Back to the Future : le krach de 1929

7 12 2014


Dans le temps, j’avais conçu un jeu fort énervant (pour les participants) pour simuler avec des 3e le krach de Wall Street en 1929.

Un collègue genevois m’a demandé les fichiers du jeu, mais ceux-ci ont dû disparaître dans les entrailles de mes ordis respectifs (l’archivage n’est plus ce qu’il était).

Voici donc la réponse que je lui ai adressée, afin que cela bénéficie à tous ceux qui seraient tenter par tester ce jeu simple (et qui ne transforme pas les élèves en spéculateurs financiers, je précise pour le Front de Gauche, ou alors juste pendant 50 minutes) :

 

 

« Les documents sont très simples à concevoir :

1) un tableau du cours des actions de type :

entreprise 1 entreprise 2 entreprise 3
1927 100 150 75
1928 110 200 85
1929 50 75 10

Les noms des entreprises sont fictives, on peut en ajouter autant qu’on veut (sans ne pas dépasser 5 pour éviter trop de manipulations). Les cours des actions sont fantaisistes et très exagérés, c’est juste pour faire comprendre le choc du krach.
Je conseille de commencer avec un tableau débutant autour de 1925, histoire que les élèves s’approprient le mécanisme (avec une montée des cours différente mais réelle selon les entreprises).

On peut continuer ce tableau (à la baisse) jusqu’en 1932 (Roosevelt et New Deal).

Ce tableau était retroprojeté à l’époque (en ne faisant apparaitre que l’année en cours et en cachant bien les années suivantes). Je suppose qu’un affichage des cours sur vidéo projecteur va être beaucoup plus efficace…

2) des actions de chaque entreprise

J’avais prévu des coupons de « 1 action », « 5 actions » et « 10 actions » pour chaque entreprise. On peut se limiter à des coupons « 1 action » si on veut faire simple.

3) des billets de banque (de type Monopoly ou autre) : on peut s’en passer, mais c’est prendre un risque sur l’argent que les équipes d’élèves vont déclarer avoir…

4) matériel par équipe :
– calculatrice
– brouillon
– sans doute un tableau récapitulatif qui recense les liquidités et la valeur des actions de chaque année détenues par chaque équipe (pas obligatoire)

Mais pourquoi pas un fichier de tableur comme excel ou calc par équipe pour gérer en direct et remplacer le tout ?

Ne pas oublier que les équipes peuvent acheter mais également vendre leurs actions : il y a donc beaucoup de manipulations, d’allers et venues, voire d’enthousiasme quand ça monte et de cris quand ça descend. Prendre 1 ou 2 assistants dans les élèves n’est pas du luxe.

Matériel optionnel : une cloche pour annoncer comme à Wall Street le début et la fin des transactions.

Je déconseille la possibilité de se vendre entre équipes les actions : on ne vend et achète qu’à l’enseignant.

Pour info, on a mené ce jeu avec des enseignants d’histoire en changeant les dates (2025, 2026…) et avec des actions actuelles. Ils se sont fait piéger comme les élèves et ont réagi comme eux… »




Ca bouge dans la pédagogie ludique !

30 11 2014

Pour compenser mon manque d’activité sur ce blog, je publie ce billet qui recense plusieurs initiatives récentes dans le monde de la pédagogie ludique :

- vous êtes enseignant et anglophone ? Vous ne faites pas partie des collègues anti-américains primaires ? Vous  aimez jouer ? Alors demandez votre mutation à NY où une école de 600 élèves entièrement basée sur la pédagogie du jeu (et semble-t-il très peu sur le numérique), intitulée Quest To Learn. Découvrez en plus dans cet article de Ouest France.

- comme tout le monde, vous avez entendu parler des MOOC (cours en ligne massivement ouverts), mais comme tout le monde, vous avez remis à après-demain votre inscription, en attendant que le Père Noël vous offre des journées de 48 h. Peut-être que ce nouveau MOOC qui porte sur l’apport des jeux vidéo aux apprentissages vous convaincra de sauter le pas ? C’est en anglais…

- le Web Pédagogique a publié un petit billet de synthèse sur la pédagogie du jeu.

- on peut préparer le bac français avec un jeu, même s’il est aussi simple que les 7 familles : la preuve ici.

