La Réunion…

et l\’Océan Indien

 Suite à mon article sur les baleines, voici ce que l’Omar (Observatoire Marin de la Réunion) m’a précisé :

« Nous étudions également les cétacés (dont les baleines à bosse font partie) à La Réunion entres autres, (…) les premières baleines à bosse sont arrivées cette année d’après nos propres observations le 29 mai 2007 au niveau de la Grande Chaloupe, proche du bord. L’Observatoire Marin de La Réunion organise tout au cours de l’année de nombreuses sorties en navire pour l’observation des tortues, dauphins, baleines, requins, oiseaux marins mais aussi un suivi des poissons attrapés en pêche au gros localement. Plus d’une centaine de dauphins ont déjà été identifiés ainsi qu’une cinquantaine de baleines à bosse, 5 orques épaulard, des globicéphales, mais aussi des dauphins d’électre et des cachalots notamment. »

Michaël Rard, président de l’Observatoire Marin de La Réunion

Pour de plus amples détails, allez surfer sur leur site : www.omar.fr

La saison de reproduction des baleines à bosse a commencé dimanche 3 juin, avec les premières apparitions près des côtes. Plusieurs dizaines de ses congénères doivent en ce moment même arriver dans les eaux de notre île, et y rester jusqu’en octobre.

 tête d'une baleine à bosse

Tous les ans à la même période (à un jour près par rapport à l’année dernière), les baleines à bosse remontent de l’Antarctique, où les eaux se refroidissent, pour un long voyage à destination du Canal du Mozambique et ses alentours. Plusieurs semaines de voyage sont nécessaires afin de mettre au monde leurs baleineaux dans des eaux plus chaudes. Après d’autres semaines, les baleineaux seront assez forts pour rejoindre les eaux froides de l’Antarctiques…brrrr

Ainsi se pose la question de l’impact du réchauffement climatique sur la migration des baleines : il devrait les affecter, or ce n’est pas le cas. Elles continuent à arriver toujours à la même période. Et c’est plutôt une bonne nouvelle. Espérons que ça dure.


D’autres baleines ont été vues vers Madagascar et l’île Ste Marie. La majorité des baleines à bosse montent plus haut que la Réunion, vers Mayotte, les Seychelles. Cependant, quelques unes s’arrêtent à notre hauteur, pour le plus grand bonheur de nos mirettes.


C’est l’association du Globice qui est chargé de l’observation des cétacés, leur arrivée, leur nombre, leur identification (car les mêmes reviennent !), et partagent leurs travaux avec d’autres associations de l’océan Indien.


Que savoir sur la baleine à bosse ? (Megaptera naovaeangliae pour les scientifiques)


La baleine est une espèce protégée, on le sait. Elle peut mesurer 16 mètres de long, et peser…40 tonnes.


A quelle bosse doit-elle son nom ? A celle de sa nageoire dorsale et non aux bosses qu’elle a sur la tête. Elle possède 2 grandes nageoires pectorales d’environ 5 mètres chacune, ce qui lui vaut le nom de mégaptère (signifiant « grandes ailes »). Quant à sa queue, elle mesure jusqu’à 4,50 mètres de large, et permet d’identifier la baleine grâce aux taches blanches propres à chacune, sous la queue.


La baleine à bosse est un mammifère (j’espère que tout le monde le sait !), et respire donc avec des poumons : les évents sont ses narines. Elle doit remonter respirer à la surface tous les quarts d’heure.


Nourriture : le krill (petites crevettes, en Antarctique) et des poissons comme le capelans, vivant en bancs. Elles les chassent en criant, ce qui assourdit leur proie. Mais quand elles entament leur migration vers l’Océan Indien, elles jeûnent pendant plusieurs semaines !

Ça ne les empêche pas de vivre jusqu’à 40 ans.



Le baleineau 


Il sort directement formé du corps de sa mère, l’animal est donc vivipare. Il mesure dès la naissance 4,50 mètres de long et pèse 2 tonnes. Beau bébé ! Il a besoin les premiers jours que sa mère l’aide à respirer en le maintenant à la surface.

Il tête à de gros mamelons que la baleine sort quand il tape dessus avec sa tête…un bébé baleine tête environ 200 litres de lait par jour pendant un an, pas étonnant qu’il double de taille durant cette période !


baleine à bosse et son baleineau


Parenthèse

Kelonia, l’observatoire réunionnais des tortues marines, a le plaisir de vous faire part de la ponte d’une centaine d’œufs de tortue sur les plages réunionnaises. Enfin, les tortues reviennent sur nos plages pour pondre, grâce aux efforts de Kelonia et des acteurs de l’environnement. En 3 ans, 8 pontes ont été observées, ce qui reste peu. Il est très important de préserver les habitats côtiers, sa végétation et son calme, obligatoires pour qu’une tortue décide d’y pondre en toute sécurité. Le site de la ponte a été gardé secret afin que les œufs se développent normalement, les traces de la tortue ont été effacées. Il n’y a plus qu’à attendre…en attendant voici un Conte mahorais sur la tortue !

