La Réunion…

et l\’Océan Indien

Il existe des dizaines de familles d’animaux marins, pour la plupart primitives, bien loin des poissons au niveau de leur structure…pour cet article je me limiterai à la famille des Spongiaires, autrement dit : les éponges.

éponge très simple : leucettusa sp.

L’éponge pourrait être l’animal le plus primitif de l’océan : il est benthique (vit sur les fonds). On pense que ce sont les premiers animaux qui sont apparus, il y a 1 500 000 ans ! On trouve au moins 10 000 espèces d’éponges, toutes de forme et de couleur différente…là où il y a peu de courant, on les trouve dressées vers le haut ; là où le courant est fort, elles sont plutôt aplaties pour mieux y résister. Lorsqu’on les remonte à la surface, elles sont noirâtres, il faut les laver abondamment pour qu’elles prennent la couleur jaune que l’on connaît tous.

On en utilise tous les jours, mais comment est faite une éponge ?

Callyspongia, détail d’un tube épineux

Cet animal a la particularité de justement ne pas en avoir…pas d’œil, ni bouche, ni système nerveux, ni système respiratoire, encore moins de système digestif…l’éponge est constituée de spicules entre ses cellules, sortes de minuscules os (certaines n’en ont même pas !), comme des aiguilles, qui permettent la classification des espèces selon leur matière : celles qui sont en fibre de spongine sont celles que l’on utilise chez nous. Les « calcaires » vivent près de la surface tandis que les « siliceuses » vivent très profond.

Ses cellules forment des canaux : l’eau entre par les pores et « circule » dans le corps grâce à des cils qui bougent en permanence, les flagelles, entraînant un courant d’eau. L’éponge est un véritable filtre. Les éléments nutritifs (plancton et oxygène) sont ainsi retenus dans des « cellules à collerette ». L’éponge pompe l’eau 24h sur 24 et peut en ingurgiter 80 litres par jour, même en étant petite ! Elle évacue ensuite l’eau par un orifice plus grand que les autres, l’oscule.

Le plus étonnant est qu’elle peut se régénérer à partir d’une seule de ses cellules !

éponge en tubes, filtres à eau

Reproduction de ces drôles de bêtes :

éponge belize rose sur du corail

Les éponges sont hermaphrodites, comme beaucoup d’autres animaux marins primitifs. Cela veut dire que les spermatozoïdes et les ovules se rencontrent dans l’eau après avoir été éjectés par la même éponge. La larve qui en découle se fixera toute seule sur le fond et reproduira la même chose une fois grande.

Cependant, certaines éponges bourgeonnent, comme des cactus ! Ces bourgeons tombent au pied de l’éponge-mère et donneront un nouvel organisme. C’est aussi facile que ça ! Dans l’océan, les éponges ne sont pas fécondées par un autre animal, comme le font les abeilles ou les oiseaux pour les fleurs et arbres fruitiers.

 

A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir …

Déjà dans l’Antiquité on s’intéressait aux éponges et on les pêchait, en s’attachant un poids autour de la taille, pour arriver au fond et couper les éponges à la hache ou les arracher. Cette pêche faisait même partie des épreuves olympiques ! Les anciens pensaient d’ailleurs que l’éponge avait des vertus médicinales, ce qui est peut-être le cas. Aujourd’hui, on pratique encore par périodes la pêche aux éponges, de manière artisanale, et l’on s’en sert beaucoup dans le domaine de l’industrie : peinture en bâtiment, carrosserie automobile, ménage, cosmétique…

éponge envasée par les débris du lagon, danger de la pollution de l’homme.

Mon prochain article sur les animaux marins portera sûrement sur la famille des Coelentérés, autrement dit méduses et coraux…et oui, ils sont de la même famille !

lagon de la Réunion

Imaginez un lagon : nous avons tous aux yeux l’image d’une piscine naturelle, que borde une plage de sable blanc, observatoire facile de poissons tropicaux…pourtant, au temps où les bateaux accostaient sur ces îles encore inconnues, les récifs coralliens étaient plutôt synonymes de naufrage, de grand danger. Situés sous la surface de l’eau, les récifs ne se remarquent qu’au dernier moment…

De plus, un lagon est loin d’être calme pour ses occupants, poissons, algues, coraux…c’est une loi de la jungle où chacun survit en mangeant l’autre, sous peine d’être mangés à leur tour. Mais ne parlons pas de malheur et intéressons nous de près à ce petit peuple de la mer.

 

On trouve des récifs coralliens dans différents endroits de la planète, cependant, une condition revient à chaque fois : il faut une mer chaude. On les trouve donc dans l’hémisphère Sud : Réunion, Mayotte (le plus grand du monde), Ste Marie (Madagascar), Australie, Philippines…

 

Constitution d’un lagon

Canyon dans un récif corallien

Un lagon est constitué de plusieurs reliefs spécifiques :

 

         la barrière de corail : comme son nom l’indique, c’est un rempart de coraux qui délimite le lagon. A l’intérieur, le lagon, à l’extérieur, le large.

