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Jeux sérieux et pédagogie : on avance Lundi, 31 janvier 2011

Un compte-rendu « Jeux sérieux : quel apprentissages ? » (par Sonia Mandin) vient d’être publié sur le site de l’Agence des usages des TICE du Ministère (amen).

Plutôt que de faire de la paraphrase, je signale deux points particulièrement intéressants :

- Eric Sanchez a formalisé les conditions pour mener un jeu en classe : c’est ICI, ce qui permet d’enrichir nos « 10 commandements…« .

- Sonia Mandin évoque la plus value des jeux dans les « apprentissages profonds : « la compréhension des mécanismes de causalité, la génération d’explications, d’argumentations ou de raisonnements critiques, la résolution de conflits, entre autres« , en lien avec les démarches de résolution de problème. C’est ce qu’on écrivait il y a 10 ans sur l’intérêt du jeu de simulation, en plus moderne.

Bon, ça fait plaisir que ça commence à aller dans le même sens…

Les voies du seigneur… Dimanche, 23 janvier 2011

L’entreprise Succubus vient de publier un manifeste en faveur du jeu sérieux, en fait une plaquette de quelques pages avec des arguments assez classiques sur les intérêts pédagogiques de ce support (Café Pédagogique du 21 janvier 2011). Rien que du très classique dans la famille des argumentaires commerciaux : après tout, cette plaquette cherche à convaincre des entreprises, pas vraiment des pédagogues qui pourront rester sceptiques sur la légèreté des modèles d’apprentissage proposés… Au passage, on notera l’emploi du terme « ludisme » qui renvoie à la composante ludique du jeu (par rapport à son apport en contenu).

Mais la surprise vient de la mention d’un jeu surprenant (c’est le moins qu’on puisse dire…) dans la plaquette, à côté des classiques « Forestia » ou « Electro City » : Operation Pedopriest. Vous êtes chargé par le Vatican d’étouffer les scandales de pédophilie causés par les membres du clergé, que l’on voit carrément dans le jeu passer à l’acte sur les enfants  ! Vous perdez si la presse relaie ces informations et si trop de prêtres sont arrêtés… Pour l’éviter, vous pouvez faire exfiltrer les prêtres coupables par hélico…

Quand on va voir les autres jeux de la firme qui produit Pedopriest, Molle Industrie, on n’est guère étonné : Oligarchy sur les magouilles diplomatico-pétrolières, Mac Donald’s videogame sur les « dirty secrets » de l’entreprise, orgasm simulator… Bref, du « jeu sérieux » très engagé et sûrement très pédagogique (c’est de l’ironie, je dis ça à l’intention des mal-comprenants). On a bien compris que le but de l’entreprise est de convaincre que le jeu vidéo peut aussi servir des causes politiques, qu’elles soient engagées, critiques, radicales… grâce au second (troisième etc.) degré, merci.

Mais quelles que soient nos (et vos) convictions, il  paraît quand même surprenant de mettre tous ces jeux sur le même plan. Et ce serait bien que le Café Pédagogique lise et explore un peu ce que l’industrie du jeu vidéo lui soumet avant de le publier ! Car désormais, la plaquette commerciale qui fait l’apologie de Pedopriest est liée au dossier sur « enseigner avec les jeux« . On souhaiterait que le Café Pédagogique soit aussi réactif et critique sur le lobbying des industries culturelles qu’il est sur la dernière des mesurettes gouvernementales.

Non, décidément, ça, ce n’est pas sérieux…

Du LDVELH sur mobile Jeudi, 13 janvier 2011

On n’y croyait plus : les bibliothécaires les mettent au pilon, les djeunes ne savent même pas que ça a existé, les bouquinistes font la moue quand vous voulez leur refourguer votre collec’… Eh bien les Livres Dont Vous Etes les Héros (LDVELH) revivent grâce aux smartphones et autres tablettes.

C’est à lire ici, sur un blog du Monde.

PS : à propos de djeunes, vous avez vu la spectaculaire vidéo qui nous fait prendre conscience du temps qui passe ?

Image de prévisualisation YouTube
Du JdR à la BnF Mardi, 28 décembre 2010

Trouvé par hasard sur le ouèbe (pour faire classe, sachez que ça s’appelle de la « sérendipité »)… Je disais donc que j’étais en pleine sérendipitude, quand je suis tombé sur le site de l’expo virtuelle de la Bibliothèque Nationale de France (BnF) sur le roi Arthur.

Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai découvert que le site propose aussi du jeu de rôles (JdR) sur le thème. Et quand on télécharge le document, il ne s’agit rien de moins qu’un jeu complet (avec règles, personnages, scénario). Intrigué, j’ai poursuivi ma quête, pour dénicher deux autres jeux de rôles complets, l’un sur des héros mycéniens, l’autre sur des super héros, dans le cadre d’une classe virtuelle BnF sur les héros.

Le jeu de rôles ne sera sans doute pas utilisable tel quel en classe, mais cela permettra à ceux qui ne connaissent pas ce genre ludique de le découvrir par des productions de qualité, conçues par Imaginez.net (en lien avec la Fédération Française de Jeux de Rôles).

Mais que fait Mireille Dumas ?

La crise des missiles de Cuba 1962 Lundi, 20 décembre 2010

Cet épisode avait déjà fait l’objet d’un jeu et le site du réseau avait épluché sa conception.

Ici, il s’agit d’une forme que j’affectionne particulièrement en raison de sa simplicité et de son efficacité : le « livre dont vous êtes le héros » (une présentation d’un contexte, plusieurs choix possibles, renvoyant à d’autres choix, le tout organisé en un savant système de rétroactions). Vous pouvez choisir de jouer Castro, JFK ou Nikita. On vous présente l’action, les choix (souvent 4) et au bout de quelques validations, vous avez le résultat final (j’ai réussi en deux parties à déclencher une guerre nucléaire mondiale et à obtenir le retrait des fusées pacifiquement).