Il existe des dizaines de familles d’animaux marins, pour la plupart primitives, bien loin des poissons au niveau de leur structure…pour cet article je me limiterai à la famille des Spongiaires, autrement dit : les éponges.

éponge très simple : leucettusa sp.

L’éponge pourrait être l’animal le plus primitif de l’océan : il est benthique (vit sur les fonds). On pense que ce sont les premiers animaux qui sont apparus, il y a 1 500 000 ans ! On trouve au moins 10 000 espèces d’éponges, toutes de forme et de couleur différente…là où il y a peu de courant, on les trouve dressées vers le haut ; là où le courant est fort, elles sont plutôt aplaties pour mieux y résister. Lorsqu’on les remonte à la surface, elles sont noirâtres, il faut les laver abondamment pour qu’elles prennent la couleur jaune que l’on connaît tous.

On en utilise tous les jours, mais comment est faite une éponge ?

Callyspongia, détail d’un tube épineux

Cet animal a la particularité de justement ne pas en avoir…pas d’œil, ni bouche, ni système nerveux, ni système respiratoire, encore moins de système digestif…l’éponge est constituée de spicules entre ses cellules, sortes de minuscules os (certaines n’en ont même pas !), comme des aiguilles, qui permettent la classification des espèces selon leur matière : celles qui sont en fibre de spongine sont celles que l’on utilise chez nous. Les « calcaires » vivent près de la surface tandis que les « siliceuses » vivent très profond.

Ses cellules forment des canaux : l’eau entre par les pores et « circule » dans le corps grâce à des cils qui bougent en permanence, les flagelles, entraînant un courant d’eau. L’éponge est un véritable filtre. Les éléments nutritifs (plancton et oxygène) sont ainsi retenus dans des « cellules à collerette ». L’éponge pompe l’eau 24h sur 24 et peut en ingurgiter 80 litres par jour, même en étant petite ! Elle évacue ensuite l’eau par un orifice plus grand que les autres, l’oscule.

Le plus étonnant est qu’elle peut se régénérer à partir d’une seule de ses cellules !

éponge en tubes, filtres à eau

Reproduction de ces drôles de bêtes :

éponge belize rose sur du corail

Les éponges sont hermaphrodites, comme beaucoup d’autres animaux marins primitifs. Cela veut dire que les spermatozoïdes et les ovules se rencontrent dans l’eau après avoir été éjectés par la même éponge. La larve qui en découle se fixera toute seule sur le fond et reproduira la même chose une fois grande.

Cependant, certaines éponges bourgeonnent, comme des cactus ! Ces bourgeons tombent au pied de l’éponge-mère et donneront un nouvel organisme. C’est aussi facile que ça ! Dans l’océan, les éponges ne sont pas fécondées par un autre animal, comme le font les abeilles ou les oiseaux pour les fleurs et arbres fruitiers.

 

A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir … A savoir …

Déjà dans l’Antiquité on s’intéressait aux éponges et on les pêchait, en s’attachant un poids autour de la taille, pour arriver au fond et couper les éponges à la hache ou les arracher. Cette pêche faisait même partie des épreuves olympiques ! Les anciens pensaient d’ailleurs que l’éponge avait des vertus médicinales, ce qui est peut-être le cas. Aujourd’hui, on pratique encore par périodes la pêche aux éponges, de manière artisanale, et l’on s’en sert beaucoup dans le domaine de l’industrie : peinture en bâtiment, carrosserie automobile, ménage, cosmétique…

éponge envasée par les débris du lagon, danger de la pollution de l’homme.

Mon prochain article sur les animaux marins portera sûrement sur la famille des Coelentérés, autrement dit méduses et coraux…et oui, ils sont de la même famille !

lagon de la Réunion

Imaginez un lagon : nous avons tous aux yeux l’image d’une piscine naturelle, que borde une plage de sable blanc, observatoire facile de poissons tropicaux…pourtant, au temps où les bateaux accostaient sur ces îles encore inconnues, les récifs coralliens étaient plutôt synonymes de naufrage, de grand danger. Situés sous la surface de l’eau, les récifs ne se remarquent qu’au dernier moment…

De plus, un lagon est loin d’être calme pour ses occupants, poissons, algues, coraux…c’est une loi de la jungle où chacun survit en mangeant l’autre, sous peine d’être mangés à leur tour. Mais ne parlons pas de malheur et intéressons nous de près à ce petit peuple de la mer.

 

On trouve des récifs coralliens dans différents endroits de la planète, cependant, une condition revient à chaque fois : il faut une mer chaude. On les trouve donc dans l’hémisphère Sud : Réunion, Mayotte (le plus grand du monde), Ste Marie (Madagascar), Australie, Philippines…

 

Constitution d’un lagon

Canyon dans un récif corallien

Un lagon est constitué de plusieurs reliefs spécifiques :

 

-         la barrière de corail : comme son nom l’indique, c’est un rempart de coraux qui délimite le lagon. A l’intérieur, le lagon, à l’extérieur, le large.

