
Édition du mardi 30 novembre 2010

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Ils étaient à Dunkerque vendredi matin et ont dormi dehors à Nîmes dimanche soir…
Dix-sept personnes, quatre Soudanais et treize Kurdes d’Iran et d’Irak, ont été interpellées vendredi matin dans la ‘jungle’ de Dunkerque et amenées au commissariat de la ville. Direction ensuite le commissariat de Lille, puis le Centre de rétention administrative (Cra) de Lille-Lesquin, pour terminer leur route, samedi vers midi, au Cra de Nîmes après un transfert en avion : « Nous n’avons pas été avertis malgré nos demandes répétées. Finalement, on ne les a vus qu’en fin d’après-midi », regrette Fabienne Darritchon, salariée à la Cimade.
Si cinq d’entre eux sont toujours retenus (une requête auprès du Juge des libertés et de la détention sera lancée aujourd’hui pour demander la fin de leur rétention), les douze autres ont été présentés dimanche au juge des libertés et de la détention, qui a ordonné leur libération. « Ils sont ensuite allés jusqu’à la gare SNCF, où on leur a refusé l’entrée dans le train, avant de revenir dormir à quelques pas du centre de rétention », reprend Fabienne Darritchon.
Une nuit dehors, en ce début d’hiver où la température frôle zéro degré… Démunis, huit d’entre eux se sont présentés hier matin devant les grilles du Cra. Triste ironie, quand, après avoir recouvré leur liberté, des sans-papiers finissent par rejoindre eux-mêmes le centre de rétention afin d’y demander… l’hospitalité : « Un policier leur a ouvert afin qu’ils puissent se réchauffer. Puis, on les a fait sortir à midi très discrètement », reprend Fabienne Darritchon.
Hier, vers 20 heures, Thierry Laurent, directeur de cabinet du préfet du Gard, faisait un point sur la situation : « La Paf (Police aux frontières, NDLR) nous a alertés sur leur situation et, à la demande de la préfecture, ils ont été conduits auprès du Samu Social. Quatre d’entre eux ont décidé de partir par leurs propres moyens, les autres ont été hébergés à préfecture et Nîmes. »
Concernant cette nuit passée dehors, Thierry Laurent plaide l’incompétence de l’État : « Dès lors qu’ils sont remis en liberté, la Paf n’est plus responsable de leur sort. Ils entrent dans un dispositif de droit commun. Aujourd’hui (hier, NDLR) , nous avons trouvé une solution car nous avons été saisis par la Paf de la présence de ces huit personnes au Cra. »
Rémy CALLAND rcalland@midilibre.com