Le réseau Ludus : jouer en classe

Un blog pédago-ludique du WebPédagogique

Quand le Ministère de la Tuture se met à promouvoir la lecture pour les plus jeunes, ça donne -entre autres- un jeu : « Mon Livre préféré« , téléchargeable gratuitement ICI, dans le cadre de la campagne « A vous de lire » du 27 au 31 mai prochain (qui remplace Lire en Fête).

Le jeu se compose de plusieurs fichiers pdf à imprimer, donnant un jeu complet (s’il vous manque un dé, prenez celui que vous avez confisqué à Kévin).

Le but du jeu est … (qui a dit « de gagner, eh, banane ! » ?) de susciter l’envie de lire autour de questions sur les livres (littérature jeunesse, BD, mangas…) mais aussi sur les pratiques de lecture (sur les bibliothèques par exemple). Là où le jeu séduit, c’est dans ses questions « Epreuves » (des formes de défis comme « dessine le mouton du petit Prince« ) ou dans les questions « A ton avis » (« de quel personnage aimerais-tu être l’ami ? Explique pourquoi » : la question est gagnée si les autres participants comprennent la réponse… pas bête !). On évite ainsi l’écueil d’une énième version d’un Trivial Pursuit sur la littérature qui aurait saoûlé tout le monde.

Je ne l’ai pas encore testé, mais je sens que ça va être le jeu final du défi-lecture chez mes sixièmes cette année !

Quand j’étais prof d’histoire (ma vie antérieure, comme dirait Paco Rabanne), j’avais commis un petit texte fictif pour faire comprendre l’importance de l’Eglise au Moyen Age. On suivait un pèlerin qui partait à Saint-Jacques de Compostelle et qui tenait un journal, prétexte à découvrir les principaux aspects de l’Eglise dans la société médiévale (c’était aussi exotique que Star Wars pour mes élèves). On lisait le récit et comme Jehan était rudement sympa, il passait par des endroits décrits dans le manuel (le bol, pas possible !) et on remplissait un questionnaire de synthèse sur le sujet (si je le retrouve et que ça intéresse du monde, je le mets en ligne mais foquejereètelamainsurcedéromequidoitêtreparlac’estsurquec’estlaquejel’avaisposé).

Une collègue, Emmanuelle Peyron, a repris le texte et l’a fait transformer en livre avec l’excellent logiciel Didapages. Les chapitres sont lus par les élèves. C’est disponible si vous cliquez ICI. Merci à elle et à eux !

Mais là où je voulais en venir, c’est que j’aimerais bien transformer ça en LDVELH, Livre Dont Vous Etes Le Heros pour les intimes. Vous savez ces livres-jeux où on choisit ses actions et qui renvoient à des paragraphes mélangés dans le livre. Si vous ne voyez pas, jetez un oeil ICI.

Un texte à transformer en pages html avec de simples liens, c’est à la portée du premier venu, donc moi. Des collègues avaient même réussi à enrichir le tout en html lors d’un stage du réseau Ludus (mais foaussiquejeretrouvelecédérome). Mais ce que j’aimerais réussir, c’est que l’élève puisse inscrire son nom, qu’il y ait des listes déroulantes de choix, que le programme enregistre et mémorise les actions et résultats etc. le tout dans une ambiance djeune, fraîche et colorée.

Alors si quelqu’un sait quel logiciel je pourrais utiliser, voire quel langage de programmation, je suis preneur de vos bons tuyaux !

En ces temps d’élection européenne, pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour tester et peut être utiliser les jeux didactiques (ça me semble être une bonne traduction de l’expression « jeu sérieux » qui commence à me fatiguer les oreilles !) du site Myeurope dont l’objectif annoncé est de développer l’éducation à la citoyenneté européenne.
Les jeux sont accessibles en cliquant ici.
null