-         Les tombants : endroit situé juste derrière la barrière de corail, sorte de falaise allant vers le fond, avec toutes sortes de coraux accrochés à la verticale. C’est la partie la plus riche en espèces animales et végétales, où l’on croise des plongeurs à la bouteille.

-         Les canyons : passages étroits en couloirs entre les massifs coralliens, sortes de bouquets de corail. Le fond y est souvent sablonneux.

-         La passe : endroit où le lagon est ouvert sur l’océan (coupure dans la barrière), et où l’eau entre et sort, créant des courants de va et vient dans le lagon. (La première réserve sous-marine de Mayotte s’est faite en 1990, dans la passe de Longogori.)

 

Un lagon ne serait rien sans ses coraux :

patate coralienne

Ceux-ci ont besoin d’être près de la surface de l’eau. Ils se construisent donc un squelette calcaire et se développent ainsi près des surfaces, dans peu de fond. (C’est ce squelette qui écorche bien les plongeurs lorsqu’ils s’y frottent de trop près…car il est coupant.) Ce ne sont pas les mêmes espèces qui vivent dans le lagon (pinacles coralliens, appelés « patates » coralliennes) et sur la barrière et le tombant : la profondeur n’est pas la même, les courants sont différents, les fonds sont vaseux ou sablonneux. Là où l’eau des rivières arrive dans le lagon, ils ne poussent pas. Par contre, on trouve à ces endroits mélangés d’eau douce et salée des mangroves et des palétuviers (plantes).

mangrove, en bord de lagon

Les espèces marines des lagons :

 

Il en existe 250 000 ! On distingue les animaux marins en 2 catégories :

-         animaux benthiques : qui vivent où se déplacent dans les fonds du lagon (coraux, algues…)

-         animaux pélagiques : qui vivent dans la masse d’eau (contraire des premiers), se laissant porter par le courant au petit bonheur la chance (comme le plancton) ou nageant d’eux-mêmes avec ou contre le courant (nectons, poulpes)

 

Mais dans cet article, intéressons-nous aux espèces végétales :

 

Tout d’abord, les algues sont omniprésentes. Elles sont le poumon de l’océan car elles contiennent de la chlorophylle (raison pour laquelle elles sont classées dans les végétaux). Rappelons que ce pigment est vert, qu’il utilise la lumière, les sels minéraux et le gaz carbonique pour fabriquer la matière. Il dégage de l’oxygène.

grande algue verte, sur du corail

Les grandes algues, dans le fonds marin, ont plusieurs couleurs :

- Les algues bleues sont des filaments fixés sur ou sous les rochers

- Les algues vertes sont molles et forment des « pelouses » sous-marines.

- Les algues brunes sont très présentes en eaux froides, mais on peut en voir à Mayotte par exemple, à la surface. Elles se détachent de leur souche pour aller coloniser d’autres espaces (Turbinaria).

- Les algues rouges pullulent dans les eaux chaudes. Elles sont le ciment des récifs et n’ont pas besoin de beaucoup de lumière : elles peuvent donc pousser dans de grandes profondeurs.

 

Les algues microscopiques forment le plancton. Il est invisible à l’œil nu, sauf quand il prolifère, on voit alors la surface de l’eau se colorer. Sur un lac par exemple, on voit quelquefois une étendue verte. Ils se laissent porter par le courant (souvenez-vous, animaux …pélagiques !). S’il y en a beaucoup, c’est que le milieu aquatique est très riche : les eaux tropicales qui sont limpides ont en fait peu d’éléments nutritifs comme le plancton.  

plancton à foison en suspension dans l'eau, et méduse.

 

Ensuite, on trouve dans les lagons des plantes marines, toujours espèces végétales, mais différentes des algues : elles ont les mêmes caractéristiques que les plantes terrestres, adaptées à la vie sous-marine. Elles auront donc des racines, des tiges, des feuilles, des fleurs (ce que les algues n’ont pas !). Elles forment des prairies aquatiques que l’on nomme herbiers. Ces plantes nourrissent beaucoup de poissons, et même des mammifères marins (vaches marines par exemple. Si, ça existe !)

 

J’en ai assez dit pour cette fois-ci sur la population des lagons. Dans un prochain article je vous montrerai les innombrables espèces animales, à grand renfort de photos si je le peux, car ces petites bestioles sont magnifiques !

