Le thermomètre des sanctions

19 09 2013

thermometre des sanctions

 

 

 

 

 

STOP!

Oser intervenir, poser une parole d’autorité, dire stop et faire apparaître la ligne rouge franchie sont autant de gestes professionnels qui doivent accompagner l’enfant en amont comme à l’instant de la sanction.

Extrait de Réussir sa première classe, p212

Un groupe classe de 30 élèves, ce n’est jamais simple à gérer. Entre les bavards, les gesticulateurs, les experts en oublis de matériel ou encore les intempestifs et les meneurs de revue, on peut vite en arriver à se transformer en gendarme en chef et passer sa journée à faire de la discipline. Pour ma part, c’est une posture que j’ai toujours eu beaucoup de mal à vivre sereinement. Il faut pourtant parfois savoir dire STOP! Un stop structurant, émancipateur, éducatif; un stop qui sécurise et permet au jeune enfant d’apprendre à devenir un être social, conscient de ses droits autant que de ses devoirs.

Pour autant, sauf cas de force majeure évidemment, le stop ne doit pas tomber du ciel tout comme la sanction ne  se confond pas avec un couperet aléatoire. L’enfant doit petit à petit apprendre à comprendre et accepter les règles de vie de la classe. Pour apprendre, rien de mieux que de se voir en train de faire la chose à apprendre… Pas simple me direz-vous dans le cadre de l’apprentissage des compétences civiques et sociales.

Comment permettre à l’enfant de se rendre compte qu’il est en train de franchir la ligne rouge? Comment lui permettre de se situer personnellement sur une échelle collective de comportement?

Voilà un petit outil très visuel et facile d’utilisation que j’ai mis au point et qui présente le double avantage:

  • réguler en classe les comportements perturbateurs
  • aider les enfants à s’auto-réguler

 

Boîte à idée, le “plus” du blog

Le thermomètre des sanctions

Matériel:

  • 4 feuilles de papier couleur type Canson (1 blanche, 1 jaune, 1 orange, 1 rouge)
  • 1 étiquette prénom par élève (qu’on aura pris soin de plastifier) Un site pour aller plus vite: Cursivécole
  • 4/5  bandes velcro (qui serviront à coller décoller les prénoms sur le thermomètre)

Ce qui donne à peu près ceci:

 

 

 

 

 

 

 

Déroulement:

Chaque matin tous les prénoms sont  accrochés en bas du thermomètre. Un responsable veille à ce rituel.

Au cours de la journée, en fonction des perturbations causées, les élèves vont eux-mêmes déplacer leur prénom sur le thermomètre.

Parfois un seul regard de ma part suffit, ils comprennent et se plient au contrat, qu’il faut d’ailleurs établir avec eux au préalable!

Parfois, il faut interrompre le déroulé d’une activité et demander explicitement à l’enfant d’aller déplacer son étiquette, lui demander de verbaliser ce qu’il se passe, pour lui permettre de mieux intégrer le code de bonne conduite.

Lorsqu’un enfant commet une infraction lourde, comme une insulte sur la cour par exemple,  il peut arriver qu’il saute directement à la case orange ou rouge.

Il peut arriver aussi que suite à une attitude positive dans la journée, un élève redescende d’une case, ou deux. (Ils adorent ça!)

Mais arrivé au rouge, pas d’autre solution qu’une amende: cela peut aller du mot dans le carnet, à la suppression du droit de se déplacer ou de prendre la parole en classe, jusqu’à une mise à l’écart temporaire sur la chaise du silence.

Là aussi, il faudra étalonner en amont les sanctions avec les élèves de manière à ce qu’ils n’ignorent pas les règles auxquelles ils sont soumis.

Dans ce chapitre 7 du livre, consacré à la discipline en classe, j’aborde également les questions du négociable et du non négociable, tant il me semble essentiel de leur permettre d’intégrer la différence entre ce qui est de l’ordre de la loi et ce qui est de l’ordre de la charte. C’est aussi une manière, me semble-t-il d’éduquer à la liberté 😉

De votre côté si vous avez des outils à recommander, n’hésitez pas à nous en faire part via les commentaires!

Bonne journée 🙂

 

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10 réponses à “Le thermomètre des sanctions”

19 09 2013
David (19:05:38) :

Décidément…
Oui, le premier mot de votre article me choque : « OSER »… Oser intervenir ? C’est quoi ?
Autant dire que celui -ou celle- qui n’OSE pas n’a rien à faire dans le club !
C’est quoi cette formulation ?
Pour moi, le premier jour : consignes (vert/rouge, interdit/autorisé…) Prévention ! Souplesse au départ, of course, puis freinage… et sanctions.
Néanmoins vous avez repris le cours de vos publications (je m’en réjouis) mais vous n’avez toujours pas répondu à mon invite de « joute » sur la dictée (un de vos dadas…). J’ai qq idées.

