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Créer une entreprise fictive en éco-gestion Mercredi, 15 septembre 2010

Expérience intéressante découverte ce matin grâce au Café Pédagogique.

Deux enseignants d’un lycée de Maurepas (académie de Versailles) ont créé pour leurs élèves une entreprise fictive dont l’objet est la conception et la commercialisation de produits cosmétiques bio.  Voici ce qu’en disent les concepteurs : « L’objectif est de mettre les élèves en situation. Les séances s’articulent autour d’activités professionnelles destinées d’une part à les faire réfléchir sur une problématique d’autre part à trouver des solutions.

Cette méthode inductive permet de motiver, impliquer et responsabiliser l’apprenant. En effet, il se sent davantage concerné par une formation dont il est « acteur principal ».

A mi chemin du jeu de rôle et de la simulation globale, cette proposition pédagogique innovante et ludique est à découvrir ici : SARL Figue de barbarie

What if ? Des historiens en uchronie Mercredi, 1 avril 2009

Passionnante émission de 2000 ans d’histoire, sur France Inter (1er avril), consacrée à l’uchronie à l’occasion de la sortie du dernier livre d’Anthony Rowley et Fabrice d’Almeida (Et si on refaisait l’histoire, édition Odile Jacob).
Les deux auteurs – historiens de renom que l’on ne présente plus – s’intéressent à un genre littéraire généralement ignoré voire décrié par les professionnels de la science historique.
Que se serait il passé si Vercingétorix avait vaincu César ? Voila le type de question que se posent les auteurs d’uchronies. Il s’agit, on l’aura compris de s’interroger sur ce qu’aurait pu être le présent si les événements historiques réels avaient connu une autre issue. Elle peut être un simple divertissement littéraire (un jour c’est promis on vous fera une liste de romans passionnants pour vos vacances) ou, comme dans le livre de Rowley et d’Almeida, offrir un moyen de mieux comprendre ce qu’est un événement historique et les implications qu’il entraîne, afin de mieux comprendre l’histoire réelle bien sûre.
A partir d’épisodes historiques particulièrement importants de notre histoire mais abordés de façon alternative (Jésus sauvé par Ponce Pilate, Jeanne d’Arc tuée à Orléans ou encore la victoire de l’Allemagne en 1918), les auteurs du livre s’interrogent sur notre passé et sur ses conséquences sur notre présent.
Pour nous, l’intérêt de ce type d’interrogation est évident. C’est le moteur qui est le plus souvent en action dans nos jeux pédagogiques. Il est fréquent en effet dans nos jeux de simulation que les élèves arrivent à un résultat différent de ce qui s’est réellement passé. Ainsi dans 480 av. JC, un jeu sur les guerres médiques, il arrive souvent que les Perses vainquent les Grecs. C’est alors l’occasion d’analyser ce qui a permis la victoire des Grecs qui n’était pourtant pas forcément évidente à priori.
Une fois encore, il ne s’agit pas de réécrire l’histoire mais d’amener les élèves à comprendre qu’elle est le fruit de choix, de décisions, de rapports de forces, parfois de hasards heureux ou malheureux mais qu’elle n’est en aucune manière préécrite. Quelle meilleure leçon de liberté et de responsabilité individuelle et collective pourrait-on leur offrir ?
Pour en savoir plus :
- 2000 ans d’histoire . L’émission de Patrice Gélinet est disponible en écoute à la carte durant 30 jours.
- Et si on refaisait l’histoire, Anthony Rowley et Fabrice d’Almeida, éditions Odile Jacob, avril 2009.
- Pour en savoir plus sur l’uchronie, voir le site « la porte des mondes »

Envers et contre tout ! Jeudi, 19 mars 2009


Sur le site de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés on trouve le jeu Envers et contre tout.