- une manifestation « En-jeux de société » a porté sur l’importance des jeux dans notre société en novembre dernier. Ça semble assez light et commercial (Benjamin Castaldi comme expert, on peut mieux faire), sponsoring de la Française des Jeux oblige, mais pourquoi pas pour prendre un peu de recul ?

- un article (et non une émission à podcaster) de France Tuture sur la vision de l’histoire dans les jeux vidéos, notamment suite à la réaction d’un politique national en mal de polémique face à la vision de la Révolution dans un jeu vidéo récent. C’est surprenant que l’on considère que le jeu vidéo va magiquement imposer une vision de l’histoire et que ses auteurs ont une responsabilité pédagogique. Non, non et non : le jeu vidéo a la liberté de son discours, comme le cinéma, la BD ou la littérature (auxquels on ne fait jamais ce genre de procès débiles) et c’est à l’enseignant, s’il le souhaite, de faire COMPARER ce qui se trouve dans le jeu vidéo et  la réalité historique (ou du moins ce qu’on en sait). Et puis, M. Mélenchon, considérer que Robespierre n’était pas un tyran, c’est une interprétation qui n’est pas moins subjective que celle que vous dénoncez dans Assassin Creed

- Apprentis d’Auteuil met en ligne un jeu pour les 25 ans des droits de l’enfant. Désolé : pas testé… Mais visiblement inspiré de l’excellent jeu de cartes Time Line, au mécanisme génialement simple et bougrement efficace avec une classe.

- et pour finir, un serious game comme on aimerait en voir plus souvent sur le sauvetage des œuvres du Louvre pendant la Seconde Guerre mondiale : simple, addictif, réaliste, malin, pas facile et français ! Toutes les explications sur cette page (où vous aurez aussi les références du reportage sur la réalité vraie, afin d’éviter de confondre, comme M. Mélenchon, réalité et jeu vidéo). Pour info, j’ai réussi à sauver quelques œuvres (mais j’ai perdu la Joconde, désolé chef), j’ai été viré par Malraux à la Libération après avoir été menacé par les Résistants de collaboration. Je ne m’en tire pas si mal car je connais des collègues qui ont fini décoré de la francisque (dans le jeu vidéo, je le précise pour M. Mélenchon, donc pas en vrai).

Vivement les vacances de Noël de Nivôse (gros big up amis du Front de Gauche) pour avoir le temps de tout tester !

PS : les arguments des détracteurs du jeu vidéo sur Robie (Robespierre pour ses intimes) ont été publiés sur le site de Libé.




Au nom d’Allah : jouer les conquêtes des débuts de l’Islam

2 11 2014

les jeux du griffon est une jeune société d’édition de wargames installée à Douarnenez.

P1010175Pour en apprendre un peu plus on pourra lire l’interview de son créateur sur le blog Dimicatio.

Au nom d’Allah est un jeu en solitaire de Lionel Liron, qui en est d’ailleurs aussi l’illustrateur.

Il s’agit ni plus ni moins que de jouer la conquête musulmane depuis la mort du prophète en 632 jusqu’à la bataille de Poitiers en 732.

Le jeu est livré en boite et propose un matériel de bonne qualité même s’il s’agit d’une production artisanale.

Il s’agit d’un jeu en solitaire basé sur des mécanismes assez simples. les règles sont clairement rédigées et compréhensibles même pour un joueur peu familier du monde du wargame.

 

Comme souvent dans ce type de jeu, la manipulation des pions est P1010178assez gourmande en temps et on aura intérêt à les garder classés dans des sachets différents ce qui fera gagner du temps lors des parties suivantes.

Joué en solitaire, le jeu est plaisant, mais la question pour nous est plutôt d’essayer de voir s’il est possible d’en tirer une adaptation pour la classe.

Il est évident qu’une utilisation collective en classe nécessitera une révision importante et surtout une simplification drastique des règles ainsi que du matériel utilisé. Mais la philosophie générale du jeu, qui se déroule à l’échelle stratégique de l’Europe occidentale à l’Asie centrale,  peut aisément servir de base à la mise en place d’une activité ludique intéressante, en particulier en classe de 5ème. On pourra même sans trop de difficulté réutiliser tout ou partie du matériel, en tous cas assurément le plateau de jeu, dont on peut signaler au passage qu’il est esthétiquement réussi. En revanche (sauf à être renforcé au préalable), il n’est pas suffisamment solide pour une utilisation intensive en classe. Il pourra cependant sans difficulté être projeté à l’aide d’une webcam ou d’une Flex Cam reliées au vidéoprojecteur.

