Vous avez dit « programme »?

14 10 2013

« Demandez le programme ! Oui, le programme, bien sûr le programme… Le connaître, le comprendre – ce qui est différent de le connaître – afin de l’enseigner font partie des attributions professionnelles du professeur. Le programme est incontournable, il donne des repères, des points d’ancrage et des balises. Il fixe des orientations, explicite des notions et clarifie les acquis vers lesquels il faut tendre.

Pour autant, le programme ne se substitue ni à la pédagogie ni à l’apprentissage. Le programme n’est ni le cœur ni la colonne vertébrale de l’acte éducatif.

Cela peut sembler paradoxal de lire ces mots dans un ouvrage comme celui-ci, destiné à de futurs enseignants, mais le programme est là pour qu’on s’en détache. Non pas qu’on l’oublie ou qu’on le méprise, mais plutôt qu’on établisse avec lui une relation saine et positive car distancée. Cette distance amicale vous permettra alors de vous focaliser sur l’essentiel de votre présence, de votre mission, de votre engagement, à savoir vos élèves et les apprentissages de vos élèves.

Pensé comme un outil, le programme vous sera très utile, incontournable et précieux. Interprété comme une finalité, il devient vite une supercherie, voire une arme de destruction massive. En gardant cela à l’esprit vous éviterez l’écueil de la pédagogie « McDo » qui consiste à gaver sans nourrir, à faire consommer du savoir sans l’habiller des saveurs qui le rendent goûteux, subtil, unique. Les élèves ont faim de nourritures bien plus raffinées qu’on ne l’imagine, offrons-leur un festin plutôt qu’un plateau-repas prêt-à-manger…

Autant que possible, lorsque vous pensez votre journée et la formalisez sur le papier, posez-vous la question: est-ce que ça donne envie ? En imaginant que l’école ne soit pas obligatoire, est-ce que mes élèves viendraient quand même ? »

Extrait de Réussir sa première classe, p32-33

Conseils, trucs et astuces:

Lire la suite »




Le thermomètre des sanctions

19 09 2013

thermometre des sanctions

 

 

 

 

 

STOP!

Oser intervenir, poser une parole d’autorité, dire stop et faire apparaître la ligne rouge franchie sont autant de gestes professionnels qui doivent accompagner l’enfant en amont comme à l’instant de la sanction.

Extrait de Réussir sa première classe, p212

Un groupe classe de 30 élèves, ce n’est jamais simple à gérer. Entre les bavards, les gesticulateurs, les experts en oublis de matériel ou encore les intempestifs et les meneurs de revue, on peut vite en arriver à se transformer en gendarme en chef et passer sa journée à faire de la discipline. Pour ma part, c’est une posture que j’ai toujours eu beaucoup de mal à vivre sereinement. Il faut pourtant parfois savoir dire STOP! Un stop structurant, émancipateur, éducatif; un stop qui sécurise et permet au jeune enfant d’apprendre à devenir un être social, conscient de ses droits autant que de ses devoirs.

Pour autant, sauf cas de force majeure évidemment, le stop ne doit pas tomber du ciel tout comme la sanction ne  se confond pas avec un couperet aléatoire. L’enfant doit petit à petit apprendre à comprendre et accepter les règles de vie de la classe. Pour apprendre, rien de mieux que de se voir en train de faire la chose à apprendre… Pas simple me direz-vous dans le cadre de l’apprentissage des compétences civiques et sociales.

Comment permettre à l’enfant de se rendre compte qu’il est en train de franchir la ligne rouge? Comment lui permettre de se situer personnellement sur une échelle collective de comportement?

Voilà un petit outil très visuel et facile d’utilisation que j’ai mis au point et qui présente le double avantage:

  • réguler en classe les comportements perturbateurs
  • aider les enfants à s’auto-réguler

 

Boîte à idée, le “plus” du blog

Le thermomètre des sanctions

Matériel:

Lire la suite »




Apprendre est un jeu d’enfant

16 01 2013

« L’enfant ne joue pas pour apprendre mais il apprend parce qu’il joue. » Jean Epstein

On pourrait aller jusqu’à imaginer une école idéale construite en cercle autour d’une pièce centrale: la pièce à jouer, ouverte sur chacune des classes… Mais il est peu probable que vous soyez muté dans une telle école.Voici donc quelques exemples plus réalistes pour aménager les coins jeux de votre première classe :
– les jeux de faire-semblant qui développent l’imaginaire et les sentiments d’identité et d’estime de soi ;
– les jeux de construction (Kapla, Lego, etc.) qui développent la créativité et stimulent considérablement les connexions neuronales ;
– les jeux à règles qui invitent au respect des autres et développent le sentiment de compétence sociale ;
– les jeux-devinettes qui favorisent le langage et initie à la pensée scientifique.

Extrait de Réussir sa première classe, p 49

Démonstration par l’exemple 🙂

« Je pense à une partie du corps…A vous de mener l’enquête et deviner laquelle! »

A partir de cette simple devinette, que les enfants pratiquent naturellement en dehors des espaces scolaires, dans la voiture, le train, sur le chemin de l’école, etc, vous les invitez à un travail en profondeur autour d’une tâche plus complexe qu’elle n’y paraît.

En effet cette activité ludique et exploratrice leur permet de:

  • valoriser leurs connaissances,
  • exprimer leurs représentations initiales,
  • émettre des hypothèses,
  • formuler des phrases interrogatives,
  • utiliser un vocabulaire précis,
  • mobiliser leur écoute,
  • développer leur esprit hypothético-déductif,
  • s’enrichir mutuellement,
  • transférer leurs savoir-faire,
  • apprendre en jouant 😉

Du côté de l’enseignant, ce jeu est l’occasion de:

Lire la suite »