Il s’agit à nouveau d’un jeu sur le modèle des « livres dont vous êtes le héros », héros qui devra se mettre dans la peau d’un réfugié pour mieux comprendre ce qu’il a vécu depuis son pays d’origine jusqu’au pays où il rêve de s’intégrer.
Des documents complémentaires sont accessibles en consultant « les faits ».
L’espace « Pour le professeur » comprend de nombreuses pistes et ressources pédagogiques.
Une très belle réalisation et un jeu vraiment pédagogique par les temps qui courent …

Ludus Seriosus : construire une ville romaine Lundi, 3 novembre 2008

Au moment où la notion de jeu sérieux est de plus en plus souvent évoquée, voici une illustration intéressante de ce que cela peut donner. France 5 éducation propose un jeu sérieux intitulé « la cité romaine »
dérivé de Simcity (Maxis puis EA games), qui fêtera l’an prochain ses 20 ans, ce qui ne nous rajeunit pas, et de Caesar (Sierra).
Ce jeu très sérieux consiste à bâtir une ville romaine en implantant sur un terrain donné (bordure de rivière) des bâtiments représentatifs d’une ville romaine de quelque importance (temple, forum, sénat …). Sur l’écran d’accueil mais aussi pendant le jeu, des textes didactiques présentent la ville romaine et les différents habitants.
Une fois les constructions terminées et la ville validée, le joueur doit placer des habitants près du bâtiment qui convient : le sénateur près du sénat et le prêtre à proximité du temple. Mais attention, la ville ne peut être validée que lorsqu’elle est complète. Aucun élève ne peut donc produire une ville incomplète et constater par lui même ce qui manque. Du coup, l’activité certes animée et interactive, n’est pas vraiment un jeu puisque la seule liberté laissée au joueur est l’emplacement des bâtiments. Il est même possible de construire une ville abberante du moment que le forum est au centre.
Cette activité ludique est donc intéressante et il est probable que des élèves de sixième y trouveront du plaisir et pourront en retirer des connaissances factuelles.
Mais il y manque l’aspect simulation qui avait fait le succès de ses grands ancêtres. Du coup, on peut se poser la question : dans le cadre de la classe, l’informatique est-elle indispensable pour des activités de ce type ? Un bon vieux jeu de tuile à poser nettement moins coûteux et directement réalisable par l’enseignant lui même (pensez à ludoville), ne pourrait il pas faire aussi bien l’affaire ?
Ces remarques d’ordre général n’enlèvent rien bien sûr aux qualités de l’activité décrite ici, notamment dans le cas d’une utilisation par les élèves en autonomie ou à domicile.

Quand les commissions ministérielles prônent le jeu en classe… Samedi, 5 juillet 2008


Le rapport Guesnerie, remis à Xavier Darcos, a cherché à évaluer la pertinence de l’enseignement des sciences économiques et sociales au lycée.

Sans en entrer dans le débat qui a provoqué la formation de cette commission (les SES étant accusées de ne pas être assez compréhensives envers le libéralisme et les entreprises de manière générale), la citation suivante apporte de l’eau à notre moulin :

« Des outils encore peu  utilisés,  tels  que  par  exemple  les  jeux  expérimentaux, pourraient,  être introduits pour étudier certaines notions et mécanismes économiques. De façon plus générale, ce qui se  fait dans  l’enseignement de  l’économie dans  les high schools américaines offre des exemples  intéressants  d’innovations pédagogiques (…). Dans le cadre de ces activités, les TICE  (technologies de  l’information et de  la communication pour  l’éducation) peut (sic) s’avérer un  outil  intéressant.  Encore  une  fois,  il  s’agirait  d’encourager  le  recours  à  des  travaux  que certains enseignants de sciences sociales utilisent déjà avec succès. » (p.29)

Si des collègues de « sciences éco » utuilisent ces jeux, leur témoignage est le bienvenu !

Et ça m’a redonné l’envie l’an prochain d’utiliser un jeu comme Simuland (et plein d’autres référencées sur le site Mégagiciel) avec les élèves de 3e DP3 ou les DP6 (découverte professionnelle).