 

Archipel des Comores

Les quatre îles de l’archipel des Comores : Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte, ont été formées comme la Réunion, par l’apparition de volcans. Ceci se passa bien après le détachement de l’île de Madagascar du continent africain à l’ère secondaire. Elles sont situées dans le canal du Mozambique (entre l’Afrique et Madagascar) et forment ensemble un croissant : on leur a donc donné le joli nom d’« îles de la Lune ». Mayotte est la plus ancienne, elle s’est formée éruption après éruption il y a 9 millions d’années. Petite histoire géologique :

Les îles des milieux coralliens ont une formation bien spécifique, en voici les étapes :

  1. Un volcan émerge de l’océan, en éruption. Une terre de basalte est née. (Etat actuel de la Grande Comore)

  1. Le volcan s’érode, s’use, développant ainsi autour de lui une ceinture corallienne. On appelle cela un récif frangeant. (Etat actuel d’Anjouan et Mohéli)

  1. Le basalte (composant principal d’un volcan) fait s’enfoncer la croûte terrestre à cause de sa pression et son poids sur celle-ci. C’est la subsidence. Une fois la terre stabilisée, les coraux se développent à nouveau autour de l’île, formant un 2ème récif frangeant. Le premier récif forme alors la barrière de corail autour du lagon, car les coraux du début poussent toujours vers le haut pour chercher la surface de l’eau, endroit idéal pour leur prolifération. (Etat actuel de Mayotte)

  1. Si la subsidence recommençait, l’île disparaîtrait (car la croûte terrestre s’enfoncerait un peu plus) mais les coraux formeraient alors un atoll (cercle de corail avec un lagon au milieu) car les courants amènent du sable à l’intérieur de ce cercle, formant un lagon à la place de l’île. A force d’amener du sable, des îlots peuvent se former, ce qui est le cas aux alentours de Mayotte.

L’île de Mayotte est petite, mais elle est au centre du plus grand lagon du monde, de 1000 km2 ! La profondeur des lagons va de 20 à 70 mètres. Derrière la barrière, la pente descend très vite car on atteint en quelques centaines de mètres une profondeur de 500 mètres !

L’amplitude des marées atteint 4,10m (différence de hauteur entre marée basse et haute), due à l’attraction que la Lune et le Soleil ont sur les masses d’eau. Pendant les grandes marées basses, on voit le corail dépassant de l’eau.

Dans le Sud de l’île, il y a une barrière de corail interne de 18 km : cette formation géologique de double barrière se rencontre rarement, et on n’en connaît que 2 autres, en Nouvelle Calédonie et dans les îles Fidji.

Sur cette île, la subsidence a été faible au Nord : il n’y a pas de véritable barrière mais un banc corallien. Par contre, au Sud, elle a été plus forte car c’est là que se trouve la double barrière de corail (c’est-à-dire qu’il y a eu une 2ème subsidence).

Anecdote : Il y a 20 000 ans, pendant la période de glaciation, l’eau de mer a été stockée aux 2 pôles en 2 énormes calottes glaciaires, ce qui a fait baissé le niveau de l’océan de 100 mètres ! Le lagon de Mayotte a dû être complètement asséché, comme toutes les côtes marines du monde. L’eau est remontée progressivement, avec le réchauffement de la Terre et donc la fonte des glaces.

De prochains articles seront consacrés à la vie des lagons, végétale et animale. Vous serez étonnés par la diversité de cette vie sous-marine particulière !

 

J’écris cet article en raison de la très forte houle australe qui s’est abattue sur les côtes réunionnaises ces 12,13 et 14 mai 2007.

 

houle moyenne

Qu’est-ce que la houle ? Un phénomène de l’océan, dû à une dépression avec beaucoup de vent. Cette zone est appelée « fetch » (ou mer des vents) : ce vent donne de l’énergie à l’eau, formant une onde pouvant se répercuter sur des milliers (voire des dizaines de milliers !) de kilomètres, à la surface de l’eau. La force de l’onde dépend de la superficie du fetch et de la puissance du vent : plus ils sont grands, plus l’onde sera forte et portera loin.

Ce n’est pas l’eau qui se déplace, c’est l’onde, cette énergie qui une fois créée ne peut plus être arrêtée, même si la tempête à l’origine du phénomène prend fin. Comparons avec un drap : si vous le secouez par le haut, vous verrez le drap en entier onduler jusqu’en bas, en forme de vagues : l’énergie que dégage votre mouvement est répercuté jusqu’en bas, mais la matière du drap ne se déplace pas pour autant. Vous avez compris ? L’océan fonctionne comme cela. Cette onde n’est pas dangereuse pour les bateaux au large car bien qu’elle crée une différence de hauteur, il n’y a pas de vagues. Cette onde devient dangereuse lorsqu’elle arrive sur les côtes, car les fonds marins sont de moins en moins profonds, il peut y avoir une barrière de corail ou simplement un changement de profondeur rapide, et les vagues se forment.

Selon la vitesse de l’onde et de l’importance des vents de départ, les vagues sont plus ou moins hautes. En moyenne : 4 à 5 mètres. Ensuite les vagues déferlent là où il y a peu de fond, sur les côtes donc, et si elles sont très grandes, elles s’abattent sur les plages, et déferlent aussi au-delà, poussées par la force de l’onde. Ainsi, les ports, les maisons, les hôtels de bord de plage sont touchés. Les dégâts matériels peuvent être énormes, car l’eau est très puissante et casse tout sur son passage : bateaux, pontons, arbres, clôtures, parkings et terrasses…et peut emporter pêcheurs et marins surpris par les vagues soudaines, ce qui s’est malheureusement passé ici…deux pêcheurs sont portés disparus.