         Les tombants : endroit situé juste derrière la barrière de corail, sorte de falaise allant vers le fond, avec toutes sortes de coraux accrochés à la verticale. C’est la partie la plus riche en espèces animales et végétales, où l’on croise des plongeurs à la bouteille.

         Les canyons : passages étroits en couloirs entre les massifs coralliens, sortes de bouquets de corail. Le fond y est souvent sablonneux.

         La passe : endroit où le lagon est ouvert sur l’océan (coupure dans la barrière), et où l’eau entre et sort, créant des courants de va et vient dans le lagon. (La première réserve sous-marine de Mayotte s’est faite en 1990, dans la passe de Longogori.)

 

Un lagon ne serait rien sans ses coraux :

patate coralienne

Ceux-ci ont besoin d’être près de la surface de l’eau. Ils se construisent donc un squelette calcaire et se développent ainsi près des surfaces, dans peu de fond. (C’est ce squelette qui écorche bien les plongeurs lorsqu’ils s’y frottent de trop près…car il est coupant.) Ce ne sont pas les mêmes espèces qui vivent dans le lagon (pinacles coralliens, appelés « patates » coralliennes) et sur la barrière et le tombant : la profondeur n’est pas la même, les courants sont différents, les fonds sont vaseux ou sablonneux. Là où l’eau des rivières arrive dans le lagon, ils ne poussent pas. Par contre, on trouve à ces endroits mélangés d’eau douce et salée des mangroves et des palétuviers (plantes).

mangrove, en bord de lagon

Les espèces marines des lagons :

 

Il en existe 250 000 ! On distingue les animaux marins en 2 catégories :

         animaux benthiques : qui vivent où se déplacent dans les fonds du lagon (coraux, algues…)

         animaux pélagiques : qui vivent dans la masse d’eau (contraire des premiers), se laissant porter par le courant au petit bonheur la chance (comme le plancton) ou nageant d’eux-mêmes avec ou contre le courant (nectons, poulpes)

 

Mais dans cet article, intéressons-nous aux espèces végétales :

 

Tout d’abord, les algues sont omniprésentes. Elles sont le poumon de l’océan car elles contiennent de la chlorophylle (raison pour laquelle elles sont classées dans les végétaux). Rappelons que ce pigment est vert, qu’il utilise la lumière, les sels minéraux et le gaz carbonique pour fabriquer la matière. Il dégage de l’oxygène.

grande algue verte, sur du corail

Les grandes algues, dans le fonds marin, ont plusieurs couleurs :

Les algues bleues sont des filaments fixés sur ou sous les rochers

Les algues vertes sont molles et forment des « pelouses » sous-marines.

Les algues brunes sont très présentes en eaux froides, mais on peut en voir à Mayotte par exemple, à la surface. Elles se détachent de leur souche pour aller coloniser d’autres espaces (Turbinaria).

Les algues rouges pullulent dans les eaux chaudes. Elles sont le ciment des récifs et n’ont pas besoin de beaucoup de lumière : elles peuvent donc pousser dans de grandes profondeurs.

 

Les algues microscopiques forment le plancton. Il est invisible à l’œil nu, sauf quand il prolifère, on voit alors la surface de l’eau se colorer. Sur un lac par exemple, on voit quelquefois une étendue verte. Ils se laissent porter par le courant (souvenez-vous, animaux …pélagiques !). S’il y en a beaucoup, c’est que le milieu aquatique est très riche : les eaux tropicales qui sont limpides ont en fait peu d’éléments nutritifs comme le plancton.  

plancton à foison en suspension dans l'eau, et méduse.

 

Ensuite, on trouve dans les lagons des plantes marines, toujours espèces végétales, mais différentes des algues : elles ont les mêmes caractéristiques que les plantes terrestres, adaptées à la vie sous-marine. Elles auront donc des racines, des tiges, des feuilles, des fleurs (ce que les algues n’ont pas !). Elles forment des prairies aquatiques que l’on nomme herbiers. Ces plantes nourrissent beaucoup de poissons, et même des mammifères marins (vaches marines par exemple. Si, ça existe !)

 

J’en ai assez dit pour cette fois-ci sur la population des lagons. Dans un prochain article je vous montrerai les innombrables espèces animales, à grand renfort de photos si je le peux, car ces petites bestioles sont magnifiques !