Jouer à construire des villes …. du papier à l’écran … en géographie et en histoire. Dimanche, 30 mars 2008

Pour rebondir sur un des articles précédents consacré aux jeux vidéo et la géographie, voici quelques pistes pour jouer à construire des villes en classe.

Le TDC n° 774 d’Avril 1999 consacré aux « Métamorphoses de la ville » proposait un excellent jeu papier intitulé Ludoville. Un poster a détacher représente le terrain de jeu (une région imaginaire) sur lequel chaque joueur, à son tour, doit poser un quartier de la ville (une plaque de centre ville ancien ou d’industrie …..) en respectant des règles de pose. Les critères pour gagner individuellement ou collectivement font de l’activité un véritable jeu mais l’intérêt pédagogique est majeur puisqu’au terme de la partie, les joueurs ont édifié une ville européenne type. Une description plus approfondie du jeu se trouve ici

Cette version papier fait bien sûr penser à Sim City … en plus simple.
Ce célèbre jeu d’ordinateur connaît de multiples versions dont les plus anciennes peuvent être téléchargées gratuitement ici
Une exploitation pédagogique du jeu est disponible ici
Ces dernières années, l’éditeur du jeu a décliné des versions historiques dans l’Empire romain (la série des Caesar), l’Egypte ancienne (Pharaon …), la Grèce antique (Le maître de l’Olympe : Zeus, …), l’Asie (Empereur : l’Empire du milieu).

Plus récemment, des jeux en ligne ont été créés sur internet qui permettent d’édifier et de gérer des villes dans le passé ou aujourd’hui.
Le jeu Ecoville créé par la cité des sciences met en avant le développement durable.

En histoire, France 5 permet de créer une cité romaine

Le principe de construction est simple. Une série de bâtiments (dont la règle de pose s’affiche quand on approche la souris) peut être déposée sur un paysage. Une fois la ville construite, on peut la peupler .

Un jeu en projet : les institutions françaises Samedi, 19 janvier 2008

©Actualité étatsunienne oblige, j’ai joué dernièrement à un fort bon jeu (récent) : 1960, qui simule la campagne présidentielle qui a opposé Nixon à Kennedy. Pour résumer ce jeu riche et complexe, il faut gagner les grands électeurs Etat par Etat. Tout est simulé, y compris le fameux duel télévisé, à base de cartes reproduisant les événements exacts de l’époque.

Certes, ce jeu n’est pas utilisable en classe. Comme il est très réaliste, il est peu jouable avec des élèves (et s’adresse même aux joueurs habitués à cette catégorie de jeu). Son rendement pédagogique est faible (partie d’au moins 2 heures pour simuler une seule campagne électorale…).

Malgré cela, je continue à regretter qu’il n’existe pas d’équivalent pour le marché français. Certes, il a existé des jeux sur la politique, mais souvent sous l’angle de la satire ou de la dérision, au mieux de l’humour (Politico, Des Thunes et Des Urnes, Democrazy).

Nous avons plusieurs fois tenté lors des stages animés par vos serviteurs de faire créer un jeu pédagogique simulant le fonctionnement des institutions de la Ve République. Nous partions du principe qu’il n’y avait rien de tel pour bien comprendre les rouages des pouvoirs. Hélas… sans succès : nous avons trop souvent abouti à des projets trop complexes ou trop partiels (comme le jeu de la navette parlementaire).

C’est donc le moment d’utiliser les ressources du blog pour nous faire part de vos idées sur ce projet !

Au fait, j’ai perdu à 1960 : Nixon a été élu, en préparant beaucoup mieux son match télévisé et en attaquant JFK directement sur son terrain privilégié des droits civiques… et en raflant les Etats du Sud ! C’est ce qu’on appelle de la simulation divergente (du moins c’est ce qu’on se dit pour se consoler d’avoir échoué…).