La Réunion…

et l\’Océan Indien

Il Il était temps !

 

Le Parc National des Hauts, créé en 2007 afin de préserver et valoriser le patrimoine naturel de certains sites de l’île, a proposé la candidature de la Réunion au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Pour pouvoir appartenir à celui-ci, il faut que les sites naturels offrent un « caractère exceptionnel et universel ». A la Réunion, nous sommes gâtés en sites exceptionnels : les trois cirques, leurs pitons, la Plaine des Sables, et le volcan sont uniques. Il est inimaginable qu’ils soient abîmés, négligés.

 

Les cirques de Mafate (Nord Ouest), Cilaos (Sud) et Salazie (Nord-Est) sont uniques, ils sont le résultat de l’activité volcanique de l’île, de son effondrement qui donnera cette forme de trèfle avec au milieu le Piton des Neiges, volcan éteint. De son sommet, toute l’île s’offre à nous jusqu’aux côtes.

Dans les hauteurs des cirques, la végétation endémique a pu être protégée. On trouve ainsi des bois très originaux dans les forêts de bois de couleur, comme le « Poivrier Mal aux dents », le « Bois d’éponge », le « Bois de sable »… Ainsi, le Conservatoire botanique des Mascarins a retrouvé dans Mafate un « Nesogenes orerensis », plante disparue depuis une centaine d’années !

un bout de Mafate

Le Piton de la Fournaise, volcan hyperactif, mérite lui aussi de faire partie du Patrimoine Mondial. Sa plaine des Sables est exceptionnelle, lunatique. Elle vous transporte sur une autre planète, composée de scories, de soufre…

la plaine des sables

La Plaine des Sables

 

Malheureusement, la Région Réunion souhaite y installer une station géothermique, qui alimenterait un pourcentage dérisoire de la population réunionnaise, dans les 2 %. Ce monstre de ferraille entacherait la beauté et l’unicité du lieu. De la civilisation industrielle dans un paysage désertique. Quel gâchis ! Ce projet semble adopté, mais nous ne savons pas quand les travaux débuteront.

La conséquence de cette lubie de construction a amené le Parc des Hauts à enlever la Plaine des Sables des sites candidats au Patrimoine Mondial. Alors que, autant que la forêt primaire, cette plaine est introuvable ailleurs sur le globe terrestre.

 

       Il y a longtemps, la Réunion, grâce à son humidité, sa température, sa grande pluviométrie, son aérologie, était un paradis pour les animaux. Une biosphère exceptionnelle et endémique (= qui existe exclusivement à la Réunion) s’est mise en place : les éléments venus peupler cette île proviennent des cyclones et des courants marins portant troncs d’arbres et autres éléments végétaux. Ainsi, sont venus les graines qui se disséminent dans l’air, certains végétaux et insectes des terres alentours, pas de mammifères (comment seraient-ils venus sur l’île ?) ni de prédateurs, et beaucoup d’oiseaux.

Puis l’homme est arrivé, perturbateur, prédateur (massacre des populations de dodos par exemple), mangeur d’espace (villes tentaculaires), il a bouleversé en très peu de temps l’équilibre écologique de la Réunion. Il ne reste pas grand-chose de ce paradis là où l’homme a pu s’installer, sur le littoral. Heureusement, les reliefs très accidentés de l’intérieur de l’île protègent certaines espèces, qui sont classées espèces protégées, en voie d’extinction.



Ce que dit la loi :


« Sont interdits en tout temps sur tout le territoire du département de La Réunion, la destruction et l’enlèvement des œufs et des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l’enlèvement, la naturalisation des oiseaux d’espèces non domestiques suivantes ou, qu’ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat :


Albatros à bec jaune

Petit Puffin de Baillon

Puffin du Pacifique

Pétrel noir

Pétrel de Barau

Pétrel océanite

Pétrel géant antarctique

Pétrel géant subantarctique Fouquet

Fouquet

Fouquet

Taille vent

Paille en queue


 


Je m’intéresse ici au Pétrel de Barau, espèce endémique dont le nombre d’individus ne cesse de baisser, qui vit très mal la « cohabitation » avec l’homme. On estime qu’il en reste 3000 couples, 12 000 individus en tout. Il n’en existe qu’à la Réunion.

Pétrel de Barau


Son nom ?


Il vient de celui qui a découvert cette espèce, en 1963. Il s’appelait Armand Barau. En scientifique : Pterodroma baraui…on le nomme plus communément fouquet, taille-vent. C’est un oiseau de mer, ses pattes sont donc palmées. Son plumage est gris-bleuté dessus, blanc dessous.


Son habitat ?


Comme les pingouins, il vit en colonies, dans l’Océan Indien, et ne revient sur terre que pour mettre au monde ses petits. Cela se passe pendant l’été austral, à partir d’octobre.

Il niche dans des terriers formés par les aspérités du relief. On les trouve seulement sur les remparts uniques du Grand Benare (plus de 1000 m de dénivelé !) et du Piton des Neiges, les deux plus grands sommets de l’île, se faisant face. Ces remparts ont été formés suite à l’effondrement de la chambre magmatique du Piton des Neiges. Ce milieu est hostile, et seuls les Pétrels de Barau y vivent : faible végétation (dite « altimontaine », faite de branles blancs, verts, et petits tamarins des hauts), soleil frappant sur les parois, humidité de l’air (car ils se trouvent entre 2800 et 3 000 m d’altitude) et grande variation des températures.

Une femelle ne met au monde qu’un seul petit par an. Une fois en âge de voler, plusieurs mois après, en avril, ils s’envolent pour regagner la mer. C’est là que l’homme pose problème…

Pétrel tombé au sol


1. Problème majeur

Les jeunes pétrels sont attirés par les éclairages publics des stades, des villes, et surtout par celles, très nombreuses, du littoral Ouest. Ils chutent alors au sol. Ils ne sont pas faits pour s’envoler depuis un terrain plat et sont très handicapés au sol : ils ne peuvent pas marcher, ils rampent avec leur bec.


