Littoral : gérer les espaces terrestres en 2nde

Titre du jeu Littoral
Auteur denis.sestier@ac -caen.fr
Niveau de classe concerné 2nde (mais possibilité d’adaptation à de nombreux autres niveaux et thèmes)
Description rapide du jeu Jeu de plateau coopératif et d’opposition, jeu de rôle et jeu de négociation. Le modèle d’inspiration est Bénidorm d’Yvan Hochet.
Insertion dans le programme Ce jeu s’intègre à la séquence sur la gestion des espaces terrestres, notamment le chapitre sur les littoraux, espaces convoités. Il permet de travailler la question des enjeux des littoraux et le jeu des acteurs. Il permet également d’aborder les questions de négociation et de compromis. Je l’ai dans cette optique exploité en synergie avec le jeu Des territoires une voie sur la construction de la LGV sud-ouest qui permet lui aussi de travailler ces notions.
Durée Une heure environ (mais deux seraient les bienvenues)
Mode d’organisation (individuel, par équipe…) et nombre maximum et minimum de joueurs Les élèves sont répartis en groupes de taille variable selon le nombre d’élèves de la classe. Chaque groupe joue un acteur différent du territoire.Il faut au moins 16 joueurs (ou alors diminuer le nombre des acteurs) et une trentaine est un maximum.
Matériel
  • 1 plateau de jeu vidéoprojetable + chaque équipe dispose d’un tirage papier du plateau pour pouvoir prévoir ses actions. Plateau_jeu
  • 1 dé
  • une fiche de rôle par groupe :  fiches acteurs
  • Un petit aide-mémoire rappelant aux élèves le déroulement d’un tour de jeu.
Déroulement Chaque acteur du territoire a une mission à réaliser : protéger un type de zone, étendre son emprise… Certains rôles sont moins faciles à appréhender comme le préfet qui doit favoriser l’activité économique mais défendre le patrimoine… Ces imprécisions sont destinées à obliger les élèves à réfléchir et à discuter entre eux. Les groupes commencent par accumuler des points afin de pouvoir agir sur les zones. Mais pour être efficaces ils doivent négocier pour trouver des alliances avec d’autres acteurs du territoire, ce qui n’est pas facile pour tous les groupes. En ce sens ce jeu relève autant de l’éducation à la citoyenneté que de la seule géographie.
Déroulement d’un tour :

1) les groupes tirent le dé et calculent leurs points

2) phase de négociation entre les groupes pour mettre (ou pas) les points en commun.

3) Phase d’action : les groupes annoncent quelle action ils mènent (protection d’une zone, extension de leur zone…), et avec qui.

Les points sont déduits de leur capital (une feuille de calcul est projetée au tableau à cet effet) [Coût d’une zone : 50 points. Mais il est possible d’adapter ce chiffre à ses propres objectifs]

– Coefficient multiplicateur : lorsqu’une zone touristique, portuaire ou autoroutière est construite à côté d’une zone de même nature, elle coûte deux fois moins cher. 

– Cas particulier : les Zadistes. Leur but n’est pas de développer des zones mais d’empêcher certaines types de construction en occupant le terrain. 

4) A la fin du jeu une phase d’exploitation pédagogique permet d’identifier les principaux acteurs et les enjeux majeurs des littoraux. une étude de cas suivie d’une mise en perspective complète l’étude.

Ce type de jeu introduit une vraie dynamique en classe et favorise la compréhension du jeu des acteurs et des enjeux de la gestion des littoraux mais à 35 élèves, on atteint les limites de ce qu’il est humainement possible de gérer … Ou alors c’est moi qui vieillis :-)

elevesDes élèves en pleine phase de négociation…

 

Je cherche un job ! (DP3)

Titre du jeu Je cherche un job !
Auteur Denis Sestier et Nathalie Helly
Niveau de classe concerné Troisième option DP3 (mais peut être utilisé dans de nombreux niveaux de classes)
Description rapide du jeu Jeu de rôle mettant les élèves en situation de demandeur d’emploi. Ils répondent à une petite annonce pour obtenir un emploi. Pour cela il leur faut se projeter dans l’avenir et créer leur personnage, tels qu’ils s’imaginent à l’âge adulte. Ils ont ensuite à rédiger un CV et une lettre de motivation en veillant à ce qu’ils correspondent au profil de l’annonce proposée. Ils doivent également préparer un entretien d’embauche. Dans un deuxième temps,  le groupe est divisé en deux et chaque élève passe un entretien d’embauche devant ses camarades qui l’évaluent avec une grille d’évaluation commune. Le vainqueur de chaque demi-groupe passe un entretien d’embauche devant toute la classe. Le vainqueur final obtient l’emploi.
Insertion dans le programme /
Durée et déroulement Quatre à six séances selon les élèves et selon les choix d’organisation.

