du commerce). L’auteur évoque plusieurs fois Crusader Kings, à côté duquel nous étions passés, pour le Moyen Age. Au passage, il cite aussi les liens entre jeux et histoire contrefactuelle (l’uchronie dans le domaine de la SF) : on appelait ça les effets de la simulation divergente dans le réseau Ludus.

On devine que l’auteur est universitaire. S’il veut se présenter dans notre blog, il est le bienvenu !




VousNousIls promeut les serious games

6 05 2015

 

Le site VousNousIls promeut les serious games à travers 8 articles balayant tous les niveaux et tous les thèmes.

En prime, un jeu : cherchez-nous, on est dedans !




Du jeu en bibliothèque

6 05 2015

Le très récent rapport de la très sérieuse Inspection Générale des Bibliothèques (avril 2015) porte sur « Jeu et bibliothèque : pour une conjugaison fertile« . Il ne s’intéresse pas qu’au développement de l’offre de jeux video en bibliothèques mais englobe toute la production ludique, même la ludification en BU.

A cet égard, le premier tiers du rapport sera utile à toute personne qui souhaitera se faire une piqure de rappel de culture sur le jeu et des discours qui l’accompagnent.




Questions de définition, de légitimité et d’efficacité

6 05 2015

Les parutions récentes autour des jeux en classe tournent autour de trois questions.

La question de la définition. Dans son billet sur une expérience de jeu dans une école du Québec (« Ludification ou jouons ensemble pour apprendre !« ), Ninon Louise Lepage rappelle que le serious game n’est qu’un aspect (étroit) de toute la gamification (ou ludification) possible à l’école. Moralité : créer un jeu pédagogique, c’est faire de la gamification. C’est sans doute un peu réducteur, d’autant que le principal avantage décrit se situe au niveau de la motivation, mais le billet a le mérite d’être clair et engageant. L’article de Thot Cursus sur « Dix jeux de société pour se perfectionner dans sa propre langue » montre que la frontière est ténue entre jeu du commerce et jeu pédagogique, qu’il ne suffit d’un « presque rien » pour transformer un produit ludique en outil efficace.

La question de la légitimité. Le récent jeu « Soldats inconnus » sur la Première Guerre mondiale a fait l’objet d’un bel argumentaire pour le promouvoir : il semblerait que l’on ait là l’exemple d’un exemple particulièrement réussi d’équilibre jouabilité – réalisme, sans que le jeu ne soit pour autant un jeu de guerre classique (pas testé). En revanche, « Questions de recherche autour des serious games » de Michel Lavigne adopte une posture plus critique envers les serious games, s’appuyant sur une explication du contexte économique de production et une enquête de perception auprès d’étudiants (eux-mêmes plus ou moins joueurs). Si le billet me semble souffrir d’un pré-supposé, il n’en reste pas moins très intéressant à lire (y compris dans les commentaires) pour prendre un peu de recul. Face à la polémique « Assassin Creed » sur la Révolution française, le site Thot Cursus pose la question « Peut-on enseigner l’histoire avec le jeu vidéo ? » : la réponse est fort intelligemment nuancée et encore une fois, la confusion vient de la pensée magique que le jeu va modeler à lui seul l’imaginaire des joueurs. Heureusement, il y a des journalistes pour rappeler aux politiques qu’il existe des enseignants… Si le sujet vous intéresse, prenez un peu de temps pour voir, lire et écouter ce documentaire de France Culture sur ce jeu polémique et son rapport à l’Histoire. L’INRIA se pose moins la question et adopte le ludique pour faire découvrir les rudiments de l’informatique aux plus jeunes, la Belgique utilise le jeu des portraits pour sensibiliser aux comportements sur le web, deux doctorants conçoivent un jeu pour simuler l’évolution du climat au lycée. Les initiatives qui semblent s’accélérer ces derniers mois répondent à la question de la légitimité par l’action.

La question de l’efficacité. L’article de Thot Cursus « Alors, les serious games en classe ? Ça fonctionne ? » semble limiter la question aux jeux sérieux en ligne, mais les références citées (dont de très sérieuses études citées déjà par André Tricot) concernent l’ensemble des jeux pédagogiques. On ne pourra que souscrire à la conclusion du billet : « L’approche par le jeu n’est donc pas une panacée éducative, mais il a visiblement tout à fait sa place dans le coffre à outils de tout enseignant. »  De même, le court compte-rendu du même site sur « Le jeu pour apprendre les valeurs d’entreprendre » résume la conclusion principale d’une thèse sur l’usage d’un jeu de simulation (non numérique) de gestion d’entreprise en école d’ingénieurs : le jeu semble être une méthode pédagogique efficace pour ancrer plus durablement la valeur de « progrès permanent ».