20 09 2013
David (11:22:39) :

Histoire vécue… Il n’OSAIT PAS…
Casablanca, années 80′.
Mon collègue et voisin de classe, la quarantaine, grand baraqué, chevelure abondante, barbe fournie, petites lunettes cerclées, veste de treillis, frappe à ma porte, la mine défaite, effondré : « Je n’y arrive plus… » .
J’entre dans sa classe, qu’il avait abandonnée ; les gamins et gamines, debout sur les tables, se roulant par terre, se lançant les cahiers à travers la classe, hurlant… Le b…el intégral, pardon « souk » intégral… Ils n’étaient que 18 !
Quelques minutes ont suffi pour un retour au calme après mon entrée…
La seule réponse de mon collègue : JE N’OSAIS PAS les punir… C’était un grand adepte de la nouvelle « pédagogie »…
C’est véridique !

20 09 2013
Hélène (17:15:43) :

« Souplesse au départ, of course, puis freinage… et sanctions. »
Pour moi, c’est cela la pire des tactiques.
Après quelques années passées auprès de jeunes vraiment difficiles, je préconise l’inverse : des règles très claires dès le départ, le non négociable vraiment non négociable (avec toutes les explications requises le cas échéant). Puis tolérence zéro pendant quelques temps : quelques jours dans certains cas, parfois plus longtemps.
Ensuite (et seulement ensuite) souplesse éventuelle pour tenir compte par exemple du contexte d’une infraction à la règle.
Il est beaucoup plus facile, et efficace, de passer du « dur » au « souple », que d’essayer de freiner quand le souple est devenu ingérable.

20 09 2013
David (18:25:06) :

@ Hélène
Je crois que vous avez mal lu mon post : consignes claires (rouge, vert / interdit , autorisé). C’est clair et suis TOUT A FAIT D’ACCORD AVEC VOUS. Le non négociable reste et restera… Tout à fait d’accord avec la tolérance zéro.

Je me suis sans doute mal exprimé… ou tout du moins mal fait comprendre…

“Souplesse au départ, of course, puis freinage… et sanctions.” Ne concerne que certaines règles…

Il me semble que le contre exemple donné allait dans le sens de ma conception, et de la vôtre…

Nous allons, sur ce point, dans la même direction !

Bien à vous

20 09 2013
Hélène (18:56:41) :

OK, message bien reçu.
Mauvaise interprétation de ma part certainement.
Bonne soirée à vous.

21 09 2013
David (16:19:15) :

En quelques lignes pour résumer votre long article : Carton jaune, puis rouge après deux jaunes ! Chose que j’avais mise en place voila belle lurette… Rien de bien nouveau sous le soleil pédago !

21 09 2013
Ostiane (16:45:53) :

Bonjour David, à propos de votre anecdote, chacun fait comme il peut et cela en dehors de toute posture pédagogique. Cet enseignant manifestement avait besoin d’aide et merci à vous si l’avez aidé, vous avez certainement du même coup aidé ses élèves.
Par rapport à ce thermomètre, je n’imagine pas une seule seconde être la seule à avoir mis au point ce genre d’outils, j’en partage juste l’expérience ici.
Pour ce qui est de l’orthographe, j’ai fait ma première dictée vendredi, donc…ça vient, pas d’inquiétude et je suis certaine que nous aurons à échanger sur ce point, je n’en doute pas une seconde!
Bon samedi

21 09 2013
David (17:02:03) :

Bon week end à vous… C’est du soft ça, non ?

21 09 2013
Ostiane (17:26:24) :

Oui, c’est plutôt agréable le dialogue courtois, merci à vous David. Et bienvenue à Hélène sur ce blog!

31 05 2014
Christian (06:57:24) :

La question des sanctions et de la gestion de la discipline est centrale dans la formation initiale des enseignants. Les stagiaires sont tous confrontés à cette difficulté d’entrer dans le rôle de l’adulte « gardien du cadre », rôle qu’ils remplissent souvent pour la première fois alors qu’il ne s’agit pas de la seule tâche qu’ils ont à mener, bien au contraire. C’est d’ailleurs l’une des difficultés majeures à ce niveau : lorsqu’on fait la classe pour la première fois, on est davantage tourné vers son propre travail et ses propres gestes que vers le groupe d’élèves … un peu comme lorsqu’on apprend à conduire une voiture : les premiers kilomètres, notre attention se centre davantage sur ce que l’on fait avec ses pieds et ses mains que sur la route qu’on a devant soi.
A cela, vient s’ajouter le désir d’être aimé de leurs élèves, souvent perçu comme contradictoire avec la nécessité de sanctionner les débordements du cadre.
Les dispositifs « intelligents » pour gérer la discipline sont donc des aides bienvenues dans le difficile apprentissage du métier.
En voici un autre exemple, créé par une étudiante il y a quelques années :
http://www.partagerdespratiques.be/helha/page24/page25/index.html

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