  • En général : une séance pour présenter le jeu et préparer la fiche personnageune à deux séances pour le CV et la lettre de motivation
  • une séance pour préparer l’entretien
  • une à deux séances d’entretiens selon le nombre d’élèves du groupe.
Matériel
  • Une offre d’emploi réelle tirée de la presse locale ou nationale ou du site de Pôle Emploi.
  • Une fiche de préparation de personnage (voir exemple 2013-14_fiche personnage)
  • Quelques liens ou fiches-outil (comment rédiger une lettre de motivation, un CV, comment réussir un entretien d’embauche, Google maps pour localiser le lieu de travail de l’annonce, Pages Jaunes …)
Compétences et capacités travaillées
  • Se projeter dans l’avenir
  • Se documenter, rédiger un CV, une lettre de motivation
  • Se présenter à l’oral et participer à un entretien face à un groupe.
  • Approfondir sa connaissance du monde du travail (notamment ici les situations liées à l’embauche)

 

Du jeu de rôles en primaire

Mathieu Darmana, collègue de primaire, a publié sur son blog des jeux de rôles (mâtinés de livres dont vous êtes le héros) pour explorer certaines périodes de l’histoire : Révolution française, 1e et 2e Guerre mondiale… La démarche est originale, rigoureusement conçue et pourrait même être réutilisée en collège telle quelle… ou dans l’idéal susciter des envies de création équivalentes.

A découvrir sur son blog : http://www.louiseetarthur.fr/

Un jeu de rôle pédagogique facile à mettre en oeuvre

On a déjà parlé ici de Mystère au monastère, un excellent jeu de rôle pédagogique créé par le jeune et talentueux Rodolphe Bondiguel. Le jeu permet de travailler, en classe entière et avec un matériel des plus réduits, une partie du chapitre sur l’église du programme de cinquième. Après de nombreux tests, Rodolphe a encore amélioré l’activité en mettant au point un astucieux système de jeu qui oblige les élèves à faire des phrases complexes pour jouer leur rôle et mener des actions. Voilà certainement un moyen intéressant de faire travailler des compétences liées à la langue orale.

D’ailleurs, en ces temps de socle commun,  le jeu de société et en particulier le jeu de rôle sont des  alliés précieux pour l’enseignant désireux de mettre réellement en oeuvre un travail par compétences dans ses classes. En effet, que ce soit pour l’apprentissage de connaissances nouvelles, pour travailler les compétences sociales et civiques ou encore celles liées à la communication, il est souvent intéressant de passer par le biais du « jeu socialisant », par opposition au jeu vidéo qui, même lorsqu’il se joue en réseau – ce qui est très rarement le cas des serious games – est beaucoup moins riche dans sa dimension sociale. Il est très différent en effet pour l’élève, dans une phase d’apprentissage, d’être obligé de se frotter aux autres et aux règles sans pouvoir utiliser des cheat codes pour contourner les difficultés ou de recommencer la partie à zéro lorsqu’elle est mal engagée. Par ailleurs, l’expression orale ou écrite (selon les jeux) peut facilement être intégré dans le moteur d’un jeu de société pédagogique. Il y a là, sans doute, une piste à creuser pour ceux que la création de jeux pédagogiques démange !

Le jeu de rôle mystère au monastère est à (re) découvrir ici

On l’a déjà dit ici, mais voilà l’occasion de rappeler à ceux qui connaissent mal le jeu de rôle, qu’une excellente plaquette de présentation est à télécharger sur le site de la Fédération Française de Jeu de Rôle.

Du JdR à la BnF

Trouvé par hasard sur le ouèbe (pour faire classe, sachez que ça s’appelle de la « sérendipité »)… Je disais donc que j’étais en pleine sérendipitude, quand je suis tombé sur le site de l’expo virtuelle de la Bibliothèque Nationale de France (BnF) sur le roi Arthur.

Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai découvert que le site propose aussi du jeu de rôles (JdR) sur le thème. Et quand on télécharge le document, il ne s’agit rien de moins qu’un jeu complet (avec règles, personnages, scénario). Intrigué, j’ai poursuivi ma quête, pour dénicher deux autres jeux de rôles complets, l’un sur des héros mycéniens, l’autre sur des super héros, dans le cadre d’une classe virtuelle BnF sur les héros.