2. Conséquences

Il est alors impossible pour eux de reprendre leur envol. Ils sont à la merci des chats, chiens, ou même des hommes. Même si ces derniers les laissent tranquilles, ils n’ont pas beaucoup d’endurance et de graisse et ne survivent pas longtemps seuls. Beaucoup meurent ainsi, et cela suffit à diminuer dangereusement le nombre de Pétrels de Barau, jusqu’à un seuil critique.



Les actions


La SEOR, Société d’Etudes Ornithologiques de la Réunion, est la seule à se préoccuper de leur sort. Depuis 3 ans, elle organise une campagne de sauvetage en avril, au moment de l’envol, afin de récupérer le plus possible de jeunes Pétrels tombés au sol, pour les aider à repartir en direction de l’océan. En 1999, 605 oiseaux ont été récupérés, dont 550 ont réussi à repartir.

La SEOR a besoin de la coopération des réunionnais, car ce sont eux qui peuvent signaler la présence d’un Pétrel de Barau dans leur jardin ou leur quartier. (appeler au 0262 20 02 19 si vous en trouvez un).

Pétrel de Barau dans son élément

Pour de plus grands renseignements, allez surfer sur leur site : http://www.seor.fr


Cette espèce endémique est une espèce parmi d’autres à la Réunion, toutes aussi exceptionnelles et menacées d’extinction. Je vous en parlerai dans un prochain article. Ils ont de plus de très belles couleurs vives car ils n’ont pas besoin de se cacher des prédateurs, inexistants à la Réunion, mis à part les chats introduits par l’homme.

 

Continuons notre tour d’horizon des habitants des lagons tropicaux avec les étoiles de mer, oursins, concombres et autres : les échinodermes. Cela veut dire qu’ils sont normalement couverts d’épines (mais ce n’est pas le cas de tous les animaux de cette famille).

 

Caractéristique : la symétrie par 5 ! = à partir d’un point central poussent cinq branches.

 

  1. Les Etoiles de mer (astéries)

 

Ce sont elles qui représentent le mieux cette symétrie car elles ont 5 bras en étoile, avec au bout de chacun un œil, rouge. Les bras ne sont pas obligatoirement 5, mais peuvent être un multiple de 5 : certaines étoiles de mer ont 20 bras, comme l’Acanthaster Planci, mangeuse de corail, appelée « couronne d’épines ».

Ces étoiles se nourrissent de coquillages : elles se fixent dessus et tirent en posant leur ventouses centrales. Dès que le coquillage s’entrouvre, elles jettent littéralement leur estomac à l’intérieur et digère très vite grâce à ses sucs gastriques, car l’étoile de mer n’a pas de dents. Elles mangent des proies semi liquides à moitié digérées à l’extérieur.

Elles peuvent également se faire repousser un bras coupé, ou même le corps entier à partir d’un seul bras ! C’est pourquoi on ne peut se débarrasser de certaines espèces envahissantes en les coupant car ce serait pire…

 Protoreaster lincki, étoile géométrique   Etoile Fromia monilis   étoile de mer, symétrie par 5

 

  1.  Les Ophiures

Etoiles de mer toujours, mais différentes, car leurs bras sont maigres et composés de disques aplatis, comme des vertèbres qui bougent. Elles sont aussi appelées « étoiles serpent ». Elles ont des dents, contrairement aux premières, et ne lancent pas leur estomac, car elles se nourrissent de plancton, pas de coquillages, à quelquefois 6000 mètres de profondeur ! Elles sont plutôt noires et sortent la nuit. Discrètes !

 ophiure à épines   ophiure de 30 cm !

 

  1. Les Oursins

Tout le monde sait qu’il ne vaut mieux pas marcher dessus ! Ils sont faits de plaques calcaires, entourant l’animal, agrémentées d’aiguilles acérées et cassantes, organisées par la même symétrie de 5 que les étoiles de mer. On ne le voit pas, mais l’oursin a un pied et des pédicellaires (petites pincettes servant à se nettoyer ou à attraper de petites proies).

Certains oursins ne sont pas ronds, mais ovales et aplatis : ce sont les « dollars des sables » et on en trouve beaucoup aux embouchures des rivières, même à Mayotte.

L’Oursin Diadème, très répandu, a des piquants très longs, noirs et fins. Par contre, les Oursins Crayons ont des gros piquants usés.

 oursin diadème  oursin crayon

 

  1. Les Concombres de mer (holothuries)

Bien que leur forme soit très différente des étoiles, ils ont les mêmes pieds, régis par la symétrie de 5 ! Ces véritables filtres vivent dans le sable et ne bougent pas beaucoup. Leur squelette : des « baguettes » calcaires dans la peau, invisibles, comme des côtes !

Etonnant : Les concombres peuvent cracher leur estomac sur un prédateur pour se protéger. Un autre estomac repoussera tout seul à l’intérieur !

Reproduction : Pour se reproduire, certains se divisent en 2 tous seuls, et hop un deuxième concombre et né ! C’est tellement plus simple !

 

concombre de mer

  1. Les Lys de mer (crinoïdes)

Ceux-ci sont sûrement inconnus de beaucoup. Le lys a 5 bras en forme de calice, hérissés complètement de dents, comme celles d’un peigne. On en trouve à 4000 mètres de profondeur. Ils se nourrissent de plancton. Dans les eaux peu profondes, l’animal est mobile, et s’accroche grâce à une couronne de crochets !

A Mayotte, ils ont des bras ressemblant à des plumes, et ont des couleurs vives.

 

crinoïde jaune

 

Crustacés = arthropodes = « animaux aux pattes articulées » = insectes marins

On continue, en évoluant petit à petit dans la complexité des animaux. Tout le monde connaît les crustacés. Ils ont un squelette, une carapace de chitine (matière créée par l’animal). Cette carapace ne grandissant pas, le crustacé est obligé de s’en fabriquer une plus grande, molle, de se sortir difficilement de l’ancienne devenue trop petite et d’attendre, vulnérable, que sa nouvelle carapace durcisse… tout en mangeant le plus possible pour faire des réserves en vue d’une prochaine mue…pas facile la vie de crustacé !

Exception : le cloporte, qui est le seul crustacé terrestre.

