Un retenu se suicide au Centre de Rétention
Administrative de Nîmes.
Le 13 août 2011, Marius B., Roumain de 45 ans qui était détenu au centre de rétention de Nîmes depuis le 31 juillet 2011, s’est donné la mort par pendaison.
Cet homme, qui était en France depuis plusieurs années et travaillait dans le bâtiment, ne pouvait pas revenir dans son pays qu’il avait quitté en vendant tout ce qu’il y possédait. Il ne comprenait pas pourquoi, en tant que citoyen européen, il avait été enfermé au centre de rétention, avant une expulsion de France.
Le Réseau Education Sans Frontières (RESF30) appelle à un rassemblement en sa mémoire, le lundi 22 août 2011, à 18 h 30 devant le centre de rétention de Nîmes (Avenue Clément Ader).
Le gouvernement mène une politique dévastatrice au travers des lois successives, dont la dernière a été publiée le 16 Juin 2011, relative à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité (dite loi « Besson »).
Elle allonge à 45 jours le temps de rétention, restreint les pouvoirs du juge gardien des libertés individuelles, durcit les conditions de défense des droits des retenus et renforce de nouveau les facilités d’expulsions expéditives. Ces lois sont accompagnées de multiples circulaires ministérielles.
Marius B. a-t-il rencontré le Juge des Libertés et de la Détention ? Pourquoi aucun recours, aucun avenir humain ne lui est apparu possible ? Quelles garanties juridiques sont dorénavant assurées aux retenus en général, et aux roumains, citoyens européens ?
Les quotas d’expulsion fixés par le Ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, ne cessent d’augmenter (30000 pour 2011) et ses propos légitiment continuellement le rejet de « l’étranger », présenté comme la source de toutes nos difficultés, et dont le renvoi et l’éloignement deviennent la priorité des priorités de la sécurité publique.
En quoi l’existence de Marius B. était-elle un problème pour la France ?
Les drames humains et familiaux se multiplient, qui ne sont pas supportables dans notre pays dit des «Droits de l’Homme». Avec ses objectifs d’expulsion arbitraires, toujours en hausse, le gouvernement se vantera de sa « fermeté » à bon compte, impitoyable avec les faibles et les désarmés.
Nous demandons la suppression de la Loi
Besson et la fermeture des Centres de Rétention Administrative (CRA).
La Cimade se retire du centre de rétention après le suicide d’un étranger
AGATHE BEAUDOUIN

Les responsables de la Cimade de Nîmes sont en colère. (MICHAEL ESDOURRUBAILH)
Intervenant au quotidien pour aider les étrangers placés au CRA, les membres de la Cimade ont appris « par la rumeur » le décès de Marius qui s’est donné la mort dans la nuit de vendredi à samedi, par pendaison. « Marius se trouvait au centre depuis quinze jours, précise Catherine Vassaux, qui intervient au quotidien auprès de ces étrangers. Et il ne comprenait pas pourquoi en tant que citoyen européen, il était enfermé. A aucun moment, nous n’avons été informés de son décès. »
Jean-Paul Nunez : « Ces centres sont à mettre au musée des horreurs de l’humanité »
Agé de 45 ans, Marius B., d’origine Rom et de nationalité roumaine, était marié et père de deux enfants. Selon la Cimade, il était arrivé en France en 2003, après avoir vendu tous ses biens pour venir travailler sur des chantiers. « Les étrangers se trouvent dans une situation de néant, sont considérés comme du superflu, déclare Jean-Paul Nuñez, choqué. Toutes les considérations humaines sont mises de côté. Ces centres nouvelles générations sont à mettre au musée des horreurs. Il faut les fermer. »
Mais en quittant durant trois jours le CRA, la Cimade ne risque-t-elle pas de pénaliser avant tout celle qu’elle aide, les retenus ? Car depuis l’application de la loi dite Besson (publiée le 16 juin) qui durçit les conditions de défense des retenus, le juge des libertés et de la détention dispose de cinq jours pour rencontrer les étrangers (au lieu de 48 h auparavant). Entre temps, c’est le néant administratif.
Catherine Vassaux : « Pendant quelque temps, nous avons eu l’illusion d’avoir le droit pour défendre les personnes mais en réalité, elles sont privées de tous les droits administratifs, et nous ne pouvons plus rien faire. » « Nous n’avons pas d’autres solutions, reprend Jose Lagorce. L’administration a les mains libres. Et c’est actuellement notre seul moyen de refuser la banalisation de la privation de liberté, l’inhumanité et la violence des procédures. » Ce retrait, avant tout politique, de la Cimade est le premier du genre à Nîmes. Concernant Marius B., une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de son décès.
Article; 13/08/2011 Un Roumain se donne la mort au centre de rétention
La victime ne comprenait pas pourquoi, en tant que citoyen européen, il avait été enfermé au centre de rétention.
Un Roumain de 45 ans qui était détenu au centre de rétention de Nîmes depuis le 31
juillet s’est donné la mort par pendaison. Le suicide a été découvert aujourd’hui, à 6 h.
Ce Roumain, qui était en France depuis deux ans et travaillait sur des chantiers,
indique la Cimade, ne voulait pas revenir dans son pays qu’il avait quitté en
vendant tout ce qu’il y possédait. Il ne comprenait pas non plus pourquoi, en
tant que citoyen européen, il avait été enfermé au centre de rétention, dans
l’attente de son expulsion de France. La nouvelle de ce suicide provoque une vive émotion au sein des associationmouvements et collectifs divers agissant pour venir en aide aux sans-papiers.
Nîmes: suicide au centre de rétention
Publié le 14/08/2011 à 20:23
Le parquet de Nîmes a ouvert une enquête pour recherche des causes de la mort après le suicide d’un ressortissant roumain de 45 ans, détenu depuis fin juillet au centre de rétention de Nîmes, a-t-on appris aujourd’hui auprès du procureur de la République, Robert Gelli.
« L’homme a été retrouvé pendu dans sa chambre samedi matin. A priori le suicide ne fait pas de doute. Maintenant on doit déterminer les circonstances exactes dans lesquelles cela s’est déroulé, donc il y a une enquête qui est en cours pour recherche des causes de la mort », a déclaré à l’AFP M. Gelli.
« Le légiste est venu sur place pour faire les premières constatations » et une autopsie sera pratiquée dans la semaine, a-t-il ajouté. Selon le procureur, c’est la première fois qu’un tel drame se produit à
Nîmes.