 

 

Vocabulaire utilisé pour mesurer ce phénomène :- Le fetch : zone de vents (tempête) qui donnent leur force aux ondes et donc à la houle. Cette zone peut être très éloignée du lieu où la houle déferlera. Tout dépend des courants marins.- Un train : c’est une succession de vagues.- Un houlographe : appareil qui mesure la hauteur des vagues. 

On mesure plusieurs choses : -         la hauteur entre le creux de la vague et sa crête, qui donne la grandeur de la vague.-         La longueur d’onde : la distance qui sépare deux crêtes de vagues qui se suivent. -         La période : le temps qui sépare le passage de 2 crêtes.-         La « célérité » ou « vitesse de phase » : la vitesse d’un train de vagues. 

Ce sont les trains de vagues qui ont une grande longueur d’onde qui forment la houle car ce sont ceux qui vont le plus vite et le plus loin.► Météo France a relevé la hauteur des vagues pour
la Réunion : 5 mètres en moyenne, mais elle ont atteint 11 mètres ; une longueur d’onde de 180 mètres ; une période de 18 secondes et une célérité de 11 mètres par seconde, soit 66 km/h.

 

 

houle sur les côtes

La houle australe qui déferle à
la Réunion depuis 2 jours a pour origine une tempête située à 2000 km au Sud de l’île, avec des vents de 100 km/h. Rien d’exceptionnel pour la saison. Cela arrive tous les ans en hiver. (Dans la mer du Nord, on a déjà relevé des vagues de 30 mètres !)

 

Seulement, d’habitude, elle ne crée pas autant de dégâts. Certains réunionnais la qualifient de pire que Gamède (le cyclone qui a touché notre île en mars 2007). Des dizaines de bateaux ont été coulés, chavirés, cassés. Des bateaux gisent sur le bord des routes. Un club nautique a même perdu 90% de sa flotte et les hôtels et restaurants du bord de plage voient leurs travaux de reconstruction post-Gamède réduits à néant. Le port de St Gilles est complètement ensablé. Les circuits de renouvellement d’eau de l’Aquarium sont bloqués, heureusement, les poissons peuvent rester plusieurs jours dans la même eau.

L’économie s’en ressent une nouvelle fois, et surtout la filière touristique. Paraît-il qu’il y a eu encore plus grand et fort, il y a 30 ans. Mais la majorité des créoles crient : «  On a jamais vu ça ! » (C’est, soi dit en passant, la phrase préférée de la population après chaque phénomène inhabituel.) Les seules à avoir profité de la houle sont 3 tortues de Kelonia, la ferme des tortues, qui ont profité que l’océan s’invite jusque dans leurs bacs en cassant la clôture pour rejoindre l’océan une bonne fois pour toutes.

 

Se pose alors la question de la prévention : il n’existe que « l’avis de houle », que consultent les marins avant de prendre la mer. Mais il n’existe pas d’avis de forte ou très forte houle. On ne peut donc pas alerter la population sur l’ampleur du phénomène, car la houle est habituelle en cette saison d’hiver austral. C’est pourquoi un « Plan événement météorologique dangereux » va être mis en place sur l’île, afin d’adapter les systèmes d’alerte au climat tropical. Le Préfet pourra alors interdire l’accès au bord de mer, les sorties en mer et prendre d’autres mesures en cas de fortes pluies, vents violents et forte houle. Etonnant que ce système ne soit pas déjà mis en place depuis longtemps ! Nous savons pourtant bien que les conditions météorologiques ne sont pas les mêmes qu’en métropole, ni de la même ampleur !

 

Ces catastrophes répétées sur le littoral remettent en question l’aménagement fait par le département : ont-ils eu raison de construire si près de l’océan hôtels, restaurants et maisons ? Ont-ils eu raison de centrer le tourisme des villes sur les côtes ? La nature reprend ses droits, et c’est l’occasion pour les mairies de réaménager leurs villes en fonction de cette nature toute puissante, ce qui aurait dû être fait dès le départ. Mais l’attrait économique lié au tourisme a été le plus fort, en voici les conséquences, à force de grignoter du terrain sur la nature plutôt que de s’adapter à elle…

De mémoire d’homme m’a-t-on dit, jamais on avait vu cela à St Paul. Une houle déchaînée a complètement détruit la Baie, le front de mer, emportant avec elle jardins privés, parkings, camion-bar, canons et plateforme d’hélicoptère, et même le mur épais du cimetière marin à côté de la plage.

Si l’état de catastrophe naturelle a été demandé par les autorités, le seul point positif de la colère de la mer est la découverte sur le bord de mer d’ancres anciennes, de chaînes de bateaux et de squelettes, enfouis sous le sable depuis des décennies et que Gamède a trouvé.

Des archéologues les étudient en ce moment et comptent bien les faire parler, mais ce ne sont pas des historiens réunionnais. Pourquoi ?