Composition :

une tête avec 4 antennes et 6 mâchoires

  • un thorax

  • une queue

  • un cerveau bien défini

  • un vrai estomac

Le crustacé est donc bien plus complet au niveau de ses organes que d’autres animaux marins qui ne possèdent ni queue, ni cerveau, ni thorax…


Les crustacés inférieurs (appelés ainsi non pas parce qu’ils sont plus faibles, mais plus petits que les autres)

schéma d'une balanus balanoïde

Ils mesurent quelques millimètres : ce sont les puces de mer, les puces de poisson (si, ça existe !), appelées balanes ou glands de mer. Elles ne se fixent pas seulement sur les poissons, mais aussi sur les rochers, les coques de bateaux…

 

 

 

 

D’autres ressemblent à de petites moules blanches avec un pied noir (anatifes, ou pousse-pieds). Tout ce petit monde compose 80% du plancton, mangé par les anémones, coraux, vers, poissons.

anatife, ou pousse-pieds

 

Les crustacés supérieurs (ceux-là sont plus gros)


On trouve plusieurs groupes de ces « supérieurs » :

  • Les péracaridés : les crevettes marsupiales (avec une poche, comme les kangourous), qui font aussi partie du plancton.

  • Les eucaridés : les petites crevettes que sont le krill, seule nourriture des baleines !

  • Les décapodes : les crustacés à 10 pattes, dont font commerce les hommes. Ces bêtes nagent et marchent (plus ou moins de travers…).

  • Les nageurs (natantia) : Ce sont toutes les crevettes que l’on consomme, nous, humains. Elles se pêchent à faible profondeur, bien que certaines se trouvent à 200 m voire 1000m de profondeur !

décapode : kiwa hirsuta

La couleur des crevettes varie : soit elles se fondent dans le décor comme les caméléons, soit au contraire leurs couleurs sont vives et voyantes, et vivent avec les anémones, concombres de mer et méduses, en sécurité sous leur protection.


ETONNANT : la crevette nettoyeuse

En échange de la protection de l’animal qui les abrite, la crevette le nettoie, tout en se nourrissant. Cette particularité va très loin : les crevettes nettoyeuses ne sont pas toutes attachées à un seul animal. Certaines se postent toujours à un même endroit, et attendent que les poissons viennent se faire nettoyer tous seuls. Ces derniers les voient grâce aux couleurs très vives qu’elles arborent. Les poissons viennent exprès et présentent à la crevette leur tête, leurs ouïes, ou une blessure s’ils en ont une. La crevette nettoie alors tous les débris, parasites. C’est sa nourriture. Elle va même jusqu’à entrer dans la bouche des poissons (qu’ils gardent grande ouverte pour elle) pour nettoyer leurs dents ! Si le poisson veut bouger à ce moment, il la prévient pour qu’elle sorte, mais jamais ne la mange, bien qu’elle pourrait constituer son repas. C’est un équilibre : si un poisson n’est jamais déparasité, il finit par tomber malade. C’est pourquoi le poisson ne mange pas la crevette qui le nettoie, il en a besoin.

crevettes nettoyeuses aux couleurs vives
les crevettes à l’oeuvre sur des murènes dociles…

Passons aux plus gros crustacés : dans l’Océan Indien on trouve beaucoup de langoustes, écrevisses, homards, cigales de mer. Ce sont les macroures (signifie « grosse queue »), mais malheureusement elles sont de plus en plus rares du fait de la pêche intensive. A Mayotte, on trouve la langouste verte et la langouste rouge.

magnifique langouste

Les cigales de mer n’ont pas de pinces et leurs antennes sont en forme de pelles. Elles se fondent dans le décor.

cigale de mer

- Les brachyoures (« queue courte ») que sont les crabes et araignées de mer. Il y en a beaucoup dans l’Océan Indien. A Mayotte on trouve le crabe mangrove (scylla serrata), comestible.

un crabe mangrove, du même nom que la plante

Tous les crabes tentent de se camoufler (contrairement aux crevettes). Ainsi, ceux qui vivent dans le sable sont plutôt beige transparent.

Ils développent de grosses pinces pour se défendre et manger. On y trouve aussi l’Uca, de 3 cm. On le surnomme crabe-violoniste car le mâle a une pince beaucoup plus grosse que l’autre, de la même taille que son corps, rouge. Il l’agite pour attirer les femelles, d’où un 2ème surnom : le « crabe-appelant ».

crabe-violoniste

Autre comportement : certains anomoures, appelés crabes des cocotiers, vivent dans ces arbres et ne vont à la mer que pour se reproduire. Leur carapace est plus épaisse, pour ne pas se casser en tombant des cocotiers !



● Mais laissons de côté ces gros crustacés que vous connaissez et intéressons-nous au

Bernard l’Ermite :

Bernard l’Ermite de la Réunion


Ce pagure (autre nom du Bernard l’ermite) est un anomoure (à l’abdomen mou). Il vit dans des coquilles vides, et en change quand il grossit (c’est plus facile que la mue du crustacé). Entre parenthèses, il est utilisé comme appât par les mahorais pour la pêche aux maquereaux.

Certains pagures ont sur leur coquille une anémone de mer (bien particulière) qui profite des déplacements de l’animal pour trouver plus facilement ses proies, plutôt que d’attendre que le courant les apporte.

En contrepartie, le pagure est protégé. L’anémone repousse les prédateurs qui auraient vite fait de casser la coquille, avec ses tentacules venimeux. Elle profite aussi des repas du pagure.

Le plus étonnant arrive : quelquefois, l’anémone suit le bernard l’ermite qui change de coquille. Elle se détache et se fixe sur la nouvelle carapace…il arrive que le bernard lui-même la détache et la fixe sur sa nouvelle maison ! Pourquoi changer une équipe qui gagne ?

 Je continue ma saga sous-marine, car bien que ces animaux ne soient pas spécifiques à l’océan Indien, ils y sont tous présents, on les rencontre souvent dans les lagons. Je me permets donc de continuer d’en parler. 