La difficulté principale réside dans le fait qu’il sera difficile de mener une partie entière sur le temps de classe. Peut-être alors peut-on se limiter à jouer, collectivement et en classe, un ou deux tours de jeu simplifiés afin d’en comprendre les mécanismes. Dans un deuxième temps une comparaison peut alors porter sur le plateau photographié à la fin d’une partie réelle en solitaire (jouée par exemple pP1010179ar l’enseignant lors d’une exténuante séance de préparation de cours Sourire)   et d’une carte des conquêtes en 751. Les questions des élèves sont généralement nourries dans ce genre de situation et l’assimilation en est facilitée. Dans tous les cas le jeu aura permis aux élèves de s’imprégner de l’espace des conquêtes musulmanes, des noms des civilisations confrontées à cette conquête mais aussi de la période concernée. Ils comprendront aussi peut-être plus facilement le lien étroit qui existe entre la naissance de cette nouvelle religion et les conquêtes qui l’ont suivie. Bien sûr le jeu ne peut suffire à enseigner ce chapitre du programme mais il peut être une bonne entrée en matière ou, pourquoi pas, également une bonne activité de synthèse. Si on à la chance d’intervenir dans le cadre d’IDD, alors une exploitation plus substantielle peut être envisagée.

Je n’ai malheureusement plus de 5ème pour tester ce jeu en classe mais nous sommes preneurs du récit de toute expérience de ce type.

 

 

 

P1010180

 

Les jeux du Griffon,  Les Jeux du GRIFFON 4, rue Duguay-Trouin 29100 DOUARNENEZ

Au nom d’Allah




Le prix de l’essentiel : un jeu pour mieux comprendre les questions de pauvreté

11 10 2014

Regardez ce petit reportage. Il n’y a pas qu’à l’école que le jeu peut être un bon moyen de réflexion. Ici il s’agit d’une initiative citoyenne d’un groupe paroissial catholique québécois. Le jeu qu’ils ont créé permet aux joueurs de gérer un budget dans des conditions « réelles ». Et gérer le budget d’une famille démunie n’est pas chose aisée !
Un véritable « jeu sérieux » non numérique qui peut servir de source d’inspiration pour de nombreuses thématiques.
Il vous permettra en plus de prendre un bon bol d’accent québécois et de paysages enneigés ce qui ne gâte rien.




Bürokratopoly : réédition d’un jeu de société Est-allemand anti-dictature

1 10 2014

Bürokratopoly - Lehrerheft-Cover KleinIntéressante et réjouissante nouvelle. Si je connaissais l’existence de jeux d’inspiration nazie dans l’Allemagne d’Hitler, j’ignorais en revanche celle de ce jeu est-allemand de 1980 réalisé par un militant des droits de l’homme Martin Böttger.

Il vient d’être actualisé et réédité par le musée de la RDA à Berlin.

 

La suite sur : http://www.arcinfo.ch/fr/monde/allemagne-apprendre-la-rda-grace-a-un-jeu-de-societe-577-1353449




Jeu de rôles en seconde : le congrès de Vienne (1815)

7 07 2014

Alexandra Rayzal a mené un jeu de rôle historique avec sa classe de seconde, sur le thème du Congrès de Vienne (1815). Il est amusant de constater que c’est cet exemple qui était d’ailleurs décrit dans le vénérable Que Sais-Je de Mucchielli (cf. notre page ressources).

Quelques enseignements :

- la description de sa séquence montre que le jeu de rôles est une démarche adaptée avec les élèves, y compris par équipes.

- la séquence ne nécessite pas un dispositif complexe : des fiches d’objectifs simples, des négociations. Pas de dé, pas de règles (ou si peu), pas de pions…

- on est en plein dans la simulation divergente : si ça se trouve, les élèves parviennent à un résultat historique complètement différent. Et peu importe ! L’important est le travail de comparaison avec ce qui s’est réellement passé et là réside le vrai travail intellectuel.

