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Euromed game : la rencontre euro-méditerranéenne Dimanche, 28 novembre 2010

Euromed game, à la réalisation duquel j’ai eu le plaisir de participer, est un jeu sérieux un peu atypique. Il s’agit d’un jeu, initialement conçu pour être joué sur plateau et qui a finalement été adapté et développé sur informatique. Ca donne au total un gros jeu à télécharger sur disque dur avant de pouvoir jouer.

De quoi s’agit-il ? Euromed game a été voulu et produit par SALTO-YOUTH (Support, Advanced Learning and Training Opportunities within the European YOUTH), un organisme dépendant de l’Union européenne.

L’enjeu était de créer un outil destiné à animer des sessions de formation réunissant des jeunes européens et des ressortissants de pays du pourtour méditerranéen partenaires de l’UE. Il s’agissait donc de réaliser un jeu qui permette la découverte mutuelle et l’amélioration des connaissances des jeunes concernés sur l’UE et sur les pays partenaires.

Inspiré du Risk (pour les objectifs différents selon les joueurs), du Trivial (pour les questions), du Jeu de Loi (pour le livre de référence) et de tout un tas d’autres jeux, Euromed game est avant tout destiné à de jeunes adultes et à des sessions de formation en éducation informelle. Mais, très ludique, entièrement en anglais et proposant des questions de tout niveau et dans des domaines variés (culture, politique, économie, institutions européennes …)  le jeu peut peut être trouver sa place en lycée et pourquoi pas en collège (par exemple dans des sections européennes).

C’est à découvrir ici.

The mummy maker : le serieux jeu deux en un ! Mercredi, 20 octobre 2010

Apprendre l’anglais et à momifier son prochain, en voilà un jeu complet ! Bon, c’est vrai, embaumeur aujourd’hui c’est plus tellement un métier d’avenir. En revanche, travailler son anglais, ça peut être utile ! Si en plus on peut le faire en s’amusant et en découvrant les rites mortuaires égyptiens, alors là, c’est carrément trop bien, comme dit ma fille !

Le niveau d’anglais est un peu élevé pour des sixièmes. Forcément, c’est un jeu anglais, publié sur l’excellent site de la BBC. L’utilisation scolaire de ce jeu nécessite donc, soit une collaboration avec le collègue d’anglais (cela pourrait faire une excellente activité pour des classes bilangues), soit une utilisation collective avec un vidéoprojecteur (en classe entière, on arrive toujours à se débrouiller.). On peut également, pourquoi pas, envisager une collaboration avec le prof de SVT (les explications techniques sont assez précises).

Même si l’insertion dans le programme de sixième n’est pas si évidente, The mummy maker est une activité à garder sous le coude, par exemple dans le cas de travaux d’approfondissement.

to go to the game, click there with your mulot

Passeur de mémoire : Le jeu sérieux des anciens combattants Mercredi, 13 octobre 2010

L’ONAC, office national des anciens combattants, sort lui aussi, son jeu sérieux. Il s’agit de revisiter les conflits du XXème siècle pour aider son grand père, ancien combattant récidiviste (puisqu’il avoue lui même avoir combattu dans tous les conflits du XXème ce qui est quand même de la gourmandise !) mais amnésique, à retrouver la mémoire. Pour cela, il faudra traverser des épreuves qui permettent, aux dires des concepteurs du jeu, d’améliorer sa connaissance des conflits contemporains et des anciens combattants. Au delà de la glorification de l’esprit ancien combattant, le jeu propose de courtes explications qui pourraient permettre aux élèves de revoir un peu certains aspects de leurs leçons d’histoire tout en s’amusant. Il est possible par exemple d’équiper un poilu de 14 ou de réécouter l’appel du 18 juin. Il y a sans doute d’autres choses à découvrir mais ayant planté mon taxi de la Marne dans un marigot et disposant d’un copieux capital de copies à corriger (qui contrairement au CAC 40 n’a pas tendance à baisser) sur mon bureau, je n’ai vraiment pas le temps de poursuivre l’exploration !