Le mollusque est, par définition, mou, dans une coquille qui tend à disparaître chez certaines espèces. Dans cette famille, on trouve des animaux très différents : calmars géants, limaces, coquillages…

 

Leur point commun :

-         un système nerveux et sanguin complexe-         un pied, une tête, voire une coquille

-         un radula : langue râpeuse avec des dents (capable de percer une coquille)

 

Encore une fois, ils sont classés en différents groupes : 

 

Les Gastéropodes : « l’estomac dans le pied », littéralement, car ces 2 parties sont très proches.

 

Ce sont les escargots et limaces (de terre ou de mer, ces derniers étant les plus nombreux), herbivores. On les classe selon l’endroit de leur corps où ils respirent :

 

A l’avant, avec des branchies (prosobranches) : coquillages, en spirale généralement, les porcelaines brillantes,  les patelles, les chapeaux chinois…certains, en forme de cône, sont très dangereux. A Mayotte, on trouve le « cône géographe » et le « cône textile », fatals à l’homme à cause du venin de leur dard. Le « casque rouge » est protégé à Mayotte car il en reste peu : ce sont eux les prédateurs de l’étoile de mer  Acanthaster Planci, dévoreuse de corail. Ils sont indispensables.  voir Histoire de l’Acanthaster Planci, ce fléau,

porcelaine, membre des mollusques

 

 

 Acanthaster PLanci

 

A l’arrière, avec des branchies (opisthobranches) : comme les chenilles, les couleurs vives des opisthobranches montrent aux prédateurs qu’elles ne sont pas comestibles. Ce sont les limaces de mer, sans coquilles. A la place, pour se protéger, elles arborent des spicules calcaires (comme les éponges). De plus, en mangeant les coraux, ces limaces se gardent leurs cnidoblastes (flèches venimeuses) pour ensuite se défendre. Elles peuvent également expulser un liquide répulsif quand un ennemi approche.

 

limaces au bal déguisé

 

Ce sont des nudibranches, c’est-à-dire qu’il faut qu’elles protègent leurs branchies, à nu à l’arrière du corps. Dans ce groupe, on trouve « les lièvres des mers », drôle de nom, car elles peuvent atteindre 40 cm et peser 2 kilos.

 

 

Les Bivalves  = coquilles à 2 valves, attachées ensemble.

 

Leurs branchies ressemblent à des lames de champignon ; voici les huîtres, les moules… On pourrait penser qu’il n’y en a pas dans l’Océan Indien. Pourtant si. Ces bêtes filtrent l’eau, se nourrissent de plancton. Elles ne bougent pas. Certaines huîtres, les spondyles, ont des dizaines d’yeux le long de leur ouverture. Les espèces sont quelquefois étonnantes :

-         l’huître zigzag (lopha cristagalli) est écarlate,

-         l’huître méléagrine produit une perle noire.

 

 huître zigzag, lopha cristagalli

Le plus gros bivalve est le bénitier. A Mayotte, il peut mesurer 30 cm de long ! Toutefois ce n’est rien, comparé au bénitier vivant dans l’Indo-Pacifique, qui lui, peut atteindre 1 mètre, et 250 kilos ! Un monstre. On l’utilisait comme bénitier d’église au 18ème siècle.

 

bénitiers

 

Les Céphalopodes : d’après ce nom grec, ils n’auraient qu’une tête et des pieds.

 

Ils sont tellement différents des huîtres qu’on ne penserait pas les classer dans le même famille, et pourtant…les poulpes, pieuvres, calmars, et seiches sont de ce groupe. Mais surtout pas les méduses, ne les confondons pas… (la méduse est un coelentéré, voir article précédent).

 

Les céphalopodes ont comme les mollusques le pied, mais fusionné avec la tête, et divisé en tentacules. Ils ont quelque chose que les autres n’ont pas : des yeux, se rapprochant de ceux des vertébrés, mais sans paupières. Leur bouche ressemble à un bec de perroquet.

 

Cet animal est un vrai caméléon : il possède des cellules colorées (chromatophores) qui selon qu’elles se contractent ou non font passer l’animal par différentes couleurs. Il peut devenir blanc, puis noir, bleu, violet, rouge ou jaune, et se confondre avec l’environnement. Sous la tête, un siphon propulse l’eau et le fait avancer.

Autre organe insolite : une poche d’encre qui se vide afin de donner le temps à la bête de s’éclipser dans ce nuage noir.

grand calmar

Lesquels ont 10 tentacules ? Les calmars, les seiches (vie en banc)

Lesquels ont 8 tentacules ? Les pieuvres et les poulpes (vie solitaire) :

poulpe en déplacement

 

 

Fait rare : des nautiles sont parfois rejetés sur les plages de Mayotte. Ils vivent à de grandes profondeurs, et remontent très rarement. Leur coquille, très belle, est compartimentée. Ils vivent dans la dernière, au fond.

 

nautile

Mesures exceptionnelles :

Le poulpe d’Amérique du Nord (Paroptopus apollyon) mesure 9,5 mètres, les tentacules tendus…mais ce n’est rien comparé au calmar (Architheutis princeps) de 17 mètres !

 

Encore pire : Certaines marques de ventouses de calmars laissées sur les cachalots (qui s’en nourrissent) prouvent que certaines de ces bestioles atteignent 30 mètres de long !

 

Etonnant : Quelques espèces de pieuvres « décorent » leur trou, où elles dorment, avec des coquillages, du verre trouvé dans l’eau…personne n’a trouvé d’autre explication que cette manie de décorer son logis. Malheureusement pour ces pieuvres, leurs trous sont plus faciles à trouver que les autres pour les pêcheurs…

 

« Beurk ! » me direz-vous. Vous avez tort. Les vers marins sont magnifiques. On les croirait parés pour le bal, j’ai des photos à l’appui. Mais avant cela, quelques explications de leur existence :

Le ver planaire (= Plathelminthe)

Ces vers-là semblent bien être le maillon suivant les coelentérés dans la chaîne de l’évolution animale : ils ont plusieurs points en commun avec eux :

  • un seul oscule (voir les points communs des coelentérés)

  • il peut se régénérer en entier à partir d’un seul morceau de son corps. Coupez un ver en deux, cela donnera deux individus !