Bon d’accord, c’est cheap : version texte uniquement, peu de choix et d’actions, mise en page rappelant la préhistoire du web. Et c’est en anglais.

Mais je reste persuadé que ce mode de simulation, informatique ou papier, est une des formes pédago-ludiques les plus efficaces : pas de règles de jeu, plusieurs parties possibles, entrée dans la tête des acteurs, réflexion sur la pertinence des choix.

A vous de jouer : c’est LA.

Des jeux pour mieux comprendre Dimanche, 28 novembre 2010

C’est le titre d’un article du Courrier International (du 18/11/2010) décrivant surtout les expériences anglo-saxonnes dans le domaine du jeu sérieux. Avec des conclusions enthousiasmantes si j’étais éditeur de jeu vidéo.

Et c’est bien dommage parce que le arguments avancés sont bien ceux des jeux de simulation, vidéo ou pas, sérieux ou pas. Mais bon…

L’Académie de Créteil passe à la vitesse supérieure Mercredi, 24 novembre 2010

Certes, la vidéo qui présente l’EduGameLab se limite aux déclarations d’intention, mais que de progrès dans les discours officiels en 20 ans…

On saluera au passage Julien Llanas qui a joué un rôle de pionnier dans ce domaine !

Les jeux sérieux à l’Académie Mercredi, 6 octobre 2010

… à l’Académie de Créteil qui propose une sélection de serious games classés selon les domaines d’enseignement.

C’est à découvrir ICI pour trouver votre bonheur.

Eco Reporter à Andromède Mercredi, 22 septembre 2010

En voilà un serious game qu’il est bien !

Vous incarnez un reporter qui doit réaliser une enquête sur un éco-quartier de l’agglomération de Toulouse (Andromède). Vous vous baladez librement en interrogeant les concepteurs (paysagiste, architecte…) et les habitants du coin. Les dialogues se font un peu sur le mode QCM (vous choisissez parmi plusieurs questions, plus ou moins pertinentes, qui amènent des réponses que vous pouvez mémoriser dans le bloc-notes), tout en prenant des photos. La navigation est libre dans le quartier, mais si vous suivez les indices donnés par les personnages rencontrés, ça vous donne accès à des tuyaux inédits (par exemple, le paysagiste ne parlera pas du plan d’eau spontanément, mais seulement si vous êtes envoyé par sa maman qui s’y promène tous les jours).

Une fois votre périple achevé (mais c’est vous qui le déterminez, cela dit dit vous recez assez vite des emails de votre rédac’ chef qui vous réclame votre papier si vous traînez), vous utilisez vos notes pour rédiger un article. Là où ça devient carrément pédagogique, c’est que tout se fait en glisser-déposer (les titres, les infos, les photos). Une fois achevé, vous envoyez le tout au boss qui vous donne son avis (est-ce qu’il manque des photos, des infos…). On peut même imprimer le résultat final !

En somme, un jeu très simple à utiliser, axé sur l’EEDD, faisant même travailler le français (sélection d’infos, organisation logique de l’article final, choix des illustrations) de manière souple. Certes, la présentation du quartier est un peu angélique, mais ce sera l’objet d’une réflexion finale avec les élèves sur les origines du jeu.

Un grand merci à Damien Djaouti pour avoir contribué à cette réalisation et pour me l’avoir signalé.

Ah oui, c’est LAKIFOCLIKER

PS : vous imaginez la même chose dans Athènes au 5e siècle avant notre ère ? Ou sous la Révolution française ?

Vacances en Equateur Vendredi, 9 juillet 2010

… oui, mais comme journaliste et pas pour enquêter sur la qualité des plages, mais sur les procès en cours contre de grandes compagnies pétrolières accusées d’avoir déversé des quantités astronomiques de produits polluants dans la forêt amazonienne. Il est produit par Canal+ et est accessible ICI.

Vous l’avez sans doute deviné : il s’agit d’un « webdoc« , un format légèrement différent du documentaire classique puisqu’à certains moments, il faut choisir ses actions (et donc ses destinations, ses interlocuteurs et ses questions puisque vous menez l’enquête). Quel rapport avec le jeu ? Les plus anciens d’entre nous auront reconnu le modèle du « livre dont vous êtes le héros », en format papier, découpé en paragraphes qui revoient à des choix d’action. En classe, l’élève (ou son groupe) a donc à prendre des décisions, ainsi qu’à évaluer leur pertinence, pour aller au terme de l’aventure.

Si le contenu reste édifiant et effrayant sur cette affaire que je ne connaissais pas, c’est plutôt du côté ludique que ce webdoc pêche un peu : les choix faits n’entraînent pas véritablement de conséquences sur l’enquête. On aurait pu imaginer que trop d’impertinence à l’égard du juge d’instruction vous vaille des ennuis avec la police (et mette fin à l’enquête) ou bien que le temps soit compté (si on veut tout explorer méthodiquement, on perd son temps et l’enquête n’est pas bouclée). Au pire, certaines questions disparaissent quand on ne les a pas choisies dès la première fois. Mais de toute façon, quels que soient les choix, on arrive au bout en 20 minutes.

Cela dit, ce webdoc est clair, utilisable en collège, avec des cartes, des photos, des vidéos et des propos accessibles. C’est à mon avis un des formats d’avenir pour le documentaire et surtout pour le jeu vidéo pédagogique (j’en avais déjà dit tout le bien que j’en pensais avec le webdoc sur le charbon en Chine).