Les procès de la collaboration en France
Histoire, Terminale 9 septembre 2008, 21:27Les hommes qui ont participé au gouvernement de Vichy , les collaborateurs voire collaborationnistes reconnus vont être poursuivis par la Justice républicaine à la Libération
Voici un lien vers les actualités françaises du 27/07/1945 sur l’ouverture du Procès Pétain au17/08/1945, fin du procès
Les procès de Darnand et Laval : actualités françaises du 12/10/1945
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=AFE86003280
En fin je vous renvoie sur le blog d’un collègue qui a fait un article très complet sur cette question
http://bricabraque.unblog.fr/2008/02/24/lepuration-de-juin-a-lautomne-1944/
La question de l’épuration sauvage puis républicaine invita les intellectuels et les hommes politiques à réfléchir sur les enjeux de ces procès, de ces condamnations. Elle fut l’occasion d’une polémqiue entre François MAuriac et Albert Camus :Lisez ces échanges pour comprendre :
a) Au nom des
Résistants torturés
” Qui oserait parler ici de pardon ? Puisque l’esprit a enfin compris
qu’il ne pouvait vaincre l’épée que par
l’épée, puisqu’il a pris les armes et atteint la
victoire, qui voudrait lui demander d’oublier ? Ce n’est pas la haine
qui parlera demain, mais la justice elle-même, fondée
sur la mémoire. Et c’est de la justice la plus
éternelle et la plus sacrée que de pardonner
peut-être pour tous ceux d’entre nous qui sont morts sans avoir
parlé, avec la paix supérieure d’un coeur qui n’a
jamais trahi, mais de frapper terriblement pour les plus courageux
d’entre nous, dont on a fait des lâches en dégradant
leur âme, et qui sont morts désespérés,
emportant dans un coeur pour toujours ravagé leur haine des
autres et leur mépris d’eux-mêmes. “in A. Camus,
Combat , 30 août 1944.
b) Contre
l’hypocrisie
” Le maréchal Pétain [dont se déroule alors le
procès] a
librement assumé, devant Dieu et devant les hommes, des
responsabilités dont il n’appartient à personne de le
décharger. Mais nous serions des hypocrites si, avant de
mêler nos voix à toutes celles qui l’accusent, chacun de
nous ne se demandait : “qu’ai-je dit, qu’ai-je écrit ou
pensé au moment de Munich ? De quel coeur ai-je accueilli
l’armistice ?” Au lendemain de Munich, cette foule immense qui,
à sa descente d’avion, acclamait le pâle Daladier
(stupéfait lui-même de ne pas avoir de crachats à
essuyer sur sa figure) donnait aux complices masqués ou
déclarés du Führer l’assurance qu’ils pouvaient
aller de l’avant et qu’ils seraient portés par la faiblesse,
par la démission de tout un peuple. Les Français
mêlés à cette foule ravie, ou qui en ont
partagé les sentiments, qu’ils gardent donc le silence
aujourd’hui, car, en vérité, ce procès n’est-il
pas aussi un peu leur procès ? (…)Si nous avons
mérité d’avoir Pétain, nous avons
mérité aussi, grâce à Dieu, d’avoir de
Gaulle : l’esprit d’abandon et l’esprit de résistance, l’un et
l’autre se sont incarnés parmi les Français et se sont
mesurés dans un duel à mort. Mais chacun de ces deux
hommes représentait infiniment plus que lui-même, et
puisque le plus modeste d’entre nous partage la gloire du premier
Résistant de France, ne reculons pas devant cette
pensée qu’une part de nous-même fut peut-être
complice, à certaines heures, de ce vieillard
foudroyé.”in F. Mauriac,
Le
Figaro, 26 juillet
1945c) L’impuissance
” Il est certain désormais que l’épuration en France
est non seulement manquée, mais encore
déconsidérée. Le mot d’épuration
était déjà assez pénible en
lui-même, La chose est devenue odieuse. Elle n’avait qu’une
chance de ne point le devenir, qui était d’être
entreprise sans esprit de vengeance ou de
légèreté. Il faut croire que le chemin de la
simple justice n’est pas facile à trouver entre les clameurs
de la haine, d’une part, et les plaidoyers de la mauvaise conscience
d’autre part. L’échec, en tout cas, est complet.C’est qu’aussi bien la
politique s’en est mêlée, avec tous ses aveuglements.
Trop de gens ont crié à la mort comme si les travaux
forcés, par exemple, étaient une peine qui ne tirait
pas à conséquence. Mais trop de gens, au contraire, ont
hurlé à la terreur lorsque quelques années de
prison venaient récompenser l’exercice de la délation
et du déshonneur. Dans tous les cas, nous voici impuissants.
“in A Camus,
Combat, 30 août 1945
puis ce lien pour vous aider à comprendre: http://webcamus.free.fr/biographie/polemiques/mauriac.html
Bonne lecture
Compteur
Recherchez sur une sélection de 3 500 sites éducatifs par LeWebPédagogique.