Ce qui distingue le ver marin du corail et de la méduse, c’est son cerveau. C’est effectivement le premier animal à en posséder un dans l’Evolution, bien que l’on peut se demander où il se situe…


A quoi ressemble t-il ?

Sûrement pas aux vers terrestres, lombrics, que l’on connaît bien, et qui sont plutôt répugnants. Notez que le ver planaire est cependant de la même famille que le ténia, parasite des intestins…

Le ver planaire n’est pas grand, ni visqueux. Il mesure à peu près 5 cm, est aplati. Son corps est mou et invertébré, comme tous les vers. Il possède une sorte de voile composé de cils qui ondulent pour lui permettre de se déplacer, de nager. Ses couleurs sont magnifiques. En voici quelques uns :

vers planaires divers !


Par contre, on ne connaît pas bien leur mode de reproduction, ni leur alimentation. Ils seraient carnivores et mangeraient, la nuit, de minuscules invertébrés…



Le ver Némathelminthe


Les représentants de cette famille là sont plutôt ronds et plutôt parasites (pour l’homme, les plantes, les animaux), alors que le ver planaire est complètement inoffensif. Ceux qui nous intéressent, dans l’océan, sont transparents, incolores et très minces. Leur taille varie de 3 mm (minuscule !) à quelques centimètres.

Ceux-là sont présents dans tous les fonds de toutes les mers, du rivage aux abysses. Inutile donc de les compter…

Ils mangent de la matière organique (= qui vient d’organismes morts, plantes et animaux) et sont donc très importants pour le processus de décomposition et de recyclage de cette matière. On peut parfois les trouver en bancs très denses, d’environ 100 millions au mètre carré !



Les Brachiopodes


Ceux-là sont de vrais animaux fossiles qui n’ont pas évolué…malheureusement, il n’en reste que 140 espèces sur les 2000 connues…ils sont mal connus car ils vivent dans les profondeurs. On les classe dans les vers car leur organisme y ressemble ; cependant, ils ont des coquilles comme les mollusques et un pédoncule (qui leur permet de se fixer au fond). Des vers améliorés en quelque sorte…


un brachiopode, sorte de conque




Les Bryozoaires = zooïdes


En forme de tonnelet, ils ont un panache de tentacules. Ce qui est intéressant chez eux est qu’ils peuvent mesurer de un millimètre à un mètre ! Ils vivent en colonies, et on les trouve quelquefois sur les coques de bateaux et piliers de jetée, car la peinture spéciale de ces supports de les dérange pas…

un bryozoaire pectinatella

   

bryozoaire (je n’en connais pas le nom)


Les Annélides


De par leur nom, ces vers ont…des anneaux, répartis également sur leur corps. Cependant, ils ne sont pas tous marins :

un ver annelé, néréis

  • Oligochètes : vers de terre, lombrics, qui ne nous intéressent pas…

  • Hirudinées : sangsues, groupe peu sympathique !

  • Polychètes : voici les vers marins : ils possèdent une tête bien distincte, une paire de « pieds » (parapodes) à chaque segment (= espace entre 2 anneaux). Ils sont bien différents de ce qu’on a vu jusqu’à présent : Ils ont un système digestif, et la bouche est distincte de l’anus. Ils ne sont pas hermaphrodites, leur sexualité est bien compliquée par rapport aux précédentes familles ! Ils se fabriquent quelquefois un tube protecteur sur les fonds marins.

des vers polychètes, déployés dans toute leur beauté

Par exemple, les spirorbes :  spirorbe  et les sépules fabriquent des tubes calcaires, alors que les sabelles et les spirographes fabriquent des tubes avec des grains de sable collés entre eux…:

sabelles

spirographe


Voilà, j’en ai fini avec les vers marins, mais pas du tout avec le reste de la faune marine des lagons de la Réunion, de Mayotte et d’ailleurs…

Quel nom bizarre…cette famille des coelentérés regroupe tout simplement les coraux et les méduses…oui, ils sont de la même famille car ils fonctionnent de la même manière. Cet article est long, certes, mais étonnant.

Information de passage : si vous allez un jour sur une des îles de l’Océan Indien, ne ramenez surtout pas de corail dans vos souvenirs, c’est interdit, et ce corail est indispensable au renouvellement des plages.

Points communs du corail et de la méduse

■ Ils sont tous deux de la forme d’un sac.

■ Ils ont trois cloisons (interne, externe, et une gélatineuse entre les deux) qui abritent la cavité digestive : « l’estomac » (bien qu’on ne puisse pas réellement lui donner ce nom).

■ Ils ont un seul orifice, l’oscule, qui leur sert de bouche et d’anus. Des tentacules (= cnidoblastes) disposées tout autour de cette bouche capturent les proies grâce au venin qu’elles produisent : dans chaque cnidoblaste se trouve une minuscule aiguille enroulée, pleine de ce produit, urticant pour certains, mais mortel pour d’autres, pour les animaux marins comme pour l’homme. L’aiguille jaillit vers la proie (du plancton, car les coelentérés sont carnivores) au moindre contact de celle-ci. Elle est soit paralysée, soit tuée. Les tentacules ramènent alors la victime vers la bouche. Les humains sont seulement blessés par le corail, mais la piqûre de certaines méduses peut être mortelle.

■ Les cnidoblastes servent aussi à repousser l’ennemi.

■ Les coelentérés sont hermaphrodites : éjectés des corps, les gamètes mâles et femelles se rejoignent dans l’eau et fusionnent, donnant des larves.

polypes se rétractant

Malgré ces points communs, nous pouvons tout de même les séparer en deux groupes distincts :

1- Les Méduzoaires

Comme son nom l’indique, ce groupe rassemble les méduses, et les hydraires.

Caractéristiques d’une méduse :

Forme d’ombrelle, bouche et tentacules vers le bas. Certaines espèces de méduses peuvent mesurer jusqu’à 2 mètres de diamètre (scyphozoaires) ; elles vivent en bancs, très dangereux. D’autres sont de forme cubique (cubozoaires), venimeuses, leur piqûre est mortelle en 3 minutes…ce sont les méduses-boîtes (par exemple, la « Guêpe des mers », en Australie).

