Je suis handicapé, mais surtout je suis moi!

10 11 2012

Dès votre première classe, vous serez confronté à l’accueil d’enfants à besoins particuliers ou relevant de l’aide spécialisée. La loi de 2005 concernant l’inclusion des enfants porteurs de handicaps est un formidable progrès pour ces enfants comme pour notre propre rapport à l’humanité. Pour autant, ouvrir les portes ne suffit pas, encore faut-il être en mesure de leur proposer un vrai projet éducatif et pédagogique. Il vous faudra sur ce point compter dans un premier temps sur l’aide de vos collègues et de votre chef d’établissement. Les conseils de maîtres est le lieu par excellence pour traiter de ces questions. Quels dispositifs ? Quels moyens ? Quels outils ? Quelles orientations? Quels partenaires ? Sans oublier de poser la question : quelle formation en équipe ?

Extrait de Réussir sa première classe, p 144

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Qu’entend-on par élève à besoins éducatifs particuliers?

Cette terminologie recouvre une population d’élèves très diversifiée. Il peut s’agir en effet d’enfants:

  • porteurs de handicap(s)
  • en grande difficulté d’apprentissage ou d’adaptation
  • atteints d’une maladie invalidante
  • en situation familiale ou sociale difficile
  • en position de primo-arrivants
  • ou encore issus des gens du voyage

Les prises en charge de ces enfants par l’institution scolaire diffèrent donc en fonction des besoins particuliers et spécifiques de chacune des situations. Par souci de lisibilité, nous évoquerons dans cet article, (d’autres suivront) et ce de manière globale et synthétique, celle des enfants relevant du premier point, à savoir l’inclusion des enfants porteurs de handicaps.

Ce sont des enfants qui ont été préalablement reconnus par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (M.D.P.H.) comme présentant la particularité d’être porteurs d’un handicap, visible ou invisible, lequel demande des adaptations et des aménagements tant logistiques que pédagogiques.

Comment qualifier la nature d’un handicap?

Il existe différents types de handicaps:

  • moteurs
  • auditifs
  • visuels
  • mentaux
  • cognitifs

En fonction des handicaps, de leur nature et de leur degré de gravité cet accueil peut se faire:

  • de manière individuelle au sein d’une classe ordinaire avec le recours ou non à une Aide de Vie Scolaire Individuelle (A.V.S.I)
  • de manière collective dans des dispositifs spécifiques appelés Classe pour l’Inclusion Scolaire (C.L.I.S.) en primaire et Unités Localisées pour l’Inclusion Scolaire (U.L.I.S.) dans le secondaire
  • en lien et au sein d’établissements médicaux-sociaux, qui dépendent du Ministère des affaires sociales et de la santé

Une obligation de cadre:

Quelles que soient les modalités de scolarisation, qu’elles s’effectuent à temps partiel ou à temps plein, elles doivent impérativement faire l’objet d’un Projet Personnalisé de Scolarisation (P.P.S.), élaboré dans un cadre bien défini en lien avec les différents partenaires associés en équipe éducative élargie autour de l’enfant et de son parcours de formation.

Dans cette équipe éducative élargie on pourra trouver selon les cas:

  • les parents ou responsables légaux(leur présence étant obligatoire)
  • le chef d’établissement
  • le ou les enseignants de l’école
  • le médecin et/ou l’assistante sociale et/ou la psychologue de l’établissement scolaire
  • l’enseignant référent affilié à la M.D.P.H.
  • les intervenants extérieurs et/ou membres des R.A.S.E.D.

