La mondialisation, vous entendez ce mot tous les jours, aux informations, dans les discussions, dans vos programmes de lycée, mais finalement quelle réalié recouvre ce terme ? Pour vous éclairer, prenons quelques exemples de vos objets quotidiens et voyons pourquoi on peut parler d’objets mondialisés
- l’exemple d’un tee shirt sur le site
http://www.journaldunet.com/economie/expliquez-moi/itineraire-tee-shirt/index.shtml, avec un très beau diaporama sur le voyage de ce tee shirt-l’exemple d’un jean « Lee Cooper« , avec un article et la mise en carte , de la culture du coton à la distribution : http://www.educreuse23.ac-limoges.fr/loewy/swf/Le%20tour%20du%20monde%20d%20un%20jean_Corrig%C3%A9.pdf

- un déguisement de princesse Barbie, fabrication mondialisée, « Libération du mardi 31/10/2006, 
« Tout commence, ici, il y a plus d’un an, chez César à la Plaine-Saint-Denis, près de Paris. Fin été 2005, une petite équipe d’une dizaine de personnes travaille à la conception de la robe à partir du Style Guide fourni par Mattel, maison mère américaine de Barbie. Tout est consigné dans cette bible d’une quarantaine de pages : couleur (cette année le rose), silhouette de la robe, motifs du carton d’emballage. Le reste est à inventer. L’équipe française se gratte la tête. Combien de diamants incrustés dans le costume ? Un tulle rose pailleté ou uni ? Des broderies ou un médaillon ? Un jupon en organza ou en coton ? Des sculpteurs travaillent sur un prototype de couronne. Avec ou sans diamants ? Le costume, vendu environ 40 euros en grande surface, doit être fabriqué pour 10 euros. Les stylistes feuillettent leur catalogue de tissus, tous en provenance de Chine. Le bureau de Hongkong est mobilisé pour sélectionner des fournisseurs de tissus et trouver un fabricant de couronnes en plastique serti de diamants.

Au milieu des années 90, c’était une tout autre histoire. La fabrication des costumes était 100 % française, et les tissus espagnols. Les costumes étaient cousus à domicile par une dizaine de couturières françaises. Tout a basculé avec l’ouverture de l’usine de Madagascar et de l’île Maurice. «Le coût à la minute d’une couturière à Madagascar est d’environ 0,004 centime d’euro contre 0,17 euro pour la France. Sur un costume, cela ferait environ 5 euros de différence. Ce serait intenable de continuer à fabriquer en France», assure Benoît Pousset, le patron de César. Avec la montée de la concurrence chinoise, même l’usine de l’île Maurice a été fermée cette année : «Plus de deux fois plus cher que la Chine», dit la calculette de Pousset. Aujourd’hui, seuls les 900 salariés (payés 30 euros mensuels) du site de la banlieue de Tananarive sont encore dans la course.

Pour chaque bout de tissu, César se pose la question : «Vaut-il mieux produire à Madagascar ou acheter depuis la Chine ?» Pour la robe de Barbie, l’équation est subtile. Le jupon est fabriqué à Madagascar à partir de fils provenant d’Inde. L’Afrique serait «trop chère», assure le patron de César. Le reste (bustier, manches…) vient de Chine. La matière première est ensuite embarquée à Hongkong pour Madagascar, où tout est découpé et cousu. Puis Marseille par bateau. Enfin, direction Saumur, à l’entrepôt de la PME, où une dizaine d’ouvriers rassemblent le costume, la couronne arrivée directement de Chine, et le carton d’emballage en provenance d’Espagne. Le tout est livré en Europe.

Ethique. Comment être certain que le costume des petites Occidentales n’a pas été en partie fabriqué par des petites filles chinoises ? Mattel et les distributeurs font leurs propres enquêtes. «On connaît bien nos fournisseurs. On dispose d’un code de conduite éthique et sociale strict, et on ne peut pas se permettre le moindre écart», répond Pousset. Son concurrent américain en sait quelque chose. L’an dernier, un mouvement social avait explosé dans son usine du Mexique. Les ouvriers réclamaient des heures sup non payées et fustigeaient une direction qui imposait aux couturières des tests de grossesse avant l’embauche. La grève a fait les gros titres de la presse outre-Atlantique. Mattel a retiré sa licence au fabricant américain… pour la donner au français.

Aujourd’hui, dans les locaux de César, des petits bouts de tissus accrochés au mur détaillent déjà ce que sera la robe de l’an prochain. Tous référencés en Chine. En 2007, les 500 000 costumes de Barbie, encore cousus à Madagascar, seront bleus. Mais chut ! il paraît que c’est un scoop mondial. »

- Vous mangez des yaourts aux fraises, alors lisez ce qui suit d’après le site http:// www.grainvert.com
« En 1993, une étudiante allemande a étudié le nombre de kilomètres parcourus par les différents ingrédients entrant dans la composition et le prix de vente final d’un pot de yaourt.
Elle est partie d’un pot de yaourt aux fraises vendu à Stuttgart. Le verre a été fabriqué en Bavière à partir de tessons récupérés, de sable, de chaux, de zinc provenant de diverses régions d’Allemagne. Pour réunir les différents ingrédients, cela représente 546 km de transports.
Pour emmener le pot fini à la coopérative de Stuttgart, il faut encore ajouter 260 km. Le lait a été récolté dans 5930 fermes à une distance moyenne de 36 km.
Les fraises viennent de Pologne et ont parcouru 1246 km. Le sucre vient d’une raffinerie de betteraves située à 72 km. [Note grainvert : l’étudiante n’a pas intégré le chauffage (pétrole) des serres pour les fraises. Sinon, il faut rajouter le cout de leur conservation sur 6 mois, selon la saison... / Betteraves pour le sucre] Les betteraves ont, elles, été récoltées à une distance moyenne de 35 km de la raffinerie. Les bactéries pour faire fermenter le lait viennent d’une usine au Nord de l’Allemagne à 917 km.
Le couvercle en aluminium a été fabriqué dans une usine à 304 km à partir de bauxite extraite du sol à 560 km.
L’étiquette sur le pot est imprimée à 314 km sur un papier qui a déjà parcouru 634 km.
La colle pour l’étiquette vient de poudre de céréales issues des surstocks de l’Union européenne et a parcouru 419 km.
Les pots sont conditionnés dans un emballage carton fabriqué à 647 km puis emballés dans un film plastique français qui a parcouru 408 km.
Les lots obtenus sont transportés dans des cartons ondulés fabriqués à seulement 55 km. Le carton d’origine est importé d’Autriche (1048 km) et il est fermé par une colle venant du Nord de l’Allemagne (659 km), colle fabriquée avec des céréales en surstock à Hambourg (75 km de plus).
Ces cartons sont ensuite distribués en magasin : le parcours moyen de l’usine au consommateur est de 668 km.

Au total, I’ensemble des ingrédients a parcouru 9115 km » 
Voici la spatialisation de cet itinéraire http://www.soleocene.org/img/Erdbeerj.jpg

Voilà la mondialisation au quotidien, c’est à dire qu’à travers ces exemples, on voit qu’elle repose sur le developpement des transports et en particulier les conteneurs, la division internationale du travail (entre concepteurs, producteurs de matières premières, pays à bas coût de main d’oeuvre et consommateurs), le rôle des firmes transnationales.