C’est peu dire que le jeu de rôle n’a pas toujours bonne presse dans le grand public et dans certains médias (ceci expliquant peut être cela ?). Raison de plus pour aller y voir de plus près. Le jeu de rôle peut-il être utilisé en situation éducative ? le réseau Ludus en a déjà donné plusieurs exemples (voir en particulier sur ce blog, la présentation de Mystère au monastère, ou sur le site du réseau Ludus, celle de « J’ai vécu la révolution et l’empire »). Pour aller plus loin, on pourra consulter le mémoire déjà un peu ancien (1998) mais toujours intéressant de Roland Butor décrivant une expérience d’utilisation du jeu de rôle en EREA à Berk sur Mer.
On complètera utilement cette lecture en parcourant le site « Le jeu de rôle citoyen » créé pour soutenir les initiatives d’utilisation du jeu de rôle « …auprès de populations qui ont besoin de disposer d’une activité attrayante, conviviale, stimulante, structurée mais non compétitive et pas trop complexe. »
Sont ainsi présentées de nombreuses initiatives intéressantes d’utilisation du jeu de rôle auprès d’enfants malades ou de personnes malvoyantes (entre autres). La simulation globale (dont j’aurais l’occasion de vous reparler bientôt) n’est pas oubliée et, cerise sur le gâteau, un système de jeu simplifié destiné à l’initiation de personnes ne pouvant ou ne souhaitant pas entrer dans des systèmes plus élaborés est proposé sur le site. Une lecture intéressante pour l’enseignant qui souhaite en savoir un peu plus sur le JdR.

Image : une partie de Donjons et Dragons (source : http://upload.wikimedia.org/)

Virtualregatta.comQuel est le point commun entre Vendée Globe, la Volvo Ocean Race ou la Rolex Sydney Hobart ?
Ces compétition de voile sont toutes l’objet d’un jeu gratuit en ligne qui permet de construire et de gérer son bateau sur le même parcours que les vrais ! Le risque et l’inconfort en moins bien sûr … Pour ma part j’ai attrapé le virus en suivant le tour du monde d’un porte conteneur filmé par Thalassa l’an dernier et proposé dans le même temps comme jeu en ligne.
Quel rapport avec la classe me direz vous ? J’ai créé l’an dernier un porte conteneur pour mes élèves de troisième et nous avons pu suivre ensemble le parcours autour du monde. Ce jeu, pas directement intégré au cours, était tout simplement l’occasion de revoir sans en avoir l’air les principaux repères du globe et d’introduire au chapitre sur les échanges mondiaux. Nous avons d’ailleurs clôturé le travail par une visite en bateau du port du Havre.
J’ai replongé cette année avec la Volvo Ocean Race qui place le joueur au commandes d’un voilier de course : choix des voiles, des routes, étude des vents, connaissance des continents et des océans, contacts (en anglais bien sûr) avec les autres concurrents de toutes nationalités…
Ces jeux, très populaires (plus de 200 000 bateaux inscrit au Vendée Globe Virtuel d’après les chiffres de Virtual Regatta.com qui organise ces jeux), présentent certaines caractéristiques qui laissent à penser qu’ils pourraient faire de très bonnes activités de pédagogie ludique. Comme un serious game qui ne se prendrait pas au sérieux …
En tous cas, après avoir testé ce type de jeu devant les élèves, je l’envisage très sérieusement avec eux. Ce pourrait être d’ailleurs l’occasion de lancer des défis interclasses ou inter-établissements avec mise en place d’une correspondance électronique.
Bon en attendant, je retourne à mon bateau… Ah oui, j’oubliais, il y a quand même un défaut : ces jeux sont assez addictifs… Mais puisque c’est pour le travail…
Plus de précisions sur virtualragatta
La Volvo Ocean Race

Pour commencer, et pour sourire, un lien vers un article du web pedagogique qui présente « le jeu de l’oie de l’enseignant moderne ». A jouer les jours de prérentrée pour se remettre dans le bain.

Les blogs (comme les sites d’ailleurs) consacrés à l’utilisation du jeu dans la classe sont très peu nombreux. Voici une ébauche d’article qui recense les quelques liens glanés sur la toile.

Le blog de Nicole de Grandmont (qui a aussi développé un site sur le jeu ) propose des reflexions de fond sur l’utilisation du jeu en classe.

Un blog intitulé « Utilisation du jeu en Pédagogie. Une approche originale et efficace de l’enseignement. » met en ligne quelques articles d’une enseignante en comptabilité dans le supérieur.

Ce site d’un éditeur de jeux mathématiques n’est pas un blog. Cependant, ses liens sous la rubrique « Le jeu pédagogique » sont une mine d’information. Vous pouvez aussi vous abonner à une lettre d’information gratuite « la lettre du jeu pédagogique ».