La conquête des droits sociaux

28 04 2015

IMG_20150331_162030Inspiré par le jeu, Décolonisation de Sébastien Peigné, lui même inspiré de Non merci St Nicolas (produit en 2003 dans le cadre de la campagne « Vêtements propres »), le jeu proposé par notre collègue de Loire Atlantique Elisabeth Jousseaume ne manque pas d’intérêt. Il s’agit d’un jeu dont le thème est la conquête des droits au XIXème siècle. Avec ses règles simples et facilement explicables aux élèves, il semble particulièrement jouable. Avec générosité, Elisabeth nous propose l’ensemble de ses documents de travail : règle, plateau, fiche de jeu et même documents pour l’exploitation pédagogique. Si vous utilisez , merci de transmettre vos impressions à l’auteure : elisabeth.jousseaume_gmail.com [remplacez le _ par @]

descriptif jeu 2015 plateau jeu 2015 fiche jeu 2015 Synthèse jeu 2015 règle du jeu 2015 cartes jeu 2015

Dans la même famille : la conquête des droits fruit d’un travail d’équipe lors d’un de nos stages « jeu » (2006)




La seigneurie médiévale

20 04 2015

Notre collègue de Dijon Damien Gillot-Rouillard nous propose un jeu très complet sur la seigneurie médiévale. C’est à voir ici

http://www.hgec.fr/jouer_en_classe/jeu_de_role_les_seigneuries_5e.html

seigneurie Sur le même thème :

 

   Moyen âge
Pèlerinage à Compostelle Il était une fois au moyen âge  Cluedo médiéval
 Caen 1417 Fief  1480
 Enigme au château de Caen Oriflamme  La Méditerranée au XIIème
 Intrigues au temps de Louis VI le gros  Félonie !  Le temps des croisades
Histoire dont vous êtes le héros : un ambassadeur musulman à Aix la Chapelle Histoire dont vous êtes le héros : Louis IX  Mystère à l’abbaye
 Charrues et bubons  Les découvreurs  Les 5 empires

 

 




Je cherche un job ! (DP3)

12 04 2015
Titre du jeu Je cherche un job !
Auteur Denis Sestier et Nathalie Helly
Niveau de classe concerné Troisième option DP3 (mais peut être utilisé dans de nombreux niveaux de classes)
Description rapide du jeu Jeu de rôle mettant les élèves en situation de demandeur d’emploi. Ils répondent à une petite annonce pour obtenir un emploi. Pour cela il leur faut se projeter dans l’avenir et créer leur personnage, tels qu’ils s’imaginent à l’âge adulte. Ils ont ensuite à rédiger un CV et une lettre de motivation en veillant à ce qu’ils correspondent au profil de l’annonce proposée. Ils doivent également préparer un entretien d’embauche. Dans un deuxième temps,  le groupe est divisé en deux et chaque élève passe un entretien d’embauche devant ses camarades qui l’évaluent avec une grille d’évaluation commune. Le vainqueur de chaque demi-groupe passe un entretien d’embauche devant toute la classe. Le vainqueur final obtient l’emploi.
Insertion dans le programme /
Durée et déroulement Quatre à six séances selon les élèves et selon les choix d’organisation.

  • En général : une séance pour présenter le jeu et préparer la fiche personnageune à deux séances pour le CV et la lettre de motivation
  • une séance pour préparer l’entretien
  • une à deux séances d’entretiens selon le nombre d’élèves du groupe.
Matériel
  • Une offre d’emploi réelle tirée de la presse locale ou nationale ou du site de Pôle Emploi.
  • Une fiche de préparation de personnage (voir exemple 2013-14_fiche personnage)
  • Quelques liens ou fiches-outil (comment rédiger une lettre de motivation, un CV, comment réussir un entretien d’embauche, Google maps pour localiser le lieu de travail de l’annonce, Pages Jaunes …)
Compétences et capacités travaillées
  • Se projeter dans l’avenir
  • Se documenter, rédiger un CV, une lettre de motivation
  • Se présenter à l’oral et participer à un entretien face à un groupe.
  • Approfondir sa connaissance du monde du travail (notamment ici les situations liées à l’embauche)

 




Pour le plaisir !

8 04 2015

 

 

 

Y’a des messages comme ça qui font plaisir et qui donnent envie de continuer à chercher et à mutualiser. Merci Rémi !

remi

 

 

Et en plus, Rémi nous a inventé une nouvelle catégorie de jeu à laquelle on n’avait pas encore pensé : la comédie musicale dont vous êtes le héros ! Epoustouflant !

https://www.facebook.com/pages/Mystere-sur-lEmpire-R%C3%A9mi-Mass%C3%A9/488455867915282