Les autres sont beaucoup plus inoffensives et aussi beaucoup plus petites. Il en existe des minuscules !

méduse commune cliquez sur la photo pour un lien avec un site sur le sujet !

Caractéristique d’un hydraire :

Vit en colonie (c’est-à-dire qu’ils fusionnent pour former des arborescences : les hydraires ressemblent à des fougères. Ils « bourgeonnent ». De chaque « bourgeon » naît une méduse qui vit, elle, libre. C’est étonnant. C’est exactement comme si les bourgeons d’un pommier devenaient des oiseaux qui s’envolent… (cliquez également sur la photo pour un lien sur un site pertinent)

hydraire, tubularia indivisa

2- Les Anthozoaires

Ce sont des « fleurs-animal », rassemblant les coraux.

Caractéristiques du corail :

Formes très variées, mais toujours la bouche et les tentacules vers le haut. On les trouve surtout dans les eaux chaudes car il faut une certaine température et un certain degré de salinité, plus élevé vers l’équateur.

L’animal fabrique un squelette externe qui lui sert de maison. On ne voit donc jamais la bête elle-même mais sa carapace. Les coraux sont rarement seuls : ils vivent en colonie. Leurs squelettes fusionnent et donnent diverses formes : en arbre, champignons, feuille, boule, table…sur la Terre on estime que les coraux occupent 600 000 km². C’est l’animal qui bâtit les édifices les plus énormes, devant la fourmi et le termite. Quand un polype (corail) meurt, un autre construit son squelette sur les bases du premier.

Les coraux sont tellement variés qu’il faut les classer encore une fois en groupes :

Les Cerianthipathaires

Prenons par exemple pour illustrer ce groupe le Corail Noir, très présent à Mayotte, et espèce protégée, comme tous les coraux d’ailleurs. Le squelette noir de ce corail est tout de même utilisé en bijouterie, grâce (ou à cause) à une autorisation de prélèvements sur quelques espèces…

corail noir

Ces colonies d’animaux peuvent vivre plus de 100 ans en poussant seulement d’un centimètre par an ! A Mayotte, on dit que porter un bracelet de corail noir au poignet gauche guérirait les rhumatismes. Porté à droite, il améliorerait la virilité.

A ce groupe appartiennent aussi les animaux vivant dans un tube, leur squelette, et qui possèdent 100 petits tentacules autour de la bouche, puis 100 plus longs autour…on pourrait les dire peureux car ils se rentrent dans leur tube au moindre signe de danger.

Les Octocoralliaires

xcleronephtya

 

Ce groupe est appelé ainsi car il regroupe les animaux ayant 8 tentacules autour de la bouche, qui ressemblent à des plumes. Ce sont des coraux mous car ils ne tiennent debout que grâce à la pression de l’eau qui les gonfle. Certains ont tout de même des spicules calcaires (comme les éponges, voir article).

Une espèce en particulier, appelée « orgue de corail », mesure 2 millimètres de diamètre. Imaginez la forme du squelette, c’est facile. On les trouve dans les mers tropicales. Un autre, le « corail bleu », doit son nom aux sels de fer présents dans l’eau (Indo Pacifique) qui lui donnent cette couleur…

Les gorgones poussent, elles, perpendiculaires aux courants. Pourquoi ? Pour que chaque animal de la colonie puisse capter le plancton, leur nourriture, de manière équitable. Elles peuvent mesurer 2,50m de haut. Une espèce de gorgone particulièrement jolie : le corail rouge de Méditerranée. (Remarque : en bijouterie, plus le corail est clair, plus il a de valeur).  

gorgone Mopsella

Enfin, on trouve aussi dans ce groupe les « plumes de mer »…les plumularides :

plumularide

Les Hexacoralliaires

Ce groupe rassemble les anémones de mer ! Elles possèdent 6 tentacules (racine « hexa ») ou un multiple de 6 (la nature est bien faite !), en corolle autour de la bouche, encore une fois. Fixées au fond par un pied ventouse qu’elles peuvent déplacer, les anémones ont un « œil » au bout de chaque tentacule, qui sert à capter la lumière, mais pas les formes. Elles n’ont pas de squelette et sont comme un gros estomac (cavité digestive).

Particularité : en cas de danger, les tentacules se rétractent et rentrent dans cette cavité. C’est le seul animal qui peut faire cela. Elles sont hermaphrodites, comme les autres coelentérés.

différentes anémones de mer…

Questions :    

poisson clown protégé par son anémone

On a l’habitude de voir un certain poisson en compagnie des anémones. Que seraient les anémones de mer sans les poissons clowns ?

L’anémone de mer comme le poisson clown (amphiprion) tirent chacun des avantages de l’autre.

L’anémone protège le poisson car il est petit, 8 cm environ adulte. En échange, il lui ramène de la nourriture, repousse les poissons papillons qui adorent grignoter ses tentacules.

Les tentacules d’une anémone sont venimeux. Comment le poisson fait-il pour survivre ?

Il s’enduit du mucus que secrète l’anémone à sa base et qui est immunisant. L’anémone elle-même échappe ainsi à ses propres piqûres !

La saison de reproduction des baleines à bosse a commencé dimanche 3 juin, avec les premières apparitions près des côtes. Plusieurs dizaines de ses congénères doivent en ce moment même arriver dans les eaux de notre île, et y rester jusqu’en octobre.

 tête d'une baleine à bosse

Tous les ans à la même période (à un jour près par rapport à l’année dernière), les baleines à bosse remontent de l’Antarctique, où les eaux se refroidissent, pour un long voyage à destination du Canal du Mozambique et ses alentours. Plusieurs semaines de voyage sont nécessaires afin de mettre au monde leurs baleineaux dans des eaux plus chaudes. Après d’autres semaines, les baleineaux seront assez forts pour rejoindre les eaux froides de l’Antarctiques…brrrr

Ainsi se pose la question de l’impact du réchauffement climatique sur la migration des baleines : il devrait les affecter, or ce n’est pas le cas. Elles continuent à arriver toujours à la même période. Et c’est plutôt une bonne nouvelle. Espérons que ça dure.