C’est à tester ici

Radio Laser et le jeu sérieux Mardi, 12 octobre 2010

Connaissez vous Radio laser ? Moi non plus jusqu’à aujourd’hui. Cette radio bretonne propose pourtant de bien bonnes choses et en particulier un entretien avec Laurent Auneau responsable de la société Succubus Interactive, basée à Nantes. Cette entreprise d’une dizaine de salariés est spécialisée dans le jeu sérieux.Vous y découvrirez par exemple qu’il y a plus de joueuses que de joueurs ou qu’un papy ou une mamie sur 4 joue aux jeux vidéos. Mais l’ensemble de l’interview est passionnante. On peut l’écouter ici.

http://www.radiolaser.fr/Jouer-oui-mais-avec-un-jeu-serieux_a1064.html

Du côté d’Amiens Jeudi, 16 septembre 2010

Cela faisait un petit bout de temps que je n’étais pas allé traîner mes guêtres du côté de nos collègues Dominique Natanson et Marc Berthou qui, dans l’académie d’Amiens, ont mis en place eux aussi un stage de formation à l’enseignement par le jeu et un site de mutualisation. Le site s’est étoffé de nouveaux jeux non seulement en histoire-géo mais aussi dans d’autres disciplines comme le français, le latin, la techno, les langues ou les SVT. Parmi les nouveautés, j’ai repéré un excellent jeu de Dominique Natanson sur les citoyens romains (2nde) ainsi qu’un jeu de français sur le moyen âge que je vais d’ailleurs transmettre derechef à mes collègues de français pour test ! Tous ces jeux sont bien sûr, comme ceux du réseau ludus, conçus par des enseignants de terrain qui les testent en classe.

Il y en bien d’autres à découvrir ici

Créer une entreprise fictive en éco-gestion Mercredi, 15 septembre 2010

Expérience intéressante découverte ce matin grâce au Café Pédagogique.

Deux enseignants d’un lycée de Maurepas (académie de Versailles) ont créé pour leurs élèves une entreprise fictive dont l’objet est la conception et la commercialisation de produits cosmétiques bio.  Voici ce qu’en disent les concepteurs : « L’objectif est de mettre les élèves en situation. Les séances s’articulent autour d’activités professionnelles destinées d’une part à les faire réfléchir sur une problématique d’autre part à trouver des solutions.

Cette méthode inductive permet de motiver, impliquer et responsabiliser l’apprenant. En effet, il se sent davantage concerné par une formation dont il est « acteur principal ».

A mi chemin du jeu de rôle et de la simulation globale, cette proposition pédagogique innovante et ludique est à découvrir ici : SARL Figue de barbarie

Qu’est ce qu’un jeu éducatif efficace ? Vendredi, 3 septembre 2010

http://www.jaimemaplanete

En voila une question qu’elle est bonne ! Et en ces temps de rentrée scolaire et de bonnes résolutions (c’est sûr cette année je crée plein de jeux nouveaux, mais cette fois c’est vrai, je le fais !) il n’est pas inutile de se la poser

Sur son blog PédagoTic, le chercheur québécois Patrick Giroux, professeur au département des sciences de l’éducation et de psychologie de l’Université du Québec à Chicoutimi, rend compte du chapitre d’un livre de Louise Sauvé et D. Kaufman consacré à l’efficacité des jeux pédagogiques.

Parmi les ingrédients qui, selon les deux auteurs, feraient l’efficacité d’un jeu pédagogique on trouve la répétition, le fractionnement des contenus et l’équilibre entre jeu et apprentissage, la rétroaction qui permet l’évaluation rapide des options choisies et le renforcement.

Le jeu renforce aussi la motivation des apprenants notamment au travers de quelques éléments comme  le défi et la compétition, l’activité plutôt que la passivité, le travail collectif et d’équipe  et l’interactivité (entre les joueurs, avec le jeu …).

Le blog est à découvrir ici

Les références du livre (si quelqu’un veut me l’offrir pour mon anniversaire, je suis preneur) : Sauvé, L. & D. Kaufman (Eds.) (2010). Jeux et simulations éducatifs: Études de cas et leçons apprises. Québec (Québec), Canada: Presses de l’Université du Québec.

Discover Babylon : un serious game mésopotamien Dimanche, 29 août 2010

Image de prévisualisation YouTubeEn ces temps de rentrée et de début de programme de 6ème,  l’orient ancien est dans toutes nos têtes. C’est l’occasion de présenter le jeu américain Discover Babylon. Produit par la Fédération des Scientifiques Américains, l’Université de Californie, la Cuneiform Digital Library Initiative et plusieurs autres institutions prestigieuses, ce jeu sérieux ne manque pas d’intérêt. Plongé d’abord dans la peau d’un scientifique du musée de Baltimore vous devrez d’abord réunir un certain nombre d’informations et d’objets concernant les civilisations mésopotamiennes. Dans un deuxième temps, immergé dans l’orient ancien et incarnant un jeune scribe, vous devrez résoudre un certains nombre de problèmes et d’énigmes afin de collecter des informations et de progresser dans le jeu.