Un cadre au service du projet:

La finalité de cette équipe élargie est de constituer, grâce au croisement des regards et à la complémentarité des approches et des compétences, une aide polymorphe susceptible:

  • de cibler les besoins pédagogiques, éducatifs, thérapeutiques en lien avec les spécificités du handicap
  • d’apporter une aide adaptée aux besoins de l’enfant et régulée dans le temps
  • d’assurer une continuité et une cohérence à son projet de scolarisation et de formation

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à recourir à la circulaire  2006-126 du Bulletin Officiel B.O. n° 32 qui fixe et précise le cadre et les modalités de mise en œuvre de ces P.P.S. (à ne pas confondre avec le P.P.R.E: Programme Personnalisé de Réussite Éducative qui lui, cible davantage les besoins des enfants en grande difficulté d’apprentissage et de comportement hors contexte de handicap)

Une triple vigilance:

Gifs Animés Fleches (104)Chaque handicap présente ses particularités; il convient donc de les connaître pour accompagner l’enfant au plus proche de ses besoins. Dans cette logique, l’enseignant ne peut faire l’économie d’une démarche de formation personnelle et continue tout en veillant à ne pas rester seul et à s’appuyer, chaque fois que nécessaire, sur les personnes ressources autour de lui susceptibles de l’aider dans cette démarche, à la fois longue, exigeante et implicante tant professionnellement qu’humainement.

Gifs Animés Fleches (105)Quel que soit le handicap il ne faut jamais perdre de vue que l’enfant est d’abord et avant tout un enfant avec ses spécificités propres, son histoire de vie, ses compétences singulières, ses désirs et ses rêves personnels et intimes; l’erreur serait de ne percevoir de l’enfant que sa facette « handicap » et de lui nier par la même toute épaisseur et dimension humaine au sens le plus large possible.

Gifs Animés Fleches (107)Enfin, de la même manière qu’on ne peut réduire un enfant à son handicap, on ne peut faire du handicap un prétexte à la normalisation des prises en charge. Si Anabelle et Médhi souffrent tous deux du même Trouble Spécifique des Apprentissages et si certaines dispositions pédagogiques leur seront communes, il conviendra de bien les considérer comme deux personnes foncièrement singulières au même titre que chacun des élèves de la classe.

Coin biblio-web:

  • les dispositions réglementaires sur le site du ministère
  • des ressources pédagogiques sur le blog 100 idées, partenaire des éditions  Tom PouSSe, éditeur spécialiste des troubles des apprentissages
  • une mine d’outils et de réflexions sur blog d’idées ASH, conçu et rédigé par Hélène d’Heygère, enseignant référent et formatrice dans le domaine de la prise en charge de la grande difficulté scolaire et du handicap

Si vous êtes de passage sur ce blog et si vous accueillez dans votre classe, un élève porteur de handicap, n’hésitez pas à laisser votre petit commentaire! Plus on communique sur ce sujet, plus on dédramatise et plus on partage ses expériences, et plus on se sent outillé 😉

Merci!


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2 réponses à “Je suis handicapé, mais surtout je suis moi!”

11 11 2012
hgecoli (15:34:23) :

Je n’accueille pas cette année d’élève en situation de handicap (une grande nouveauté ça d’ailleurs) mais je suis moi-même en situation de handicap, un handicap difficilement visible et donc difficilement décelable pour des enfants. J’ai choisi de ne jamais en parler spontanément à mes élèves, mais lorsque l’un d’entre eux (plutôt des lycéens) s’en rend compte, j’accepte d’en parler avec eux. Leur montrer qu’un handicap n’empêche pas de vivre, et même de vivre bien, au milieu des « valides »

5 09 2013
Ostiane (14:19:13) :

Pour quelle raison n’ai-je pas répondu à votre commentaire et suis-je passée à côté! Vous m’en voyez bien désolée…j’aime beaucoup ce que vous dites, oui, on peut vivre bien au milieu des « valides ». Il faudrait entendre ce message plus souvent! Cela rassure et donne confiance. J’accueille pour ma part 2 enfants cette année dans le cadre de PPS ainsi que trois autres, non déclarés à la MDPH mais souffrant entre autre chose de grande dyslexie ou de retard de développement. Dans une classe à 29, cet accueil n’est pas simple. Je compte beaucoup sur le partenariat avec les familles tout en sachant que ce n’est pas gagné d’avance car pour un parent, la reconnaissance d’un handicap est un long cheminement. Et pour l’enseignant, c’est accepter au quotidien de se regarder dans le miroir de ses propres limites. Merci pour votre témoignage, j’espère que vous recevrez cette réponse malgré le délai!
Bonne rentrée à vous!

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