D’autres baleines ont été vues vers Madagascar et l’île Ste Marie. La majorité des baleines à bosse montent plus haut que la Réunion, vers Mayotte, les Seychelles. Cependant, quelques unes s’arrêtent à notre hauteur, pour le plus grand bonheur de nos mirettes.


C’est l’association du Globice qui est chargé de l’observation des cétacés, leur arrivée, leur nombre, leur identification (car les mêmes reviennent !), et partagent leurs travaux avec d’autres associations de l’océan Indien.


Que savoir sur la baleine à bosse ? (Megaptera naovaeangliae pour les scientifiques)


La baleine est une espèce protégée, on le sait. Elle peut mesurer 16 mètres de long, et peser…40 tonnes.


A quelle bosse doit-elle son nom ? A celle de sa nageoire dorsale et non aux bosses qu’elle a sur la tête. Elle possède 2 grandes nageoires pectorales d’environ 5 mètres chacune, ce qui lui vaut le nom de mégaptère (signifiant « grandes ailes »). Quant à sa queue, elle mesure jusqu’à 4,50 mètres de large, et permet d’identifier la baleine grâce aux taches blanches propres à chacune, sous la queue.


La baleine à bosse est un mammifère (j’espère que tout le monde le sait !), et respire donc avec des poumons : les évents sont ses narines. Elle doit remonter respirer à la surface tous les quarts d’heure.


Nourriture : le krill (petites crevettes, en Antarctique) et des poissons comme le capelans, vivant en bancs. Elles les chassent en criant, ce qui assourdit leur proie. Mais quand elles entament leur migration vers l’Océan Indien, elles jeûnent pendant plusieurs semaines !

Ça ne les empêche pas de vivre jusqu’à 40 ans.



Le baleineau 


Il sort directement formé du corps de sa mère, l’animal est donc vivipare. Il mesure dès la naissance 4,50 mètres de long et pèse 2 tonnes. Beau bébé ! Il a besoin les premiers jours que sa mère l’aide à respirer en le maintenant à la surface.

Il tête à de gros mamelons que la baleine sort quand il tape dessus avec sa tête…un bébé baleine tête environ 200 litres de lait par jour pendant un an, pas étonnant qu’il double de taille durant cette période !


baleine à bosse et son baleineau


Parenthèse

Kelonia, l’observatoire réunionnais des tortues marines, a le plaisir de vous faire part de la ponte d’une centaine d’œufs de tortue sur les plages réunionnaises. Enfin, les tortues reviennent sur nos plages pour pondre, grâce aux efforts de Kelonia et des acteurs de l’environnement. En 3 ans, 8 pontes ont été observées, ce qui reste peu. Il est très important de préserver les habitats côtiers, sa végétation et son calme, obligatoires pour qu’une tortue décide d’y pondre en toute sécurité. Le site de la ponte a été gardé secret afin que les œufs se développent normalement, les traces de la tortue ont été effacées. Il n’y a plus qu’à attendre…en attendant voici un Conte mahorais sur la tortue !

Il existe des dizaines de familles d’animaux marins, pour la plupart primitives, bien loin des poissons au niveau de leur structure…pour cet article je me limiterai à la famille des Spongiaires, autrement dit : les éponges.

éponge très simple : leucettusa sp.

L’éponge pourrait être l’animal le plus primitif de l’océan : il est benthique (vit sur les fonds). On pense que ce sont les premiers animaux qui sont apparus, il y a 1 500 000 ans ! On trouve au moins 10 000 espèces d’éponges, toutes de forme et de couleur différente…là où il y a peu de courant, on les trouve dressées vers le haut ; là où le courant est fort, elles sont plutôt aplaties pour mieux y résister. Lorsqu’on les remonte à la surface, elles sont noirâtres, il faut les laver abondamment pour qu’elles prennent la couleur jaune que l’on connaît tous.

On en utilise tous les jours, mais comment est faite une éponge ?

Callyspongia, détail d’un tube épineux

Cet animal a la particularité de justement ne pas en avoir…pas d’œil, ni bouche, ni système nerveux, ni système respiratoire, encore moins de système digestif…l’éponge est constituée de spicules entre ses cellules, sortes de minuscules os (certaines n’en ont même pas !), comme des aiguilles, qui permettent la classification des espèces selon leur matière : celles qui sont en fibre de spongine sont celles que l’on utilise chez nous. Les « calcaires » vivent près de la surface tandis que les « siliceuses » vivent très profond.

Ses cellules forment des canaux : l’eau entre par les pores et « circule » dans le corps grâce à des cils qui bougent en permanence, les flagelles, entraînant un courant d’eau. L’éponge est un véritable filtre. Les éléments nutritifs (plancton et oxygène) sont ainsi retenus dans des « cellules à collerette ». L’éponge pompe l’eau 24h sur 24 et peut en ingurgiter 80 litres par jour, même en étant petite ! Elle évacue ensuite l’eau par un orifice plus grand que les autres, l’oscule.

Le plus étonnant est qu’elle peut se régénérer à partir d’une seule de ses cellules !

éponge en tubes, filtres à eau

Reproduction de ces drôles de bêtes :

éponge belize rose sur du corail

Les éponges sont hermaphrodites, comme beaucoup d’autres animaux marins primitifs. Cela veut dire que les spermatozoïdes et les ovules se rencontrent dans l’eau après avoir été éjectés par la même éponge. La larve qui en découle se fixera toute seule sur le fond et reproduira la même chose une fois grande.

Cependant, certaines éponges bourgeonnent, comme des cactus ! Ces bourgeons tombent au pied de l’éponge-mère et donneront un nouvel organisme. C’est aussi facile que ça ! Dans l’océan, les éponges ne sont pas fécondées par un autre animal, comme le font les abeilles ou les oiseaux pour les fleurs et arbres fruitiers.