Et si l’auteure (que nous remercions vivement) peut nous en dire plus sur l’évaluation, nous serons ravis !




Oral, physique et jeu

28 06 2014

Une activité quasi ludique en physique chimie, combinant oral, cartes et émulation : simple à mettre en oeuvre (avec une petite inspiration du Pictionary) et sûrement efficace, du moins suffisamment pour être décrit sur un site officiel labellisé par l’inspection. Mazette !




Jeux d’émulation online en français

28 06 2014

Un bel exemple de pédagogie ludique en français dans la classe de Carlos Guerreiro (au Lycée de l’Arc à Orange, dans le Vaucluse), qui utilise la souplesse du numérique sans monter une usine à gaz (puisque mobilisant surtout du jeu d’émulation), en seconde qui plus est.




Du vieux avec du neuf ?

28 06 2014

Olivier Le Deuff, blogueur émérite dans le domaine des sciences de l’information (pour aller vite) avec « Le guide des égarés« , a publié un billet stimulant sur l’usage des jeux en pédagogie : la pédagogie du jeu est-elle vieux jeu ?.

Certes l’exemple cité est très surprenant : toutes les règles habituelles de gestion de la classe (les retards, le travail oublié etc.) passent par des règles et des récompenses de type jeu de rôles en ligne (MORPG), ici d’inspiration Warcraft en l’occurrence. Comme je suis assez pragmatique, je me dis que si ça marche, pourquoi pas ? J’ai quand même plus de doutes sur certains aspects éthiques (peut-on gamifier aussi les insultes entre élèves ?) et sur le maintien dans la durée. Quoiqu’il en soit, ça a le mérite d’être original…

Mais O. Le Deuff analyse peu l’exemple en soi : il s’en sert davantage pour tenir un discours assez surprenant, et pour tout avouer assez décevant, sur l’école. Certes, l’exemple suscité puise en effet dans des recettes anciennes, dont celle de la pédagogie de la récompense et de l’émulation dont les Jésuites étaient déjà experts en leur temps. On pourrait même ajouter qu’il présente de fortes similitudes avec les ceintures de comportement de la pédagogie institutionnelle.

Là où ça devient discutable, c’est que cet exemple appuie un discours sur la défense des classes de niveaux, sur l’intérêt supérieur de la note à celui de la mesure des compétences, voire sur le complot institutionnel qui vise à décérébrer tous bambins via l’école et ses réformes forcément stupides. Non, méritocratie (qui resterait d’ailleurs à définir) ne s’oppose pas forcément à démocratie : de même que le jeu n’est pas LA solution à tous les questionnements pédagogiques (ça fait 20 ans que nous le répétons), il serait grand temps de comprendre que si chacun propose une solution unique aux soucis de l’école, on en sera au même point dans 20 ans. Je préférerai comprendre l’article d’O. Le Deuff comme une incitation à élargir le panel des moyens utilisés que d’une tentation de jeter le bébé avec l’eau du bain…




Cursus Honorum

4 05 2014
Titre du jeu Cursus Honorum
Auteur Catherine Picquet et François Joffrion
Niveau de classe concerné Sixième
Description rapide du jeu Le but du jeu est de faire gravir le cursus honorum aux membres de sa famille. 
Pour cela on utilise une version simplifiée du jeu  » les colons de Catane » (Eurogames) sur un plateau représentant les principaux quartiers d’une ville romaine : le forum, des quartiers d’habitat, des temples, des quartiers de loisirs. 
Chaque type de quartier permet d’obtenir des cartes (electeurs, faveur des dieux ou popularité) nécessaires à l’obtention de magistratures.
Insertion dans le programme Chapitre sur la République romaine
Durée Une heure 
Mode d’organisation (individuel, par équipe… ) et nombre maximum, minimum de joueur Chaque famille peut être représentée par un ou 2 élèves. On joue à 4 familles par plateau. De plus, un élève peut jouer le rôle de l’arbitre  banquier. 
Matériel * Un plateau de jeu représentant la ville romaine
* les cartes à gagner
* le plateau du cursus
* 10 pions par joueur représentant sa fami1le
* 10 pions représentant ses partisans
* 10 rues par joueurs
* 2 dés
Déroulement Voir la règle du jeu pour le détail
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