Voici ce que l’on suppose déjà :

C’est une dizaine d’ancres qui ont été mises à jour par le cyclone, toutes dans la Baie de St Paul car la ville était autrefois le port principal de l’île. Marine marchande et marine nationale oeuvraient dans cette baie. Les vestiges d’un ancien pont ont aussi été découverts, dont les bateaux privés se servaient.

Jusqu’à 1911 (officiellement), le port accueillit des milliers de bateaux venue de tous horizons. Ce fut ensuite la ville du Port qui devint le port d’attache marchand.

Certaines ancres étant en bon état et au même endroit, on peut penser qu’ils s’agissait là d’un endroit où le capitaine du port stockait ses ancres (Les bateaux venant d’Europe avaient ce genre d’ancre). Quand le port a fermé, on y laissa tout ce qui ne pouvait pas être transporté. C’est ainsi que ces ancres se seraient retrouvées sur la plage, puis recouvertes de sable au fil des ans.

ancre ancienne ( pas de photos de celles retrouvées..)

Autre découverte importante : les squelettes découverts HORS de l’enceinte du cimetière marin de St Paul. Jamais ça n’était arrivé avant ce cyclone.

Ces squelettes sont nombreux, alignés en rang dans une sorte de tranchée, qui selon l’historien en charge de la découverte pourrait faire 150 mètres de long … Ils vont être datés au Carbone 14 ; nous saurons ainsi s’ils furent enterrés avant ou après la création même du cimetière en 1788.

S’ils sont plus anciens que le cimetière, plusieurs hypothèses sont possibles :

  • Ils sont peut-être les victimes d’une épidémie ; celle de la variole en 1729 avait fait de nombreux morts.

  • Ils sont peut-être des pirates ou des assassins (ou les deux…) condamnés à mort.

S’ils datent d’après 1788, cela voudrait dire qu’ils ont été enterrés hors du cimetière exprès, pour différentes raisons qui restent à découvrir :

  • Soit ils sont des pestiférés (atteints d’épidémie), et donc impossible à mettre dans un cimetière fréquenté des familles.

  • Soit ils sont des condamnés à mort qui ne méritaient pas d’être enterrés dans le cimetière…

  • Soit ce sont les morts de la flotte de Montvergue, qui arriva sur l’île à la fin du 17ème siècle avec à bord 80 malades qui moururent à terre…étant étrangers, ils auraient été enterrés à l’extérieur du cimetière.

Bernard Marek, l’historien, serait pour la thèse des condamnées, car il n’y a là que des squelettes de taille adulte, et pas de bijoux, ni rien du tout. De plus, St Paul avait il y a longtemps son propre tribunal et son propre bourreau…

Finalement, la seule chose sûre dans cette histoire, c’est que les ancres et les squelettes n’en sont qu’au début de leurs révélations sur le passé maritime de St Paul…affaire à suivre.

Celle que l’on appelle la Grande Île a toujours eu peu de forêt, mais aujourd’hui les ¾ de cette bande forestière allant du Nord Est au Sud Est n’existe déjà plus…alors que dans cette forêt primaire vivent plus de 8000 plantes médicinales qui sont sur le point de disparaître avec elle. Une catastrophe non seulement pour la biodiversité malgache mais aussi pour la mise au point de futurs médicaments essentiels. C’est vous dire la gravité de la situation au niveau planétaire : « Au même titre que l’Amazonie est le poumon de la planète, Madagascar en est le réservoir de molécules ». Mondher El-Jaziri, biologiste.

Pourquoi s’acharne t-on à couper ces arbres ? La raison est simlpe : les paysans malgaches eux-mêmes, n’ayant aucune notion de l’environnement exceptionnel et vital qui les entoure, abattent à une cadence infernale les arbres. Sur les bords de routes d’abord, car c’est plus facile à transporter ensuite, puis dans tout endroit susceptible de devenir rizière. La misère est telle qu’elle leur enlève toute idée de conservation de la forêt, qui leur permet pourtant de vivre…ils pratiquent aussi le brûlis, dévastateur, car quand le feu échappe au contrôle des tavy (les personnes qui pratiquent le brûlis), ce sont des hectares précieux de forêt qui s’envolent en fumée.

 

coupe des eucalyptus sur le bord des routes

Pourtant, la forêt malgache a un rôle essentiel : nulle part ailleurs autant de plantes sont abritées, que chercheurs et botanistes se pressent de répertorier, tester, et se cassent la tête pour trouver un moyen de les sauvegarder.

L’IMRA (Institut Malgache de Recherches Appliquées) est le premier centre de Madagascar, constitué de chercheurs, scientifiques, et même médecins que la population peut consulter gratuitement. L’idée de cryogéniser ces plantes au bord de l’extinction vient d’eux, mais elle est irréalisable : la production d’électricité est trop aléatoire pour pouvoir garder des congélateurs en permanence froids…

Certaines plantes pourtant lutteraient contre la leucémie, les cancers, l’insuffisance cardiaque, les brûlures d’estomac…comme elles ne peuvent pas pousser ailleurs, elles disparaîtront avec la forêt.