 

A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir …

Déjà dans l’Antiquité on s’intéressait aux éponges et on les pêchait, en s’attachant un poids autour de la taille, pour arriver au fond et couper les éponges à la hache ou les arracher. Cette pêche faisait même partie des épreuves olympiques ! Les anciens pensaient d’ailleurs que l’éponge avait des vertus médicinales, ce qui est peut-être le cas. Aujourd’hui, on pratique encore par périodes la pêche aux éponges, de manière artisanale, et l’on s’en sert beaucoup dans le domaine de l’industrie : peinture en bâtiment, carrosserie automobile, ménage, cosmétique…

éponge envasée par les débris du lagon, danger de la pollution de l’homme.

Mon prochain article sur les animaux marins portera sûrement sur la famille des Coelentérés, autrement dit méduses et coraux…et oui, ils sont de la même famille !

lagon de la Réunion

Imaginez un lagon : nous avons tous aux yeux l’image d’une piscine naturelle, que borde une plage de sable blanc, observatoire facile de poissons tropicaux…pourtant, au temps où les bateaux accostaient sur ces îles encore inconnues, les récifs coralliens étaient plutôt synonymes de naufrage, de grand danger. Situés sous la surface de l’eau, les récifs ne se remarquent qu’au dernier moment…

De plus, un lagon est loin d’être calme pour ses occupants, poissons, algues, coraux…c’est une loi de la jungle où chacun survit en mangeant l’autre, sous peine d’être mangés à leur tour. Mais ne parlons pas de malheur et intéressons nous de près à ce petit peuple de la mer.

 

On trouve des récifs coralliens dans différents endroits de la planète, cependant, une condition revient à chaque fois : il faut une mer chaude. On les trouve donc dans l’hémisphère Sud : Réunion, Mayotte (le plus grand du monde), Ste Marie (Madagascar), Australie, Philippines…

 

Constitution d’un lagon

Canyon dans un récif corallien

Un lagon est constitué de plusieurs reliefs spécifiques :

 

-         la barrière de corail : comme son nom l’indique, c’est un rempart de coraux qui délimite le lagon. A l’intérieur, le lagon, à l’extérieur, le large.

-         Les tombants : endroit situé juste derrière la barrière de corail, sorte de falaise allant vers le fond, avec toutes sortes de coraux accrochés à la verticale. C’est la partie la plus riche en espèces animales et végétales, où l’on croise des plongeurs à la bouteille.

-         Les canyons : passages étroits en couloirs entre les massifs coralliens, sortes de bouquets de corail. Le fond y est souvent sablonneux.

-         La passe : endroit où le lagon est ouvert sur l’océan (coupure dans la barrière), et où l’eau entre et sort, créant des courants de va et vient dans le lagon. (La première réserve sous-marine de Mayotte s’est faite en 1990, dans la passe de Longogori.)

 

Un lagon ne serait rien sans ses coraux :

patate coralienne

Ceux-ci ont besoin d’être près de la surface de l’eau. Ils se construisent donc un squelette calcaire et se développent ainsi près des surfaces, dans peu de fond. (C’est ce squelette qui écorche bien les plongeurs lorsqu’ils s’y frottent de trop près…car il est coupant.) Ce ne sont pas les mêmes espèces qui vivent dans le lagon (pinacles coralliens, appelés « patates » coralliennes) et sur la barrière et le tombant : la profondeur n’est pas la même, les courants sont différents, les fonds sont vaseux ou sablonneux. Là où l’eau des rivières arrive dans le lagon, ils ne poussent pas. Par contre, on trouve à ces endroits mélangés d’eau douce et salée des mangroves et des palétuviers (plantes).

mangrove, en bord de lagon

Les espèces marines des lagons :

 

Il en existe 250 000 ! On distingue les animaux marins en 2 catégories :

-         animaux benthiques : qui vivent où se déplacent dans les fonds du lagon (coraux, algues…)

-         animaux pélagiques : qui vivent dans la masse d’eau (contraire des premiers), se laissant porter par le courant au petit bonheur la chance (comme le plancton) ou nageant d’eux-mêmes avec ou contre le courant (nectons, poulpes)

 

Mais dans cet article, intéressons-nous aux espèces végétales :

 

Tout d’abord, les algues sont omniprésentes. Elles sont le poumon de l’océan car elles contiennent de la chlorophylle (raison pour laquelle elles sont classées dans les végétaux). Rappelons que ce pigment est vert, qu’il utilise la lumière, les sels minéraux et le gaz carbonique pour fabriquer la matière. Il dégage de l’oxygène.

grande algue verte, sur du corail

Les grandes algues, dans le fonds marin, ont plusieurs couleurs :

- Les algues bleues sont des filaments fixés sur ou sous les rochers

- Les algues vertes sont molles et forment des « pelouses » sous-marines.

- Les algues brunes sont très présentes en eaux froides, mais on peut en voir à Mayotte par exemple, à la surface. Elles se détachent de leur souche pour aller coloniser d’autres espaces (Turbinaria).

- Les algues rouges pullulent dans les eaux chaudes. Elles sont le ciment des récifs et n’ont pas besoin de beaucoup de lumière : elles peuvent donc pousser dans de grandes profondeurs.

 

Les algues microscopiques forment le plancton. Il est invisible à l’œil nu, sauf quand il prolifère, on voit alors la surface de l’eau se colorer. Sur un lac par exemple, on voit quelquefois une étendue verte. Ils se laissent porter par le courant (souvenez-vous, animaux …pélagiques !). S’il y en a beaucoup, c’est que le milieu aquatique est très riche : les eaux tropicales qui sont limpides ont en fait peu d’éléments nutritifs comme le plancton.  

plancton à foison en suspension dans l'eau, et méduse.

 

Ensuite, on trouve dans les lagons des plantes marines, toujours espèces végétales, mais différentes des algues : elles ont les mêmes caractéristiques que les plantes terrestres, adaptées à la vie sous-marine. Elles auront donc des racines, des tiges, des feuilles, des fleurs (ce que les algues n’ont pas !). Elles forment des prairies aquatiques que l’on nomme herbiers. Ces plantes nourrissent beaucoup de poissons, et même des mammifères marins (vaches marines par exemple. Si, ça existe !)

 

J’en ai assez dit pour cette fois-ci sur la population des lagons. Dans un prochain article je vous montrerai les innombrables espèces animales, à grand renfort de photos si je le peux, car ces petites bestioles sont magnifiques !