Bien que de conception déjà ancienne (le fonctionnement se rapproche des premières versions d’Egypte, l’énigme de la tombe royale ou de Versailles), ce jeu propose un assez bon équilibre entre l’aspect ludique et le volet didactique. Les épreuves sont variées et restent accessibles (on n’est pas coincé 15 jours par une énigme impossible comme dans certains autres jeux que je ne nommerais pas). On progresse donc assez vite ce qui permet de ne pas se lasser trop rapidement.  En revanche les déplacements sont parfois inutilement fastidieux. J’avoue cependant y avoir passé quelques heures, poussé par l’envie de franchir les différents niveaux … Il m’en reste d’ailleurs encore pas mal et j’y retourne de ce pas !

S’il parait difficile de l’utiliser dans le cadre de la classe, ce jeu pourrait être un bon outil complémentaire pour les élèves de sixième s’il n’était intégralement en anglais, ce qui est bien dommage.

Le site du jeu

Ethique ludique : jeu vidéo vs jeu de société ? Samedi, 28 août 2010

source : http://etablissements.ac-amiens.fr/0021398j/

A l’occasion de la sortie du dernier numéro de Plato magazine, j’ai feuilleté le numéro de mai juin 2010 qui, dans la grande bagarre de la fin de l’année scolaire, m’était je dois le dire passé au dessus de la tête !

J’y ai retrouvé dans l’éditorial de Didier Delhez une interrogation intéressante et qui n’est pas sans rapport avec la réflexion sur l’utilisation du jeu en classe. Celui ci se demande en effet si l’on peut jouer sur tous les sujets. C’est une question que nous sous sommes souvent posée au réseau Ludus. La réponse est même, s’agissant du jeu pédagogique, évidente : non on ne peut pas jouer sur tous les sujets. (voir sur le site du réseau Ludus)

Mais l’auteur introduit une distinction intéressante entre le jeu vidéo qui s’égare beaucoup plus souvent – et beaucoup plus intensément – que le jeu de société réel du côté de la violence, même virtuelle ! Et de conclure : « Si demain un jeu de société vous permet d’incarner avec réalisme un personnage amoral et de lui faire accomplir des actes de violence gratuite, de sadisme et de torture, y jouerez-vous ? Aimerez-vous ? Le jeu de société obligeant à avoir une relation sociale, réelle, oseriez-vous montrer en « live » vos bas instincts à vos partenaires de table ? »

Et si, la grande supériorité du jeu de société sur le jeu vidéo était précisément d’amener les joueurs à établir des relations sociales encadrées par une règle qui ne permet pas tout ? Et si le fait de ne pas pouvoir renaître de ses cendres à volonté ou de rejouer telle séquence jusqu’à maîtrise parfaite était aussi un apprentissage du réel ? Et si se confronter aux autres, en vrai, était le meilleur moyen de grandir ?

Peut être alors que le jeu de société trouverait, enfin, une place au moins à parité avec le jeu vidéo, dans la réflexion actuelle sur l’utilisation du jeu en classe.

Plato magazine



BarCamp à Ludovia : le jeu pédagogique (numérique) en question Vendredi, 27 août 2010

A lire sur le blog de Mario Asselin, l’intéressant compte rendu de la rencontre tenu à Lors de Ludovia le 25 août dernier sur le thème :

Comment introduire l’apprentissage par les jeux dans les pratiques pédagogiques?

Apparemment pas mal d’idées ont été agitées lors de cette rencontre dont  quelques unes fort intéressantes (le jeu a-t-il une valeur pédagogique ? Comment reconnaître les compétences acquises dans le jeu ? Quels jeux choisir ? …)

D’autres questions me semblent relever davantage de l’idée reçue que du fruit de l’expérience (« les parents pour qui jouer est incompatible avec apprendre », c’est quelque chose que nous n’avons jamais remarqué, bien au contraire, ou encore « Le jeu ne rend-il pas le reste du travail d’enseignement-apprentissage rebutant », là encore, bien au contraire, le jeu utilisé régulièrement mais sans excès permet de dynamiser la relation pédagogique dans la classe et donne un nouvel élan à l’ensemble des pratiques en permettant aux élèves de mieux en saisir le sens et l’intérêt).

Enfin et pour élargir, malgré tout l’intérêt qu’on peut porter au jeu vidéo, j’ai, comme souvent, ce regret que la réflexion sur le jeu pédagogique se limite de plus en plus au jeu vidéo. Il me semble pourtant que la problématique « Pourquoi et comment utiliser le jeu  pour apprendre ? » ne peut se limiter à une seule de ses manifestations. Le jeu pédagogique, ce n’est évidemment pas seulement le jeu vidéo, bien loin de là ! Au réseau Ludus, nous en sommes convaincus, le jeu pédagogique non numérique a de beaux jours devant lui dans les classes, ne serait ce que parce qu’il est facile à créer, facile à mettre en oeuvre, totalement gratuit (ou presque) et que l’enseignant en reste totalement maître d’oeuvre.