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Etat français condamné par CEDH pour la rétention de jeunes migrants accompagnés de leurs parents
Etat français condamné par CEDH pour la rétention de jeunes migrants accompagnés de leurs parents
Au moment où le super ministre des expulsions, cerbère zélé de « l’identité nationale », se réjouit, quitte à manipuler les chiffres, d’un bilan qui brise un peu plus de vies et déchire toujours davantage de familles et d’enfants, la rencontre nationale du Réseau Education Sans Frontières qui vient d’avoir lieu à Amiens les 14 et 15 janvier a mis en évidence une autre réalité : la solidarité quotidienne des écoles, des collèges et des lycées, celle des villes et des quartiers avec des migrants confrontés à des situations de précarité extrêmes, l’exigence du respect des droits pour tous.
Trois militants du RESF30 ont participé avec plus de 200 militants venus d’une cinquantaine de départements de France et des DOM-COM se sont réunis pour faire le point de la politique actuelle de l’immigration.
- Ils ont dressé le bilan des résistances citoyennes, souvent victorieuses, face à la politique répressive des préfectures, à la multiplication des mesures d’enfermement et aux tentatives de reconduite forcées à la frontière.
- Ils ont décidé perspectives d’action et campagnes pour les mois qui viennent.
- Ils ont adopté une « Adresse aux citoyens et aux candidats aux élections présidentielle et législative 2012« . Ce texte énonce un certain nombre d’exigences immédiates et réclame une refonte de la législation, y compris des législations d’exception qui pénalisent particulièrement les migrants des territoires d’Outre-mer.
Vous la trouverez ci-dessous
Cette rencontre réussie a montré que l’espoir d’une véritable politique alternative en matière d’immigration était partagé, non seulement par des parents d’élèves ou des enseignants, mais par de nombreux citoyens représentant de larges couches de la société française.
Les allocutions de bienvenue
Adresse du Réseau Education Sans Frontières aux citoyens, aux candidats à la présidentielle et aux législatives de 2012
Madame Sandra SALKANOVIC et ses enfants Doriana, Stéfano, Joseph, Philippo, Jimmy et Kévin, gravement persécutés pour des raisons ethniques, ont dû fuir le Monténégro. Ils sont arrivés en France en février 2010.
Malgré les menaces qui pèsent sur eux, leur demande d’asile a été refusée.
Doriana, jeune majeure, aide sa mère à s’occuper des enfants et prend des cours de français. Stéfano et Joseph sont scolarisés aux collèges Diderot et Daudet, Jimmy et Philippo à l’école élémentaire des Prés saint Jean et Kévin à l’école maternelle des Prés Saint Jean à Alès.
Nous, parents d’élèves, enseignants et citoyens, refusons l’idée que des personnes en danger dans leur pays soient contraintes d’y retourner.
Nous demandons que soit délivré à la famille Salkanovic un titre de séjour « vie privée familiale » à titre humanitaire afin que les enfants puissent continuer à grandir en France sans subir d’autres traumatismes.
Signez la pétition; Pour la régularisation des parents d’Ali et Ayse
Midi Libre SAMEDI 17 DÉCEMBRE 2011
Muslum et sa famille sont en attente d’une régularisation.
Une initiative collective, mais surtout un acte symbolique.
Aujourd’hui à partir de 16 h devant le tribunal d’Alès, un parrainage citoyen se déroulera à l’occasion du prochain Cercle de silence en soutien à la demande de régularisation de la famille Oktay.
Une famille kurde installée à Alès depuis plusieurs années. Chacun peut ainsi venir les soutenir.
« La meilleure protection pour cette famille, c’est la protection collective, explique Pascale Kerrien de Réseau éducation sans frontières(RESF).
Mais c’est un véritable engagement. » La marraine ou le parrain s’engage à soutenir la famille en cas de besoin, à participer aux mobilisations éventuelles organisées par ceux qui ont constitué, avec la famille, le dossier de demande de régularisation (RESF, Cimade…) et à être présent dans la mesure du possible, en cas de procédure devant le tribunal administratif de Nîmes, ou à défaut, à soutenir la famille, particulièrement en ces pénibles circonstances, par toutes sortes d’attentions (visites…).
Muslum Oktay a quitté la Turquie pour fuir les persécutions dont il était victime. Il vit et travaille en France.
Une vie souhaitée en France
En 2008, il est rejoint par son épouse, Sultan et son fils Ali qu’il voit pour la première fois. Scolarisé, le petit Ali est aujourd’hui en CM1 à l’école Romain-Rolland qui apporte beaucoup de soutien à la famille.