 

Archipel des Comores

Les quatre îles de l’archipel des Comores : Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte, ont été formées comme la Réunion, par l’apparition de volcans. Ceci se passa bien après le détachement de l’île de Madagascar du continent africain à l’ère secondaire. Elles sont situées dans le canal du Mozambique (entre l’Afrique et Madagascar) et forment ensemble un croissant : on leur a donc donné le joli nom d’« îles de la Lune ». Mayotte est la plus ancienne, elle s’est formée éruption après éruption il y a 9 millions d’années. Petite histoire géologique :

Les îles des milieux coralliens ont une formation bien spécifique, en voici les étapes :

  1. Un volcan émerge de l’océan, en éruption. Une terre de basalte est née. (Etat actuel de la Grande Comore)

  1. Le volcan s’érode, s’use, développant ainsi autour de lui une ceinture corallienne. On appelle cela un récif frangeant. (Etat actuel d’Anjouan et Mohéli)

  1. Le basalte (composant principal d’un volcan) fait s’enfoncer la croûte terrestre à cause de sa pression et son poids sur celle-ci. C’est la subsidence. Une fois la terre stabilisée, les coraux se développent à nouveau autour de l’île, formant un 2ème récif frangeant. Le premier récif forme alors la barrière de corail autour du lagon, car les coraux du début poussent toujours vers le haut pour chercher la surface de l’eau, endroit idéal pour leur prolifération. (Etat actuel de Mayotte)

  1. Si la subsidence recommençait, l’île disparaîtrait (car la croûte terrestre s’enfoncerait un peu plus) mais les coraux formeraient alors un atoll (cercle de corail avec un lagon au milieu) car les courants amènent du sable à l’intérieur de ce cercle, formant un lagon à la place de l’île. A force d’amener du sable, des îlots peuvent se former, ce qui est le cas aux alentours de Mayotte.

L’île de Mayotte est petite, mais elle est au centre du plus grand lagon du monde, de 1000 km2 ! La profondeur des lagons va de 20 à 70 mètres. Derrière la barrière, la pente descend très vite car on atteint en quelques centaines de mètres une profondeur de 500 mètres !

L’amplitude des marées atteint 4,10m (différence de hauteur entre marée basse et haute), due à l’attraction que la Lune et le Soleil ont sur les masses d’eau. Pendant les grandes marées basses, on voit le corail dépassant de l’eau.

Dans le Sud de l’île, il y a une barrière de corail interne de 18 km : cette formation géologique de double barrière se rencontre rarement, et on n’en connaît que 2 autres, en Nouvelle Calédonie et dans les îles Fidji.

Sur cette île, la subsidence a été faible au Nord : il n’y a pas de véritable barrière mais un banc corallien. Par contre, au Sud, elle a été plus forte car c’est là que se trouve la double barrière de corail (c’est-à-dire qu’il y a eu une 2ème subsidence).

Anecdote : Il y a 20 000 ans, pendant la période de glaciation, l’eau de mer a été stockée aux 2 pôles en 2 énormes calottes glaciaires, ce qui a fait baissé le niveau de l’océan de 100 mètres ! Le lagon de Mayotte a dû être complètement asséché, comme toutes les côtes marines du monde. L’eau est remontée progressivement, avec le réchauffement de la Terre et donc la fonte des glaces.

De prochains articles seront consacrés à la vie des lagons, végétale et animale. Vous serez étonnés par la diversité de cette vie sous-marine particulière !

 

J’écris cet article en raison de la très forte houle australe qui s’est abattue sur les côtes réunionnaises ces 12,13 et 14 mai 2007.

 

houle moyenne

Qu’est-ce que la houle ? Un phénomène de l’océan, dû à une dépression avec beaucoup de vent. Cette zone est appelée « fetch » (ou mer des vents) : ce vent donne de l’énergie à l’eau, formant une onde pouvant se répercuter sur des milliers (voire des dizaines de milliers !) de kilomètres, à la surface de l’eau. La force de l’onde dépend de la superficie du fetch et de la puissance du vent : plus ils sont grands, plus l’onde sera forte et portera loin.

Ce n’est pas l’eau qui se déplace, c’est l’onde, cette énergie qui une fois créée ne peut plus être arrêtée, même si la tempête à l’origine du phénomène prend fin. Comparons avec un drap : si vous le secouez par le haut, vous verrez le drap en entier onduler jusqu’en bas, en forme de vagues : l’énergie que dégage votre mouvement est répercuté jusqu’en bas, mais la matière du drap ne se déplace pas pour autant. Vous avez compris ? L’océan fonctionne comme cela. Cette onde n’est pas dangereuse pour les bateaux au large car bien qu’elle crée une différence de hauteur, il n’y a pas de vagues. Cette onde devient dangereuse lorsqu’elle arrive sur les côtes, car les fonds marins sont de moins en moins profonds, il peut y avoir une barrière de corail ou simplement un changement de profondeur rapide, et les vagues se forment.