Le jeu de rôles ne sera sans doute pas utilisable tel quel en classe, mais cela permettra à ceux qui ne connaissent pas ce genre ludique de le découvrir par des productions de qualité, conçues par Imaginez.net (en lien avec la Fédération Française de Jeux de Rôles).

Mais que fait Mireille Dumas ?

Jeux de rôle en maternelle (2)

L’étude de Serge Tisseron réalisée dans des écoles maternelles de la région parisienne et évoquée par Yvan dans un précédent billet (1er avril) est disponible dans son intégralité.
L’étude a porté sur des enfants de maternelle et, d’après l’auteur, montre que ceux ayant reçu une formation au moyen d’un jeu de rôle créé pour l’occasion ont une meilleure habitude de la résolution des conflits par le dialogue que par la violence. En d’autre termes, ils sont moins violents que d’autres.
La suite est à découvrir ici.
A suivre (dès qu’on aura lu l’étude en entier) …

J’ai vécu « j’ai vécu la Révolution française »

Merci à Juliette de nous avoir envoyé ce témoignage sur le « jeu de rôles » « J’ai vécu la Révolution française » :

Je suis enseignante en HG depuis 3 dans l’académie de Nantes. Et voilà trois ans que je pratique ce jeu avec des … secondes ! J’avais peur que mes élèves, plutôt à profil technologique, trouvent les 4 semaines d’histoire consacrées à la « révolution et aux expériences politiques de 1789 à 1848 » très rébarbatives…

Trois, années, trois expériences différentes, mais toujours la même pêche !
– La première année, j’ai bâti mon cours autour du jeu. En bref : je racontais, ils prenaient position. Nous nous sommes arrêtés en 1795. A la fin, cette expérience s’est transformée en projet interdisciplinaire avec la prof de lettres : les élèves ont eu à reprendre leur récit en utilisant des champs lexicaux et des figures de styles imposées… un véritable délice à corriger !

– l’année suivante, malgré une restructuration de mon plan de cours, j’ai réussi à répartir sur le jeu. Par contre, pas d’écho du coté du collègue de français, donc je leur ai demandé de rédiger le « journal intime » de leur révolution. Là encore, des productions exceptionnelles (dans leur dimension plastique également), notamment avec les élèves qui avaient choisi de vivre ces évènements cote à cote (ex : un vicomte et son palefrenier !), mais avec des opinions opposées ! Un grand moment d’histoire, je vous assure !

– cette année, je modifie à nouveau tout mon plan de cours, quittant délibérément la dimension chronologique. Pourtant, à la demande des redoublants (!), j’ai décidé de refaire le jeu ! Qui sait quelles surprises il nous réservera cette année… en tout cas, une chose est sûre, voici une expérience pédagogique qui « reste » pour les élèves.

Juliette Héron

PS : j’espère que Mireille Dumas ne sera pas trop déçue de constater que cette pratique du jeu de rôles n’entraîne ni profanation de cimetière, ni délire schizophrène, ni suicide collectif.

Jeu de rôle et éducation

C’est peu dire que le jeu de rôle n’a pas toujours bonne presse dans le grand public et dans certains médias (ceci expliquant peut être cela ?). Raison de plus pour aller y voir de plus près. Le jeu de rôle peut-il être utilisé en situation éducative ? le réseau Ludus en a déjà donné plusieurs exemples (voir en particulier sur ce blog, la présentation de Mystère au monastère, ou sur le site du réseau Ludus, celle de « J’ai vécu la révolution et l’empire »). Pour aller plus loin, on pourra consulter le mémoire déjà un peu ancien (1998) mais toujours intéressant de Roland Butor décrivant une expérience d’utilisation du jeu de rôle en EREA à Berk sur Mer.
On complètera utilement cette lecture en parcourant le site « Le jeu de rôle citoyen » créé pour soutenir les initiatives d’utilisation du jeu de rôle « …auprès de populations qui ont besoin de disposer d’une activité attrayante, conviviale, stimulante, structurée mais non compétitive et pas trop complexe. »
Sont ainsi présentées de nombreuses initiatives intéressantes d’utilisation du jeu de rôle auprès d’enfants malades ou de personnes malvoyantes (entre autres). La simulation globale (dont j’aurais l’occasion de vous reparler bientôt) n’est pas oubliée et, cerise sur le gâteau, un système de jeu simplifié destiné à l’initiation de personnes ne pouvant ou ne souhaitant pas entrer dans des systèmes plus élaborés est proposé sur le site. Une lecture intéressante pour l’enseignant qui souhaite en savoir un peu plus sur le JdR.

Image : une partie de Donjons et Dragons (source : http://upload.wikimedia.org/)