Un exemple : l’Aloe vahombe est une plante qui pourrait servir conter le sida et l’hépatite. Elle pousse uniquement dans le Sud Ouest, et dans 5 ans, elle aura disparu.

Cependant, une partie de la forêt a été reboisée, d’eucalyptus et de pins (2 espèces que l’on voit fréquemment aujourd’hui sur l’Ile, alors qu’elles n’en sont pas originaires), importés de Nouvelle Zélande. Pourquoi ? Parce que ces deux arbres mettent 5 fois moins de temps à atteindre la taille adulte que le bois de palissandre par exemple (bois local). Et il faut aller vite. Quitte à créer une forêt ne ressemblant en rien à l’originale.

L’énorme problème de cette reforestation express, et que combat certaines associations et ONG, est que ces deux arbres acidifient les sols, c’est bien connu, même dans nos pays occidentaux ; jonchent le sol d’épines et empêchent les plantes de repousser plusieurs mètres autour. Voici un énorme paradoxe : pour sauver la forêt malgache et ses plantes rares, nous sommes obligés de planter en urgence des arbres qui ne permettront pas à ces plantes d’exister. Mais, quand on voit ces collines nues, découvertes, aux herbes brûlées par le soleil, on se dit qu’on n’a pas le choix.

les collines, dénudées d’arbres, en plein soleil

Ainsi, certaines ONG environnementales travaillent à reboiser Madagascar, mais avec des arbres locaux. C’est beaucoup plus long, mais c’est préférable pour la survie de la forêt, à long terme. L’ONG franco-malgache « L’Homme et l’environnement » réussit même à faire travailler la population en oeuvrant au reboisement et à la collecte des plantes afin de les étudier, d’en faire de l’huile essentielle et découvrir leurs propriétés.

Le Ministère de l’Environnement a lancé une opération il y a 3 ans, « Zéro Tavy », afin de convaincre la population d’arrêter la pratique du brûlis : sans succès. En effet, il permet aux paysans d’avoir plus de terres « cultivables », et de mieux surveiller leurs troupeaux.

En revanche, la forêt de Vohimana a été confiée pour 25 ans à l’association l’Homme et l’environnement. Ils doivent, en ce peu de temps, la remettre en état, avec des espèces locales. Ils ont eux, déjà réussi à éliminer les tavy. Ainsi, les plantes médicinales pourront se multiplier à nouveau, permettant aux chercheurs d’en prélever et de trouver les médicaments de demain.

Ce qu’il faut retenir c’est que si rien n’est fait, dans 15 ans, il n’y aura plus de forêt…

D’après un article de l’Actualité, Montréal

ps : 2 liens dans cet article vous permettent d’en savoir plus sur les actions menées, et sur les associations.

 

A
la Réunion, la principale plante cultivée est, depuis des dizaines d’années, la canne à sucre. Cette culture à l’origine coloniale a connu une énorme évolution : c’est elle qui a permis à
la Réunion de prendre son essor, grâce à son exportation notamment. Il a donc fallu « épierrer » (enlever les pierres) les champs, mécaniser, et importer plus d’engrais. Elle est cultivée dans l’Est et le Nord de l’île principalement, et fournit à
la Réunion et à de nombreux autres pays sucre et rhum. Mais la canne à sucre est beaucoup plus que ça pour l’île : tout est utilisé dans la canne et sert le développement durable…

 

 

Tout d’abord, les champs de canne ralentissent l’érosion des sols, importante dans l’Océan Indien à cause des pluies abondantes. Ses racines et la superficie des plantations maintiennent la terre. Le sol n’est réellement découvert qu’une fois tous les 7 à 10 ans, lors de la plantation de nouveaux pieds de canne.

On utilise la plantation par marcottage : la canne a des anneaux, comme le bambou : il suffit de l’allonger dans un sillon, de recouvrir de terre, et un nouveau pied de canne poussera à chaque anneau. Un pied de canne en donne donc plusieurs autres !

anneaux de la canne à sucre

 

La canne à sucre résiste très bien aux cyclones par rapport aux autres plantes : le climat réunionnais est idéal, malgré le souci d’irrigation intensive pendant la période sèche.

De plus, la recherche permanente (IRAT : Institut de Recherche et d’Agronomie Tropicale) d’amélioration des variétés de canne à sucre permet à chaque fois un meilleur rendement, et une meilleure résistance aux maladies. Certaines variétés améliorées n’ont ainsi pas besoin de beaucoup de pesticides. Mais il y a une chose dont la canne ne peut se passer : une irrigation importante : il y a quelques années, un chantier énorme de basculement des eaux de l’Est a permis une meilleure irrigation des plantations de l’Ouest, où il ne pleut presque pas, contrairement à l’Est, très humide. 150 m3 d’eau par hectare produisent une tonne de canne.