Il joue comme les autres enfants, s’occupe de sa petite soeur Ayse, mais s’inquiète du sort qui leur sera réservé si jamais ils étaient arrêtés.
Muslum, lui, a déjà été arrêté et expulsé avant de revenir en France rejoindre sa famille.
Leur dossier, demandant le réexamen de leur situation pour leur accorder un titre de séjour “Vie privée et familiale”, sera déposé en préfecture dans les prochains jours. Alors chaque soutiensupplémentaire est une chance de plus dans la régularisation.
LAURE DUCOS
Signez la pétition; Pour la régularisation des parents d’Ali et Ayse
Midi Libre : LUNDI 19 DÉCEMBRE 2011
L’action a bien fonctionné
Cinquante parrains et marraines pour la famille Oktay toujours sans-papiers, qui habite depuis des années Alès. Avant le dépôt de dossier en préfecture, une nouvelle action a eu lieu samedi devant le tribunal : un parrainage collectif.
Muslum, le père de famille et son épouse Sultan ont été très touchés par ces 50 engagements et soutiens.« C’est un beau cadeau de Noël. »
Pendant ce temps, leurs enfants, Ali et Ayse profitaient des animations de Noël de la ville. Du côté de RESF, c’est un très bon début.
A l’initiative du Réseau Education Sans Frontière d’Alès, de la section alésienne de La Ligue des Droits de l’Homme et de l’antenne locale de la CIMADE, un parrainage citoyen se déroulera à l’occasion du prochain Cercle de Silence, en soutien à la demande de régularisation de la famille OKTAY, famille turque installée à Alès depuis plusieurs années.
C’est en 2000 que Muslum, qui a fui les persécutions dont sont victimes les Kurdes en Turquie, est arrivé en France pour y vivre et y travailler.
En 2008, il est rejoint par sa femme, Sultan, et leur fils, Ali, aujourd’hui scolarisé en classe de CM1 à l’école Romain Rolland de Clavières.
En 2009, la famille s’est agrandie avec l’arrivée d’une petite sœur Ayse, née à Alès et âgée aujourd’hui de deux ans.
En Octobre 2010, Muslum a été arrêté et expulsé vers la Turquie, laissant Sultan, Ali et Ayse seuls et sans ressources.
Aujourd’hui Muslum est revenu à Alès et a retrouvé sa femme et ses deux enfants mais il est toujours en situation irrégulière.
Enseignants et parents d’élèves de l’école Romain Rolland apportent leur soutien à la famille et souhaitent que Muslum puisse rester vivre en France auprès de Sultan, Ali et Ayse.
Un dossier va être déposé, dans les jours qui viennent, à la Préfecture du Gard pour demander le réexamen et la régularisation de la situation de Monsieur OKTAY et de sa famille en leur accordant un titre de séjour « Vie Privée et Familiale ».
Cette cérémonie de parrainage de ce samedi 17 décembre est un acte symbolique, ouvert à tous, concrétisant l’engagement des associations et des marraines et parrains, des habitants d’Alès et des environs, en faveur d’une famille sans papiers, leur reconnaissant ainsi le titre de citoyens à part entière de la République et du département du Gard.
Le parrainage renoue avec l’esprit de 1793 lorsque deux citoyens en parrainaient un troisième, l’accueillant au sein de la nation française, affirmant ainsi que l’on peut
être citoyen d’un pays sans en avoir la nationalité.
Réseau Education Sans Frontières d’Alès,
13 décembre 2011
A Lire aussi: Alès Le père de famille expulsé est de retour en France
LAURE DUCOS 25/10/2011

La petite famille est enfin réunie. En espérant que cela puisse continuer.(Photo J. F. GALLIER)
Muslum Oktay se bat pour que sasituation soit
régularisée, ainsi que celle de sa femme et de ses deux enfants.
Sans cesse à l’affût de tout. Muslum Oktay est actuellement sans-papiers.
Et quand il fait un acte anodin comme rencontrer un journaliste de Midi Libre dans un café un dimanche après-midi désert, il ne peut s’empêcher de regarder autour de lui à chaque instant pour vérifier que la police ne va pas une fois de plus l’arrêter.
La peur au ventre et avec beaucoup de pudeur, il confie ce qu’est sa vie aujourd’hui, en France, la vie d’un homme sans papiers, expulsé il y a un an et de retour en France depuis quelques semaines pour revoir sa famille.