N’hésitez pas à compléter la liste par vos découvertes ou vos créations ….

* Présentation :
Depuis quelques années, j’utilise le « Jeu des chaises » en 6ème pour montrer à la fois l’inégale répartition des hommes sur la terre mais aussi l’inégale répartition des richesses.
A ma connaissance, le jeu est apparu pour la première fois sur le net sur le site Afric-impact qui proposait les règles de base.
Le principe du jeu est simple : les élèves sont répartis proportionnellement selon la population de chaque continent. Ensuite la richesse du monde est distribuée (on peut demander aux élèves de s’asseoir sur des chaises ou distribuer des assiettes en carton ou n’importe quoi d’autre qui représente cette richesse).
Le résultat est très spectaculaire : les moins nombreux se répartissent l’essentiel de la richesse, alors que les plus nombreux ont peu de chose à partager.

Les données sont aujourd’hui obsolètes puisque la population mondiale a augmenté. Par ailleurs, à la simple lecture de l’article, plusieurs auteurs ont pu avoir des idées pour développer le jeu, comme par exemple sur le site d’Etudiants & Développement ou encore sur Agropolis.

* Actualisation :
Je vous propose en document téléchargeable une actualisation de ce jeu pour une classe de 25 élèves (il ne vous sera pas difficile de faire les calculs nécessaires pour l’adapter à un effectif différent).

* Evolution :
J’ai ajouté cette année un élément d’évolution en commençant par simuler la situation démographique en 1950 et en concluant le jeu par la situation démographique en 2050.

Pour simuler la situation en 1950, moins de la moitié des élèves jouent. Pour simuler la situation en 2050, à défaut d’aller chercher des élèves dans la classe d’à côté, vous pouvez distribuer des petits personnages (l’important étant de voir que la population de certains continents augmentent et que d’autres ne le font pas).
Vous constaterez que les Américains du Nord se sentent bien seuls à l’issu du jeu.

* Appel à contribution :
Il serait possible de répartir entre les continents, pour que cela soit parlant pour les élèves (en fonction de leur âge, de la 6ème à la terminale) : le nombre de prix Nobel, de brevets déposés , d’automobiles, de connections à internet …

Si vous avez utilisé ce jeu et l’avez adapté à une situation particulière, je vous propose de mutualiser vos différentes adaptations.

Cliquer ici pour les données actualisées du jeu des chaises (en pdf)

©Actualité étatsunienne oblige, j’ai joué dernièrement à un fort bon jeu (récent) : 1960, qui simule la campagne présidentielle qui a opposé Nixon à Kennedy. Pour résumer ce jeu riche et complexe, il faut gagner les grands électeurs Etat par Etat. Tout est simulé, y compris le fameux duel télévisé, à base de cartes reproduisant les événements exacts de l’époque.

Certes, ce jeu n’est pas utilisable en classe. Comme il est très réaliste, il est peu jouable avec des élèves (et s’adresse même aux joueurs habitués à cette catégorie de jeu). Son rendement pédagogique est faible (partie d’au moins 2 heures pour simuler une seule campagne électorale…).

Malgré cela, je continue à regretter qu’il n’existe pas d’équivalent pour le marché français. Certes, il a existé des jeux sur la politique, mais souvent sous l’angle de la satire ou de la dérision, au mieux de l’humour (Politico, Des Thunes et Des Urnes, Democrazy).

Nous avons plusieurs fois tenté lors des stages animés par vos serviteurs de faire créer un jeu pédagogique simulant le fonctionnement des institutions de la Ve République. Nous partions du principe qu’il n’y avait rien de tel pour bien comprendre les rouages des pouvoirs. Hélas… sans succès : nous avons trop souvent abouti à des projets trop complexes ou trop partiels (comme le jeu de la navette parlementaire).

C’est donc le moment d’utiliser les ressources du blog pour nous faire part de vos idées sur ce projet !

Au fait, j’ai perdu à 1960 : Nixon a été élu, en préparant beaucoup mieux son match télévisé et en attaquant JFK directement sur son terrain privilégié des droits civiques… et en raflant les Etats du Sud ! C’est ce qu’on appelle de la simulation divergente (du moins c’est ce qu’on se dit pour se consoler d’avoir échoué…).