On utilise même des procédés biologiques, ainsi, le champignon « Beauveria brongniartii » lutte tout seul contre le ver blanc.

 champ de cannes à sucre

Les cultivateurs de canne à sucre intercalent quelques rangées de lianes de vanille dans les rangées de canne, afin d’avoir une ressource de plus ; cependant il est impossible de vivre de la culture de la vanille, car les cyclones peuvent trop facilement détruire les plants, qui ne refont des fleurs que 3 ans plus tard…

Les champs de canne ne sont interrompus que par les barrières naturelles (montagnes, ravines) et les villes et espaces des cultures secondaires (tabac, maïs, vétyver…).

D’ailleurs, avant 1954, la canne était payée aux cultivateurs en fonction de son poids…aujourd’hui, c’est en fonction de sa teneur en sucre : ils sont obligés de produire de la qualité s’ils veulent être bien payés. Paradoxalement, de moins en moins d’usines sucrières survécurent à la multiplication des hectares de canne, à cause notamment de la croissance des gros cultivateurs au détriment des petites exploitations.

 

En plus de produire le sucre, tout est utilisé dans la canne. Plusieurs produits en sont issus :

-         le rhum : les mélasses, résidus de la fabrication du sucre, sont distillées. Le rhum agricole est issu de la première cuisson. Les autres rhums, vieillis en fûts de chêne ou gardés de nombreuses années, prendront des appellations différentes.

-         la mélasse : elle est destinée aux aliments d’élevage.

-         la bagasse : s’utilise comme combustible dans les centrales thermiques. Aujourd’hui, la centrale thermique de Bois Rouge fournit grâce à la bagasse le quart de l’alimentation des réunionnais en électricité, pendant les 6 mois de la campagne sucrière. Les 6 autres mois, elle est alimentée en charbon.

sucrerie de Bois Rouge, au nord de l'île

 

Nom scientifique : Chelonia mydas

Famille : chélonidés

 

La tortue Verte peut se rencontrer dans toutes les mers tropicales. A
la Réunion, il y en a, mais elles ne viennent plus pondre sur nos plages, trop urbanisées et éclairées pour elles. Cette espèce est protégée, car en danger d’extinction, comme toutes les tortues marines… (chassée pour sa chair ou pour utiliser les écailles de sa carapace) et elle est de plus particulièrement importante pour l’écosystème car c’est la seule tortue herbivore : elle se nourrit d’algues et de phanérogames marines (sorte de gazon des fonds marins) à une cinquantaine de mètres de profondeur, ce qui en fait en quelque sorte le mouton de nos océans ! C’est la couleur de leur nourriture qui leur donne leur couleur verte et donc leur nom. A
la Réunion, ce sont les algues rouges leur aliment principal, mais elles ne deviennent pas rouges pour autant !

tortue verte en surface

Cette tortue peut vivre plus de 60 ans, si de la naissance à l’âge adulte, elle échappe à ses nombreux prédateurs. Elle peut atteindre 1m50 de long et peser 250 kg, c’est une des plus grosses tortues, derrière la tortue Luth (800 kg) et l’Archélon (vivant il y a 100 millions d’années, et qui pesait 2 tonnes…mais c’est une exception !). Elle est aussi une des plus rapides : 30 km/h dans l’eau ! (Sur terre, les tortues sont plutôt handicapées par leur poids.)

 

A la naissance, la petite tortue éclos dans le sable avec tous ses frères et soeurs. Après être remontée à la surface, elle doit atteindre la mer au plus vite, car crabes et oiseaux adorent manger ces tortues à la carapace encore molle…Le frottement du sable sur le ventre des bébés tortues se précipitant à la mer leur permet de reconnaître la plage où ils sont nés. Une fois à l’eau, les poissons, les requins s’y mettent, et les oiseaux marins continuent leur festin. Une tortue sur 100 arrive à s’éloigner vers le large. C’est très peu. Dérivant avec les courants pendant longtemps, elle fera de grandes migrations pour aller se reproduire, et ne reviendra sur la plage où elle est née seulement pour pondre, plusieurs années plus tard, et tous les 4 ans environ ensuite.

 

bébé tortue verte

 

Info : La température du nid détermine le sexe des petites tortues à naître : s’il fait plus de 27°, il y aura plus de femelles. A moins de 27°, plus de mâles…et s’il fait exactement 27°, il y aura le même nombre de mâles et femelles !

 

Comment fait-elle pour rester sous l’eau ?

Elle est tout simplement championne d’apnée, car quand elle se nourrit elle reste quelques minutes dans l’eau, mais quand elle se repose, elle peut bloquer ses poumons pendant plusieurs heures !

 

Les tortues marines sont menacées par les activités humaines : braconnage (interdit mais encore pratiqué dans certaines régions côtières, comme à Madagascar), pêche industrielle (prise des tortues dans les filets avec les poissons). La tortue marine est un animal protégé : le déranger, posséder l’animal mort ou vivant est interdit par la loi. Pour plus de détails et si vous voulez participer à la sauvegarde des tortues marines, vous pouvez vous inscrire à l’association Tortues de Mayotte, à cette adresse : http://www.tortuesdemayotte.com/