C’est à Alès qu’il a choisi de s’installer et d’élever ses enfants. Sa vie est ici et nulle part ailleurs. Son frère et son cousin habitent la capitale cévenole, ainsi que ses amis et ses collègues. Pourtant il vit dans la clandestinité. D’origine kurde, il a dû quitter la Turquie.
« Mon objectif à l’époque était de partir de Turquie »
« C’était il y a plus de dix ans. Mon objectif à l’époque était de partir de Turquie », confie-t-il avec son accent à demi-voix. En effet, étudiant à l’université il a participé à des manifestations. Ces dernières étant illégales dans son pays d’origine, il est menacé, la police se rend chez lui… Il paie un passeur et arrive en France en transitant par la Bosnie.
Il s’installe alors à Marseille en 2001 où il trouve des emplois. « Je travaillais sur des chantiers. De petits boulots en petits boulots j’ai appris le français. J’ai même été déclaré pendant quelques années. » Pendant ce temps, sa femme accouche. Son petit
Ali, il lui faudra attendre huit ans pour le rencontrer, une fois qu’il a pu obtenir des visas pour sa femme et son fils. « C’est dur de recréer des liens avec son enfant quand on ne l’a pas vu grandir. » Ali rentre au CP dans une école à Alès et petit à petit, père et fils apprennent à s’apprivoiser.
En 2009, les 1res interpellations
Reste une chose, la peur de sortir dans la rue pour se promener. Et puis en 2009 commencent les interpellations, au bar sur des chantiers, dans la rue en
présence de son fils. Il y a un an, il est arrêté et expulsé. « Je n’ai même pas pu tenir au courant ma famille. Ça a été très dur. »
Pendant ce temps, son petit garçon Ali s’occupe de tout. En plus du manque de son père, il traduit tous les documents et les discussions pour sa maman Sultan, il a
peur pour sa petite sœur Ayse, il devient le chef de famille et est confronté à des problèmes d’adulte tout en ayant que 9 ans. Il refuse même de partir en vacances pour éviter de laisser sa mère et sa sœur seules. Ses amis à l’école le soutiennent, demande des nouvelles, sa maîtresse également et une solidarité s’installe autour du petit garçon. Au retour de Muslum il y a quelques semaines, Ali confiait qu’il était soulagé.
Aujourd’hui, Muslum sort très peu, son fils a peur de la police. Même pour aller chercher Ali à l’école il hésite et se cache. « J’ai toujours travaillé depuis dix
ans. J’ai des promesses d’embauche. Je suis intégré, mon fils fait sa scolarité
ici.
Cette situation n’est pas vivable. Nous voulons juste avoir une vie normale. Et notre vie est ici. »
Solidarité
L’histoire de Muslum et de sa famille a déjà mobilisé. Une opération “cartes postales”, des dessins des écoliers amis d’Ali très touchés par cette histoire, déjà l’an dernier. Son dossier pour sa régularisation va être déposé d’ici quelques jours. « Sa famille et sa vie sont ici. Nous demandons à la préfecture de régulariser la situation de Muslum et de sa famille en leur accordant un titre de séjour Vie privée et familiale”, explique Pascale Kerrien de RESF.
L’Entraide protestante de Lasalle vient de leur faire un don pour les aider en cette période de rentrée scolaire et une pétition est à signer en ligne. « Toute cette solidarité, ça me montre que je ne suis pas tout seul et ça me fait chaud au cœur », confie Muslum
Signez pa pétition; Pour la régularisation des parents d’Ali et Ayse
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Édition du samedi 18 décembre 2010
La mobilisation ne faiblit pas pour les Oktay
RAPPEL Le père d’Ali et d’Ayse, Muslum, a été expulsé le 28 octobre Le préfet Hugues Bousiges est prévenu ! RESF (Réseau éducation sans frontières) ne lâchera pas la famille Oktay dont le père a été expulsé le 28 octobre dernier pour Istanbul, laissant par là même derrière lui, deux enfants sans papa, Ayse (1 an) et Ali (9 ans), élève de CE2, à l’école Romain Rolland d’Alès.Arrivé en France début 2001, Muslum Oktay, engagé dans des mouvements de contestation kurde, avait fait moult démarches de demande d’asile politique, toujours restées lettre morte. Recherché par les autorités turques, il a dû fuir son pays pour la France où il n’a depuis, jamais cessé de travailler dans le secteur du bâtiment.
Pour aider la famille Oktay, les élèves des écoles Romain Rolland et Veigalier/Mendajors ont récemment fait des dessins qui illustreront des cartes postales envoyées ensuite au préfet du Gard, lui demandant la régularisation de Muslum Oktay. Car, vous l’aurez compris, ce dernier était sans-papiers.