La Réunion…

et l\’Océan Indien

 

Mise en situation :

L’île de
la Réunion a un climat tropical humide, caractérisé par deux saisons qui rendent importante la gestion de l’eau : l’hiver austral (saison sèche, aucune pluie), et l’été austral (saison chaude ou « saison des pluies »).
La Réunion détient tous les records mondiaux de pluie calculés jusqu’à une période de 15 jours !

De plus, l’île profite de l’anticyclone de Ste Hélène (quasi-permanent de l’Atlantique Sud), des Alizées (Est-Sud Est), et de
la Zone de Convergence Inter-Tropicale (où convergent les Alizées des deux hémisphères).

Tout ceci donne à
la Réunion un climat très particulier, compliqué encore par les grandes différences d’altitudes de l’île : en quelques dizaines de kilomètres, l’on passe de 0 à 3070m, au Piton des Neiges. Celui-ci bloque les nuages et crée deux zones distinctes :

-         La côte au vent (Est), d’où les nuages et précipitations arrivent par les Alizées toute l’année.

-         La côte sous le vent (Ouest), protégée des Alizées par le relief du milieu de l’île. Les pluies y sont plus rares.

 

► La brise joue aussi un rôle important sur la formation des nuages et donc la répartition des pluies :

-         la brise de Terre, la nuit (des Hauts vers le littoral)

-         la brise de Mer, le jour (venant de l’océan)

 

La différence flagrante est donc la dissymétrie Est/Ouest, il peut tomber des mètres d’eau dans l’Est sans qu’une seule goutte ne tombe dans l’Ouest…Par exemple, à Takamaka (Sud), la moyenne est de 7m par an ; sur les pentes du volcan elle atteint 10m par an. Au contraire, à St Gilles les Bains (N.O), il ne pleut en moyenne que 525 mm par an. C’est la station balnéaire de l’île. Durant la saison chaude, il pleut tout de même 700mm d’eau rien qu’en février, ce qui est, en comparaison, plus qu’un an de pluie à Paris ! 

cascade de Bassin Bleu, St gilles les hauts

Cette eau quasi-permanente à l’Est permet d’accueillir cinq stations hydrauliques qui alimentent en électricité 30% de la population de l’île, grâce au débit des chutes d’eau et des nombreuses cascades. On compte 250 points de captage d’eau superficielle ou souterraine pour la consommation en eau potable, pour l’irrigation, l’agriculture et l’industrie.

Le reste de l’électricité est produit surtout grâce à la bagasse (pailles de canne à sucre), mais aussi par le charbon et le fioul, importés pour compléter les besoins en électricité. L’utilisation du bois et de l’énergie solaire est limitée dans les Hauts. Le solaire est très utilisé pour le chauffage de l’eau, mais pas beaucoup pour la production d’électricité…

 

Fonctionnement d’une usine hydraulique à
la Réunion
 

La vitesse de l’eau de la cascade (400 km/h) fait tourner un alternateur qui transforme l’énergie mécanique en énergie électrique. Idéalement, l’usine est située près du barrage pour ne pas avoir à acheminer l’eau, mais il arrive qu’elle soit plus loin, et cela nécessite le transport de l’eau dans des canaux de dérivation, ou dans des galeries creusées dans la montagne. A
la Réunion, la mise en place d’une centrale est compliquée par les reliefs difficiles. Les canaux construits sont de vraies prouesses techniques.

 

Les turbines entraînent des alternateurs qui produisent le courant. Ceux-ci sont comme des énormes dynamos de vélo. Un transformateur élève la tension pour ne pas avoir de pertes d’énergie.

Après avoir fait tourné la turbine, l’eau repart dans un canal et retrouve la rivière en contrebas. A
la Réunion, c’est l’usine de
la Rivière de l’Est la plus importante, avec une production de 380 GWh.

 

 

 

Complications de la situation :

 

-         Les pluies sont inégales sur le territoire : Il y a 10 fois moins d’eau dans l’Ouest. On ne peut donc pas produire d’électricité hydraulique, mais le problème est  surtout la sécheresse chronique, durant 6 mois tous les ans.

-         Le sous-sol est jeune et très perméable, ce qui fait que l’eau s’infiltre très profondément et devient irrécupérable. De plus, les ressources en eau en altitude sont maigres.

-         Sur le littoral, les eaux souterraines subissent un phénomène de salinisation, par l’eau de mer. 

-         Le stockage d’eau est difficile à cause des reliefs accidentés, et il faudrait rendre la réserve d’eau étanche artificiellement, ce qui coûterait très cher.

-         Les besoins en eau augmentent.

 

 

Face à ces inégalités Est/Ouest en ressources d’eau potable, le plus grand et coûteux chantier de basculement des eaux d’Est en Ouest a commencé en 1983…il n’est toujours pas terminé.

schéma du basculement des eaux

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