RESF 30 constate que le Centre de Rétention Administrative de Nîmes voit passer un nombre de plus en plus important de retenus. Quelles en sont les raisons ?
L’audience du Juge des Libertés et de la Détention du 25 février 2009 a fait apparaître deux méthodes d’interpellation : la dénonciation anonyme et le contrôle identitaire aux abords de préfectures de la région.
La dénonciation anonyme est une pratique historique de sinistre mémoire pour tout français. Les victimes en ont été les juifs, les citoyens opposants au nazisme, les homosexuels, les tziganes, …
La simple évocation de cette période durant cette audience du J.L.D. a provoqué un incident entraînant une suspension de séance.
C’est ainsi qu’une Avocate au Barreau de Nîmes, fait l’objet d’une plainte disciplinaire et d’une enquête pénale à la requête du Préfet de Lyon pour avoir, dans le cadre de cette audience, exercé la liberté de parole indispensable à l’effectivité des droits de la défense. Le préfet l’accuse d’avoir tenu des « propos à caractère injurieux et diffamatoire envers des fonctionnaires ».
Or cette avocate commise d’office, avait, à juste titre, stigmatisé le comportement des services préfectoraux qui, à la suite d’une dénonciation anonyme, avaient procédé à l’arrestation à LYON d’une jeune femme d’origine algérienne et à son transfert vers le centre de rétention administrative de NIMES.
Aujourd’hui, lorsqu’un ministre encourage la délation, il fait prendre un risque majeur aux valeurs de la République.
RESF 30 dénonce une nouvelle fois l’utilisation de telles méthodes et les dérives liées à la culture du chiffre.