Selon la vitesse de l’onde et de l’importance des vents de départ, les vagues sont plus ou moins hautes. En moyenne : 4 à 5 mètres. Ensuite les vagues déferlent là où il y a peu de fond, sur les côtes donc, et si elles sont très grandes, elles s’abattent sur les plages, et déferlent aussi au-delà, poussées par la force de l’onde. Ainsi, les ports, les maisons, les hôtels de bord de plage sont touchés. Les dégâts matériels peuvent être énormes, car l’eau est très puissante et casse tout sur son passage : bateaux, pontons, arbres, clôtures, parkings et terrasses…et peut emporter pêcheurs et marins surpris par les vagues soudaines, ce qui s’est malheureusement passé ici…deux pêcheurs sont portés disparus.

 

 

Vocabulaire utilisé pour mesurer ce phénomène :– Le fetch : zone de vents (tempête) qui donnent leur force aux ondes et donc à la houle. Cette zone peut être très éloignée du lieu où la houle déferlera. Tout dépend des courants marins.Un train : c’est une succession de vagues.Un houlographe : appareil qui mesure la hauteur des vagues. 

On mesure plusieurs choses :          la hauteur entre le creux de la vague et sa crête, qui donne la grandeur de la vague.         La longueur d’onde : la distance qui sépare deux crêtes de vagues qui se suivent.          La période : le temps qui sépare le passage de 2 crêtes.         La « célérité » ou « vitesse de phase » : la vitesse d’un train de vagues. 

Ce sont les trains de vagues qui ont une grande longueur d’onde qui forment la houle car ce sont ceux qui vont le plus vite et le plus loin.► Météo France a relevé la hauteur des vagues pour
la Réunion : 5 mètres en moyenne, mais elle ont atteint 11 mètres ; une longueur d’onde de 180 mètres ; une période de 18 secondes et une célérité de 11 mètres par seconde, soit 66 km/h.

 

 

houle sur les côtes

La houle australe qui déferle à
la Réunion depuis 2 jours a pour origine une tempête située à 2000 km au Sud de l’île, avec des vents de 100 km/h. Rien d’exceptionnel pour la saison. Cela arrive tous les ans en hiver. (Dans la mer du Nord, on a déjà relevé des vagues de 30 mètres !)

 

Seulement, d’habitude, elle ne crée pas autant de dégâts. Certains réunionnais la qualifient de pire que Gamède (le cyclone qui a touché notre île en mars 2007). Des dizaines de bateaux ont été coulés, chavirés, cassés. Des bateaux gisent sur le bord des routes. Un club nautique a même perdu 90% de sa flotte et les hôtels et restaurants du bord de plage voient leurs travaux de reconstruction post-Gamède réduits à néant. Le port de St Gilles est complètement ensablé. Les circuits de renouvellement d’eau de l’Aquarium sont bloqués, heureusement, les poissons peuvent rester plusieurs jours dans la même eau.

L’économie s’en ressent une nouvelle fois, et surtout la filière touristique. Paraît-il qu’il y a eu encore plus grand et fort, il y a 30 ans. Mais la majorité des créoles crient : «  On a jamais vu ça ! » (C’est, soi dit en passant, la phrase préférée de la population après chaque phénomène inhabituel.) Les seules à avoir profité de la houle sont 3 tortues de Kelonia, la ferme des tortues, qui ont profité que l’océan s’invite jusque dans leurs bacs en cassant la clôture pour rejoindre l’océan une bonne fois pour toutes.

 

Se pose alors la question de la prévention : il n’existe que « l’avis de houle », que consultent les marins avant de prendre la mer. Mais il n’existe pas d’avis de forte ou très forte houle. On ne peut donc pas alerter la population sur l’ampleur du phénomène, car la houle est habituelle en cette saison d’hiver austral. C’est pourquoi un « Plan événement météorologique dangereux » va être mis en place sur l’île, afin d’adapter les systèmes d’alerte au climat tropical. Le Préfet pourra alors interdire l’accès au bord de mer, les sorties en mer et prendre d’autres mesures en cas de fortes pluies, vents violents et forte houle. Etonnant que ce système ne soit pas déjà mis en place depuis longtemps ! Nous savons pourtant bien que les conditions météorologiques ne sont pas les mêmes qu’en métropole, ni de la même ampleur !

 

Ces catastrophes répétées sur le littoral remettent en question l’aménagement fait par le département : ont-ils eu raison de construire si près de l’océan hôtels, restaurants et maisons ? Ont-ils eu raison de centrer le tourisme des villes sur les côtes ? La nature reprend ses droits, et c’est l’occasion pour les mairies de réaménager leurs villes en fonction de cette nature toute puissante, ce qui aurait dû être fait dès le départ. Mais l’attrait économique lié au tourisme a été le plus fort, en voici les conséquences, à force de grignoter du terrain sur la nature plutôt que de s’adapter à elle…